Amiral de France

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Amiral de France est une dignité dans l’État de la République française, récompensant des services militaires exceptionnels. Elle est l'équivalent pour les marins de celle de maréchal de France.

Sous l'Ancien Régimemodifier | modifier le code

Tombeau au Louvre de Philippe Chabot, Comte de Brion, Amiral de France au XVIe siècle.

La charge d'amiral de France a été créée en 1270 par saint Louis, au cours de la VIIIe croisade. C'est alors une dignité équivalente à celle de connétable de France, et un grand office de la Couronne.

Sous l'Ancien Régime, l’amiral de France est titulaire d'un grand office de la couronne de France équivalent à celui du connétable. Chef en titre de la flotte royale, il n'a en réalité qu'un pouvoir limité.

L'amiral de France a la charge des côtes de Picardie, de Normandie, d'Aunis et de Saintonge. Sa charge va s'étendre au début du XVIIe siècle, à la Guyenne puis à la Provence. En temps de guerre, il est chargé de rassembler les navires marchands français pour constituer la flotte. Il doit armer, équiper et ravitailler les navires pour la course, donner les lettres de marque aux corsaires (la course est alors la forme principale de guerre maritime). En temps de paix, il s'occupe de l'entretien de la flotte royale, quand elle existe, mais surtout du commerce maritime et de la flotte marchande.

Durant l'ère moderne, peu d'amiraux ont été des marins — d'ailleurs, à l'exception de Claude d'Annebaut, aucun d'entre eux n'a commandé effectivement la flotte. Il faut dire que les pouvoirs réels de l'amiral sont plutôt minces, en partie à cause de la concurrence des autres amirautés (l'amiral des mers du Levant pour la Provence, l'amiral de Bretagne et l'amiral des mers du Ponant pour la Guyenne), du généralat des galères puis du secrétariat d'État à la Marine.

La charge a surtout beaucoup d'importance politique, tout comme la connétablie (d'où d'ailleurs la suppression de ces deux charges). Pourtant, la charge est lucrative : à l'amiral reviennent une partie des amendes et confiscations prononcées par les sièges d'amirauté, droit d'épave, droits d'ancrage et de congé, droit de naufrage, un dixième des prises de guerre, etc.

Il y a enfin des pouvoirs d'ordre juridique, comparables à ceux exercés par le connétable et les maréchaux : c'est la juridiction de la Table de marbre (siège de l'amirauté) à Paris. Il existe également un autre siège général, établi à Rouen, et des sièges particuliers sur les côtes (une cinquantaine environ). Ces tribunaux exerçaient sur la pêche, la course, les délits et les crimes commis dans les ports, etc. La juridiction de l'Amiral de France en elle-même s'exerçait en première instance au civil et au criminel, et en appel des sentences rendues en matière civile par les amirautés locales. Elle jugeait aussi de la validité des prises faites par les corsaires.

L'amirauté de France est supprimée en 1627 par le cardinal de Richelieu qui est grand maître de la navigation (charge nouvellement créée) et qui veut avoir l'ensemble du pouvoir naval à sa disposition.

Louis XIV rétablit l'office par l'édit du 12 novembre 1669, mais plutôt comme une charge honorifique et lucrative : le nouveau titulaire, Louis de Bourbon, comte de Vermandois, est âgé de deux ans. Mais son demi-frère, Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, lui succède en 1683, et va s'intéresser à sa charge (il va diriger par exemple le conseil polysynodique de la Marine). En 1693, il réunit l’amirauté de Bretagne, encore indépendante, à celle de France1. Après la mort du comte de Toulouse en 1737, son fils Louis Jean Marie de Bourbon, le duc de Penthièvre, est titulaire de la charge d’amiral de France jusqu’à la suppression de celle-ci, le 15 mai 17911.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les amirautés passent complètement sous le contrôle des secrétaires d'État à la Marine.

À l'époque contemporainemodifier | modifier le code

Après sa dissolution par le décret de l'Assemblée constituante du 22 avril 1791, la dignité fut rétablie (décret impérial du 13 pluviôse an XIII ; ordonnance du 18 mai 1814) puis supprimée et rétablie plusieurs fois. Le dernier amiral de France nommé fut Tréhouart (1798-1873), le 20 février 1869.

Sous le Premier Empire, la dignité de grand amiral de France a été créée le 2 février 1805, en tant que l'une des six grandes dignités de l'Empire et confiée au maréchal Joachim Murat. Cette fonction était purement honorifique et Murat n'avait aucun rôle sur la direction de la flotte française.

Un titre à consonance similaire fut donné à l'amiral Darlan, sous le nom d'amiral de la Flotte. Si l'appellation est un peu "folklorique" et n'a apparemment jamais connu de sanction officielle, elle correspond par contre à un rôle naval de premier rang : chef d'état-major général de la marine en temps de paix, l'amiral Darlan devenait commandant en chef des forces maritimes françaises en temps de guerre (décret « fondateur » sur l'organisation de la marine militaire du 22 avril 1927).

Actuellement, comme cela a été précisé dans l'article 4 de la loi de 1972, le titre de maréchal de France et celui d'amiral de France, constituent une dignité dans l'État.

Amiral de France est donc, à notre époque, un titre et une dignité pleinement valables, nonobstant le fait qu'il n'existe pas de personne vivante qui en soit revêtue.

Drapeau de la France France Grades de la Marine nationale française Military symbol.svg
Précédé par
Amiral
Amiral de France
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Suivi par
aucun.

Liste chronologique des amiraux de Francemodifier | modifier le code

Charge remplacée entre 1627 et 1669 par celle de Grand-maître de la navigation
  • Francois Darlan : créé amiral de la Flotte en 1939. Cette appellation n'est pas une dignité, ni un grade, et ne correspond pas à celle d'Amiral de France, mais elle est plutôt une fonction créée ad personam pour donner au chef de la quatrième marine la plus puissante au monde un rang d'importance sur la scène nationale et internationale, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a et b « Amirauté de France », sur archivesnationales.culture.gouv.fr.

Voir aussimodifier | modifier le code

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Bibliographiemodifier | modifier le code

  • B. Barbiche, Les institutions de la monarchie française à l'époque moderne, Presses universitaires de France, 1999.

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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