Abu Lahab

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arabic albayancalligraphy.svg Cette page contient des caractères arabes. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.

`Abd al-`Uzza ben `Abd al-Muttalib ben Hicham al-Qurachî1 (mort en 624) est l'un des oncles paternels de Mahomet, surnommé Abû Lahab (père du feu).

Biographiemodifier | modifier le code

Lahab signifie feu, flamme. Sa condamnation est explicite dans la sourate CXI du Coran qui porte selon les traductions le titre de Abû Lahab ou La Corde.

« 

Que les deux mains d'Abû Lahab périssent et que lui-même périsse !
Ses richesses et tout ce qu'il a acquis ne lui serviront à rien.
Il sera exposé à un feu ardent
Ainsi que sa femme, porteuse de bois,
Dont le cou est attaché par une corde de fibres

 »

— Le Coran, « Abou-Lahab », CXI, (ar) المسد

Abû Lahab a été l'un des plus farouches opposants au prophète de l'islam. Il est mort de maladie peu après la défaite des Quraychites à Badr (624). Son corps a été abandonné sous les décombres de sa maison démolie après sa mort par son fils. Deux des fils de Abû Lahab ayant épousé deux des filles de Mahomet, les deux couples durent divorcer. Les deux filles du prophète de l'islam décèdent rapidement : la première meurt le lendemain de cette bataille, la seconde épouse le futur khalife `Uthman.

Un ennemi du prophète de l'islammodifier | modifier le code

La tradition islamique donne quelques descriptions d'Abu Lahab. Selon Tabari2, ce personnage était un oncle de Mahomet. Après avoir reçu le verset n°71 de la Sourate V lui ordonnant de commencer la prédication publique, il se rend au temple de la Kaaba et le récite devant les hommes. C'est dans la mosquée qu'il leur adresse le premier appel. Ensuite il va au mont Çafà, élève la voix, et tous les habitants de la Mecque s'y réunissent. Mahomet leur parle ainsi: "Quelle conduite ai-je tenue parmi vous?" Ils répondent: "Tu es un homme véridique et sûr; nous n'avons jamais entendu de toi un mensonge". Mohammed reprend: "Maintenant je dis: Je suis l'apôtre de Dieu, envoyé vers vous. Adorez Dieu et abandonnez les idoles, sinon le châtiment descendra sur vous du ciel et vous serez exterminés". Abu Lahab, son oncle, qui se trouve dans l'assistance, se lève et dit: "Toi, Mohammed, tu veux nous appeler à une religion. Sois maudit, toi et ta religion". Il engage le peuple à se retirer, en disant: "Allez, ce Mohammed est fou". Alors le Prophète récite les versets de la Sur. CXI, vers. 1 et suivants. Abu Lahab, par hostilité envers le Prophète, est réputé avoir eu l'habitude de mettre des épines sur son chemin et sur celui de ses amis, de sorte qu'ils se blessent les pieds. Et son épouse faisait de même.

Mahomet récite le verset suivant: "Adresse l'appel à tes proches parents." (Sur. XXVI, vers. 214.) Le Prophète dit: "Mes parents, ce sont les Beni-Haschim et les Beni Abd-Manâf". Il dit à Ali d'aller préparer un repas. Ali, ayant fait cuire dans le four un mouton sur du gruau, invite tous les Beni Hâschim et les Beni Manâf, de même qu'Abu Talib, Hamza, Abbas et un grand nombre d'autres personnes, et leur sert ce repas. Ils mangent beaucoup, cependant la quantité de la nourriture ne diminue pas. Abu Lahab dit: "Mohammed nous a invités aujourd'hui pour nous faire voir sa magie". Le Prophète, très affligé de ces paroles, ne leur parle point ce jour-là. Le lendemain, il fait préparer un nouveau repas et les invite. Pendant qu'ils mangent, il leur parle ainsi: "Ô mes oncles et mes cousins, je suis l'apôtre de Dieu, envoyé vers tous les hommes en général, et vers vous en particulier. Croyez en Dieu et à ma mission, et Dieu vous donnera le paradis éternel". Personne ne répond.

Puis Abu Talib dit: "Mon fils, tu as parlé et nous avons entendu; laisse-nous aller et réfléchir jusqu'à demain". Le Prophète dit ensuite: "Mes oncles et mes cousins, si vous ne cherchez pas l'autre monde, au moins recherchez le bonheur de ce monde; car Dieu répandra ma religion, et l'empire de l'Arabie, de la Perse et de Roum m'appartiendra. Y a-t-il quelqu'un parmi vous qui veuille répondre à mon appel, et que je puisse nommer mon vicaire ?". Tous gardent le silence. Alors Ali dit : "Ô apôtre de Dieu, si personne ne croit, moi je suis croyant". Le Prophète répond : "Ô Ali, tu as cru, et tu es mon frère et mon vicaire". Les autres se lèvent et sortent. Ils se moquent d'Abu Talib, en lui disant: "Mohammed a fait de ton fils ton maître"3.

Selon d'autres traditions, Abu Lahab est présent avec sa femme un jour où le Prophète s'adresse aux fidèles et aux Compagnons. Un ange prend la forme d'un des fidèles pour s'interposer entre le regard de son épouse et le Prophète, car elle souhaite fixer le Prophète avec ses yeux.

Notesmodifier | modifier le code

  1. arabe : `abd al-`uzzā ben `abd al-muṭṭalib ben hišam al-qurašīy, عبد العزى بن عبد المطلب بن هاشم القرشي
  2. Dans ses Chroniques, traduit par Hermann Zotenberg, Al Bustane.
  3. Chroniques de Tabari pages 404-406.

Voir aussimodifier | modifier le code








Creative Commons License