Archipel des Chagos

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'archipel des Chagos en tant qu'entité géographique. Pour l'entité administrative, voir Territoire britannique de l'océan Indien.
Archipel des Chagos
Chagos Archipelago (en)
Carte de l'archipel des Chagos.
Carte de l'archipel des Chagos.
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Revendication par Maurice (pays) Maurice
Localisation Océan Indien
Coordonnées 6° S 72° E / -6, 72 ()6° S 72° E / -6, 72 ()  
Superficie 60 km2
Côtes 698 km
Nombre d'îles 55
Île(s) principale(s) Diego Garcia, banc Great Chagos, îles Salomon, Peros Banhos, îles Egmont
Point culminant non nommé1 (15 m sur Diego Garcia)
Géologie Atolls
Administration
Territoire britannique d'outre-mer Territoire britannique de l'océan Indien
Démographie
Population 4 000 hab. (novembre 20041)
Densité 66,67 hab./km2
Gentilé Chagossien(ne)s
Plus grande ville Base militaire américano-britannique sur Diego Garcia1
Autres informations
Découverte 1512
Fuseau horaire UTC+6

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)
Archipel des Chagos
Archipel des Chagos
Archipels du Royaume-Uni - Archipels de Maurice

L’archipel des Chagos est un ensemble de cinquante-cinq îles réparties en sept atolls situés dans le centre de l'océan Indien, au sud des Maldives et à l'est des Seychelles. Il est administré par le territoire britannique de l'océan Indien mais il est revendiqué par Maurice. Il est peuplé de Chagossiens du XVIIIe siècle jusqu'au début des années 1970, époque de la construction d'une base militaire américaine sur Diego Garcia, sa plus grande île, et de sa protection en tant que site Ramsar dans la partie orientale de Diego Garcia et réserve naturelle pour le reste de l'archipel. La seule île habitée est celle de Diego Garcia, qui accueille des militaires américains, des fonctionnaires britanniques et des travailleurs sous contrat.

Toponymiemodifier | modifier le code

L'archipel des Chagos est appelé en anglais Chagos Archipelago. Son nom est parfois rencontré avec l'orthographe « Tchagos », que ce soit en français ou en anglais. Il est appelé Feyhandheebu en divehi, une langue parlée aux Maldives et dans le territoire indien de Lakshadweep, Phehandweep, फेहंद्वीप en hindi et Paeikaana Theevukal, பேகான தீவுகள் en tamoul, une langue parlée au Sri Lanka et dans le Sud de l'Inde.

Son ancien nom colonial est Oil Islands, en français « Îles de l'Huile »2.

Géographiemodifier | modifier le code

Localisationmodifier | modifier le code

L'archipel des Chagos est situé dans le centre de l'océan Indien, au sud du sous-continent indien et à mi-chemin entre les côtes orientales de l'Afrique à l'ouest et l'Indonésie située à l'est1,3. Il est entouré par les Maldives au nord, les Seychelles à l'ouest et les Mascareignes, dont l'île Maurice, au sud-ouest1.

Reliefmodifier | modifier le code

Plage aux îles Salomon.

L'archipel des Chagos compte six atolls émergés en 55 îles1,4, quatre atolls submergés et sept récifs coralliens submergés. Tous ces atolls sont situés au nord ou au sud du banc Great Chagos, le plus grand atoll de l'archipel, sur une zone couvrant 250 kilomètres de longueur pour 150 kilomètres de largeur4. La superficie totale de l'archipel est de 54 400 km2, lagons inclus, pour seulement 60 km2 de terres émergées dont 40 km2 rien que pour Diego Garcia1. Les îles, d'origine corallienne, ont un relief très peu marqué, majoritairement moins de deux mètres d'altitude1. Le point culminant de l'archipel, non nommé, s'élève à quinze mètres d'altitude sur Diego Garcia1. Le littoral, essentiellement composé de plages de sable3, totalise 698 kilomètres de longueur1. L'éparpillement des îles confère à l'archipel une zone économique exclusive de 636 600 km2[réf. nécessaire] de superficie, mitoyenne de celle des Maldives au nord5.

Diego Garcia est l'atoll le plus méridional de l'archipel1. Ses terres émergées, la majorité de l'archipel1, entourent un lagon qui constitue un port naturel pouvant accueillir les plus grands navires du monde3. Seul atoll habité de l'archipel des Chagos4, il abrite une base militaire américaine comportant, outre le port dans le lagon, un aéroport et quelques routes reliant les différents bâtiments militaires, d'habitation et techniques1,3.

Carte de l'archipel des Chagos.

Les îles isolées, atolls et récifs qui composent l'archipel sont, du nord au sud :

Géologiemodifier | modifier le code

L'archipel des Chagos repose sur un plateau sous-marin d'une superficie de 20 607 km2[réf. nécessaire] formé il y a 45 millions d'années6. Celui-ci constitue l'extrémité méridionale de la ride Chagos-Laquedives, une chaîne de montagnes sous-marines de l'océan Indien qui émerge pour former les archipels des Laquedives, des Maldives et des Chagos6. Cette chaîne de montagnes s'est formée par le point chaud de La Réunion lors de la remontée du sous-continent indien en direction de l'Asie à travers l'océan Indien6.

Les îles et atolls de l'archipel sont toutes d'origine corallienne3,6.

Climatmodifier | modifier le code

Le climat de l'archipel des Chagos est tropical, caractérisé par la douceur de ses températures et son humidité modérées par les alizés1,3. Les cyclones y sont inexistants du fait de sa proximité avec l'équateur1.

Faunemodifier | modifier le code

Ctenella, une espèce de corail cerveau endémique de l'archipel des Chagos.

De par sa nature et sa topographie, l'archipel des Chagos abrite une faune essentiellement marine6. Le principal biome est constitué par les récifs coralliens constituant les atolls6. Ceux-ci ont été construits par 220 espèces de coraux6. Ils apportent un abri et une source de nourriture pour plus de 1 000 espèces de poissons ainsi qu'un site de reproduction sûr pour plusieurs espèces de requins, de tortues marines, de dauphins, de crabes6.

Plusieurs espèces d'oiseaux nidifient sur les îles de l'archipel des Chagos6.

Floremodifier | modifier le code

La flore de l'archipel des Chagos est constituée d'une végétation tropicale3.

Histoiremodifier | modifier le code

Découverte de l'île et colonisationmodifier | modifier le code

Bas-relief du temple de Borobudur (VIIIe siècle) dans le centre de Java en Indonésie, montrant un bateau à balancier typique de la technologie navale austronésienne
Plantation en ruine sur Diego Garcia en 1970.

Des simulations sur ordinateur de la navigation entre l'Indonésie et Madagascar permettent de comprendre les itinéraires possibles qui ont amené à la colonisation de Madagascar par des Austronésiens à partir du début de notre ère. Outre les Maldives, les Chagos étaient une escale probable sur la route de Madagascar, aussi bien depuis Sumatra que depuis le sud de l'Inde et Sri Lanka, où des marins et marchands javanais et malais se rendaient pour le commerce7.

Les habitants des Maldives connaissaient les Chagos. L'archipel est peut-être découvert en 1512 par Pedro de Mascarenhas qui en prend possession au nom du Portugal2. D'abord appelé Ilha de Dom Garcia, Diego Garcia apparait avec l'orthographe actuelle sur une carte datant de 15592. Néanmoins, ce n'est qu'avec l'arrivée des Français dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle que l'archipel commence à être occupé de façon permanente. L'archipel est alors réclamé, alternativement, par la France et le Royaume-Uni : le lorsqu'il est intégré à la colonie française de l'île de France, actuelle île Maurice; en , avec le premier débarquement britannique; en 1768, lorsque le capitaine français Nicolas Thomas Marion-Dufresne y met pied à terre; en 1785, avec le début de la colonisation française; le , lorsque le Royaume-Uni réclame l'archipel; en 1786, avec l'annexion officielle par la France; enfin, le , lorsqu'il est intégré à la colonie britannique des Seychelles2.

Finalement, les Britanniques en prennent formellement possession avec le traité de Paris du à l'issue des guerres napoléoniennes2,3,6. L'archipel est alors intégré à la colonie des Seychelles sous le nom d'Oil Islands puis passe dans le cadre de la colonie de Maurice le 2. L'intérêt économique de l'archipel se résume alors au coprah extrait des cocoteraies où travaillent des esclaves amenés sur les îles par les Français6. Des scientifiques s'intéressent aussi à l'archipel si bien que Charles Darwin s'appuiera sur certains de leurs travaux sur les coraux pour élaborer sa théorie de l'évolution des espèces à la fin du XIXe siècle6.

Territoire britannique d'outre-mermodifier | modifier le code

Vue aérienne d'une partie de la base militaire américaine de Diego Garcia montrant le porte-avion USS Saratoga accosté dans le port en 1985.

À l'occasion de l'indépendance de la colonie britannique de Maurice, l'archipel des Chagos en est détaché le pour constituer le territoire britannique de l'océan Indien, un territoire britannique d'outre-mer1,2,3,6. Cette scission de territoire fait suite à un accord du conseil des ministres de Maurice qui reçoit d'importantes subventions en dédommagement6. Entre le et 1973, les Chagossiens, les habitants autochtones de l'archipel, sont intégralement déportés vers Maurice et les Seychelles1,2,3. Dans le cadre de ce déplacement de populations, le gouvernement britannique crée une caisse suite à des négociations menées entre 1971 et 1982 afin de les aider financièrement à s'installer dans leurs nouveaux pays1. Cette déportation est motivée par la construction d'une base militaire britannique et ouverte aux Américains2. Autorisée le , la base est ouverte le après le rachat de toutes les terres le 2.

C'est dans ce contexte que les Chagossiens se lancent à partir de 1998 dans une série de recours en justice à l'encontre du gouvernement britannique1. Leurs revendications portent sur un meilleur dédommagement de leur expulsion, le droit de pouvoir retourner vivre dans l'archipel et l'obtention de la nationalité britannique lors d'une demande formulée en 20011,2. La politique d'immigration inscrite en 2004 dans la constitution du territoire britannique de l'océan Indien est invalidée en 2006 et 2007 par la cour d'appel britannique1,2. Mais dans le même temps, cette cour d'appel confirme le statut militaire et extraordinaire de Diego Garcia1. Quelques Chagossiens ont la possibilité de retourner en visite dans l'archipel en 1. Finalement, les Chagossiens sont déboutés le lorsque la chambre des Lords, le dernier recours en appel dans le système judiciaire britannique, entérine la situation et ne laisse aucune possibilité de retour pour les Chagossiens1,2.

Présence et activités humainesmodifier | modifier le code

Démographiemodifier | modifier le code

À l'origine, l'archipel des Chagos est peuplé de Chagossiens, un peuple cultivateur1,3 issu du métissage de populations africaines et indiennes[réf. nécessaire]. Ces populations y sont amenées par la France, puissance coloniale de l'époque, au cours du XIXe siècle pour y servir de main-d'œuvre[réf. nécessaire]. Ils sont entre 800 et 1 500 sur Diego Garcia, les îles Salomon et Peros Banhos lorsqu'ils sont déportés vers les Seychelles et Maurice entre 1966 et 19731,3. Depuis le départ des derniers Chagossiens, les seuls occupants de l'archipel se trouvent sur Diego Garcia1. Ce sont des militaires britanniques et américains ainsi que des employés britanniques, américains, mauriciens et philippins dont l'effectif s'élevait à environ 4 000 personnes en 1.

Administration et politiquemodifier | modifier le code

Vue des bureaux de la police du territoire britannique de l'océan Indien sur Diego Garcia.

L'archipel des Chagos est intégralement inclus dans le territoire britannique de l'océan Indien, en anglais British Indian Ocean territory abrégé en BIOT, un territoire britannique d'outre-mer1. Dans le cas de l'archipel des Chagos, les entités géographiques et administratives se superposent totalement1.

Les installations de la base militaire britannique située sur Diego Garcia sont louées à l'armée américaine dans le cadre d'un bail se terminant en 20161. Toutefois, la défense et la sécurité intérieure du territoire sont assurées par la Royal Overseas Police Officers1,3.

Jusqu'alors intégrée à la colonie britannique de Maurice, l'archipel des Chagos en est détaché en 1965 avec l'indépendance de ce pays1. Toutefois, Maurice réclame la souveraineté de l'archipel2,3.

Économiemodifier | modifier le code

Les ressources naturelles de l'archipel des Chagos sont le coprah issu des cocoteraies, le sucre de canne et la pêche1,3. Toutefois, seules les ressources halieutiques sont exploitées par la vente de licences de pêche, les terres cultivées et les industries étant inexistantes dans l'archipel1. Une autre source de revenus est constituée de la vente de timbres postaux1, le territoire britannique de l'océan Indien possédant sa propre administration postale détachée de celle du Royaume-Uni8.

Les occupants de l'archipel disposent du téléphone, d'internet, y compris d'un domaine de premier niveau .io, d'une chaîne de télévision et utilisent le dollar américain1 et la livre sterling comme monnaie2.

Protectionmodifier | modifier le code

Étude d'un récif corallien de l'archipel des Chagos par un plongeur.

L'archipel des Chagos abrite le plus grand atoll au monde dont le récif corallien est en totalité sain6. Celui-ci est constitué de 220 espèces de corail qui constituent un refuge et une source de nourriture pour plus de 1 000 espèces de poissons6. Pour ces raisons et depuis le , l'intégralité de l'archipel des Chagos est classé en réserve naturelle et quelques îles sont classées en réserve naturelle stricte ce qui interdit formellement leur accès et leur approche sans autorisation9. De plus, la partie orientale de Diego Garcia et de ses fonds sous-marins qui n'est pas dévolue aux activités de la base militaire américaine constitue un site Ramsar10,11,12. D'autres mesures de protection sont à l'étude comme l'interdiction totale de la pêche et un programme de protection des requins12.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj et ak (en) « The World Factbook - British Indian Ocean Territory » (consulté le 22 janvier 2010)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o (en) « World Statesmen - British Indian Ocean Territory » (consulté le 22 janvier 2010)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Nauvel 2007, p. 1 à 7 - introduction
  4. a, b et c (en) « Chagos Conservation Trust - About CCT »
  5. (en) Marine conservation in the British Indian Ocean Territory (BIOT) : science issues and opportunities, National Oceanography Centre Southampton, 16 p. (lire en ligne)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) « Chagos Conservation Trust - About Chagos »
  7. Scott M. Fitzpatrick et Richard Callaghan (2008), « Seafaring simulations and the origin of prehistoric settlers to Madagascar », in Islands of Inquiry : Colonisation, Seafaring and the Archaeology of Maritime Landscapes (Geoffrey Richard Clark, Sue O'Connor et Bryan Foss Leach éds.), ANU E Press, Canberra, pp. 47-58
  8. (en) « Union postale universelle - Membres, T » (consulté le 22 janvier 2010)
  9. (en) British Indian Ocean Territory - Laws and Guidance for visitors, British Foreign & Commonwealth Office, 5 p. (lire en ligne, présentation en ligne), p. 1
  10. (en) « Ramsar Site Information Service - Diego Garcia », sur http://ramsar.wetlands.org/ (consulté le 4 février 2010)
  11. (en) « Ramsar Site Information Service - Diego Garcia Summary Description », sur http://ramsar.wetlands.org/ (consulté le 4 février 2010)
  12. a et b (en) « Chagos Conservation Trust - Conservation »

Annexesmodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

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