Alévisme
L'alévisme (alevilik en turc, Itiqate Ma en zaza, elewîtî1 en kurmandji, al ‘alawīyyah en arabe) regroupe des membres de l'islam dits hétérodoxes et revendique en son sein la tradition universelle et originelle de l'islam et plus largement de toutes les religions monothéistes. L'alévisme se ratache au chiisme duodécimain à travers le cinquième imam (Dja'far al-sadiq) et à Haci Bektas Veli, fondateur de l'ordre des bektachi dont la généalogie mythique remonte aussi au cinquième imam2. Il se classe dans les traditions soufies et ses croyances sont assimilables au panenthéisme. Il se distingue par son non-dogmatisme des dogmes religieux dits « orthodoxes » tels le sunnisme et le chiisme dit jafarisme. Bien qu'il soit de tradition très ancienne, certains voient en l'alévisme l'exemple d’une « tradition musulmane moderne »3.
Haci Bektas Veli, mystique philosophe de l'alévisme, est le fondateur éponyme de la confrérie des Bektachis qui joua un rôle primordial dans l'islamisation de l’Anatolie et des Balkans. Selon l'UNESCO, l'islam alevi bektachi, avec les apports de Haci Bektas Veli, fait preuve d'une modernité précoce 3: avec les mots du XIIIe siècle, Haci Bektas Veli véhicule des idées qui huit siècles plus tard coïncident avec la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948). Le semah, cérémonie religieuse des alevi bektachi, est classé au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO4.
Les alevi bektachi sont musulmans mais n’ont pas l’obligation des cinq prières quotidiennes ni du hadj à la Mecque soutenant le véritable pèlerinage autour de la Véritable Kaaba, le Cœur de l'Homme. Leur lieux de culte n'est pas la mosquée mais le cemevi où femmes et hommes sont assis côte à côte. Ils célèbrent leurs cérémonies religieuses avec une danse giratoire sacrée (le semah) au rythme du baglama. Pour les alevi bektachi, les textes relatifs au foulard des femmes n'ont aucun caractère universel et ces textes sont, selon les conditions de notre époque, caduques ou non valides. De plus, la révélation de Dieu ne se limite pas aux textes sacrés. La Science et le Savoir sont les paroles divines inépuisables et se conformer au Savoir c'est bénéficier de la révélation inépuisable de Dieu. Aussi, la première injonction de Dieu aux croyants, le premier message ou mot, le premier devoir du véritable croyant, le premier mode d'adoration de Dieu est de « Lire » pour augmenter ses connaissances et comprendre la plus grande création d'Allah : l'Univers. Contrairement à l'islam sunnite qui reste fidèle à la langue du Coran dans tous les domaines de la vie religieuse2, les alevi et les bektachi utilisent leur langue maternelle pour une meilleure compréhension des textes sacrés.
La grande majorité des alévis sont d’origine turque et turkmène (environ 70 à 80 %). On trouve également des alevis d'origine kurdes kurmandji et zazas. Dans les Balkans, une partie importante des albanais et de petits groupes bosniaques et macédoniens sont bektachis. Il existe également des communautés alévies en Grèce, en Bulgarie, à Chypre, en Crimée, en Azerbaïdjan, en Syrie, en Iran et en Irak.
L'alévisme constitue la seconde religion en Turquie après le sunnisme. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement ils sont entre 10 et 15 % mais d’après les sources alévies il représenterait entre 20 à 25 % de la population nationale5. La répression exercée sur la communauté sous l'Empire ottoman6 et la République a provoqué chez les alévis un sentiment de peur qui les a contraint à pratiquer leur culte en secret ou "Takiye". Aussi, tant que la liberté de conscience religieuse et politique ne sera pas totale en Turquie, aucune estimation ne pourra être totalement fiable. Les démographe et les universitaires avancent le chiffre de 15 à 20 millions7. À ce jour, l'islam alevi bektachi est officiellement ignoré par les autorités turques et les lieux de culte alevi bektachi n'ont aucune reconnaissance juridique. En 2010, l'État autrichien a officiellement reconnu l'alevisme comme un culte. Les cemevi ont un statut légal, les chefs religieux sont reconnus par l'État, les jours sacrés (kurban, ashura, Hizir et newroz) des alevis sont devenus des jours fériés, et des master sur l'alevisme sont mis en place.
Introduction modifier
L’alévisme a eu un impact fondamental dans l’histoire, la religion et la culture des peuples turcs du Turkestanréf. souhaitée] aux Balkans, y compris en Anatolie et en Azerbaïdjanréf. souhaitée].
Cette croyance était considérée comme hérétique par le pouvoir central sunnite ottoman. Néanmoins, les bektachis jouaient un rôle important au sein du corps militaire d'élite, les janissaires. Balim Sultan assure une main-mise totale sur le corps des jannissaires dont le bektachisme sera la référence religieuse principale2.Oppressions, révoltes, persécutions furent le lot des alévis. Les alévis se plaignent d’être l’objet de pressions plus ou moins violentes de la part d’une mouvance sunnite radicale.
Les Mevlevi-Shemsis réf. souhaitée], en Turquie, font aussi partie de l’islam alévi. Il existe aussi en Azerbaïdjan, en Iran et en Irak, d'autres groupes religieux chiites hétérodoxes (ghulat) apparentés au Alevisme et Bektachisme tels le yârsânisme (Kurdes) dits aussi Ahl-e Haqq ou Ali-Ilahi', les Kakaiyya (Kurdes/Turkmènesréf. souhaitée]), Shabak (Kurdes), Sarliyya (Kurdes), Ibrahimiyya, Kirklar ou Jahaltan (Turkmènesréf. souhaitée])… Ils reconnaissent tous notamment Hadji Bektash mais à différents degrés… Les Nusayris (ou Alaouites) arabes dans le sud de la Turquie et en Syrie sont théologiquement assez proches des alévis.
Comme de nombreux courants ésotériques, l'alevisme a été marqué par des divergences et contradictions après un cycle où les ordres étaient cloisonnés géographiquement puis à une ouverture marquée par la confrontation à la religion dominante et aux divers rationalismes aussi bien scientifiques, politiques que religieux. La filiation spirituelle traditionnelle était rompue, de nombreux alevi d'origine se sont réfugiés dans d'autres courants : politiques (surtout de gauche), d'autres ont été assimilés au chiisme usuli propagandiste, d'autres au sunnisme8.
Ainsi on dénombre respectivement 4 courants du plus important au plus marginal :
- Traditionalistes : originellement attachés aux ordres (odjak) et confréries, se rattachent à l'islam ésotérique (dit batinite) dont la connaissance a été transmise de maître à disciple par les imams duodécimains. Ils s'organisent en « Maître-Disciples » réf. souhaitée].
- Traditionalistes turquistes : revendique un islam « adapté » aux Turcs, sont sensiblement proches des traditionalistes concernant la pratique etc.
- Traditionalistes orthodoxes : étaient rattachés aux ordres (odjak) mais intègrent la jurisprudence chiite Usuli réf. souhaitée].
- Néo alevi réf. souhaitée] : issus pour la plupart de mouvements politiques de gauche (athées, rationalistes) ont rompu avec la filiation spirituelle ésotérique, se réapproprient depuis une quinzaine d'années l'alevisme l'associant à un mouvement culturel, philosophique, politique (nationaliste kurde, turc ou gauchiste) syncrétiste. Ces théories syncrétistes (rationalistes) ont d'abord été mis en avant par des chercheurs qui n'étaient pas alevis (Mélikoff…) et qualifiées depuis longtemps par des représentants religieux, politiques sunnites, les excluant de l'islam. Ils s'organisent actuellement en association civile (culturelle, politique).
Histoire modifier
Aux premiers siècles de l’ère islamique l’alévisme et le chiisme ne faisaient qu’un9. La divergence est intervenue quand les Turcs se sont islamisés. Il faut dire aussi que les Turcs ont combattu, du VIIe au IXe siècle, les empires omeyyade et abbasside sunnites10.
L’islam alévi est né en Asie centrale mais a pris sa forme finale en Anatolie, avec les influences des anciennes religions anatoliennes, ainsi que des courants tels que le paulicianisme ou le bogomilisme.
Vers les années 800, le 8e des 12 imams de l’Ehlibeyt (la famille du Prophète), Imam Riza, est arrivé au Khorasan (l’actuel Turkménistan et le nord-est de l’Iran) en raison des persécutions que lui faisait subir les dignitaires sunnites11. Quelque temps après, il a commencé à former des disciples et à les envoyer dans les populations turcophones du Khorasan et du Turkestan. Les Turcs se sont convertis via ces élèves car ils servaient la cause de l’Ehlibeyt donc des non-sunnites.
En même temps, de 860 à 931 un État alévi avait été fondé au sud de la mer Caspienne par Hasan bin Zeyd, descendant de l’imam Hassan. Ce fait montre l'importance des partisans d'Ali dans la région. Vers les années 941-942 le voyageur arabe Abu Dulaf, qui se trouvait en Asie Centrale, parle pour la première fois des Turcs alévis (alawi en arabe).
Au XIIIe siècle siècle, le saint Hünkar Hajji Bektash Wali (Veli) est à l'origine de la confrérie bektachi (Babagan) fondée 3 siècles après sa mort par Balim Sultan.
Vers les années 1500, l’oppression ottomane envers les alévis devient insupportable et ces derniers soutiennent le Chah Ismail Ier. Ses partisans se font appeler Qizilbash. En 1514 le chah Ismail perd la bataille contre le sultan Sélim. Les Ottomans qui s’étaient persanisés détestaient les KizilBash (alévis) d'origine turkmène…
Durant tout le XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle il y eut des dizaines de soulèvements. Les alévis avaient deux possibilités : se convertir au sunnisme ou mourir. Les uns se sont convertis et les autres se sont retirés dans les montagnes.
Les alévis vivaient en milieu rural. Les pressions ottomanes sunnites les ont contraints à y rester et/ou s'y cacher. Dans les années 1960, avec l’exode rural, ils ont commencé à émigrer dans les grandes villes comme İstanbul, Ankara, İzmir, etc.
Aujourd’hui, les alévis seraient entre quinze et vingt millions en Turquie.
En 1923 beaucoup d'alevis ont soutenu Atatürk dans ses réformes, croyant pouvoir accéder à la laïcité et ainsi pouvoir pratiquer leur culture en liberté. Mais durant les années 1950-1990, la mainmise des sunnites dans les structures religieuses de l'État n'a pas permis d'évoluer vers une reconnaissance officielle.
Croyances modifier
L'alévisme se ratache au chiisme duodécimain à travers le cinquième imam (Dja'far al-sadiq) et à Haci Bektas Veli, fondateur de l'ordre des bektachi dont la généalogie mythique remonte aussi au cinquième imam2.
La trinité «Allah, Mahomet, Ali» et l'Ahl al-Bayt (Eylibeyt) modifier
La croyance alévie est basée sur la foi en Allah, Mahomet (Prophétie) et Ali (Sainteté), la Prophétie étant close, la Sainteté demeure présente dans le temps. Ils sont appelés « Uçler » (les Trois). Ainsi, Haqq-Muhammad-Ali est la « trinité » de l'alévisme qui comporte :
| HÂKK-MUHAMMED-ALİ | ||
|---|---|---|
| HÂKK | Muhammed-Ali | |
| MUHAMMED | ALİ | |
| À gauche: Allah. Au milieu: Muhammed. À droite: Ali. | ||
Dans sa signification, elle atteste qu'il n'y a qu'un seul Dieu (la Divinité), Mahomet est son prophète (la prophétie), Ali est son saint, l'ami de Dieu, le commandant des croyants (mumin) (l'imamat).
Les autres hiérarchies célestes sont :
- « Beşler » (les Cinq ou la maisonnée, le manteau du prophète2), Mahomet, Ali, Fatima, Hasan et Hussein dits aussi khamsa al-i aba ou pençe al-i aba
- « Onikiler » (les Douze), Les Douze Imams (Ali et ses successeurs2).
- « On Dört Masum-u Paklar », les quatorze purs innocents : ils sont les quatorze enfants des imams, tués en bas âge.
- « la Sainte famille et les gens du Martyr2 » : les Cinq (Beşler), Les Douze Imams et les quatorze « innocents ». La Sainte famille occupe une place importante dans la liturgie des Alevi.
- « Kırklar »: l'assemblée des Quarante2 (les gens du mystère ghayb). Elle est issue l'assemblée des 366 et ses membres ne sont pas immortels. Les Quarante vivent entre ciel et terre et ils régentent tout ici bas, secourant ceux qui sont en difficulté, à travers les manifestations de Hizir-Ilyas (Al-Khidr le « verdoyant » du Coran).
- « L'assemblée des 366 Parfaits »2 que leur sainteté prédispose à l'élévation à Dieu-Réalité : ils mènent une vie terrestre, ignorent leur statut d'élu, ainsi que l'identité des autres membres. Un de ces parfaits quitte un beau jour son enveloppe matérielle pour devenir esprit et va à la rencontre de Dieu. Il est alors appelé kutûb ou (« pôle »).
L'alévisme s’appuie également sur les concepts de :
- Wahdat al-wujud développé par Ibn Arabî maître arabe du soufisme en Andalousie, théologien, juriste, poète et métaphysicien: dans la pensée soufie (tasavvuf), le créateur et sa création proviennent d'une source unique (unicité de l’Être). L’Être entier est à Dieu, et la création ne fait qu’exister ex-istare, c’est-à-dire sortir de l’Être divin pour y retourner à la mort. La création ne possède donc pas d’être en propre; elle n’a qu’une existence empruntée au seul Être Réel, al-wujûd al-haqq12. Ainsi, il n'y a que Dieu qui est par Lui-même, sans antécédent, de manière absolue. La création, quant à elle n'est que par la volonté de l'Être suprême.
- Hurufisme ou l'idée selon laquelle, Dieu est en tout dans l'Univers, y compris en l'homme. La science des lettres et des nombres (hurufisme) est mise au service de la démarche interprétative et mène au tecelli ou la manifestation de Dieu dans la personne humaine et spécialement sur son visage2.
Le système initiatique: Dört kapı kırk makam, le chemin menant à la Vérité modifier
Dört kapı kırk makam est une expression turque, signifiant littéralement : « Quatre portes quarante étapes ». C'est un système initiatique fait de règles et de préceptes pour atteindre la Vérité et être l'homme parfait, Insani Kamil. Hünkar Hajji Bektash Wali (Veli) (1209-1271), s'appuie sur le Coran pour mettre en place ce système initiatique.
Les quatre portes sont :
- Şeriat ou charia : le droit, la loi religieuse qui permet de distinguer le bien du mal, le licite de l'illicite13
- Tarikat : la communauté, la voie, le chemin, l'insertion dans la voie de la rectitude, l'insertion dans une relation entre disciple et guide13
- Hakikat : la Vérité ultime, Vérité divine, porte qui ouvre la connaissance de la réalité de Dieu, impliquant entre autre la modestie, la sagesse, le secret13
- Marifet : la connaissance, la gnose. L'accès à la connaissance mystique de Dieu suppose une façon d'etre se fondant sur la patience, la confiance, la générosité, la connaissance de soi, la majestuosité13
L'accomplissement, dans chacune de ces portes nécessite 10 étapes, soit au total quarante étapes:
| Dört kapı kırk makam = « Quatre portes quarante étapes » UNIQ3b8a7b85a562100f-nowiki-00000286-QINU14UNIQ3b8a7b85a562100f-nowiki-00000287-QINU | |||
|---|---|---|---|
| Shariat ou Şeriat | Tarikat | Hakikat | Marifet |
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| L'objectif est d'atteindre la gnose ou la connaissance d'Allah | |
|---|---|
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Dans le Tasawwouf ou Soufisme, l'objectif est d'atteindre la gnose ou la connaissance d'Allah. Le salut de l'âme (ou sa libération du monde matériel) passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi. Pour atteindre cette connaissance d'Allah, le passage par 4 grandes étapes ou « portes » sont nécessaires : Les quatre portes sont :
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Les alevi attribuent la sentence suivante à Mahomet2: « Je suis la cité de la Connaissance et Ali en est la porte ». Le problème de la nature et du sens du Coran est au cœur de cette démarche interprétative. Dans le prolongement de la représentation d'Ali comme porte de la Cité de la Connaissance, quartes portes conduisent à Dieu-Réalité (dort kapi kirk makam). La démarche interprétative est mise successivement à l'épreuve de ces quartes portes. Un guide (Murshid ) accompagne l'impétrant dans son voyage initiatique au terme duquel celui-ci accède au statut d'amoureux de Dieu (muhip) ou eren(« celui qui est arrivé » ou « vrais hommes »)2.
« Eline, beline, diline sayip ol» : lors de son initiation, chaque alevi bektashi jure de rester maître de sa main (ne pas voler ou disposer d'un gain licite halâl), de sa ceinture (maîtriser ses lombes) et de sa langue (tenir sa langue)2.
Jusqu'à récemment, il était impossible de se convertir à l'alévisme. « On naît alévi(e) ». Il n'existe aucune pratique ou rituel adapté à cet acte. Toutefois, on peut se convertir aux croyances alevies en devenant membre de la confrérie Bektachi. L'initiation dans l'ordre bektachi découle du choix individuel de l'impétrant et n'engage que lui2. Chez les alevi, il faut satisfaire une condition de filiation : les deux géniteurs du futur initié doivent être membres de la confrérie ; une fois marié le candidat postule à l'initiation et son initiation lie son épouse et ses enfants2.
Livre saint: la Science et le Savoir sont les paroles divines inépuisables modifier
Les Alevis croient que le Coran, qui est récité pendant les cérémonies de djèm ou cem, est le dernier livre saint envoyé par Dieu. Toutefois ils croient également au Livre des Psaumes, la Torah et la Bible et les considèrent comme des livres saints envoyés par Dieu. Cependant, ils se distinguent des croyances orthodoxes monothéistes, en particulier du sunnisme et du chiisme, par l'interprétation des textes sacrés : les alevi bektachis pensent que le Coran (et les autres livres saints) doit être lu à deux niveaux :
- de l'extérieur (zâhir ظاهر) et
- de l'intérieur (bâtin باطن). Ce qui laisse la place à une interprétation ésotérique des textes. Cela conduit le fidèle à moins s'attacher à la forme qu'au fond.
Les alévis font prévaloir une transmission orale de la connaissance spirituelle (d'âme à âme), cette quête de la Vérité s'engageant par la connaissance de soi, de l'Homme (« Se connaître soi-même son essence c'est connaître son seigneur »). Ainsi le Livre (Kitab) à lire est l'Homme qui Parle : le Coran.
Les alévis se réfèrent également à des recueils de livres sacrés en langue turque ou persane dont les commandements alévis, et autres traités de saints:
- Buyruk (« le commandement » en turc), le livre de référence pour la religion et « la façon de vivre » dans l’Islam alevi
- Velâyet-nâme-i Hacı Bektâş-ı Velî
Interprétation du Coran modifier
Contrairement aux sunnites et chiites, les alévis ne se limitent pas au sens apparent du Coran (zâhir, la forme)15. Une seule lecture littérale des versets occulte les sens cachés. Or le Coran contient beaucoup de versets avec une signification ésotérique. Aussi, les alévis bektashis pensent qu'il faut atteindre la signification intérieure du Coran (le bâtin, son essence, son fond). Cette croyance s'appuie sur:
- la sourate 3 (Al-Imran) verset 7 :« C’est Lui qui t’a révélé le Livre contenant des versets à la fois clairs et précis … ainsi que d’autres versets susceptibles d’être différemment interprétés ... seuls sont enclins à méditer ceux qui sont doués d’intelligence ».
Pour les alévis bektashis, une seule lecture littérale du Coran réduit le message de Dieu à un espace temps donné puisqu'une grande partie des versets ne s'adressent :
- qu' aux hommes de la période de révélation
- qu'à une géographie donnée: la Cité mère (la Mecque)
- qu'à un peuple (ou une langue) à une période donnée.
Or le message du Coran est atemporel et universel et le seul moyen de comprendre son essence passe par une initiation : dört kapi kirk makam.
Pour les alévis bektashis, les sunnites et chiites se trompent sur l'interprétation de nombreux versets parce qu'ils se contentent d'une seule lecture littérale (le zahir, la forme, le sens extérieur) et n'atteignent pas l'essence du Coran. Par ailleurs, ils prétendent que tous les versets du Coran sont universel et atemporels alors qu'ils n'appliquent pas tous les préceptes du Coran. Ils n'acceptent pas que les préceptes qu'ils ne peuvent appliquer sont des préceptes inapplicables parce qu'ils s'adressent aux hommes de la période de révélation. Ils montrent un comportement agressif envers les alévis bektashis qui soutiennent depuis des siècles que certains préceptes sont propres à une géographie et à une période données et que par conséquent ils ne sont plus valides15.
Pour les alévis bektashis, le Coran impose son interprétation selon les conditions de vie d'une époque donnée:
- sourate 2 (Al-Baqara) verset 106, « Tout verset que Nous abrogeons ou que Nous faisons oublier aux gens, Nous le remplaçons aussitôt par un autre verset meilleur ou équivalent. Ne sais-tu pas que Dieu a pouvoir sur toute chose? »
Les conditions étant différentes d'une époque à l'autre, à chaque époque correspond une interprétation du Coran15.
Quelques exemples de versets rendus caduques par les conditions de vie de notre époque15:
- sourate 2 (Al-Baqara) verset 228 : « Les femmes divorcées sont tenues d’observer un délai d’attente de trois périodes menstruelles. Il leur est interdit de dissimuler les germes de maternité que Dieu a pu déposer en leur sein, pour peu qu’elles croient en Dieu et au Jour dernier ».
- sourate 31 (Luqmân) verset 34 : « La connaissance de l’Heure du Jugement relève uniquement du Seigneur qui fait tomber la pluie salvatrice, et qui sait ce qu’il y a dans les matrices. Et nulle âme ne sait ce que lui réserve l’avenir, et nulle âme ne sait en quel endroit elle devra mourir. Dieu Seul est Omniscient et parfaitement Informé »
- sourate 13 (Ar-Ra‘d) verset 8 : « Dieu sait ce que porte chaque femelle en son sein, de même qu’Il connaît le moment où les matrices se contractent ou se dilatent, car toute chose chez Lui a sa mesure »
- la parole d'un homme équivaut à celle de deux femmes
- la polygamie
Aujourd'hui la technologie permet de savoir en moins de trois mois si une femme est enceinte. L'Homme est aujourd’hui capable de prévoir la météo, le sexe de l'enfant à naître, les maladies mortelles...Ainsi, les développement technologiques et scientifiques rendent certains versets non applicables.
Concernant les femmes15:
- concernant le foulard des femmes : lors de la période de révélation, dans cette géographie (la Mecque et ses alentours), une femme avec la tête découverte (sans foulard) était considérée comme une esclave ou une fille de joie. Or cet usage est propre à une géographie et à un peuple à une période donnée. On ne retrouvait pas cet usage dans d'autres communauté (par exemple les turcophones). Aussi, les textes relatifs au foulard des femmes n'ont aucun caractère universel et ces textes sont, selon les conditions de notre époque, caduques ou non valides.
- de même, certains arabes d'avant l'islam détestaient les filles, qu’ils considéraient comme un déshonneur. Certains allaient même jusqu'à enterrer les petites filles vivantes. D'où les quelques versets du Coran :
- sourate 16 (An-Nahl) verset 58 : « Et lorsqu’on annonce à l’un d’entre eux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit et il arrive à peine à contenir sa colère. »
- sourate 16 (An-Nahl) verset 59 : « Et il se dérobe aux regards des gens, le cœur meurtri par cette nouvelle, se demandant s’il va conserver cet enfant malgré le déshonneur ou s’il va l’ensevelir dans la poussière . Quel odieux jugement ! »
On ne retrouve pas cet usage dans d'autres communautés. Aussi, les versets cités n'ont aucun caractère universel.
Le Coran s'adresse d'abord aux habitants de la Mecque et de ses alentours et c'est le Coran lui même qui le dit. Et c'est pour cette raison que le Coran est en arabe15:
- sourate 42 (Ash-Shûrâ) verset 7 : « Ainsi, Nous te révélons un Coran en langue arabe, afin que tu avertisses la ville métropole (la Mecque) et les alentours, et que tu les préviennes du Jour inéluctable du Jugement dernier, où une partie des hommes ira au Paradis et une autre ira en Enfer »
- sourate 6 (Al-An‘âm) verset 92 : « Et, à présent, voici révélé un Livre béni qui vient confirmer les précédentes Écritures, et que Nous te révélons afin que tu avertisses la Cité mère (Mecque) et ses alentours ...»
- sourate 41 Fussilat verset 44 : « Si Nous avions révélé ce Coran en langue étrangère , on aurait objecté : «Si au moins ses versets étaient clairs et intelligibles ! Comment? Un Coran en langue étrangère pour un peuple arabe?» Réponds-leur : «Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants ; seuls les négateurs, quand il s’agit de ce Livre, font la sourde oreille et simulent l’aveuglement. C’est comme si l’appel qu’on leur lance venait de trop loin pour être entendu.»
Le Coran contient donc naturellement des verset qui ne concerne en théorie et en pratique que le premier peuple interlocuteur lors de sa révélation. Ainsi, chaque verset et chaque précepte n'est pas universel. Ce qui fait l'universalité du Coran, c'est son message, son âme, son fond, son essence et ses préceptes généraux (universel).
Par ailleurs, la révélation de Dieu ne se limite pas au seul Coran et c'est le Coran lui même qui le dit15:
- sourate 19 (Maryam ou Marie) verset 109 : «Si la mer se changeait en encre pour transcrire les paroles de mon Seigneur, la mer serait assurément tarie avant que ne soient épuisées les paroles divines, dussions-nous y ajouter une quantité d’encre égale à la première.»
- sourate 31 (Luqmân) verset 27 : « Quand bien même tous les arbres de la terre se transformeraient en plumes, et quand bien même la mer, grossie de sept autres mers, deviendrait un océan d’encre pour écrire la Parole divine, que Dieu aurait encore d’autres messages à transmettre ! Car Dieu est, en vérité, le Tout-Puissant, le Sage. »
Ainsi la révélation d'Allah ne prend pas fin avec le Coran. La révélation d'Allah est atemporelle et continuelle15. Étant donné qu'il n'y aura pas d'autre prophète (cf Coran), la révélation est continuelle à travers un don du tout puissant aux hommes : la Raison, l'Esprit, la Pensée ou l'Intellect. Il ne s'agit pas de la raison d'une personne en particulier mais de la Raison Universelle ou collective. Elle permet à l'Homme, avec la grâce de Dieu, d'augmenter ses connaissances et de lire et comprendre la plus grande création d'Allah : l'Univers. Ainsi, la Science et le Savoir sont les paroles divines inépuisables ou la révélation continuelle. Aussi, se conformer au Savoir c'est bénéficier ou partager la révélation de Dieu :
- sourate 39 (Az-Zumar) verset 9 : «Sont-ils égaux, ceux qui ont reçu la science et ceux qui ne l’ont point reçue?»
- Haci Bektas Veli : « Bilimden gidilmeyen yolun sonu karanlıktır »/« Suivre une voie dépourvue de sciences mène à l’obscurantisme »
Avec la grâce de Dieu et sa révélation continuelle (la Science, le Savoir), l'Homme est aujourd’hui capable de prévoir la météo, le sexe de l'enfant à naître, les maladies mortelles...
Pour les alévis bektashis, l'Homme est la manifestation de Dieu et donc « lire » l'Homme, comprendre l'Homme et se rendre à la Raison et se conformer au Savoir c'est être un véritable croyant15.
Hünkar Hacı Bektaş Veli :
- « Okunacak en büyük kitap insandir » / « Le plus beau Livre à lire est l'être humain »
- « Mille pélerinages à la Kaaba ont moins de valeur que la conquête d'un seul cœur »
| Le premier devoir du véritable croyant, le premier mode d'adoration d'Allah est de « Lire » | |
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La révélation de Dieu s'est réalisée selon un ordre chronologique précis. Or le Coran actuel n’ordonnance pas cette révélation (sourates) selon cet ordre chronologique mais selon la taille des sourates. Suite à la mort de Mahomet, Abou Bakr fut désigné comme Ier calife pour « gouverner les croyants ». Les chiites reconnaissent la succession de Mahomet à Ali ibn Abi Talib : cousin, gendre du prophète et premier homme à accepter l'islam. Lors de son règne, Abou Bakr ordonna de rassembler tous les versets du Coran. Toutefois, l'agencement des versets n'a pas été réalisé dans l'ordre chronologique de leur révélation. Prit dans l'ordre chronologique, la première révélation de Dieu, le premier verset du Coran est (Sourate 96 de l’Adhérence Al-‘Alaq, verset 1): « Lis au nom de ton Seigneur qui a tout créé ». Donc la première injonction de Dieu aux croyants, le premier message ou mot, le premier devoir du véritable croyant, le premier mode d'adoration d'Allah est de « Lire » ou d'étudier les Sciences. Aujourd'hui, ce verset se retrouve à la fin du Coran. Ali ibn Abi Talib avait une version du Coran avec un ordonnancement des sourates classés dans l'ordre chronologique de leur révélation. Les Oméyades (Emevîler), arrivé au pouvoir (Califat) on détruit cette version du Coran. Certains théologiens, y compris sunnites16, y voient une volonté politique de modifier le message du Coran pour rendre le peuple illettré et inculte et mieux maîtriser la population. "L'ordonnancement actuel est un jeu politique pour faire en sorte que le namaz (cinq prières quotidiennes) soit le mode d'adoration principal de Dieu : ce qui est faux et contraire au Coran. Le premier mode d'adoration d'Allah est de « Lire »"16. |
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Musahiplik ou Fraternité religieuse modifier
Le musahiplik est une fraternité religieuse qui amène chaque alevi à avoir un compagnon (Musâhip) avec lequel il est uni pour la vie17. Ce lien est considéré comme plus fort que le lien du sang. Dans le cas où deux hommes mariés sont Musâhip, leurs épouses sont également Musâhip. Ces couples se solidarisent tout au long de leur vie. En cas de décès des parents d'un des couples, les enfants sont pris en charge par l'autre couple.
La coutume du Musâhip ou Ahiret Kardesi ("Frère de l'Au-delà") est consacrée par le Pir ou Dede. Les origines de la coutume du musahiplik sont très anciennes. Il semblerait qu'elle ait existé, sous certaines formes, en Asie centrale18. Le devoir d'avoir un Musâhip est un "devoir obligatoire". Dans la voie de l'Imam Djafer-i Sâdik, il y a Quatre Portes : Şeriat ou charia, Tarikat, Marifet, Hakikat. Chaque Porte a dix Étapes (Makam). Chacun des membres doit connaître :
- les Trois Sünnet
- Croire en l'unicité d'Allah: « Dilinden Tevhit kelimesini, Allah’ın kelamını eksik etmemek »
- Tenir son cœur loin de la suspicion, de la haine et de l'arrogance. Éviter toute hostilité et sentiment de jalousie envers quiconque : « Kalbinden şüpheyi, kin ve kibri uzaklaştırmak, kıskançlık etmemek, kimseye düşmanlık yapmamak »
- Se consacrer à la voie : « Yola gönülden bağlı olmak »
- et les Sept Farz (sept piliers de la maison du Tarikat ): un des Farz est d'avoir un Musâhip.
On ne peut devenir Musâhip que si certaines conditions sont remplies18. Les deux musâhip doivent parler la même langue, être du même age, de la même religion, appartenir à la même classe sociale et aux mêmes conditions sociales (un célibataire ne peut devenir le Musâhip d'un homme marié), être du même village, de la même ville ou du même quartier. Les liens qui unissent les Musâhip ont un caractère social : les musâhip doivent s'entraider et aider mutuellement leurs familles, pendant toutes leur vies18.
Lieu de prière et prière modifier
Le lieu de culte des alevis bektachi est le cemevi ou maison de jam (Bayt-ul Jam), une maison adaptée à la communion. La prière est nommée le cem (prononcé djème de l'arabe jam qui signifie rassemblement, communion). D'un point de vue étymologique « cemevi » et « mosquée ou camii » ont le même sens en arabe : lieu de réunion.
Les croyants y pratique le zikr (ou dhikr), c'est à dire la pratique qui avive le souvenir de Dieu. Le zikr est au cœur de la pratique du soufisme. La cérémonie du cem est l'occasion pour les initiés:
- de faire revivre la Passion d'Ali, de la Sainte famille (Ahl al-Bayt) et le Banquet des Quarante en exprimant l'unicité de Dieu, Mahomet et Ali.
- de distinguer le « Hak » (Dieu; le droit, la justice, la raison) du « batil » (le faux)
- de s'exercer au renoncement, de se repentir ou de «mourir avant de mourir » (injonction du Prophète)
- de prendre part au semah sur les rythme du bağlama (saz) pour se rapprocher de Dieu
La participation aux cérémonie du cemevi est normée :
- pas de discrimination du genre humain: hommes et femmes prient ensemble
- ne sont pas admis les oppresseurs, ceux qui disposent d'un gain illicite (haram), les personnes qui ne sont pas en bon termes
- 12 exécutants sont chargés du bon déroulement de la cérémonie religieuse (12 services) du cem19:
- Mürshid : c'est le dede qui dirige le cem et qui dicte la prière
- Rehber : c'est aussi un dede dont la fonction est d'aider le Mürshid
- Ozan ou Zakir : c'est le barde ou le chantre qui dit les nefes et les deyishs
- Süpürgeci : « le balayeur »
- Delilci ou Tcheragdji : il s'occupe des chandelles
- Gözcü : il s'occupe de l'ordre dans le cem
- Kapıcı : chargé de garder la porte et de placer les gens venus en retard
- Sofracı : il s'occupe du repas, on l'appelle aussi kurbandji ou lokmadji
- Meydancı : il s'occupe de la propriété et montre leur place aux gens
- Saka: il est chargé de distribuer l'eau en souvenir du martyr de Hussein ou Al-Hussein ibn Ali
- Peyik : il appelle les gens aux cem et s'occupe de préparation du cem
- Semahcı : il s'occupe du semah
Déroulement du rituel du cem :
- Invocation des maîtres de l'ordre et bénédiction du djemevi
- Nefes de kul Himmet et de Virani et évocation de l'initiation
- Sourate de l'unicité et fatiha, louanges au prophète et aux douze imams
- Invocation d'Allah et des douze imams
- Imploration du pardon et du secours
- Proclamation de l'unicité (tevhid ou tawhid)
- Louanges au prophète et aux douze imams
- L'ascension céleste et le l'assemblée des Kırklars
- Semah des Kırklars
- Bénédiction
- Samâ' des grues cendrées (turnalar semahi)
- Invocation des saints
- Bénédiction
- Commémoration du drame de Kerbela
- Invocation de la sainte famille et prière propitiatoire
Contrairement à l'islam sunnite qui reste fidèle à la langue du Coran dans tous les domaines de la vie religieuse2, les alevi et les bektachi utilisent leur langue maternelle pour une meilleure compréhension des textes sacrés.
Chef spirituel modifier
Le chef spirituel est le dede, ou Seyyid (Sayyed), descendant du Prophète Mahomet par un des 12 imams (Ahl al-Bayt). Selon le Buyruk (« le commandement » en turc), le livre de référence pour la religion et « la façon de vivre » dans l’Islam alevi, le dede est un descendant du Prophète (ocakzade). Le Buyruk contient les versets coranique, les citations du prophète et des 12 imams et les principes de l’alevisme. Le rôle du dede est de faire appliquer le droit religieux, de conduire les cérémonies et de prêcher.
Le dede, littéralement « grand-père » en turc, est le chef religieux et spirituel de l’alévisme. Il est le représentant d’un ocak (foyer). Pour être dede il faut obligatoirement descendre de Mahomet donc être un seyyid. Il est aussi souvent appelé baba (en turc, « père »).
L'institution des dede est basé sur une hiérarchie à trois niveaux:
Les différents jeûnes modifier
- 10/12 jours de jeûne de Muharrem, pour commémorer pour le martyre de Hussein
- 3 jours de Masum-u Pak
- 3 jours de Madad Muruwwat (medet muruvvet)
- 0/1/3/9 jours (selon les ocak) pendant le Ramadan pour commémorer le martyr d'Ali, cousin et gendre de Mahomet et la descente du Coran
- 3 jours de jeûne de Hizir (en arabe : khiḍr, vert) en l'honneur du Prophète Hizir
- jeûne des 48 jeudis de l'année lunaire
Hizir,Khezr ou Al-Khidr est très présent dans l'alévisme et la mystique musulmane, le « tasawwuf ».
Le hadj: la Véritable Kaaba est le Cœur de l'Homme modifier
Chez les alévis le hadj formel (pèlerinage à la Mecque) n'est plus une obligation rituelle soutenant le véritable pèlerinage autour de la Véritable Kaaba, le Cœur de l'Homme. Ainsi les pèlerinages aux tombeaux des Saints prévalent.
Ordres et confréries Alevi/Bektashi modifier
- Les bektachi Tchelebi
- Les bektachi de l'ordre Babagan (fondé par Balim Sultan)
- Les odjakzade (ordre des ocak/odjak):
- 1 - Baba Mansurlular
- 2 - Kureyşanlılar
- 3 - Pir Sultanlar
- 4 - Ağuçanlar (Ağu İçenler)
- 5 - Sarı Saltıklar
- 6 - Üryan Hızırlar
- 7 - Derviş Cemaller
- 8 - Seyitsabunlar
- 9 - Sinemilliler
- 10 - Şeyh Ahmet Dedeler
- 11 - Dede Karkınlar
- 12 - Hıdır Abdal Ocağı
Chaque communauté est placée sous la dépendance d'un foyer (ocak), instance qui désigne un maître spirituel et sa discipline2. Les fondateurs des foyers sont d'origine diverses : on y trouve des dignitaires bektachi (Sari Saltik, Dede Kargin), un des douze imams ou un grand poète (Pir Sultan Abdal)2. Les alevi font remonter la généalogie mythique de ces fondateurs de foyers au Prophète. Chaque dede ou descendant du foyer (ocakzade) se voit attribuer un certain nombre de communautés qu'il visite une fois par an pour officier lors du rituel d'initiation ayin-i cem2.
Présence alévie bektachi modifier
La grande majorité des alévis sont d’origine turque et turkmène (environ 70 à 80%). On trouve également des alevis d'origine kurdes kurmandji et zazas qui revendiquent leur origine iranienne perse. Dans les Balkans, une partie importante des albanais et de petits groupes bosniaques sont bektachis. Il existe également des communautés alévies en Bulgarie.
L'aire d'influence de l'alevisme eut d'abord pour cadre la société nomade, puis au fil des politiques de sédentarisation forcée menées par le pouvoir central ottoman, le monde rural2. En contrepoint, le bektachisme apparaît plutôt comme un phénomène urbain : à travers son influence auprès du corps de janissaires d'une part, et d'autre part, à travers l'organisation de sa structure monastique dont les cités ottomanes fournissent le cadre2.
Turquie modifier
En 1826, date des massacres qui mirent fin au corps des janissaires, étroitement associés à l'ordre des Bektachî, l'Empire ottoman comptait sept millions d'alevi bektachi20. Aucune source statistique de l'ère républicaine ne fournit aujourd'hui des indications fiables permettant une évaluation démographique de cette minorité. L'islam alevi bektachis constitue la seconde croyance en Turquie après l'islam sunnite. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement, ils sont entre 10 et 15 % mais d’après les sources alévies il représenterait entre 20 à 25 % de la population nationale5. Les répressions exercées sur la communauté sous l'Empire Ottoman21 et la République ont provoqué chez les Alevis un sentiment de peur qui les a contraint à pratiquer leur culte en secret ou "Takiye". Aussi, tant que la liberté de conscience religieuse et politique ne sera pas totale en Turquie, aucune estimation ne pourra être totalement fiable. Les démographe et les universitaires avancent le chiffre de 15 à 20 million22.
Aujourd'hui, l'Islam alevi bektachi est officiellement ignoré par la Turquie. Il existe en Turquie une administration dédiée aux affaires religieuses, la « Présidence des affaires religieuses » ou « Diyanet ». Cet organisme étatique finance uniquement le culte musulman sunnite, les cultes non-sunnites doivent assurer un fonctionnement financièrement autonome23, quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. Lors de la récolte de l'impôt, tous les citoyens turcs sont égaux. Le taux d'imposition n'est pas fonction de la confession religieuse. Toutefois, à travers la « Présidence des affaires religieuses » ou « Diyanet », les citoyens turcs ne sont pas égaux devant l'utilisation des recettes. La « Présidence des affaires religieuses », qui est dotée d'un budget de plus de 2,5 milliards de USD en 2012, ne finance que le culte musulman sunnite. Ainsi, les musulmans alevi bektachis participent au financement des mosquées et au paiement des salaires des imams sunnites alors que leurs lieux de culte, qui ne sont pas officiellement reconnus par l’État, ne reçoivent aucun financement.
En théorie, la Turquie, à travers le Traité de Lausanne de 1923, reconnaît les droits civils, politiques et culturels des minorités non musulmanes.
En pratique, le Turquie ne reconnaît que les minorités religieuses grecques, arméniennes et israélites sans pour autant leur accorder tous les droits cités dans le Traité de Lausanne.
Les musulmans alevi-bektachis et câferî24, les catholiques latins et les protestants ne font l'objet d'aucune reconnaissance officielle.
À deux reprises, en 1966 et en 1996, des alévis ont mis sur pied un parti politique spécifique, le Parti de l'unité (1966-1981), qui a fait élire dix députés aux élections de 1969, un à celles de 1973 et aucun à celles de 1977, puis le Parti de la paix (1996-1999), qui a recueilli 0,25 % aux législatives de 1999 et s'est autodissout quelques mois plus tard. Le peu de considération du Parti républicain du peuple vis-à-vis des revendications spécifiques alévies en matière de reconnaissance et de subsidiation de leur culte faisait partie des motivations lors de la création du Parti de la paix, précédée en 1995 de celle du Mouvement démocratique de la paix.
Albanie et Kosovo modifier
Il n'existe pas de chiffres officiels récents sur la population de la communautés alevi bektachi. Les anciennes statistiques parlent de 150 000 (Kingsley, 1994:85) à 200 000 ménages25 (Tomor, Interview, 1994) (statistiques de 1912 et 1967).
Les bektachi représentent environ 15 pour cent de la population albanaise25 soit 425 000 individus
- Les bektachi sont principalement situés dans le sud de l'Albanie: Gjirokastër, Sarandë-Delvinës, Tepelen, Përmet, Kolonjë, Skrapar, Korçë, Devoll, Mallakastër, Vlorë, Leskoviku, Ersekë.
- Les bektachis sont également présents dans le centre du pays: Krujë, Tiranë, Kavajë, Durrës, Lushnjë, Elbasan etc.
- Dans une moindre mesure dans le nord: Martaneshi, Dibër, Bulqizë, Shkodër.
Bulgarie modifier
Selon des sources non officielles, les Alévis représentent entre 18-20% la population turcophone du pays, 13% selon les chiffres officiels.
Selon une enquête réalisée par Irène Mélikoff en 1985, le nombre d'alévis en Bulgarie est d'environ 90 à 100 000. Le recensement du 4 décembre 1992 dénombre 83 537 habitant qui se définissent comme alévis.
Ce chiffre est certainement sous estimé dans la mesure où les qizilbash et les bektachi de Bulgarie ne se définissent pas en tant qu'alévi comme en Turquie.
La population alévie est concentrée dans les provinces de Razgrad, Ruse, Silistra et Sliven.
Grèce modifier
Macédoine modifier
La communauté alevis bektachi est estimée à 30 0000 personnes25 selon les autorités bektachi
Bosnie-Herzégovine modifier
Hongrie modifier
Budapest où se situe le tombeau de Gül Baba (mort en 1541). Également connu sous le nom Cafer, Gül Baba était un poète ottoman, un derviche bektashi et un proche du sultan Soliman le Magnifique.
Roumanie modifier
- Babadag: l'origine de la ville remonte au XIIIe siècle, quand le derviche Baba Sari Saltik a contribué à l'installation de Turcomans dans cette partie de la Dobroudja. L'explorateur Ibn Battuta mentionne la ville sous le nom de Baba Saltuk comme point avancé des Turcs dans la région. Le tombeau de Sari Saltik se trouverait à Babadag en Roumanie27.
- A Kilgra (Kaliakra) sur la mer Noire, Evliya Çelebi raconte avoir visité un tekke Bektashi, qui prétant également contenir le tombeau de Sari Saltik. Au début du XXe siècle, ce site était un lieu de pèlerinage pour les musulmans et les chrétiens27.
- Proche de Baltchik : il y avait autrefois un tekke bektashi d'une grande importance, l'un des plus importants en Roumélie. Le saint qui y était enterré était appelé Hafouz Halil Baba, ou Ak-Yazili Baba27.
Iran, Irak et Azerbaïdjan modifier
- Irak: en Mésopotamie, les tekkes bektachi étaient proches des lieux saints chiites: il s'agissait plus de maisons de repos pour bektashi en pèlerinage que de tekkes : Bagdad (avec le tombeau de Gulgul Baba), Kazmen (une banlieue de Bagdad sacré pour les chiites abrite le tombeau de l'imam Moussa), Kerbela, Nedjef et Samara.27
Égypte modifier
Le couvent bektashi sur le Mokattan, au dessus de la citadelle au Caire, est le seul établissement de l'ordre en Égypte. Une grande grotte dans l'enceinte du couvent abrite le türbe ou mausolée, le Kaigousouz Sultan, le fondateur du couvent2728.
Migrations contemporaines modifier
- Allemagne: entre 3,8 et 4,3 millions de musulmans vivent en Allemagne. Les alévis représentent 13% des musulmans suivi par les chiites à environ 7%. La population alevi bektachi est estimée entre 500 et 625 0000. En 2000, l'Allemagne accorde aux alévis le statut de « communauté religieuse »29
- France: le nombre d’alévis est estimé entre 120 et 150 mille en 2012. Un grand nombre ont immigrés en France dans les années 70-8030.
- Suisse: 40 000 à 50 000 alévis vivent en Suisse, la plupart sont d'origine turque. La première association alévi de Suisse a été créée en 1992 à Bâle31. Le parlement bâlois a accordé le 17 octobre 2012 la reconnaissance cantonale à la communauté alévie 32
- Royaume-Uni: l'école primaire "Enfield Prince of Wales" de Londres est la première école primaire au monde a dispenser un cours sur l'alevisme 33
- Pays-Bas: 50 000 alevis bektachi vivent aux Pays Bas34
- Belgique:
- Autriche: les alevis bektachi sont environ 60 000 en Autriche35. En 2010, l'État autrichien a officiellement reconnu l'Alevisme comme un culte. Les cemevi ont un statut légal, les chefs religieux sont reconnus par l'Etat, les jours sacrés (kurban, ashura, Hizir et newroz) des alevis sont devenus des jours fériés, et des master sur l'alevisme sont mis en place36
- Pays scandinaves:
- Australie:
- Canada:
- États-Unis:
Littérature modifier
La littérature alévie a influencé profondément la littérature turque en général ainsi que la littérature chiite.
Les hymnes chantés avec ou sans accompagnement de bağlama (saz) sont appelés nefes (souffle). Les chants religieux et spirituels chantés avec le bağlama sont appelés deyiş (dit). Les cantiques traitant du martyr de Hussein sont appelés mersiye. Les cantiques qui racontent l'ascension céleste de Mahomet sont appelés miraçlama. Les cantiques adressés aux 12 imams sont appelés duvaz-imam (12 Imams en persan). Les cantiques traitant des cycles d'incarnation de prophétie et de sainteté sont appelés devriye (en arabe, dawr, révolution/cycle). Les cantiques psalmodiés le jour du Nevruz (Newroz) (21 mars) rappelant la naissance de Ali dans la Kaaba, du jour de la révélation prophétique, du mariage d'Ali et Fatima, sont appelés nevruziye.
Comme c'est une littérature très étendue dans l'espace et dans le temps, du Turkestan au Balkans, il faut la diviser par région et par siècle. La grande littérature alévie est née au XIIe siècle.
Au Turkestan son premier représentant est Ahmed Yesevi (XIIe siècle).
En Azerbaïdjan ses représentants sont :
- Seyyid Nesimi (XIVe siècle)
- Shah Ismail Khatai (XVIe siècle)
- Qurbani (XVIe siècle)
- Mehemmed Fuzuli (XVIe siècle)
En Anatolie nous avons :
- Said Emre (XIIIe siècle)
- Yunus Emre (XIIIe et XIVe siècles)
- Kaygusuz Abdal (XIVe et XVe siècles)
- Virani (XVe et XVIe siècles)
- Pir Sultan Abdal (XVIe siècle)
- Kul Himmet (XVIe siècle)
- Teslim Abdal (XVIIe siècle)
- Kul Şükrü (XVIIIe siècle)
- Dertli (XIXe siècle)
- Harabi (XIXe et XXe)
Dans les Balkans les représentants sont :
- Yemini (XVIe siècle)
- Kazak Abdal (XVIIe siècle)
- Bosnevi (XIXe siècle)
Fuzuli était aussi un poète chiite. Nesimi, Yemini étaient en même temps des poètes Houroufis. Virani se considérait aussi poète Nusayri. Il y a aussi d'autres poètes alévis appelés halk ozanı c’est-à-dire « bardes du peuple » car ils n'ont pas été derviches ou abdals ; parmi eux, citons Köroğlu, Karacaoğlan, Kerem, Garip, Gevheri, Dadaloğlu.
Musique modifier
- Musiciens non-alévis ayant enregistré de nombreux rythmes alevi bektachi:
- Ruhi Su
- Mercan Dede, artiste dont la musique combine des éléments soufis traditionnels et électroniques, a également travaillé sur des rythmes alévis en collaboration avec Sabahat Akkiraz
Notes modifier
- Roşan Lezgîn, Derheqê Edebîyata Kirmanckî (Zazakî) de, 2009
- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1980_num_35_3_282666
- http://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/5735/
- http://www.unesco.org/culture/ich/RL/00384
- Ali Kazancigil, Idées reçues [« La Turquie »], vol. 156, Le Cavalier Bleu, 2008, 126 p. (ISBN 2-84670-195-4) lire en ligne, p. 49
- http://books.google.fr/books?id=BOBLsh5z6owC&pg=PT203&dq=alevisme&hl=fr&sa=X&ei=0y1rUYWECKOL7AbNj4HgAw&ved=0CD0Q6AEwAw
- http://fr.calameo.com/read/000260618c8e655172c32
- Ali Kazancigil, La Turquie, Le Cavalier Bleu, 2008, 126 p. (ISBN 2-84670-195-4) lire en ligne, p. 50
- Au début de l’ère islamique, il n’y avait pas de chiisme ou d’alévisme, mais simplement un parti d’Ali, c’est-à-dire les partisans d’Ali pour la succession de Mahomet.
- Les Köktürks, les Khazars, les Bulgares, les Shahis d’Afghanistan (descendants des Turcs Kushans), etc. Tous ces peuples ont été en conflit avec les Omeyyades et les Abbassides. On peut dire que ces guerres ont fortement influencé les populations turcophones.
- De nombreux descendants de Mahomet se sont exilés au Turkestan et au Khorasan. Imam Riza est un symbole.
- Les voies d’accès à la Réalité dans le soufisme, Eric Younès Geoffroy
- http://books.google.fr/books?id=K-SAt7KxpnQC&pg=PA192&dq=alevisme&hl=fr&sa=X&ei=xjlrUZfmC9CAhQeS-4HwDg&ved=0CC8Q6AEwADgK#v=onepage&q=alevisme&f=false
- http://www.alevi.org/alevi-ogretisi/dort-kapi-kirk-makam.pdf
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- Samim Akgönül, Religions de Turquie, religions des Turcs: nouveaux acteurs dans l'Europe élargie, Paris, L'Harmattan, 2005, 196 p. (ISBN 978-2-7475-9489-9) (LCCN 2006382557) lire en ligne, p. 69
- The World of the Alevis: Issues of Culture and Identity, Gloria L. Clarke
- Center for Documentation and Information on Minorities in Europe - Southeast Europe (CEDIME-SE) MINORITIES IN SOUTHEAST EUROPE, Bektashis of Albania
- http://www.academia.edu/3111359/Alevi-Bektashi_communities_in_southeastern_Europe_spiritual_heritage_and_environmental_consciousness
- Geographical Distribution of the Bektashi, F. W. Hasluck, The Annual of the British School at Athens, Vol. 21, (1914/1915 - 1915/1916), pp. 84-124, Published by: British School at Athens
- http://weekly.ahram.org.eg/2000/511/special.htm
- http://books.google.fr/books?id=TIfweHsRWu0C&pg=PA271&lpg=PA271&dq=in+2000,+the+Berlin+court+granted+Alevis+the+status+of++%22religious+community%22&source=bl&ots=JbiJa3r14r&sig=WDVDWo8Zcylq2jdbzcHqXAvgN34&hl=fr&sa=X&ei=7GJqUePKHoHeObWmgYAO&ved=0CFcQ6AEwBg#v=onepage&q=in%202000%2C%20the%20Berlin%20court%20granted%20Alevis%20the%20status%20of%20%20%22religious%20community%22&f=false
- http://www.alevi-fuaf.com/contenu/51/fuaf/2/
- http://www.migraweb.ch/themen/religion/alevitische-gemeinschaften/
- http://www.kipa-apic.ch/index.php?pw=&na=0,0,0,0,f&ki=236423
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- http://www.forum.nl/pdf/factbook-islam-en.pdf
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- http://www.aleviten.at/tr/?page_id=20
Bibliographie modifier
- Fevzi Rencber, 40 Soruda Adiyaman’da geleneksel elevilik [1]
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- Dimitri Kitsikis (1999). Multiculturalism in the Ottoman Empire : The Alevi Religious and Cultural Community, dans P. Savard & B. Vigezzi eds.[Quoi ?], Le multiculturalisme et l'histoire des relations internationales, Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, 1999.
- Jérôme Cler et Jean During, Cérémonie du djem Alevi.
- Claude Cahen, Baba Ishaq, Baba Ilyas, Hadjdji Bektash et quelques autres, Turcica, 1, 1969, p. 53-64.
- Irène Melikoff, Sur les traces du soufisme turc : recherches sur l'Islam populaire en Anatolie, Istanbul, Éditions Isis, 1992.
- Irène Melikoff, Hadji Bektach : un mythe et ses avatars. Genèse et évolution du soufisme populaire en Turquie, Leiden, Pays-Bas, Brill, 1998.
- Irène Melikoff, La communauté kizilbash du Deli Orman, en Bulgarie, Revue des études islamiques, 60, 1992.
- Elise Massicard, L'autre Turquie — Le mouvement aléviste et ses territoires, PUF, 2005.
Liens externes modifier
- (fr) + (tr) www.alevi-fuaf.com - www.alevi-france.com - www.alevi-fransa.com — Les sites officiels — La Fédération de l'Union des Alévis en France
- (de) + (tr) [2] — La Fédération de l'Union des Alévis d'Allemagne












