Assur (ville)

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Assur (ville)
Qal'at Šerqat
Assur et les principaux sites assyriens
Assur et les principaux sites assyriens
Localisation
Pays Drapeau de l’Irak Irak
Gouvernorat Salah ad-Din
Région antique Assyrie
Coordonnées 35° 27′ 25″ N 43° 15′ 37″ E / 35.456842, 43.260298 ()35° 27′ 25″ Nord 43° 15′ 37″ Est / 35.456842, 43.260298 ()  
Superficie environ 100 hectares

Géolocalisation sur la carte : Irak

(Voir situation sur carte : Irak)
Assur (ville)
Assur (ville)
Assur *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Pays Drapeau de l’Irak Irak
Type Culturel
Critères (iii) (iv)
Superficie 70 ha
Zone tampon 100 ha
Numéro
d’identification
1130
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 2003 (27e session)
Classement en péril 2003
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Assur est une ancienne ville, capitale de l'Assyrie jusqu'en 879 av. J.-C., située sur la rive droite du Tigre. Ses ruines se trouvent actuellement à Qal'at Sherqat. En 2003, l'UNESCO a inscrit Assur sur la liste du patrimoine mondial. Le site est actuellement menacé d'être englouti sous les eaux du fait d'un projet de construction d'un barrage en aval sur le fleuve.

Le sitemodifier | modifier le code

Assur est divisée en deux grands ensembles. La « Vieille Ville » (en assyrien libbi āli, « intérieur de la ville »), est la zone habitée en premier. Elle est située sur un éperon rocheux surplombant le Tigre, selon la tradition des villes de Haute Mésopotamie, dont le centre se trouve généralement sur une hauteur. Elle abrite les monuments principaux de la cité, palais royaux et temples, ainsi que les demeures les plus riches.

La ville s'est par la suite étendue vers le sud, en contrebas au-delà des remparts. C'est la « Ville Nouvelle » (ālu eššu). Au sud-est, le long du Tigre, se trouve le quai (kāru), le port de la cité, qui est aussi le lieu où se regroupent les marchands, et est donc le quartier des échanges.

Histoiremodifier | modifier le code

Le site, occupé dès la période Obeid, est situé sur le Tigre, sur une position idéale, au croisement de plusieurs routes commerciales importantes (ce qui explique que sa population ait vite eu le goût du commerce). Elle est la capitale religieuse principale de l'Assyrie, et, en tant que l'une des plus anciennes cités du pays, elle a une grande valeur aux yeux du peuple assyrien, qu'elle a accompagné tout au long de son histoire, quand celui-ci était encore principalement nomade, hormis quelques villes dont elle et Ninive plus au nord, et cela jusqu'aux alentours du début du IIe millénaire. Son statut de capitale lui vient du fait qu'elle est la ville tutélaire du grand dieu de ces peuplades, Assur, seigneur des montagnes d'Assyrie. Au départ Assur n'est qu'une Cité-État, assez puissante toutefois. Elle est dirigée par un conseil d'Anciens, un magistrat ayant en charge l'administration de la cité (le limmu), ainsi que le roi (appelé iššiakku, « vicaire », simple vicaire du dieu Assur qui est le vrai roi des Assyriens), qui a probablement un rôle surtout religieux au départ.

Faible puissance politique face aux grands royaumes qui se mettent en place dans le sud de la Mésopotamie, elle est soumise successivement par les souverains d'Akkad et d'Ur III aux XXIVe et XXIe siècles. Mais la ville retrouve vite son autonomie, et montre sa puissance commerciale en mettant en place un important commerce avec l'Anatolie aux XIXe et XVIIIe siècles.

Assur reste cependant une faible puissance politique, maintes fois envahie. D'abord par dont Samsi-Addu d'Ekallatum et son fils Ishme-Dagan au début du XVIIIe siècle, puis Hammurabi de Babylone juste après. Elle retrouve son indépendance aussitôt après la mort de ce dernier. Mais au début du XVIe siècle, elle est soumise par les rois du Mitanni.

Quand Assur-uballit Ier se libère de la domination du Mitanni, au début du XIVe siècle, et entreprend d'importantes conquêtes, Assur prend une autre dimension en devenant la capitale d'une grande puissance politique. Sous les rois médio-assyriens, elle connaît une grande période de prospérité et est embellie.

Elle reste capitale de l'Assyrie jusqu'au début de la période néo-assyrienne. Vers 860, le souverain Assurnazirpal II (883-859), qui redonne un nouvel élan à l'Assyrie, transfère sa capitale à Kalkhu, en amont sur le Tigre. Une raison en est qu'Assur reste trop exposée à d'éventuelles attaques araméennes venant de la Jazirah, à l'ouest. Elle reste néanmoins capitale religieuse du pays, et les rois viendront toujours s'y faire couronner et enterrer. Ses monuments sont restaurés, mais on n'en bâtit plus de nouveaux, les nouvelles capitales (après Kakhu, c'est Dur-Sharrukin, puis Ninive) ayant les faveurs des souverains. Sennacherib (705-681), voulant donner plus de grandeur au dieu Assur, procède à de nombreux aménagements dans cette cité, comme l'ont fait d'une manière générale tous les souverains néo-assyriens, qui n'abandonnent jamais cette cité sacrée.

Plan du temple d'Assur à l'époque parthe.

En 614, la ville tombe avec l'Assyrie : rasée par les Mèdes et les Babyloniens, elle disparaît comme tout le pays dans l'ombre. Vers l'époque Parthe, la ville semble connaître un renouveau, et le dieu Assor (forme hellénisée d'Assur), y est vénéré, dans la nouvelle province d'Adiabène (l'Assyrie).

Les palais royauxmodifier | modifier le code

Article détaillé : Palais assyriens.

Le plus ancien monument important d'Assur est le « Vieux Palais », déjà debout du temps de Samsi-Addu au XVIIIe siècle, qu'Arad-Nirari Ier et qu'Assurnazirpal II reconstruisent plus tard. Il couvre 1,2 hectare, et est organisé autour de cours centrales.

Le « Nouveau Palais » fut bâti plus tard au nord-ouest de la citadelle par Tukulti-Ninurta Ier (1244-1207), et restauré par Sennacherib. C'est sous cet édifice qu'ont été retrouvées les tombes pillées de plusieurs rois assyriens : Assur-bel-kala Ier (1074-1056), Assurnazirpal II (883-859), Shamshi-Adad V (824-811), et peut-être même Sennacherib (705-681). Lorsque ce dernier réaménagea la ville, il fait construire un palais secondaire pour l'un de ses fils plus au sud. On a aussi retrouvé de riches demeures de notables importants de la cité, ainsi que des tombes de particuliers aisés.

La capitale religieuse de l'Assyriemodifier | modifier le code

Si Assur n'est plus la capitale politique de l'Assyrie après le IXe siècle, elle demeure toujours sa capitale religieuse même après la fin de l'Empire, car leur dieu et souverain Assur y a son domicile terrestre. Ainsi, la cité a toujours une grande importance pour les rois assyriens, dont le pouvoir est légitimé par Assur, leur maître. Les souverains résident d'ailleurs toujours une partie de l'année à Assur pour accomplir les lourdes tâches que leur impose leur fonction religieuse de grand prêtre du dieu.

Pour les Assyriens, Assur est en effet la ville de leur dieu national, Assur. Elle devient par la suite sous l'influence mésopotamienne et celle de l'Enuma Elish le "centre du Monde", pour les croyants de ce pays, comme l'est Babylone pour le sud. Le règne de Sennacherib est particulièrement important dans l'histoire religieuse d'Assur. Désireux de magnifier son dieu Assur, il embellit les temples de la cité sainte, pour en faire un lieu de culte splendide en l'honneur de ses dieux, à l'égal de plus grandes cités saintes de Mésopotamie.

Le temple principal d'Assur est l'Esharra, ou Ekur, dédié au dieu tutélaire de la cité. Il est bâti sur l'extrémité de l'éperon rocheux de la Vieille Ville. Sa fondation remonte probablement à celle de la cité, et il est plusieurs fois reconstruit au cours de sa longue histoire. À l'époque néo-assyrienne, il est protégé par une enceinte de forme triangulaire dont il occupe le côté nord. Une ziggourat de forme carrée et de 60 mètres de côté jouxte le côté ouest du complexe. Sennacherib rénove l'ensemble des bâtiments dédiés à Assur, et ajoute un édifice destiné à être intégré dans le culte du dieu, le Bīt Akītu, situé à l'extérieur des murailles de la Vieille Ville, au nord-ouest ; il reprend ainsi le modèle déjà présent à Babylone, servant pour le culte du Nouvel An (Akītu).

Les autres temples sont situés dans le quartier sacré, au nord de la Ville Ville, surplombant le Tigre. On y trouve un temple double dédié à Sîn et à Shamash, bâti vers le milieu du IIe millénaire. À côté de cet édifice, il y a un ancien temple dédié à Ishtar, reconstruit par Tukulti-Ninurta Ier, puis par Salmanazar III et enfin Sin-shar-ishkun, qui en fait un temple double dédié à Ishtar et à Nabû. Plus imposant est le temple double dédié à Anu et à Adad, situé le long du rempart nord entre le Vieux Palais et le Nouveau Palais, bâti par Teglath-Phalasar Ier. Il est organisé autour d'une grande cour, menant au nord à deux cella situées l'une à côté de l'autre (celle d'Anu à droite, celle d'Adad à gauche), et menant chacune à une ziggourat (celle d'Anu de dimensions 39 × 36 mètres, et celle d'Adad 24 × 24 mètres). Un bâtiment, le bīt mummē, est réservé aux artisans produisant des biens destinés au service des dieux.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • (en) Roland W. Lamprichs, « Aššur », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Ancient Near East, vol. 1, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ 1997, p. 225-228
  • (de) Walther Andrae, Das wiedererstandene Assur, Munich, C. H. Beck,‎ 1977
  • (en) Prudence O. Harper, Evelyn Klengel-Brandt, Joan Aruz et Kim Benzel, Assyrian Origins : Discoveries at Ashur on the Tigris, New York, The Metropolitan Museum of Art,‎ 1995
  • (de) Joachim Marzahn et Beate Salje, Wiedererstehendes Assur : 100 Jahre deutsche Ausgrabungen in Assyrien, Mainz, Verlag Philipp von Zabern,‎ 2003

Liens externesmodifier | modifier le code








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