André Giraud

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André Giraud
Fonctions
Ministre de la Défense de la France
11e ministre de la Défense de la Ve République
Président François Mitterrand
Gouvernement Chirac II
Prédécesseur Paul Quilès
Successeur Jean-Pierre Chevènement
Ministre de l'Industrie de la France
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Barre III
Prédécesseur René Monory
Successeur Pierre Joxe
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bordeaux (Gironde)
Date de décès (à 72 ans)
Nationalité Française
Parti politique UDF-PR
Diplômé de École polytechnique
Ministres de la Défense

André Giraud, né le à Bordeaux (Gironde) et décédé le , est un haut fonctionnaire et homme politique français, membre du Parti républicain (PR) et de l'Union pour la démocratie française (UDF).

Biographiemodifier | modifier le code

Ingénieur et haut fonctionnaire de l'énergiemodifier | modifier le code

Polytechnicien, major de la promotion 1944, Ingénieur du corps des mines, il mène jusqu'en 1978 une carrière de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie et dans les entreprises nationales, notamment des secteurs énergétiques pétroliers et nucléaires.

Il est successivement directeur général adjoint de l'Institut français du pétrole de 1958 à 1964, directeur des carburants au ministère de l'Industrie de 1964 à 1969, vice-président de la Régie Renault de 1965 à 1971, administrateur général délégué du gouvernement auprès du Commissariat à l'énergie atomique ainsi qu'administrateur d'EDF de 1970 à 1978 et président de la compagnie générale des matières nucléaires (Cogema) de 1976 à 1978. Il participe ainsi au développement de l'industrie nucléaire, choix stratégique de la politique énergétique française à partir des années 1970, menant notamment une action pour limiter la dépendance à l'égard des États-Unis sur les matières premières nucléaires et afin de mettre sur pied le cycle complet de l’uranium: le minerai extrait par la Cogema (en particulier au Niger et au Gabon), l’uranium enrichi pour les centrales nucléaires, le retraitement du combustible usagé et l’extraction du plutonium, la mise au point d’une nouvelle génération de réacteurs surrégénérateurs à neutrons rapides (le Superphénix), étendant ainsi de façon quasi illimitée l’utilisation de l’uranium disponible1.

Cycle du combustible nucléaire en France

Ministre de l'Industriemodifier | modifier le code

Il est alors nommé ministre de l'Industrie dans le troisième gouvernement de Raymond Barre, poste qu'il occupe du au . En 1978 est lancé le projet d'un réseau vidéotex accessible par un terminal peu onéreux, le futur Minitel qui entre en phase d'expérimentation en 1980. La même année, il fait délocaliser à Angers l'Agence nationale pour la récupération et l’élimination des déchets (ANRED) qui va disparaître en 1990 au profit de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). D'autre part, André Giraud adhère à cette époque au Parti républicain, héritier des anciens Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing et représentant de la droite libérale modérée au sein de l'Union pour la démocratie française (UDF).

Universitairemodifier | modifier le code

Devenu professeur à l'université Paris-Dauphine après la victoire de François Mitterrand contre Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle du , il crée le Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières (CGEMP) en 1982.

Ministre de la Défensemodifier | modifier le code

Il retrouve un portefeuille ministériel après le retour au pouvoir de la droite aux élections législatives du 16 mars 1986. Il devient ainsi ministre de la Défense du au , dans le gouvernement de la première cohabitation formé par Jacques Chirac. Son choix s'est fait conjointement par le Premier ministre et le président François Mitterrand, étant jugé modéré et au-dessus de la mêlée par les deux parties. Il rencontre le chef de l'État, commandant en chef des forces armées et qui entend conserver la défense dans son « domaine réservé », de manière hebdomadaire, et les deux hommes travaillent en bonne intelligence car partageant les mêmes options stratégiques, notamment en matière de dissuasion nucléaire2. Durant son passage à l'Hôtel de Brienne, Le Triomphant (premier d'une nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins prévue pour remplacer celle Le Redoutable) est mis sur cale le (pour un lancement en 1994 et une mise en service en 1997), ou encore le début de la construction du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle (pour remplacer le Clemenceau, datant de 1961, et son sister-ship le Foch, armé en 1983) avec la pose de la quille le (il avait été commandé peu de temps après la prise de fonction d'André Giraud, le 3 février 1986, avec pour nom de code à l'époque Richelieu, il est lancé en 1994 et armé en 2000). Il prépare et fait adopter en 1987 la loi de programme relative à l'équipement militaire pour les années 1987-1991. Il crée également le Conseil général de l'armement, en 1988.

Durant la campagne pour l'élection présidentielle des 24 avril et , André Giraud soutient activement la candidature de Raymond Barre. Celui-ci se place en troisième position au premier tour, et ne se qualifie donc pas pour le second, arrivant derrière François Mitterrand (finalement réélu) et Jacques Chirac.

Dernières annéesmodifier | modifier le code

Retiré du devant de la scène politique, André Giraud reste néanmoins après 1988 un expert sollicité sur les questions stratégiques. Consultant de plusieurs grandes entreprises, dont Saint-Gobain, il fonde en 1991 sa propre société, la Compagnie générale d'innovation et de développement (Cogidev). En 1994, il signe une tribune dans le quotidien Le Figaro dans laquelle il appelle le successeur de François Mitterrand, qui doit être élu l'année suivante, quel qu'il soit, à reprendre les essais nucléaires, arrêtés depuis 1991. Il s'agit de sa dernière intervention publique. Il sera écouté, puisque l'une des premières mesures décidées par le nouveau président élu en 1995, Jacques Chirac, est de lancer la dernière campagne française d'essais militaires souterrains à Moruroa et Fangataufa entre septembre 1995 et janvier 1996. André Giraud décède le , à l'âge de 72 ans2. Il est inhumé au cimetière de Levallois-Perret.

Ouvragesmodifier | modifier le code

  • Affaires pétrolières. Chronologie résumée des évènements de mai 1968, cahier de mémoires d'André Giraud (Source : Association Georges Pompidou)

Référencesmodifier | modifier le code

Annexemodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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