Bithynie

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La Bithynie et le Pont dans l'Empire romain, vers 120

La Bithynie (en grec ancien Βιθύνια / Bithýnia) est un ancien royaume au nord-ouest de l'Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, la Bithynie était limitée par la Paphlagonie à l'est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l'ouest. Les villes principales de Bithynie sont Nicomédie (actuelle Izmit) et Nicée, qui se disputent le titre de capitale selon l'époque, ainsi qu'Héraclée du Pont (ou plus simplement Héraclée), Pruse (actuelle Bursa) et Chalcédoine. On compte aussi Byzance qui, bien que sise en Thrace, dépend sporadiquement de la province de Bithynie, notamment durant le mandat de gouverneur de Pline le Jeune.

La Bithynie entre indépendance et grands empiresmodifier | modifier le code

Les Bithyniens et les Thyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, des tribus thraces. Ils forment d'abord un État indépendant avant d'être annexés par Crésus, roi de Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie.

Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède Ier est le premier roi de cette seconde période d'indépendance. Durant son long règne (278/243 av. J.-C.), le royaume connaît la prospérité et jouit d'une position respectée parmi les petits royaumes d'Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, est renversé par son voisin Mithridate VI, souverain du royaume pontique. Restauré sur le trône par l'Empire romain, Nicomède IV lègue par testament son royaume à Rome en 74 av. J.-C. La Bithynie devient alors province romaine.

Liste des rois de Bithyniemodifier | modifier le code

Drachme du royaume de Bithynie à l'effigie d'Héraclée pontique

Bithyniens célèbresmodifier | modifier le code

Le plus célèbre Bithynien est probablement Antinoüs, l'amant de l'empereur romain Hadrien. Denys d'Héraclée est également lié à la région ainsi que l'impératrice Cornelia Salonina, épouse de l'empereur Gallien, qui en serait originaire. Le rhéteur Dion de Pruse, connu pour ses nombreux discours, est un autre Bithynien célèbre.

César « Reine de Bithynie »modifier | modifier le code

D'après Suétone qui le raconte dans son œuvre (Vie de Jules César, XLIX, 3), Jules César était surnommé par ses soldats « la reine de Bithynie » car, selon ses adversaires, il aurait eu une relation homosexuelle dans sa jeunesse avec le roi de Bithynie Nicomède IV.

La Bithynie province romainemodifier | modifier le code

Sous Auguste, la Bithynie devient province sénatoriale en 27 av. J.-C. puis province impériale en 135. Sous Trajan, elle est réunie à la province du Pont. Durant toute cette période, le pays s'hellénise progressivement, puis, à partir du IIIe siècle, se christianise : il est ensuite, pendant un millénaire, une province centrale de l'Empire byzantin.

La Bithynie province byzantinemodifier | modifier le code

Pendant l’Antiquité tardive et tout le Moyen Âge, de nombreux monastères furent fondés en Bithynie et s'y maintinrent. Le pays était aussi une province maritime, avec des chantiers navals très actifs qui contribuèrent au déboisement de la région (l'art de la charpenterie de marine en bois s'est transmis jusqu'à nos jours, par exemple à Chromna, aujourd'hui Kurucaşile). Il est intégré aux thèmes byzantins des Optimates et des Bucellaires.

Saint Abraham y fut évêque de Cratea (aujourd'hui Guerede en Turquie) au Ve siècle.

La Bithynie resta byzantine jusqu'en 1328 lorsqu'elle est conquise par les Ottomans, la population devenant ensuite petit-à-petit turque et musulmane (les derniers Grecs sont expulsés en 1923 selon les dispositions du traité de Lausanne).

Voir aussimodifier | modifier le code








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