Adolf Galland

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Adolf Galland
Adolf Galland en septembre 1940
Adolf Galland en septembre 1940

Naissance
Westerholt
Décès (à 83 ans)
Remagen-Oberwinter
Origine Allemand
Allégeance Drapeau de l'Allemagne Allemagne République de Weimar (1932)
Troisième Reich Allemagne (1933) (1933–1945)
Drapeau de l’Argentine Argentine (1947–1955)
Arme Reichswehr
Luftwaffe
Grade Generalleutnant
Années de service 1932 – 1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement 3./JGr 88, 5./(S)LG 2, Stab JG 27, III./JG 26, JG 26, JV 44
Faits d'armes Guerre civile d'Espagne
Seconde Guerre mondiale :
Distinctions Croix d'Espagne en Or avec épées et diamants
Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne, épées et diamants
croix allemande
Autres fonctions Consultant en aéronautique
Famille Wilhelm-Ferdinand Galland (en)

Adolf Galland (né le à Westerholt, aujourd'hui Herten, en Westphalie (Allemagne) ; mort le à Remagen-Oberwinter en Rhénanie-Palatinat (Allemagne) est un aviateur allemand. Pilote de chasse puis commandant de la chasse allemande à partir de 1942, il est titulaire de 104 victoires homologuées (plus une trentaine probables, obtenues pendant son interdiction de vol et donc non répertoriées).

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunesse et formationmodifier | modifier le code

Il est né en Westphalie (Allemagne), c'est un descendant de Français huguenots qui avaient fui la France après la révocation de l'Édit de Nantes. La famille Galland était originaire de Veynes (Hautes-Alpes). Jean était pasteur à Corps (Isère) vers la fin du XVIIe siècle ; à sa mort, sa veuve, Charlotte Gondre, son fils Jacques et sa femme, née Jordan, émigrèrent en Allemagne où le couple fit souche.

Adolf Galland est le cadet des quatre fils d'un gérant de domaine. Il fit ses premières expériences aéronautiques dans sa région natale en pilotant très brillamment des planeurs, battant plusieurs records.

En , reçu au concours d'entrée (18 reçus sur 4 000 candidats), Galland intégra l'école de pilotage de l'aviation civile à Brunswick mais, en 1933, il bénéficia d'un entraînement ultra-secret de pilote de chasse en Italie, l'Allemagne n'ayant pas, à cette époque, le droit d'entretenir une armée de l'air en vertu du traité de Versailles. En février 1934, il devint une recrue du régiment d'infanterie no 10 à Dresde. Après avoir suivi avec succès les cours de l'école de guerre, il fut nommé sous-lieutenant à la fin de 1934. En mars 1935, Galland fut affecté à l'escadre Jagdgeschwader 2 ou JG 2, 2e Escadre de chasse Richthofen alors basée à Döberitz. En octobre 1935, il s'écrasa lors d'un entraînement à la voltige, ce qui lui valut un nez déformé et une acuité visuelle réduite. De ce fait, il fut d'abord déclaré inapte au vol, mais il obtint néanmoins l'autorisation de continuer à voler après avoir triché lors d'un examen de la vue très rigoureux.

Guerre d'Espagnemodifier | modifier le code

Galland participa, au sein de la Légion Condor, à la guerre d'Espagne aux côtés des troupes de Franco. Après 15 mois, il fut relevé par Werner Mölders. Bien qu'il n'ait pas participé au bombardement de Guernica, il défendit cette attaque après la guerre comme étant une attaque tactique manquée de la Luftwaffe. Selon lui, cette attaque visait un pont routier situé à proximité de la commune et servant au ravitaillement des troupes républicaines. Galland donna comme explication, dans son livre Les Premiers et les derniers, que la visibilité était mauvaise à cause des nuages de fumée produits par des explosions et que les systèmes de visée des bombardiers étaient encore primitifs.

Il est à noter que Galland s'exprime en termes peu favorables, dans son livre sur le côté « nationaliste » (coté franquiste) de la guerre civile espagnole, et qu'il rapporte l'opinion de ses camarades, les aviateurs allemands de la Légion Condór (y compris ceux du bombardement) : « Nous nous battons du mauvais côté1 » .

Seconde Guerre mondialemodifier | modifier le code

Messerschmitt Bf 109 E-4 d'Adolf Galland, été 1940, Stab/JG 26

Le , Galland obtint ses trois premières victoires aériennes au-dessus de la Belgique contre des Hawker Hurricane de la Royal Air Force et non de la Force aérienne belge, comme il l'avait cru. En juin 1940 Galland devint le commandant du 3e groupe du Jagdgeschwader (escadre de chasse) 26 Schlageter2. Le 28 juillet, il fut promu au grade de Major (commandant) et, le 24 septembre, il obtint sa 40e victoire. Il fut promu lieutenant-colonel le 1er novembre et colonel le 8 décembre.

Galland, par son attitude chevaleresque, fit beaucoup pour la réputation des « chasseurs de la Manche ». Ainsi, il rencontra en 1941 les pilotes britanniques abattus et capturés Douglas Bader et Robert Stanford Tuck, qu'il invita sur sa base à Saint-Omer.

Galland savait également tenir tête à sa hiérarchie lorsqu'il estimait que les décisions prises étaient insensées, en particulier les changements inconsidérés de stratégie dans la bataille d'Angleterre. À Göring, qui s'adressait à ses pilotes pour leur demander ce qu'il pouvait faire pour eux, Galland répondit « Je demande que mon escadre soit équipée de "Spitfire"3,4 ». Quelques jours plus tard, Göring fait mettre un Spitfire à la disposition de Galland, un aviateur anglais ayant atterri du mauvais côté de la Manche quelques jours plus tôt. Galland essaie l'avion, le fait peindre aux couleurs de la Luftwaffe et obtient même une victoire avant qu'il soit détruit au combat. À l'issue de son essai, Adolf Galland reconnaîtra que, finalement, le Messerschmitt est 20 à 30 km/h plus rapide que le Spitfire5.

Après sa 94e victoire aérienne, le , il devient le deuxième soldat de la Wehrmacht, juste après Werner Mölders, à obtenir les brillants pour sa croix de chevalier de la Croix de fer. Il avait été le premier décoré des « épées » (deux épées croisées sous deux (ou trois) feuilles de chêne), grade de cette décoration précédant « les brillants » (les feuilles de chêne étant garnies de brillants). Ces grades successifs correspondent à une longue tradition pour certaines décorations allemandes ou prussiennes.

Fin 1941, le colonel Galland fut nommé à la tête de l'inspection de la chasse en tant que General der Jagdflieger (littéralement : « général des pilotes de chasse », donc « général de la chasse ») en remplacement de son camarade Werner Mölders, qui venait d'être tué comme passager dans un accident d'avion6. Il remplit cette mission également avec succès. Il réussit, entre autres, à assurer la protection aérienne contre la Royal Air Force des cuirassés Scharnhorst et Gneisenau ainsi que du croiseur lourd Prinz Eugen lors de leur passage le long de toute la Manche et par l'étroit Pas de Calais pour leur transfert de Brest en Allemagne puis en Norvège (opération Cerberus, "Donnerkeil" pour la Luftwaffe), opération qui prit par surprise la marine et l'aviation britanniques ainsi que l'artillerie lourde côtière d'Angleterre, ce qui fit beaucoup de bruit en Grande-Bretagne. Le 19 novembre de la même année, il fut promu au grade de Generalmajor (« général de brigade aérienne », à deux étoiles en France). À 30 ans, Adolf Galland devint ainsi le plus jeune Generalmajor de toute la Wehrmacht, les forces armées allemandes.

En avril 1943 fut essayé avec succès le prototype du chasseur à réaction Messerschmitt Me 262. Galland comprit tout de suite, comme beaucoup d'autres officiers expérimentés au combat, que cet avion devait être rapidement affecté à la défense du Reich pour contrer les attaques de plus en plus massives des B-17 forteresses volantes et des Consolidated B-24 Liberator de la 8th USAAF. Adolf Hitler ne l'entendait pas ainsi et voulait employer le Me 262 en tant que bombardier rapide pour repousser une éventuelle offensive alliée et lancer des « représailles » contre l'Angleterre, ce qui l'obsédait. Galland parvint tout de même, après avoir menacé de démissionner, à imposer l'utilisation de cet avion comme chasseur au sein du groupe expérimental "Nowotny" ("Erprobungsgruppe Nowotny") fin 1944.

En septembre 1943, on lui donna encore le commandement de la chasse de nuit. Cela fait qu'à cette époque il avait sous sa responsabilité six fronts différents ainsi que toutes les unités de chasse opérationnelles, chasse de jour ou chasse de nuit.

Le , Galland fut nommé Generalleutnant (général de division aérienne, « à trois étoiles » en France) pour ses qualités de chef de la chasse.

La pression exercée sur ce soldat modèle devint de plus en plus forte et on lui reprocha ainsi de ne pas être intervenu avec plus d'insistance auprès du maréchal Göring pour défendre de jeunes camarades traduits en cour martiale, le plus souvent sans raison valable.

Fin janvier 1945, il fut limogé de son poste de General der Jagdflieger et remplacé par Gollob, à la suite de différends insurmontables entre lui et Göring, qui faisait de Galland un bouc émissaire de plus pour tenter de voiler son incompétence et sa propre insuffisance à Hitler. Göring lui imposa de se suicider, ce qui ne fut empêché qu'à la dernière minute, en pleine nuit, par une intervention de Hitler en personne7. Galland reçut alors la nouvelle mission, sur l'insistance d'Hitler lui-même, de constituer le JV 44 ou "Jagdverband 44", une unité composée essentiellement de Me 262. Beaucoup des meilleurs pilotes de chasse allemands se portèrent volontaires pour intégrer cette unité d'élite, et ce peu de temps avant la fin de la guerre avec une défaite allemande qui devenait de plus en plus inéluctable. Ils ne croyaient pas changer le résultat de la guerre mais ils voulaient piloter cet avion prodigieux, qui avait une dizaine d'années d'avance sur son époque, prouver sa supériorité écrasante et se battre jusqu'à la fin. On disait avec humour que la croix de chevalier de la Croix de fer, décoration rarement décernée, faisait partie de l'uniforme de cette unité.

Galland vécut la toute fin de la guerre dans un hôpital militaire en Bavière, après avoir été blessé à une jambe, le 26 avril 1945, par une rafale tirée par un P-51 Mustang américain. Il fut capturé dans cet hôpital et transféré par les Américains au Royaume-Uni, où il passa deux années en tant que prisonnier de guerre. Deux de ses frères, également pilotes, le Major (commandant) Wilhelm-Ferdinand Galland (54 victoires) et le Leutnant Paul Galland (17 victoires), furent tués au sein de l'escadre JG 268. Fritz, son frère aîné, qui fut également pilote de chasse et de reconnaissance, survécut à la guerre.

Après-guerremodifier | modifier le code

À partir de 1948, Galland travailla pendant six ans comme conseiller technique auprès de l'armée de l'air argentine avant de retrouver l'Allemagne en 1955. Il y devint consultant industriel et membre du directoire de trois entreprises aéronautiques et d'une société de transport par hélicoptère.

Galland était également connu pour sa passion pour les cigares, à laquelle il renonça à contrecœur en 1963 sur les conseils pressants de son médecin. Le support à cigare installé dans le cockpit de son Messerschmitt Bf 109 pour pouvoir conserver le cigare allumé avant de mettre son masque à oxygène est devenu légendaire.

En 1969, il apparaît comme conseiller technique et tactique au cinéma dans La Bataille d'Angleterre.

Adolf Galland est décédé en Allemagne le 9 février 19969.

Décorationsmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Les Premiers et les derniers, page 54 (presqu'au milieu du livre)
  2. Schlageter est un nom de famille et ne se traduit donc pas, contrairement à ce qu'ont cru, notamment, certains auteurs britanniques.
  3. Les Premiers et les derniers, page 115
  4. Cette demande n'était évidemment pas faite sérieusement : Galland était mécontent et énervé par les exigences irréalistes de Göring. Voir l'émission consacrée à la Bataille d'Angleterre de la série Les Grandes Batailles.
  5. Cf. J. de Lespinois, La Bataille d'Angleterre - juin-octobre 1940, Paris, Tallandier, 195 p.
  6. Galland a raconté cet épisode en détail dans son livre Les premiers et les derniers
  7. David Baker, Adolf Galland - The Authorised Biography, Londres, 1996.
  8. La JG 26, comme les autres JG (Jagdgeschwader, soit escadre de chasse), n'était pas une escadrille (Staffel en allemand, 12 avions) mais une escadre à l'effectif théorique de 124 avions en 1940-1943 ou 1944, puis 160 à partir de 1943 et 1944 selon les cas.
  9. Air & Cosmos, no 1553, 16 février 1996.

Voir aussimodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

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Fonctions militaires
Major Gotthard Handrick
Commandant du Jagdgeschwader 26 Schlageter
22 août 1940 – 5 décembre 1941
Major Gerhard Schöpfel (en)
Oberst Werner Mölders
General der Jagdflieger
5 décembre 1941 – 31 janvier 1945
Oberst Gordon Gollob
Generalleutnant Theo Osterkamp
Chef, ou commandant, de la Chasse en Sicile Jagdfliegerführer Sizilien (en)
15 juin 1943 – 31 juillet 1943
Oberstleutnant Carl Vieck
Aucun
Commandant du Jagdverband 44
1er février 1945 – 26 avril 1945
Oberst Heinrich Bär








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