Action libérale

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L'Action libérale ou Action libérale populaire (1901-1919) était un parti politique français de la Troisième République représentant les catholiques ralliés à la République.

Histoiremodifier | modifier le code

L'ALP a été fondée en 1901 par Jacques Piou et Albert de Mun, anciens monarchistes ralliés à la République à la demande du pape Léon XIII. L'Action libérale était le groupe parlementaire dont fut ensuite issu le parti politique, avec l'adjonction du terme populaire pour signifier cet élargissement.

Parti non confessionnel, elle voulait rassembler tous les « honnêtes gens » et être le creuset voulu par Léon XIII où s'uniraient catholiques et républicains modérés pour soutenir une politique de tolérance et de progrès social. Sa devise résumait son programme : « Liberté pour tous ; égalité devant la loi ; amélioration du sort des travailleurs ».

Les « vieux républicains » y furent cependant peu nombreux, et elle ne réussit pas à regrouper tous les catholiques, boudée par les monarchistes, les démocrates chrétiens et les intégristes. En définitive, elle recruta essentiellement chez les catholiques-libéraux (Jacques Piou) et les catholiques sociaux (Albert de Mun).

Après les élections de 1902, elle compte 80 députés1, devenant le principal parti d'opposition au Bloc des gauches. Près de la moitié des députés de l'ex-« groupe antisémite » d'Édouard Drumont la rejoignent, dont le marquis de l'Estourbeillon, Galot, Largentaye, le général Jacquey, Daudé, Massabuau, Théodore Denis, Ferrette, Lasies, Millevoye, Gervaize et le marquis de Maussabré 1. Firmin Faure, qui avait rejoint en 1902 le Comité national anti-juif d'Édouard Drumont, rentre également dans le groupe, bien qu'il y soit mal vu1.

L'Action libérale décide cependant d'abandonner l'affaire Dreyfus1 et de se concentrer sur la défense du catholicisme, alors que le ministère Combes poursuit une politique anticléricale affirmée.

Défendant l'Église au nom de la liberté et du droit commun, elle se positionna comme un parti de centre-droit et comptera, à ses heures les plus glorieuses, 70 députés, 250 000 adhérents cotisants et 2 500 comités répartis dans toute la France. Violemment combattue par l'Action française, le mouvement déclina à partir de 1908, époque où il perdit le soutien de Rome. L'ALP n'en constitua pas moins jusqu'en 1914 le plus important parti politique de droite.

Mise en sommeil pendant la guerre, au nom de l'Union sacrée, elle ne conservait plus guère, en 1919, que ses cadres, mais exerçait une influence morale importante sur l'électorat catholique. En 1919, l'Action libérale populaire décide d'intégrer le Bloc national. Elle cherchera par la suite, mais en vain, à se reconstituer, notamment en 1923 et 1927.

L'Action libérale populaire aura joué un rôle historique important, intégrant dans la vie politique les catholiques ralliés et en étant le premier parti politique, au centre-droit de l'échiquier, à s'organiser selon une conception « moderne ».

Personnalités de l'Action libérale populairemodifier | modifier le code

Le marquis de l'Estourbeillon au Celtic Congress of Caernarfon, 1904. Ancien député royaliste du « groupe antisémite » d'Édouard Drumont en 1898, il rallie l'Action libérale avec plusieurs collègues.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a, b, c et d Laurent Joly (2007), « Antisémites et antisémitisme à la Chambre des députés sous la IIIe République », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 3/2007 (n° 54-3), p. 63-90.

Sourcesmodifier | modifier le code

  • Jacques Piou : Le ralliement, son histoire
  • Eugène Flornoy : La lutte par l'association : l'Action Libérale Populaire, 1907







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