Blondeur

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Un Européen aux cheveux blonds (Akseli Kokkonen).

La blondeur est l'attribut des personnes ayant des cheveux de teinte plutôt claire, « jaunes » ou dorés, blond vénitien, cendrés, platine, etc.

À l'état naturel, cette caractéristique se rencontre en grande majorité chez les populations blanches européennes ou d'ascendance européenne, mais on la trouve également sur le pourtour méditerranéen (comme en Afrique du Nord, notamment dans le Rif, en Turquie, en Israël et dans le reste du Proche-Orient), en Asie centrale (peuples turcs), ou exceptionnellement dans d'autres régions du monde (cas des Nouristani d'Afghanistan, des Kalash du Pakistan, des Mélanésiens du Pacifique ou des Aborigènes blonds d'Australie).

Symboliquemodifier | modifier le code

Jeune fille aux cheveux platine.

Dans la symbolique occidentale, la blondeur a plusieurs significations.

La femme blonde est l'image de la mère, de la Sainte (iconographie religieuse), de la femme mariée : cette figure a dérivé vers le stéréotype de la blonde dans les fictions ; alors que la femme brune représente plus souvent la maîtresse ou l'aventurière et la femme rousse la tentatrice. Chez les Québécois et les Néo-brunswickois, on utilise le terme ma blonde, pour désigner son amoureuse, sa conjointe, son épouse, donc la femme que l'on aime (d'où ou d'après la chanson populaire « Auprès de ma blonde »).

Le blond est aussi souvent la couleur des cheveux des jeunes enfants (d'où l'expression « nos chères têtes blondes ») la blondeur des enfants a souvent tendance à évoluer avec le temps, cette évolution peut être naturelle ou influencée par des éléments extérieurs tels que la pollution urbaine[réf. nécessaire] ; par extension, il symbolise la pureté. Les anges sont également souvent représentés blonds dans la religion chrétienne, tout comme le Christ dont on trouve de très nombreuses représentations en blond foncé aux yeux bleus[réf. nécessaire].

La blondeur fut également envisagée comme un symbole de pureté, mais ethnique. Dans les différentes monarchies germaniques et nordiques qui furent instaurées en Europe lors de l'extension des royaumes barbares au début du Moyen Âge, le cheveu blond et long était un signe de vigueur qui distinguait les peuples septentrionaux et occidentaux des Romains. Toutefois, chez les Romains, les cheveux blonds étaient aussi valorisés, car il n'était pas rare que les dieux soient représentés avec des cheveux blonds (bien que cette couleur de cheveux soit peu fréquente parmi les populations méditerranéennes).

Dans les cultures qui descendent de ces royaumes, il subsiste des traces de cette positivité associée à la blondeur dans le langage courant. Ainsi, chez les Anglo-Saxons, le terme fair qui signifie juste ou honnête désigne aussi cette couleur de cheveux.

Cette symbolique de la pureté a été utilisée dans le discours nazi sur la « supériorité » prétendue de la race aryenne, construite autour de raisonnements idéologiques sur les évolutions raciales.

De nos jours, la culture hollywoodienne et l'image d'actrice blonde donnent une connotation péjorative à la blondeur (voir aussi La blonde « hitchcockienne »). Elle symbolise la vie facile et légère, la superficialité, et ouvre la voie aux politiquement correctes blagues de blondes. Cette nouvelle forme de discrimination est passée dans les mœurs.

Anthropologiemodifier | modifier le code

Distribution géographique des personnes aux cheveux blonds en Europe : jaune représente 80 %, orange clair 50-79 %, brun clair 20-49 %, brun foncé 1-19 %, noir 0 %.
Garçon blond au Vanuatu (une petite partie de la population indigène de Mélanésie combine des cheveux blonds et une peau foncée).

La mutation du gène MC1R ayant abouti à la couleur blonde s'est produite il y a 11 000 ans, pendant la dernière période glaciaire. Il est possible que le caractère blond ait été apprécié par les hommes préhistoriques pour sa rareté. Selon l'anthropologue canadien Peter Frost, sa fréquence en Europe aurait pour origine une sélection sexuelle, à l'époque du Paléolithique1. Certains chercheurs pensent qu'il aura disparu au XXIIe siècle2, pour deux raisons principales : le déclin démographique européen (et le déclin démographique de la population blanche en général, dans le monde) et le métissage.

La France comportait par exemple en 20023 environ :

  • 10 % de blonds (surtout dans le nord et l'est de la France, en Normandie et en Bretagne) ;
  • 50 % de personnes aux cheveux châtain (du clair au foncé) ;
  • 20 % de personnes aux cheveux gris ;
  • 10 % de personnes aux cheveux noirs ;
  • 5 % de roux ;
  • 2,5 % de bruns foncé ;
  • 2,5 % de personnes aux cheveux blancs.

Les pays nordiques sont ceux où les blonds sont les plus nombreux (près de trois-quart de la population). Cela s'explique principalement par la situation géographique de ces pays et la relative homogénéité de la population. Les chercheurs Nina Jablonski et George Chaplin (2000) ont montré la corrélation entre la pâleur de la peau (généralement associée chez les Européens à un déficit général en mélanine qui se traduit également au niveau des cheveux) et la faible quantité de radiations UV typique des hautes latitudes.

Toutefois, la blondeur existe aussi dans des populations non-européennes, comme c'est le cas en Océanie. Le gène, du fait de l'isolation insulaire, se serait transmis et répandu parmi ces populations. En Polynésie, selon une communication présentée par Jean Poirier4, la plupart des anthropologues penchent pour un peuplement d'origine mongole (et peut-être proto-indonésienne) sur lequel se seraient greffés des éléments caucasiens. Quant à la blondeur des Mélanésiens, due à la mutation de plusieurs gènes de pigmentation, elle peut être attribuée aussi bien à l'exposition au soleil qu'à la sélection sexuelle5.

Blondeur pathologiquemodifier | modifier le code

L'albinisme peut donner chez certaines personnes une couleur blonde aux cheveux, mais il n'est pas en jeu chez les blonds ordinaires.

Les déficits nutritionnels graves chez les jeunes enfants peuvent aussi entraîner un pâlissement de la chevelure.

Chez les albinos ou les personnes âgées aux cheveux entièrement dépourvus de pigment, on peut parfois observer une coloration jaune pâle due à la kératine.

Blondeur artificiellemodifier | modifier le code

La coloration blonde des cheveux, mise en avant par les stars du cinéma comme Brigitte Bardot ou encore Marilyn Monroe (Les hommes préfèrent les blondes), ou de la musique comme Britney Spears ou encore Kurt Cobain, envahit le milieu de la télé, du cinéma, du show-biz et dorénavant dans toute la société, grâce aux campagnes publicitaires sur les produits de teintures.

Orientation politiquemodifier | modifier le code

En France, une enquête et un sondage menés en 2010 pour le magazine Causette ont tous deux conclu que les blondes sont proportionnellement plus nombreuses à droite qu'à gauche6,7. Elles représentent ainsi :

  • sur les trois échantillons de l'enquête conduite par Antonio Fischetti :
    1. parmi les conseillères régionales élues en 2010 : 62 % de celles du FN, 55 % de celles de l'UMP et 25 % de celles du PS6 ;
    2. parmi les femmes membres des instances dirigeantes des partis politiques : 49 % à droite et 27 % à gauche8 ;
    3. parmi les inscrites de sites de rencontre spécialisés selon les idées politiques : 44 % à droite et 23 % à gauche6,8 ;
  • sur un échantillon représentatif de la population féminine française de plus de 18 ans, sondé par l'Ifop : 27 % des sympathisantes de droite (dont 8 % de blondes naturelles et 19 % de blondes teintes) et 19 % des sympathisantes de gauche (dont 5 % de naturelles et 14 % de teintes)6.

Antonio Fischetti avance deux explications à ces résultats : d'abord, la pratique de la coloration des cheveux, qui est le fait de la majorité des blondes, renverrait à une vision des rôles sexuels plutôt traditionnelle, où la femme séduit l'homme par son physique, plus cohérente avec les idées de droite ; quant aux blondes naturelles, d'autant plus courtisées qu'elles sont minoritaires dans la population, elles auraient ainsi plus facilement accès aux milieux les plus riches, qui sont aussi, en général, plutôt de droite6. L'Ifop, tout en marquant une réticence à aller au-delà du constat, souligne un autre facteur : blondeur déclarée et vote à droite augmentent ensemble avec l'âge9.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (en) Abstract : « European hair and eye colour : A case of frequency-dependent sexual selection? » dans Evolution and Human Behavior, Volume 27, 2, Pages 85-103 (Mars 2006)
  2. (en) Ashley H. Robins, Biological perspectives on human pigmentation. , 1991, pp. ., Cambridge University Press,‎ 1991, p. 195–208
  3. source : Quid 2003, p. 204, c. a
  4. Jean Poirier, l'élément blond en Polynésie et les migrations nordiques en Océanie et en Amérique
  5. (en) Zoë Corbyn, « Blonde hair evolved more than once », Nature (revue),‎ 3 mai 2012 (DOI 10.1038/nature.2012.10587)
  6. a, b, c, d et e Antonio Fischetti, Questions idiotes et pertinentes sur le genre humain : 36 réponses pour en finir (ou pas) avec les idées reçues, Paris, Albin Michel,‎ 2012, 280 p. (ISBN 978-2-226-24397-3), p. 41-43.
  7. Antonio Fischetti, « Comment vote une blonde ? », sur Causette.fr,‎ 13 juillet 2010 (consulté le 3 janvier 2013).
  8. a et b « Détails des échantillons », sur Causette.fr (consulté le 3 janvier 2013).
  9. Frédéric Micheau, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, interrogé par Marie Telling, « Morano, Boucles d'or : pourquoi les blondes votent à droite », sur Rue89,‎ 10 août 2010 (consulté le 5 janvier 2013).

Voir aussimodifier | modifier le code

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