Élections législatives françaises de 1898

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Élections législatives françaises de 1898
Démographie électorale
Inscrits  10 779 123
Votants 8 106 123
  
75,20 %
Armes de la République française
Carte
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
Septième de la IIIe Rép.

Les élections législatives de 1898 ont eu lieu les 8 et 22 mai 1898. Elles se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 13 février 1889), comme les précédentes élections.

Contextemodifier | modifier le code

Les précédentes élections ont donné la majorité absolue aux républicains, et plus particulièrement aux modérés. Le Conseil des ministres est présidé par le modéré Jules Méline lorsque les législatives de 1898 sont organisées (Gouvernement Jules Méline). Ce dernier est soutenu par les Radicaux et les Radicaux-socialistes. La jeune Troisième République est sortie renforcée des scandales des décorations et de Panama, ainsi que des crises boulangiste et anarchiste. Cependant elle doit maintenant affronter les débuts de l'affaire Dreyfus, commencée en 1894. Le J'accuse…! de Zola est publié en janvier 1898, quelques mois avant les élections.

Résultatsmodifier | modifier le code

L’affaire Dreyfus se traduit en termes électoraux par une nouvelle victoire des républicains au détriment des formations d'extrême-gauche (Jules Guesde ou Jean Jaurès sont battus) ou contre-révolutionnaires et royalistes. La chambre des députés varie peu par rapport à la précédente. L'anachronisme doit impérativement être évité ; les classements catégoriels et les interprétations "idéologiques" du début du XXIe siècle ne peuvent pas s'appliquer aux résultats électoraux de la fin du XIXe siècle.

Le président de la République de l'époque, Félix Faure, effectue dans son journal privé (Félix Faure, Journal à l'Elysée, 1895-1899, publié et annoté par Bertrand Joly, éditions des Equateurs, 406 pages, 2009) les catégorisations suivantes : un premier ensemble regroupe les "républicains" (tout court, ils ne sont ni "progressistes" ni "modérés" mais peuvent être qualifiés de "nationaux"), les "ralliés" (ce sont des contre-révolutionnaires, royalistes ou bonapartistes) et les "monarchistes" ; un second ensemble regroupe les "socialistes", les "radicaux-socialistes", les "radicaux" et les "républicains modérés" ; enfin, Félix Faure distingue un troisième groupe marginal, composés d'agitateurs.

Les chiffres selon Bertrand Joly donnent :

- D'un côté : 240 "républicains" + 35 "ralliés" + 50 "monarchistes", soit une majorité de 325 députés

- De l'autre : 45 "socialistes" + 180 "radicaux" et "radicaux-socialistes", soit une minorité de 225 députés

- 25 à 30 marginaux. Ces catégorisations et ces chiffres sont publiés à la page 326 du livre de Bertrand Joly.

Par ailleurs, Bertrand Joly, très justement, remarque "la complexité des étiquettes, qui déconcerte souvent les historiens. Faute de partis constitués et de groupes parlementaires (...), chaque candidat reste libre de prendre le label de son choix ; il faut, dans bien des cas, attendre les votes des élus (...) pour connaître leur orientation exacte" (page 320).

Avec l'affaire Dreyfus, l'antisémitisme sous la Troisième République, auparavant partagé dans les rangs de la gauche, devient une idéologie de droite : Édouard Drumont, élu à Alger au cours de ces élections de mai 1898, dans son livre intitulé Testament d'un antisémite, publié en 1891, se qualifie lui-même et revendique hautement être antisémite.

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
10 779 123 8 106 123 24,80 %
Composition de la chambre
Partis / Tendances Sièges Evolution  %
Républicains nationaux 254 -63 43,42 %
Radicaux indépendants 104 -18 17,78 %
Radicaux-socialistes 74 +58 12,65 %
Gauche (majorité) 432 -23 73,85 %
 
Monarchistes 44 -14 7,52 %
Ralliés 32 -3 5,47 %
Divers droite 10 +10 1,71 %
Nationalistes 6 +6 1,03 %
Révisionnistes 4 +4 0,68 %
  Droite 96 +3 16,41 %
 
Socialistes 57 9,74 %
  Socialistes 57 +24 9,74 %
 
Divers / Autres 0 = 0,00 %
 
Total 585 +4 100 %
Abstention: 24,80 %; Majorité absolue: 293 sièges

Chambre des députésmodifier | modifier le code

France Chambre des deputes 1898.png

VIIe législaturemodifier | modifier le code

Durée de la législature : 1er juin 1898 - .

Président de la République : Félix Faure (jusqu'au ), Émile Loubet ensuite.

Président de la Chambre des Députés : Henri Brisson (jusqu'au ), Paul Deschanel ensuite.

Gouvernements durant la VIIe législature :

Articles connexesmodifier | modifier le code

Sourcesmodifier | modifier le code








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