Alphabet copte

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Copte
Image illustrative de l'article Alphabet copte
Lettres de l'alphabet copte
Caractéristiques
Type Alphabet
Langue(s) Copte
Historique
Époque vers 300 av. J.-C. – XIVe siècle (usage rare de nos jours)
Système(s) parent(s) Phénicien et hiéroglyphes

 Grec et démotique
  Copte

Système(s) apparenté(s) Cyrillique, latin, arménien, ancien nubien
Codage
Unicode U+2C80 à U+2CFF
U+03E2 à U+03EF
ISO 15924 Copt

L'alphabet copte est l'alphabet utilisé pour écrire la langue copte. Cette langue est l'héritière moderne de l'égyptien, écrit auparavant avec les hiéroglyphes, qui a cessé d'être une langue vivante au Xe siècle de l'ère chrétienne mais continue d'être utilisée comme langue liturgique de l'Église copte orthodoxe. L'alphabet copte est donc maintenant une écriture « sacrée ».

Histoiremodifier | modifier le code

L'écriture hiéroglyphique antique a cédé la place, pour écrire la langue copte, à un alphabet dérivé du grec, dont les lettres ont été empruntées vers la fin du Ier siècle de l'ère chrétienne. La mère de cet alphabet est donc le grec oncial. La langue copte différant de la langue grecque en termes de phonèmes, il a fallu compléter l'alphabet de vingt-quatre lettres par sept signes supplémentaires, qui ont été empruntés au démotique, écriture d'origine hiéroglyphique qui a précédé l'alphabet copte et a cessé d'être utilisée pendant le Ve siècle. Inversement, certaines lettres grecques se sont avérées inutiles mais ont été conservées pour la notation de termes empruntés au grec biblique.

L'alphabet copte est aujourd'hui réservé aux textes chrétiens. Cependant, il servait à ses débuts pour des écrits au contenu varié, comme des textes « magiques ». Pour W. V. Davies (cf. bibliographie), l'importation de lettres grecques dans cette langue ─ qui pouvait utiliser une écriture ancestrale mais phonétiquement imprécise ─ s'expliquerait par la nécessité de représenter le plus fidèlement possible les sons des formules magiques. L'alphabet dans ses versions les plus anciennes n'est pas normalisé et contient, selon les lieux et les dialectes, de nombreuses lettres issues du démotique qui n'ont pas été conservées dans la version définitive, laquelle est bien attestée à partir du IVe siècle. Au cours des siècles, les documents religieux ont pris le pas sur les écrits profanes, parmi lesquels on pouvait trouver lettres, correspondance commerciale et textes de lois.

Fait notable, l'alphabet nubien dérive de l'alphabet copte bien que les langues n'aient aucun lien entre elles.

Lettresmodifier | modifier le code

Note : toutes les transcriptions phonétiques suivent les usages de l'API.

Liste des graphèmesmodifier | modifier le code

Les lettres sont données pour l'alphabet bohaïrique.

Les lettres sont aussi utilisées — à partir du bohaïrique —, comme en grec, en tant que nombres (d'où la présence dans l'alphabet d'un signe non littéral et purement numéral, soou, issu du digamma grec, et d'une ligature abréviative, le barré valant 900, en remplacement du sampi grec) ; consulter numération copte pour plus de détails. Le sa'idique semble ignorer une telle pratique et note les nombres au long.

Image Majuscule Minuscule Valeur numérique Nom Translittération Prononciation
Coptic Alpha-min.svg 1 alpʰa a [a, ʕ, ʔ]
Coptic Beta-min.svg 2 bēta b [b, v, w]
Coptic Gamma-min.svg 3 gamma g [k] / [g, ŋ, ɣ]
Coptic Dalda-min.svg 4 dalda d [d] / [d, ð]
Coptic Ei-min.svg 5 ei [e]
Coptic Sou.svg 6 sou
Coptic Zeta-min.svg 7 zēta z [s] / [z]
Coptic Eta-min.svg 8 ēta ē [eː] / [ɛː, i]
Coptic Theta-min.svg 9 tʰēta [tʰ] / [tʰ, θ]
Coptic Iota-min.svg 10 iōta i [i, j]
Coptic Kappa-min.svg 20 kappa k [k]
Coptic Laula-min.svg 30 laula l [l]
Coptic Me-min.svg 40 m [m]
Coptic Ne-min.svg 50 n [n]
Coptic Kxi-min.svg 60 kˢi [ks]
Coptic Ou-min.svg 70 ou o [o]
Coptic Pi-min.svg 80 pi p [p]
Coptic Ro-min.svg 100 r [r]
Coptic Semma-min.svg 200 sēmma s [s]
Coptic Tau-min.svg 300 tau t [t] / [t, d]
Coptic He-min.svg 400 he u [u, w] / [u, w, i, v]
Coptic Phi-min.svg 500 pʰi [pʰ] / [pʰ, f]
Coptic Khi-min.svg 600 kʰi [kʰ] / [kʰ, χ, ʃ]
Coptic Pxi-min.svg 700 pˢi [ps]
Coptic O-min.svg 800 ō ō [oː]
Coptic Sai-min.svg Ϣ ϣ šai š [ʃ]
Coptic Fai-min.svg Ϥ ϥ 90 fai [f]
Coptic Hai-min.svg Ϧ ϧ ḫai [x]
Coptic Hori-min.svg Ϩ ϩ hori h [h]
Coptic Dandia-min.svg Ϫ ϫ ḏanḏia [d͡ʒ] / [d͡ʒ, g]
Coptic Cima-min.svg Ϭ ϭ čima č [q] / [t͡ʃ]
Coptic Ti-min.svg Ϯ ϯ ti ti [ti]
Coptic Ro-bar.svg 900 pˢis ənše

Originemodifier | modifier le code

Les premières lettres de l'alphabet copte possèdent un étymon grec oncial évident. On notera la présence du sigma lunaire.

Grec Copte
Nom Image Nom Image
Alpha Grec oncial a.png alpʰa Coptic Alpha-min.svg
Bêta Grec oncial b.png bēta Coptic Beta-min.svg
Gamma Grec oncial g.png gamma Coptic Gamma-min.svg
Delta Grec oncial d.png dalda Coptic Dalda-min.svg
Epsilon Grec oncial e.png ei Coptic Ei-min.svg
Zêta Grec oncial z.png zēta Coptic Zeta-min.svg
Êta Grec oncial h.png ēta Coptic Eta-min.svg
Thêta Grec oncial th.png tʰēta Coptic Theta-min.svg
Iota Grec oncial i.png iōta Coptic Iota-min.svg
Kappa Grec oncial k.png kappa Coptic Kappa-min.svg
Lambda Grec oncial l.png laula Coptic Laula-min.svg
Mu Grec oncial m.png Coptic Me-min.svg
Nu Grec oncial n.png Coptic Ne-min.svg
Xi Grec oncial ks.png kˢi Coptic Kxi-min.svg
Omicron Grec oncial o.png ou Coptic Ou-min.svg
Pi Grec oncial p.png pi Coptic Pi-min.svg
Rhô Grec oncial r.png Coptic Ro-min.svg
Sigma Grec oncial s.png sēmma Coptic Semma-min.svg
Tau Grec oncial t.png tau Coptic Tau-min.svg
Upsilon Grec oncial u.png he Coptic He-min.svg
Phi Grec oncial ph.png pʰi Coptic Phi-min.svg
Chi Grec oncial x.png kʰi Coptic Khi-min.svg
Psi Grec oncial ps.png pˢi Coptic Pxi-min.svg
Oméga Grec oncial w.png ō Coptic O-min.svg

Les sept dernières lettres de l'alphabet ne sont pas d'origine grecque mais furent empruntées à la démotique égyptienne. Elles permettent de noter des sons pour lesquels l'alphabet grec ne possède pas d'équivalents. Leur origine est bien connue : on peut en effet remonter des hiéroglyphes jusqu'à la lettre copte en passant par le tracé démotique des hiéroglyphes :

Hiéroglyphe Démotique Copte
Valeur Image Valeur Image Nom Image
SA
M8
š Demotique sh.png šai Coptic Sai-min.svg
F
I9
f Demotique f.png fai Coptic Fai-min.svg
XA
M12
Demotique kh.png ḫai Coptic Hai-min.svg
HOU
F18
Y1
h Demotique h.png hori Coptic Hori-min.svg
MEDJ
U29
Demotique j.png ḏanḏia Coptic Dandia-min.svg
K
V31
č Demotique tsh.png čima Coptic Cima-min.svg
TI
D37
X1
ti Demotique ti.png ti Coptic Ti-min.svg

Capitalesmodifier | modifier le code

L'alphabet copte peut être considéré bicaméral : chaque lettre possède une majuscule et une minuscule. Dans les faits, sauf dans certains styles particulièrement ornés, les capitales ne sont rien d'autre que des minuscules de grand format et elles ne nécessitent pas un apprentissage séparé. Il n'y a là rien de comparable au cas du grec actuel, dont la minuscule de Ν est ν, par exemple. La lettre ḫai est vraisemblablement la seule dont les deux variantes sont différentes quel que soit le style : Ϧ en capitale, ϧ en minuscule.

Nom des lettresmodifier | modifier le code

On a retenu dans ce tableau l'un des nombreux noms possibles pour chaque lettre, ceux donnés grosso modo par la grammaire de Plumley (cf. bibliographie). On peut considérer que ce sont les noms anciens.

Les noms des lettres ne sont en effet pas réellement normalisés et l'on trouve dans ce domaine d'importantes variations selon les textes, minimes (la lettre fai peut être nommée fei) ou plus notables (he est souvent désignée par le nom epˢilon dans les textes récents). L'hellénisation de la prononciation (voir plus bas) a bien sûr joué un rôle non négligeable, de même que des contraintes liées à la langue copte elle-même : l'apparition d'une voyelle épenthétique en début de mot dans une syllabe qui débuterait sinon par deux consonnes est visible dans des cas comme kˢi souvent nommé ekˢi.

Translittération et codagemodifier | modifier le code

À partir de maintenant, les mots codés en alphabet grec en italique sont à lire comme s'ils étaient écrits en copte. En effet, Unicode ne distingue pas encore les deux blocs de caractères (voir plus bas). Les mots écrits en grec en romaine (contraire de l'italique) doivent bien être compris comme du grec. Il serait en 2008 possible de coder toute la page en copte (consulter la section « Codage informatique »).

Pour des raisons de simplicité, on a choisi de représenter le sēmma (sigma grec) par la lettre latine c : en effet, le copte ayant emprunté le sigma lunaire grec, il ne connaît pas de variante finale ς. Écrire σ en fin de mot serait trop dérangeant pour l'œil habitué à lire le grec. Il est aussi plus prudent de coder le sigma lunaire par un c plutôt que par le caractère grec prévu par Unicode (ϲ U+03F2), qui n'est pas toujours présent dans les polices de caractères courantes.

On a choisi une translittération et non une transcription pour les mots coptes. Cette translittération est bijective : à chaque symbole ou digramme symbolique choisi ne peut correspondre qu'une seule lettre copte et inversement, d'où la notation des consonnes aspirées par un ʰ. Ainsi, (φ) ne peut être confondu avec la suite de lettres ph (πϩ). peut facilement être remplacé par j. La présence d'un ḏinkim (voir plus bas) est indiquée par un ə en exposant : ρ̄ est translittéré ər.

Valeur des lettresmodifier | modifier le code

Les différentes sources consultées donnent pour certaines lettres des valeurs très différentes, selon qu'on se place dans une optique historique (le copte tel qu'il a été parlé dans le passé ; encore faut-il savoir de quel dialecte l'on parle) ou actuelle (tel qu'il est maintenant prononcé lors des cérémonies religieuses). De plus, il faut distinguer la prononciation sa'idique (dialecte maintenant éteint) de la bohaïrique (seul dialecte encore « vivant »). Les textes récents consacrés au copte insistent généralement plus sur la prononciation bohaïrique liturgique actuelle. Deux ouvrages, cependant, s'appuient surtout sur la prononciation ancienne : l'article de Ritner et la grammaire de Plumley (cf. bibliographie).

D'autre part, selon Emile Maher Ishak (cf. bibliographie), la prononciation bohaïrique de la langue copte aurait été rapprochée artificiellement de celle du grec moderne au milieu du XIXe siècle, afin de permettre une fusion entre l'église orthodoxe grecque et l'église copte orthodoxe d'Égypte, fusion qui ne s'est finalement pas faite. Ce mouvement d'hellénisation, placé sous l'égide du pope Cyrille IV et d'Arian Girgis Moftah, enseignant de copte liturgique, a cependant été globalement et graduellement accepté : actuellement, sauf dans de rares églises, le copte est lu « à la grecque ». Cette prononciation est pourtant réputée factice et artificielle (d'autant plus qu'elle ne s'applique pas forcément à tous les mots : pour ne pas trop contrevenir aux usages établis, les noms propres, par exemple, sont souvent prononcés « à l'ancienne »). On considère alors qu'appartient au « vieux bohaïrique » une prononciation plus hypothétique restituée et datant d'avant l'hellénisation, prononciation parfois ─ à tort ou à raison ─ désignée comme étant celle du sa'idique.

Dans le tableau ci-dessus, on a indiqué en première valeur celle probable du sa'idique (ou du « vieux bohaïrique »), restituée à partir de l'égyptien ancien, des pratiques scripturales anciennes et de la valeur des lettres grecques à l'époque de l'emprunt de l'alphabet. La deuxième valeur est celle du bohaïrique hellénisé actuel. On décrira ci-dessous ces deux systèmes.

Consonnes aspirées et consonnes doublesmodifier | modifier le code

Prononciation ancienne / sa'idiquemodifier | modifier le code

Les consonnes apirées grecques ont été utilisées au départ comme des raccourcis permettant de noter une consonne occlusive suivie de /h/. Ainsi, θ correspondait à la suite de consonnes τϩ, soit /th/. De telles lettres transcrivaient alors deux consonnes et non une seule (en grec ancien, θ valait /tʰ/). On trouve par exemple les graphies équivalentes θε ou τϩε /the/ (et non /tʰe/ puisque les consonnes aspirées n'existent pas en copte) pour le mot « chemin ». L'utilisation de ces lettres, en sa'idique, est bien plus limitée qu'en bohaïrique (elle se cantonne la plupart du temps aux mots d'origine grecque quand elles ne servent pas de raccourci, c'est-à-dire de lettre doubles), de même pour φ et χ, qui peuvent remplacer πϩ et κϩ.

Le cas est similaire avec les deux consonnes doubles grecques ξ et ψ, qui, dans les textes anciens, servent parfois de raccourci à κc et πc, sans pour autant que l'usage soit obligatoire (au contraire du grec). Par exemple, le nombre 9 peut s'épeler πcιc ou ψιc.

Prononciation helléniséemodifier | modifier le code

Actuellement, dans la prononciation bohaïrique hellénisée les consonnes aspirées se prononcent soit comme des simples (θ vaut donc τ, φ se lit π et χ comme κ) soit d'une manière similaire à la prononciation du grec moderne (mais adaptée à une population majoritairement arabophone).

  • θ : après c, τ, υ, et ϣ → /t/, sinon → /θ/ ;
  • φ : dans un nom propre → /f/, sinon → /v/ ;
  • χ : dans un mot copte → /k/, sinon (principalement dans des mots grecs) → /x/ après α, ο et ω, /ʃ/ après ε, η, ι et υ (par imitation du grec moderne [ç]).

L'utilisation des aspirées ainsi que des consonnes doubles (dont la prononciation ne soulève aucun problème) est plus fréquente en bohaïrique que dans les textes plus anciens.

Occlusives sonores et zētamodifier | modifier le code

Prononciation ancienne / sa'idiquemodifier | modifier le code

Les lettres grecques γ, δ et ζ, prononcées /g/, /d/ et /zː/ en grec ancien, font partie de celles dont le copte aurait pu faire l'économie puisque les sons en question ne sont pas des phonèmes du copte ancien (alors que le β grec, déjà passé à /v/ à l'époque médiévale, s'avérait utile). Dans les textes anciens, on note une grande propension à la confusion avec des sourdes plus ou moins équivalentes : ainsi, γ alterne avec κ ou ϭ (qui, en sa'idique, ne vaut pas /t͡ʃ/ mais vraisemblablement /q/), δ avec ϯ, ζ avec c.

En règle générale, ces consonnes sont utilisées principalement (mais pas exclusivement) dans des mots d'emprunt au grec.

Prononciation helléniséemodifier | modifier le code

Celle du bohaïrique actuel est très éloignée de la prononciation ancienne. Ces lettres apparaissent aussi surtout dans des mots d'emprunt au grec :

  • β : à la fin d'un mot ou dans un nom propre → /b/ ; sinon → /v/ ;
  • γ : devant ε, ι, η et υ → /g/ ; devant γ et χ → /ŋ/ (comme en grec depuis l'Antiquité) ; sinon → /ɣ/ ;
  • δ : dans un nom propre → /d/ ; sinon → /ð/.

Voyellesmodifier | modifier le code

L'on entend ici voyelle au sens de « voyelle graphique » et non phonologique : en effet, les voyelles du copte peuvent aussi servir à noter des consonnes.

Prononciation ancienne / sa'idiquemodifier | modifier le code

Il semble que la quantité vocalique (différence entre voyelles brèves et voyelles longues) soit pertinente en copte ancien. La langue connaît trois timbres phonologiques fondamentaux, /a/, /e/ et /o/. Ceux-ci sont notés par α /a/, ε /e/ et ο /o/ pour les brèves, ι /i/ (ou η /eː/), η /ē/ et ω /oː/ (ou ου /uː/) pour les longues : les timbres ne correspondent donc pas exactement (à cause vraisemblablement d'une apophonie) et il ne semble pas que ι soit forcément une voyelle longue.

La voyelle /uː/ ainsi que la consonne /w/ sont régulièrement écrites grâce au digramme ου, la lettre υ seule étant réservée aux mots grecs ou comme second élément de diphtongue. Par exemple, νουτε /nuːte/, « dieu » et ουααβ /waab/, « saint ». La voyelle /i/ et la consonne /j/ sont écrites différemment : ι sert pour la voyelle, ει pour la consonne en début de syllabe (parfois ϊ, forme plus commune en bohaïrique), ϊ en fin de syllabe. Ainsi : ψιc /psis/, « 9 », ειωϩε (plus rare : ϊωϩε) /joːhe/ « champ », ηϊ /eːj/, « maison ».

Prononciation helléniséemodifier | modifier le code

Autres détailsmodifier | modifier le code

  • les lettres π et τ sont, à la manière grecque, susceptible d'être voisées après μ ou ν → /b/ et /d/ ;
  • la lettre ϫ se comporte comme un g français : il se prononce « doux » devant ε, η, ι et υ → /d͡ʒ/ (parfois réalisé [ʒ]), « dur » ailleurs → /g/.

Diacritiquesmodifier | modifier le code

Ḏinkimmodifier | modifier le code

Ce signe (plus souvent transcrit jinkim), très fréquent, indique que la consonne sonante qui le porte est vocalisée. Dans la pratique, on la prononce avec un schwa [ə] ou un [e] léger (représenté ici par ə dans la translittération). Le ḏinkim se trace différemment selon les dialectes : en sa'idique, c'est un macron, un accent grave en akhmimique et fayoumique, un accent grave ou un point suscrit en bohaïrique. Actuellement, c'est le macron qui semble préféré dans les éditions récentes.

Ponctuationmodifier | modifier le code

Autres signesmodifier | modifier le code

Ḫaimodifier | modifier le code

Le phonème /x/ ne se rencontre pas en sa'idique. La lettre ḫai n'y est donc pas utilisée. La forme usuelle, Coptic Hai-min.svg, est propre au bohaïrique. On la trace en akminmique Copte x akhminique.png ; cette seconde graphie ne provient pas de la démotique Demotique kh.png mais d'un hori, Coptic Hori-min.svg barré.

Sooumodifier | modifier le code

Cette « lettre », Copte soou.png, n'est utilisée que dans la numération (avec la valeur 6), ce qui explique qu'on l'ait représentée ici avec sa barre suscrite. Elle remonte clairement au digamma grec dans sa graphie ancienne, Ϝ, lettre qui, déjà en grec, n'avait plus de valeur littérale (sauf quand elle a été confondue avec un stigma).

Abréviations et ligaturesmodifier | modifier le code

À l'instar du grec, qu'il a copié, le copte a développé nombre de ligatures et de signes d'abréviation. Les plus notables sont les caractères composés et la ligature abréviative suivants :

Signe Copte stauros.png Copte kh r.png et Copte r m.png Copte r barre.png Copte tsh s.png
Se lit... cταυροc
stauros
χρονοc μαρτυρων
kʰronos marturōn
ψιc ν̄ϣε
pˢis ənše
ϭωιc
čōis
Sens « croix »  « temps des martyrs » (ère de Dioclétien) 900 « Seigneur »
  • Copte r barre.png n'est utilisé que comme signe numérique et correspondrait au sampi grec ;
  • cταυροc et χρονοc μαρτυρων sont des mots empruntés au grec ;
  • Copte tsh s.png est une ligature abréviative de ϭ et c (noter le trait de surlignement, la barre indiquant une contraction).

Les autres abréviations concernent surtout les noms propres bibliques grecs et sémitiques : ils sont contractés et représentés par deux ou trois lettres du mot, lettres qui sont la plupart du temps surlignées. Ainsi, χ̅c̅ représente Χριcτοc, Christ. Les usages sont semblables à ceux suivis dans les manuscrits grecs.

Signes didactiquesmodifier | modifier le code

Copte double trait d unionb.png

Le signe ci-contre, un double trait d'union, sert, dans les ouvrages didactiques, à indiquer qu'un mot est à l'état pronominal (suivi d'un suffixe pronominal). C'est le trait d'union simple qui sert à indiquer l'état construit du verbe ou de la préposition (lorsque la forme est suivie d'un complément nominal). La forme absolue, le cas échéant, est présentée sans trait d'union. Quand la typographie éditoriale s'adapte au style des lettres coptes, ce double trait d'union prend des allures plus penchées. Dans les faits, il est possible de le remplacer par le signe = (ce qu'on fera ici). Unicode prévoit de lui consacrer un emplacement.

On peut ainsi, dans les grammaires et les dictionnaires, savoir que telle préposition ou tel verbe doit être suivi d'un complément nominal, que telle autre forme doit être suivie d'un suffixe personnel :

  • κοτ= kot= « construire » → état pronominal (exemple : κοτ=ϥ̄ kot=əf « le construire », comme dans « il faut le construire ») ;
  • κετ- ket- : « construire » → état construit (comme dans κετ-πηϊ ket-pēï, « construire [une] maison »).

Dans un dictionnaire, on pourrait trouver les indications suivantes :

ε- e-, ερο= ero=, préposition, « pour ».

Il faudrait alors comprendre que la préposition signifiant « pour, à » a la forme ε e quand elle a pour régime un nom, la forme ερο ero quand c'est un suffixe personnel : επηϊ epēï « à la maison », εροϥ erof « pour lui ».

Ces usages sont identiques à ceux qu'on trouve en égyptologie.

Sens de lecturemodifier | modifier le code

Fait notable, alors que la démotique se lisait de droite à gauche, le copte, par imitation du grec, se lit exclusivement de gauche à droite.

Codage informatiquemodifier | modifier le code

Unicode, jusque sa version 4.1, n'a pas distingué les lettres grecques des lettres coptes, considérant que le copte n'était qu'une variante graphique et « stylistique » du grec. Plusieurs demandes ont été déposées pour que les deux graphies soient séparées (« désunifiées ») et plusieurs propositions retenues. L'alphabet copte est désormais intégré à Unicode (bloc U+2C80..U+2CFF).

Les lettres démotiques situées dans le bloc « Grec et copte » ne pouvant pas être déplacées, les lettres du copte sont donc codées sur deux blocs :

Lettres démotiques du bloc « Grec et copte »modifier | modifier le code

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Σ
Τ
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Φ
Χ
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Ω
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ά
Ϊ
Ϋ
ί
03B
ΰ
α
β
γ
δ
ε
ζ
η
θ
ι
κ
λ
μ
ν
ξ
ο
03C
π
ρ
ς
σ
τ
υ
φ
χ
ψ
ω
ϊ
ϋ
ό
ύ
ώ
Ϗ
03D
ϐ
ϑ
ϒ
ϓ
ϔ
ϕ
ϖ
ϗ
Ϙ
ϙ
Ϛ
ϛ
Ϝ
ϝ
Ϟ
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ϡ
Ϣ
ϣ
Ϥ
ϥ
Ϧ
ϧ
Ϩ
ϩ
Ϫ
ϫ
Ϭ
ϭ
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ϲ
ϳ
ϴ
ϵ
϶
Ϸ
ϸ
Ϲ
Ϻ
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Lettres grecques en tracé copte dans le bloc « Copte »modifier | modifier le code

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ⲟ⳯
2CF
ⲟ⳰
ⲟ⳱
 
⳿

Annexesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Charles Higounet, L'écriture, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? no 653 » (réimpr. 11e édition de 2003) ;
  • The World's Writing Systems, article « The Coptic Alphabet » de R. K. Ritner, Oxford University Press, Oxford, 1996 ;
  • Reading the Past, article « Egyptian Hieroglyphs » de W. V. Davies, British Museum Press, Londres, 1990 ;
  • Emile Maher Ishak, The Phonetics and Phonology of the Bohairic Dialect of Coptic, Oxford, Oxford University Press,‎ 1975 ;
  • Charles Fossey, Notices sur les caractères étrangers anciens et modernes rédigées par un groupe de savants, Paris, presses de l'Imprimerie nationale,‎ 1948 ;
  • J. M. Plumley, An Introductory Coptic Grammar (Sahidic Dialect), Londres, Home & van Thal,‎ 1948 (lire en ligne) ;
  • W. E. Crum, A Coptic Dictionary, Oxford, Clarendon Press,‎ 1939 (lire en ligne) ;
  • Rodolphe Kasser, Compléments au Dictionnaire copte de Crum, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale,‎ 1964 ;
  • Wolfgang Kosack: Koptisches Handlexikon des Bohairischen. Koptisch - Deutsch - Arabisch. Verlag Christoph Brunner, Basel 2013, ISBN 978-3-9524018-9-7.
  • Reichsdruckerei, Alphabete und Schrifzeichen des Morgen- un Abendlandes, zum allgemeinen Gebrauch mit besonderer Berücksichtigung des Buchwerbes, Berlin, 1924 ;
  • Jean-François Champollion, Grammaire égyptienne, fac simile de l'édition originale éditée entre 1836 et 1841 par Firmin Didot, Paris, éditions Solin, Acte Sud,‎ 1997 ;
  • Jean-François Champollion, Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique, Paris, Firmin-Didot Frères,‎ 1841-1843 (lire en ligne)).

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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