İsmet İnönü

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İsmet İnönü
İsmet İnönü
İsmet İnönü
Fonctions
2e président de la République de Turquie
Élection
Premier ministre Celal Bayar (11/11/1938-25/01/1939)
Refik Saydam (25/01/1939-03/04/1939)
Refik Saydam (03/04/1939-08/07/1942)
Ahmet Fikri Tüzer (08/07/1942-09/07/1942)
Şükrü Saraçoğlu (09/07/1942-09/03/1943)
Şükrü Saraçoğlu (09/03/1943-07/08/1946)
Mehmet Recep Peker (07/08/1946-10/09/1947)
Hasan Saka (10/09/1947-10/06/1948)
Hasan Saka (10/06/1948-16/01/1949)
Şemsettin Günaltay (16/01/1949-22/05/1950)
Prédécesseur Mustafa Kemal Atatürk
Successeur Celal Bayar
Premier ministre turc
Prédécesseur Ali Fethi Okyar
Successeur Ali Fethi Okyar
Prédécesseur Ali Fethi Okyar
Successeur Celal Bayar
Prédécesseur Emin Fahrettin Özdilek
Successeur Suad Hayri Ürgüplü
Président général du Parti républicain du peuple
Prédécesseur Mustafa Kemal Atatürk
Successeur Bülent Ecevit
Biographie
Nom de naissance Mustafa İsmet İnönü
Date de naissance
Lieu de naissance Izmir, Ottoman flag.svg
Date de décès (89 ans)
Lieu de décès Ankara, Drapeau de la Turquie Turquie
Parti politique Cumhuriyet Halk Partisi (CHP)
Conjoint Mevhibe İnönü, son épouse (1916-1992)
Enfant(s) Erdal İnönü
Ömer İnönü
Özden Toker
Profession Militaire, politicien

Signature

İsmet İnönü
Premiers ministres turcs
Présidents de la République de Turquie

Mustafa İsmet İnönü (), dit Milli Şef (le Chef national) entre 1938-1950, est un militaire et un homme politique turc. Il est considéré comme la figure politico-militaire la plus importante de l'Histoire contemporaine de la Turquie après Mustafa Kemal Atatürk et c'est pour cette raison qu'il est surnommé İkinci Adam, « le deuxième homme ». Il s'agit d'une figure controversée de la vie politique turque, certains soulignent le régime autoritaire qu'il instaura pendant sa présidence (1938-1950), mais d'autres rappellent qu'il a lui-même lancé la transition pacifique vers un régime multipartite et qu'il a toujours respecté les règles du jeu démocratique à partir de 1950.

Son enfance et sa famillemodifier | modifier le code

İsmet İnönü naquit à İzmir en 1884 et il a cinq frères et sœurs. Son père, Reşit Efendi (lire Réchite), était un fonctionnaire né à Malatya mais originaire de Bitlis. Il fait partie d'un clan kurde au nom de Kürümoglu. Sa mère, Cevriye Temelli Hanım (lire Djévrié), est issue d'une famille originaire de Razgrad dans la région de Déliorman (aujourd'hui en Bulgarie), immigrée à Istanbul lors de l'exode des populations turques des Balkans à la suite de la défaite ottomane de 1878 face à l'armée russe. C'est à Istanbul que Reşit et Cevriye se rencontrent et unissent leurs vies. Mais en raison des changements de poste, la famille se déplaça quasiment sans arrêt à travers le pays, comme tous les fonctionnaires d'État sous le règne d'Abdülhamid II.

İsmet İnönü étudia aux écoles militaires pour devenir en 1903 officier dans l'armée ottomane. Il servit au Yémen et en Syrie. Il épousa Mevhibé (1897-1992), d'une famille originaire de Déliorman, comme la mère d'İnönü, le . Le couple aura 4 enfants, dont l'un mourra en bas âge.

La Guerre d'Indépendancemodifier | modifier le code

Mustafa Kemal Atatürk et İsmet İnönü en 1922

À la suite de la défaite de l'armée ottomane à l'issue de la Première Guerre mondiale en 1918, il participa au mouvement indépendantiste dont le chef est Atatürk. Fuyant Istanbul, alors sous occupation des Alliés, il rejoignit le camp nationaliste à Ankara dès 1919. Il devint membre de la Grande assemblée nationale de Turquie et participa activement aux combats lors de la Guerre d'Indépendance turque (1919-1922) sur le front de l'Ouest. Il fut connu notamment pour les batailles d'Inönü de janvier et mars 1921 face aux Grecs. Il devint peu à peu le bras droit et l'homme de confiance d'Atatürk, et devient Ministre des Affaires étrangères de 1922 à 1924.

Le Premier ministre (1923-1924 ; 1925-1937)modifier | modifier le code

Après la défaite définitive de l'armée grecque en , il dirigea la délégation turque lors des négociations du Traité de Lausanne en 1923 qui clôtura la Première Guerre mondiale pour la Turquie. Il forma le premier gouvernement de la République de Turquie le , mais démissionna le . Il redevint Premier ministre le , à la suite de la démission du Premier ministre Fethi Okyar, incapable de gérer la révolte islamiste et nationaliste kurde de Cheikh Saïd qui ravagea les régions sud-est du pays. Après avoir calmé la situation, il joua un rôle important pour forger une politique économique étatiste. Il consacra un effort considérable pour construire des chemins de fer recouvrant le pays entier. Il a surtout voulu renforcer la bureaucratie et la centralisation du pays.

Il visita Athènes en 1930, dans un effort de rétablissement des liens pacifiques avec la Grèce. À la suite d'un long voyage dans les régions Est du pays, il prépara un rapport secret, publié que dans les années 1990, sur la région et proposa de réorganiser la gestion des villes habitées majoritairement par les kurdes. Ce rapport aboutira à la rédaction par Raif Karadeniz, député de Trabzon, de la loi dite de Tunceli. Cette loi, élément de la politique de centralisation dans les régions kurdes fut promulguée le . Sa mise en application aboutira à une insurrection généralisée dans la région de Tunceli (ancien Dersim) en 1937-1938, qui sera réprimée dans le sang.

À la suite des dissensions avec le président Atatürk, il démissionna de son poste de Premier ministre en septembre 1937 et fut remplacé par son rival de longue date, Celal Bayar. Les politiques d'İnönü étaient considérées par Atatürk comme très étatistes dans le domaine économique et très passives dans le domaine de la politique étrangère.

Le président de la République (1938-1950)modifier | modifier le code

Sa traversée du désert ne dure qu'une année, puisqu'à la suite de la mort d'Atatürk le , il fut élu à l'unanimité par la Grande assemblée nationale de Turquie, le deuxième Président de la République de Turquie, le . Il devint aussi le chef du parti CHP, alors parti unique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il préserva la neutralité de la Turquie (tout en signant un pacte de non-agression avec le Troisième Reich), mais afin de pouvoir participer à la Conférence de San Francisco visant à établir les Nations Unies, il déclara la guerre à l'Allemagne en février 1945. Mais cette déclaration n'a pas eu d'effets concrets, car les opérations sur le terrain étaient déjà finies et par conséquent les troupes turques n'ont participé à aucun combat.

Les difficultés économiques graves vécues pendant la guerre et ses politiques autoritaires ont dégradé largement son image auprès de la population. Des milliers de Juifs ont immigré clandestinement en Palestine pendant la Seconde Guerre mondiale (les chiffres varient de 12 000 à 100 0001), grâce à une action conjointe des autorités turques et des organisations sionistes, mais certains épisodes ont donné lieu à des interprétations divergentes et à des polémiques. Ainsi, en février 1942, les 769 passagers roumains du Struma, qui espéraient passer en Palestine, périssent noyés dans la mer Noire lors du torpillage accidentel de leur navire par un sous-marin soviétique ; certains historiens font porter la responsabilité sur les autorités tant britanniques que turques2, d'autres, essentiellement sur les autorités britanniques3. Le 11 novembre 1942, la Grande Assemblée nationale turque vota la création d’un impôt sur la fortune ; face à l’ampleur de la fraude, les inspecteurs réévaluèrent arbitrairement le montant à percevoir, de façon plus élevée pour les non-musulmans que pour les autres, et utilisèrent la contrainte par corps au cours de l’année 1943. Le 15 mars 1944, cet impôt fut abrogé, les sommes encore dues annulées et les derniers contribuables incarcérés remis en liberté4.

Il est également connu par la pression exercée sur les médias. Même le remplacement des images d'Atatürk par la sienne sur les billets de banque, les monnaies et les timbres ou bien l'affichage obligatoire de ses portraits dans les bureaux de l'administration publique et dans les classes d'écoles ont été qualifiés de reflet de volonté dictatoriale, voire totalitaire[réf. nécessaire]. Il se montra également comme un ardent défenseur d'une laïcité très stricte. Des années plus tard, il justifia ces gestes par la nécessité de garder le contrôle total sur le pays, afin de pouvoir préserver la Turquie de la Seconde Guerre mondiale.

Malgré son image de dictateur, soutenu par son titre officiel Milli Şef (le Chef national), il autorisa la création des partis politiques d'opposition en 1945, ce qui marqua le début du pluralisme politique dans le pays. Ainsi, Fevzi Çakmak et Celal Bayar passèrent dans le camp de l'opposition. En refusant les demandes soviétiques concernant les Détroits turcs, il choisit de s'aligner sur les politiques des États-Unis et accepta de participer au programme d'aide américain, le plan Marshall. Ainsi, la Turquie se positionna dans le camp occidental pendant toute la durée de la Guerre froide.

Le chef de l'opposition (1950-1960)modifier | modifier le code

À la suite des élections législatives du 14 mai 1950, il accepta la défaite électorale de CHP et quitta son poste sans problème, laissant le siège présidentiel à Celal Bayar, chef du Parti Démocrate. En tant que chef du CHP, il assuma la fonction de chef de l'opposition pendant les années 1950.

Le Premier ministre (1961-1965)modifier | modifier le code

À la suite du coup d'État militaire du 27 mai 1960 et les élections de 1961, il devint Premier ministre. Mais son parti n'avait pas la majorité absolue au Parlement, d'où il s'appuya sur des coalitions pour gouverner. En grande partie grâce à son charisme personnel, il a su tuer dans l'œuf deux tentatives de coup d'État en 1962 et 1963 organisées par le colonel Talat Aydemir. Ce dernier sera finalement jugé et condamné à mort.

Il signa le traité d'association avec la Communauté économique européenne, dit traité d'Ankara, en 1963 et lança ainsi le processus d'adhésion du pays à l'Union européenne. Il quitta son poste le à la suite du refus de son budget par le Parlement et il passa de nouveau à l'opposition.

Ses dernières annéesmodifier | modifier le code

Tombe d'İsmet İnönü à l'Anıtkabir.

Critiqué au sein de son parti en raison de son immobilisme et fragilisé par son âge avancé, il fut renversé lors du congrès du parti du 8 mai 1972 qui élit Bülent Ecevit comme chef du parti. İsmet İnönü quitta ainsi la vie politique. Il mourut le et fut enterré dans le mausolée d'Atatürk, à Ankara.

La famille İnönümodifier | modifier le code

Son fils aîné, Ömer İnönü (1924-2004) est un homme d'affaires.

Son fils cadet Erdal İnönü (1926-2007) est un universitaire et homme politique.

Sa fille Özden İnönü (née en 1930) épousa le journaliste vedette Metin Toker (1924-2002). Leur fille, Gülsün Bilgehan (née en 1957), est une femme politique.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Arnold Reisman, Turkey's Modernization. Refugees from Nazism and Atatürk's Vision, Washington, New Academia Publising, 2006, pp. 304-305.
  2. Saül Friedlander. Les Années d'extermination, Seuil, 2008, p. 417-418
  3. Arnold Reisman, op. cit., p. 290 ; Stanford J. Shaw, « Turkey and the Jews of Europe during World War II », dans Avigdor Levy (dir.), op. cit., p. 257 ; et Turkey and the Holocaust, op. cit.
  4. Bernard Lewis, Islam et Laïcité. L’émergence de la Turquie moderne, Paris, Fayard, 1988, pp. 261-264 ; Stanford Jay Shaw et Ezel Kural Shaw, History of the Ottoman Empire and Modern Turkey, New York-Cambridge, Cambridge University Press, tome II, 1978, p. 399.

Liens externesmodifier | modifier le code








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