Échiquier politique

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L'échiquier politique est une expression idiomatique qui rapproche métaphoriquement le positionnement des partis, mouvements, et courants politiques d'une société au positionnement des pièces d'un jeu d'échecs sur un échiquier. Dans l'image de l'échiquier, les organisations politiques sont placées, telles les pièces d'un jeu d'échecs, à gauche si elles appartiennent à la gauche politique et à droite si elles appartiennent à la droite politique1, et il est induit que ces organisations politiques diffèrent par leurs puissances et leurs importances, tout comme la dame et le roi diffèrent des pions.

On assimile souvent dans le langage courant à un échiquier n'importe quelle représentation d'un paysage politique : ces représentations peuvent être une simple échelle, ou un graphique à deux ou trois dimensions dont les axes représentent différentes variables (par exemple l'importance donnée aux libertés économiques). À la place d'échiquier politique, on parle dans de nombreuses langues, notamment en anglais et en allemand, de « spectre politique », en référence au spectre de décomposition de la lumière blanche.

Distinction gauche-droitemodifier | modifier le code

Article détaillé : Gauche et droite en politique.

Par échiquier politique, il est en réalité souvent fait référence à une simple échelle gauche-droite. Cette échelle va de l'extrême gauche et la gauche représentée par les partis socialistes, les mouvements anarchistes/libertaires et communistes, puis, en passant par les sociaux-démocrates, la droite (partis conservateurs, économiquement libéraux) et l'extrême droite (partis nationalistes).

Ces classifications sont différentes d'un pays à l'autre, et à chaque pays correspond un échiquier politique particulier. Ce qui se trouve à gauche sur l'échiquier politique d'un pays peut se trouver à droite sur l'échiquier politique d'un autre pays. Les positions des différentes organisations politiques d'un pays les unes par rapport aux autres sont donc relatives.

Représentations alternativesmodifier | modifier le code

Certains analystes politiques affirment que le clivage gauche-droite, qui est fondamental dans l'idée que le paysage politique puisse être représenté sous forme d'échiquier, est devenu inadéquat2.

D'autres axes que l'axe gauche-droite ont été définis[Par qui ?] :

Diagrammes libertariensmodifier | modifier le code

Diagramme de Nolanmodifier | modifier le code

Diagramme de Nolan.
Article détaillé : Diagramme de Nolan.

Un autre modèle est celui du libertarien David Nolan. Ce diagramme montre ce qu'il considère comme les « libertés économiques » (comme le niveau des impôts, le marché libre et la libre entreprise) sur l'axe des abscisses, et les « libertés individuelles » (liberté de circulation, laïcité, libre possession de son corps qui regroupe la légalisation des drogues, l'avortement, l'euthanasie,...) sur l'axe des ordonnées.

Ceci place l'aile gauche en haut à gauche de ce diagramme, l'aile droite en bas à droite, les libertariens en haut à droite, et en bas à gauche les totalitaristes (d'extrême-gauche comme d'extrême droite). Ces derniers furent regroupés par Nolan sous l'appellation de populistes pour leur tendance à s'appuyer sur le « petit peuple », toutefois cela ne recoupe pas l'usage récent du terme populiste pour désigner des programmes économiquement très libéraux. L'axe droite/gauche est donc représenté par une diagonale traversant le diagramme du coin supérieur droit au coin inférieur gauche3.

Political compassmodifier | modifier le code

Article détaillé : Quadrant politique.

Suivant largement la méthode d'Hans Eysenck, un autre modèle a été conçu, qui positionne les questions économiques sur l'axe horizontal et les questions de liberté sur l'axe vertical.

Diagramme de Pournellemodifier | modifier le code

Le diagramme de Jerry Pournelle classe les idéologies en fonction de leur degré d'étatisme et de rationalisme, par deux axes, un en abscisse qui va de l'« État comme mal ultime » au « culte de l'État », et un en ordonnée qui va de l'« irrationalisme » à la « raison intronisée ». Le rationalisme y est défini comme la croyance en un progrès social planifié, avec en haut du diagramme ceux qui croient que les problèmes de société peuvent être résolus rationnellement, et en bas ceux qui redoutent de telles approches.

Modèles à trois dimensionsmodifier | modifier le code

Deux modèles cubiques ont été construits d'après le diagramme de Nolan :

  • Celui du Friesian Institute ajoute aux deux axes déjà existant un troisième représentant les libertés « positives » (droits politiques).
  • L'autre s'intitule la Vosem Chart, et décompose les « libertés économiques » en « liberté d'entreprise » et « gouvernance /liberté de s'informer et de participer aux décisions ».

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Exemple de représentation sous forme d'échiquier du paysage politique français au moment de l'élection présidentielle de 1995.
  2. L'effacement du clivage droite-gauche, Alain de Benoist, « Cette distinction-là, telle qu'on la connue jusqu'à une période récente, a perdu l'essentiel de sa signification » p.15
  3. Selon le site de "www.theadvocates.org" consulté le 27 novembre 2012.

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code








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