Béotie

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38° 54′ N 22° 32′ E / 38.9, 22.533 ()

District régional de Béotie
Περιφερειακή ενότητα Βοιωτίας
Béotie
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Grèce centrale
Chef-lieu Livadiá
Code postal 32x xx
Code d’immatriculation BI
Code ISO 3166-2 GR-03
Démographie
Population 117 920 hab. (20111)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 25′ N 23° 05′ E / 38.416666666667, 23.083333333333 ()38° 25′ Nord 23° 05′ Est / 38.416666666667, 23.083333333333 ()  
Superficie 295 200 ha = 2 952 km2
Liens
Site web http://www.viotia.gr

La Béotie (en grec Βοιωτία, ancien Boiōtía, moderne Viotía) est une région de Grèce centrale. Elle est bordée par l'Attique au sud-est, par le golfe Euboïque à l'est, par la Phthiotide au nord, par la Phocide à l'ouest et par le golfe de Corinthe au sud. La capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).

Géographiemodifier | modifier le code

La Béotie comprend deux massifs montagneux, celui du Parnasse (2 457 m) à l'Ouest, aux confins phocidiens, et celui de l'Hélicon (1 748 m) au Sud. Elle comprend aussi une plaine assez vaste, celle d'Orchomène, sur le cours moyen du Céphise. Le cours inférieur de ce petit fleuve est jalonné de deux lacs : le lac Yliki et le lac Paralimni.

La Béotie est traversée par l'autoroute reliant Athènes et Thessalonique, elle permet d'accéder à l'île d'Eubée par le pont de Chalcis et à Delphes par la route du Parnasse.

Géographie antiquemodifier | modifier le code

La Béotie s'identifie, dans l'Antiquité, par son langage éolien (en), différent du dialecte ionien de l'Attique. Situé en son centre, un grand lac, le Copaïs (asséché au XIXe siècle), permettait d'irriguer les cultures en palliant la sécheresse estivale, ce qui assurait la prospérité de ce pays rural et pastoral. Les Béotiens avaient auprès des intellectuels Athéniens une réputation de peuple inculte, lourdaud et peu raffiné : jusqu'à nos jours, l'adjectif « béotien » désigne en français une personne peu cultivée, indifférente à la connaissance.

Le Catalogue des vaisseaux fournit 30 toponymes pour la Béotie, soit plus qu’aucune autre région grecque. En Béotie, l’on trouve entre autres :

  • un fleuve, l’Asopos, décrit dans l’Iliade comme ayant « un lit de joncs épais et d’herbages touffus » (IV, 383), et dont le nom vient parfois qualifier poétiquement la ville de Thèbes ou la Béotie (par exemple chez Euripide, Suppliantes, v. 571 : ἡ Ἀσωπία / hê Asôpía) ;
  • le mont Hélicon, demeure des Muses « aoniennes » : l'épithète « aonien » s’applique également à plusieurs dieux ou héros originaires de Béotie (Dionysos, Héraclès, Hippomène, etc.) car la Béotie, était alors souvent nommée « Aonie » (Ἀονία / Aonia) par les poètes ;
  • un grand temple d’Athéna, à Alalcomène, sur les rives du Triton, affluent du lac Copaïs, aux pieds du mont Tilphossion où l’on situait sa naissance : quelques ruines du temple (pillé par Sylla) subsistent près de Solinari (el)2.

Histoire antiquemodifier | modifier le code

La Béotie est un des principaux théâtres d’opérations de la première guerre contre Mithridate VI du Pont : le général romain L. Cornelius Sylla y remporte deux victoires décisives sur le général pontique Archelaos à Chéronée et Orchomène en -86. Sylla mit également à sac la ville de Thèbes. La longue période romano-byzantine (plus d'un millénaire) fut un temps de paix pour la Béotie, qui connut néanmoins deux épisodes d’invasions et de pillage : celle des Goths au IVe siècle, et celle des Slaves au VIe siècle.

Histoire médiévalemodifier | modifier le code

Au XIIe siècle est fondé le monastère d'Osios Loukas célèbre pour ses mosaïques byzantines.

Le 15 mars 1311 la Béotie fut le théâtre de la bataille du lac Copaïs (dite aussi « du Céphise ») entre les mercenaires rebelles de la Compagnie catalane, et la chevalerie franque du duché d'Athènes dirigé par Gautier V de Brienne (une seigneurie issue du partage de l’empire byzantin lors de la Quatrième croisade). La victoire des Catalans aboutit à l’installation d’une principauté catalane à Athènes.

Toutes ces rivalités entre chrétiens favorisèrent l’avance des Turcs qui conquièrent la Béotie en 1456 et la dominent jusqu’à la guerre d'indépendance grecque. Pendant la révolution d'Orloff, le monastère d’Osios Loukas servit de base aux insurgés, comme en témoignent les canons exposés dans la cour.

Personnages célèbresmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (el)« Résultats du recensement de la population en 2011 »
  2. Dezobry et Bachelet : Dictionnaire de biographie, tome 1, Delagrave, 1876, p. 35.

Bibliographiemodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Pierre Guillon, La Béotie antique, Belles Lettres, Paris, 1948.
  • Paul Cloché, Thèbes de Béotie, des origines à la conquête romaine, Nauwelaerts, Desclée de Brouwer, Louvain, Paris, 1952.
  • Henri Van Effenterre, Les Béotiens, aux frontières de l'Athènes antique, Armand Colin, collection Civilisations U, 1989, ISBN 2-200-21244-5.
  • Vottéro G., Le dialecte béotien (7e s. - 2e s. av. J-C) I. L'écologie du dialecte, ADRA, Nancy-Paris 1998, ISBN 2-9509726-7-5







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