Amram

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`Amram (en hébreu : ʿamram, עַמְרָם, c'est-à-dire "ami du Grand Dieu" ; En arabe : ʿimrān, عمران) est un prénom hébreu et le nom d'un personnage biblique et coranique.

Judaïsmemodifier | modifier le code

Dans l'Exodemodifier | modifier le code

Dans le livre de l'Exode1 de la Bible, `Amram appartient à la Tribu de Lévi. Il est le fils de Kehath, le mari de Yokébed et le père de Aaron, Myriam et Moïse.

D'après le Talmud, c'est lui qui promulgua les lois du mariage juif et du divorce alors que les Israélites étaient esclaves en Égypte.

Autremodifier | modifier le code

Islammodifier | modifier le code

Article détaillé : 'Îmran.

'Îmran, Amram ou Imran est le nom d'une famille qui dans la tradition musulmane désigne les ancêtres de Moïse (appelé Mūsā dans la tradition musulmane) et ceux de Jésus/Îsâ par sa branche maternelle. C'est de cette famille que descend aussi Jean le Baptiste (appelé Yahya dans la tradition musulmane). Jésus et Jean Baptiste (Îsâ et Yahya) étant cousins, tout comme dans les traditions chrétiennes (cf. l'évangile selon Luc).

Le Coran appelle le père de Moïse `Imran. `Imran est également, pour les musulmans, le nom du père de Marie et époux d'Anne, qui n'apparaît pas dans le Nouveau Testament mais que les traditions catholique et orthodoxe nomment Joachim (Protévangile de Jacques2).

La sourate III du Coran porte le nom de la famille de `Imrân ou `Imrân3 (en arabe : al ʿimrān, آل عمران).

Cette sourate fait l'éloge de la famille d'`Imrân. Elle crée un parallèle (d'aucuns disent une confusion) entre la famille de Jésus et celle de Moïse, Myriam, la sœur de Moïse étant comparée (confondue selon certains) avec Myriam (= Marie) la mère de Jésus, Jésus devenant ainsi un nouveau Moïse.

La tradition musulmane ainsi que des érudits et des commentateurs du Coran font un parallèle entre « Maryam fille d'Imran » selon le Coran, et Élisabeth, descendante d'Aaron dans la Bible4. Ils interprètent ces deux phrases comme faisant référence à un père ancestral plutôt qu'à un père littéral. Dans l'Islam, Maryam est aussi appelée la « sœur d'Aaron » Le Coran, « Marie », XIX, 28, (ar) مريم., ce qui serait une autre référence à son ancêtre, dont elle descendait. Le père littéral de Maryam porte aussi le nom d''Îmran dans la tradition musulmane, bien qu'il doive être distingué du père de Moïse et d'Aaron, et qu'il corresponde à Joachim dans le Nouveau Testament. Il est également considéré par les musulmans comme l'un des hommes vertueux présents à Jérusalem à cette époque. La mère de Maryam porte le nom de Hannah, équivalent arabe d'Anne. Elle est également honorée par les musulmans pour avoir été une femme très vertueuse, à l'instar de sa fille.

     Aaron*
 `Amrâm 
   Moïse*
 Jokébed ° 
     Myriam * 
 et 
   'Îmran
Joachim * 
   Îsâ - Jésus * 
     Maryam 
 (Hannah)
Anne ° 
 Élisabeth ° 
     Yahyâ - Jean le Baptiste
   Zacharie 
 ° Personnage non cité par son nom dans le Coran
 * Personnage cité sous un autre nom dans le Coran

« (Rappelle-toi) quand la femme d'`Imran dit: « Seigneur, je T'ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte-le donc, de moi. C'est Toi certes l'Audient et l'Omniscient ». Puis, lorsqu'elle en eut accouché, elle dit: « Seigneur, voilà que j'ai accouché d'une fille » ; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché ! Le garçon n'est pas comme la fille. « Je l'ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni. » »

— Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 35-36, (ar) آل عمران.

Ces deux versets font penser à la mère de Marie mère de Jésus (Anne dans la tradition chrétienne), et dans ce cas `Imran est celui que la tradition chrétienne du protévangile de Jacques, appelle Joachim.

La sourate XIX (Marie / Myriam) est en principe consacrée à Marie la mère de Jésus :

« Sœur de Haroun, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une prostituée5. »

— Le Coran, « Marie », XIX, 28, (ar) مريم.

Dans d'autres passages du Coran, le mot "sœur" peut prendre le sens de membre d'une tribu ou d'un clan, ainsi en traitant des autres prophètes le Coran mentionne parfois "Hûd, frère de ʿĀd (en)", Or ʿĀd est un nom de tribu, ainsi le prophète Hûd qui s'adressait à sa tribu fut qualifié de "frère" de sa tribu. De la même manière, Marie, dont la piété était bien reconnue, peut être assimilée à la "sœur d'Haroun" du point de vue de son engagement spirituel. L'appellation "Sœur de Haroun"6 renverrait alors aux qualités d'Aaron et à une proximité spirituelle avec ce prophète qui à l'instar de Marie adorait aussi son Dieu avec piété et ferveur.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Exode 6,20.
  2. Jacques le Mineur, « Protévangile de Jacques le Mineur. (chapitre IV) », sur « L'Antiquité grecque et latine ».
  3. Le Coran, « La Famille d’Imran », III, (ar) آل عمران.
  4. Nouveau Testament, Évangile selon Luc, 1, 5. Voir la version Crampon sur Wikisource.
  5. À comparer avec l'Évangile selon Thomas, où Jésus dit: « Celui qui connaît son père et sa mère, peut-on l'appeler fils de prostituée ? » ou l'Évangile selon Jean où les opposants Juifs à Jésus lui répondent: « Nous ne sommes pas nés de la prostitution. »
  6. Le Coran, « Marie », XIX, 28, (ar) مريم







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