Anus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Anus (homonymie).

Anus

Description de cette image, également commentée ci-après

Anatomie de l’anus
(sphincter interne et externe)
et du rectum.

Données

L’anus est l'une des ouvertures du corps des animaux et de l'homme, située à l'extrémité opposée du tube digestif par rapport à la bouche. Sa principale fonction est d'évacuer périodiquement tout ou partie des résidus de la digestion.

Sommaire

Fonctions

La principale fonction de l'anus est l'excrétion périodique d'une partie des résidus de la digestion.

Chez l'Homme, l'anus contrôle - par un sphincter (muscle circulaire) - l'expulsion de excréments et gaz produits à partir du bol alimentaire durant le processus de digestion.
Chez certains animaux (oiseaux, reptiles, amphibiens), il ferme le cloaque mais joue aussi un rôle particulier dans l'expulsion de divers déchets alimentaires (restes d'os, d'écailles, arrêtes, de griffes, dents, ou encore de graines et autres éléments indigestes de leur alimentation, dont coprolithes1 ), dans la reproduction (copulation chez les espèces disposant d'un cloaque), dans l'expulsion des œufs (ou des jeunes dans le cas d'espèces ovo-vivipiares), ou encore - via des glandes spécifiques - dans la reconnaissance olfactive interindividuelle ou interspécifique (entre espèces différentes, cf. marquage visuel (par des excréments) ou olfactif du territoire) des individus ou espèces.

Les amphibiens, reptiles et oiseaux utilisent l'anus pour à la fois excréter leur urine (sous forme d'un mélange (la fiente) chez les oiseaux).
Chez ces mêmes espèces l'anus contrôle la fermeture du cloaque qui est à la fois le réceptacle commun des voies sexuelles, urinaires et du colon.

L'anus de quelques mammifères (monotrèmes ferme également un « cloaque », supposé être une « relique anatomique » héritée des plus anciens amniotes par les thérapsides, ancêtres des mammifères.
Certains Marsupiaux disposent de deux orifices, l'un excrétant les déchets solides et liquides de l'intestin et du rein, l'autre utilisé pour la reproduction (vagin chez la femelle et pénis chez le mâle).
Sauf anomalie congénitale, les femelles des mammifères placentaires ont toujours trois orifices séparés pour déféquer, uriner, et se reproduire, alors que les mâles ont un orifice (l'anus) pour la défécation et un autre utilisé à la fois pour la miction et la reproduction.

Chez l'être humain, l' anus est l’orifice par lequel le rectum (partie terminale du gros intestin ou côlon), abouche à l’extérieur du corps. L’anus est doté de sphincters lui permettant, en temps normal, de rester fermé et de garder les matières fécales à l’intérieur du rectum. Il s’ouvre lors de la défécation.
Chez l'humain, le nouveau né ne contrôle pas son sphincter anal. Ce contrôle fait l'objet d'un apprentissage, inclus dans l'apprentissage de la propreté.

L'apparition et l'évolution de l'anus est une étape importante dans l'histoire évolutive du vivant et de la digestion, chez les les animaux multicellulaires.
En fait, il semble s'être produit au moins deux fois, et en suivant des chemins évolutifs différents chez les protostomiens et les deutérostomiens.
Cette fonction nouvelle a été accompagnée d'autres développements évolutifs importants :

  • apparition d'un plan bilatérien du corps,
  • apparition d'un cœlome (cavité interne structurée en un système circulatoire, généralement contractile
  • (chez certains animaux), apparition d'un squelette hydrostatique, qui a permis chez des vers fouisseurs le métamérisme (corps construit d'unités répétées, dont certaines peuvent ensuite se spécialiser ; par exemple la tête de nombreux arthropodes résulte de la fusion, de plusieurs segments (métamères) spécialisés.

Pathologies

Vascularisation et anastomoses du rectum et de l’anus.

Plus exactement appelée inflammation hémorroïdaire et touchant le système veineux et artériel de la sphère ano-rectale, cette pathologie des hémorroïdes atteint au moins quarante pour cent des adultes2.

Les symptômes peuvent être des rectorragies de sang rouge vif (non digéré) après la selle (ou plus exactement hématochézies tant que le lieu exact de saignement n'est pas détecté), un prolapsus (appelé aussi procidence) souvent désagréable (pouvant aussi gêner les mictions de la vessie, ou chez l’homme provoquer des douleurs ou inflammations de la prostate, ou chez la femme affecter aussi la voie génitale par compression, ou encore déplacer les parois anales internes vers l’extérieur en exposant les zones enflammées), une pesanteur rectale, des douleurs, des suintements.

  • L’abcès anal (aussi appelé abcès ano-rectal car les causes en sont souvent similaires dans toute la région anale et rectale, la différence étant la localisation) est une infection purulente et douloureuse de la paroi anale exodermique. Les causes d’un tel abcès peuvent être des parasites intestinaux (Ténia ou vers solitaire, metondoha vulgari…), un herpès génital de type 2 ou une fissure anale. Il peut aussi se développer de façon secondaire à l’apparition d’une fistule anale, mais généralement sans en avoir la gravité, car l’abcès n’est généralement pas aussi douloureux. Il peut aussi en être la cause, si l’abcès n’est pas traité.
  • La fissure anale est une dégradation de la peau autour de l’anus, suite à l’introduction d’objet contondant (coloscopie sans les mesures d’hygiène nécessaires, pratiques sexuelles risquées : fistfucking, sodomie sans lubrifiant, etc.).
    Dans certains cas, la fissure peut être hémorragique si elle touche le système hémorroïdaire, elle provoque ainsi de grosses douleurs. La fistule anale est l’apparition d’un conduit entre le canal anal et la peau, pouvant traverser le sphincter anal, généralement causée par une infection.
  • Le cancer de l’anus, qui ne doit pas être confondu avec le cancer du rectum, est un cancer rare. Il se développe dans le canal anal et apparaît en général chez les personnes âgées, affectant davantage les femmes que les hommes. Il affecte un de ses trois types d’épithéliums, chacun pouvant être atteint d’un type de cancer particulier.
    Le plus fréquent est appelé cancer épidermoïde, il peut apparaître sous forme d’un bourgeonnement externe plus ou moins ulcéré. Certains cas ressemblent à une fissure ou encore sont confondus quelquefois avec des hémorroïdes. Comme pour le cancer du col utérin, il existe un lien entre l'infection à HPV et cancer de l'anus.
  • diverses malformations congénitales (malformation ano-rectale) sont possibles, impliquant parfois l'absence total de communication avec le colon (atrésie anale ou rectale autrefois dite « imperforation de l'anus »3, qui fait notamment partie du Syndrome de VACTERL ou syndrome de VACTEL). L'imperforation peut être complète ou partielle, de forme haute ou basse, avec ou sans communication du colon avec le vagin chez la fille et l'urètre chez le garçon)3.

Voie d'entrée médicale

Anus de femme

L’anus est une voie d’accès privilégiée vers l'intérieur du corps (au même titre que la bouche). Il est donc utilisé pour introduire certains médicaments (comme les suppositoires), parce que l'anus est doté d'un plexus veineux sous-muqueux important, ou encore prendre la température corporelle (bien que cette pratique, plus usitée en France que dans d’autres pays, tende à disparaître).
Les lavements sont des médicaments introduits par l’anus.

La voie anale est aussi privilégiée, la plus simple et ayant le moins d’effets secondaires (par rapport aux techniques intrusives chirurgicales), pour le diagnostic des affections de la prostate chez l’homme afin d’atteindre le rectum contre lequel elle se situe (technique communément appelée toucher rectal, qui permet aussi d’évaluer le tonus musculaire des sphincters anaux pour le diagnostic des fuites anales chez les personnes âgées).

Pratiques sexuelles

Par sa riche innervation, l’anus permet des pratiques sexuelles telles que la sodomie, l’anulingus ou le fisting. Ces pratiques sont perçues comme agréables par les hommes qui les pratiquent en raison de la stimulation de la prostate engendrée par la procédure[réf. nécessaire]. Il existe aussi, pratique répandue dans le milieu extreme porn, la prolapse, qui consiste en une dilatation de l’anus jusqu’à ce que ce dernier sorte littéralement du corps, soit un déplacement du rectum et de l’anus.

La région anale est une des zones érogènes du corps. Mais l’anus n’est pas aussi spontanément érogène que les organes génitaux, et il faut parfois répéter régulièrement les stimulations pour éveiller la sensibilité érogène de la région anale. Chez un tiers des individus qui pratiquent régulièrement les stimulations anales, ces stimulations peuvent déclencher l’orgasme4.

Embryologie

Formation de l'anus
chez les proto- et deutérostoméiens

La formation de l'anus suit un processus différent chez les Protostomiens et les Deutérostomiens5

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes

  • (fr)

Bibliographie

Notes et références

  1. (en) Chin, K., Erickson, G.M. et al., « A king-sized theropod coprolite », Nature, vol. 393, no 6686, 1998-06-18, p. 680 texte intégral, lien DOI  Summary at (en) Monastersky, R., « Getting the scoop from the poop of T. rex », Science News, Society for Science &#38, vol. 153, no 25, 1998-06-20, p. 391 texte intégral, lien DOI, lien JSTOR 
  2. R. BAUMANN et Ch. MEYER, « Pathologie de l’anus : hémorroïdes et fissures anales » (ArchiveWikiwixQue faire ?), Faculté de Médecine ULP Strasbourg, 2002 sur http://www-ulpmed.u-strasbg.fr. Consulté le 17 décembre 2008.
  3. a et b Association AIRCHIP, Malformations ano-rectales ; Pediatric Surgery - Chirurgie Pédiatrique
  4. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  5. (en) Arendt, D., Technau, U., and Wittbrodt, J., « Evolution of the bilaterian larval foregut », Nature, vol. 409, no 6816, 4 January 2001, p. 81–85 texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 2008-07-14)]