Brennos (IVe siècle av. J.-C.)

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Brennos
Buste de Brennos provenant de la figure de proue du cuirassé Brennus, Musée national de la Marine.
Buste de Brennos provenant de la figure de proue du cuirassé Brennus, Musée national de la Marine.

Naissance
dans l'actuelle Yonne vers Agedincum (Sens)
Décès
Nord de l'Italie
Origine Celte, Sénon
Conflits Raids gaulois en Italie
Commandement Chef de guerre de Gaule
Faits d'armes Siège de Clusium
Bataille de l'Allia
Sac de Rome (-390)

Brennos (latinisé en Brennus) est un chef gaulois sénon du IVe siècle av. J.-C..

.

Ne pas confondre avec Brennos (IIIe siècle av. J.-C.)

Les origines de son nommodifier | modifier le code

Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine de son nom :

  • Il viendrait de la racine gauloise Brenn, signifiant « chef de guerre ». En effet, en cas de guerre, les druides se réunissaient pour désigner celui qui mènerait les tribus au combat : le Brennos.
  • Son nom pourrait également signifier corbeau. En effet, il était très fréquent pour les Celtes de donner aux personnes des noms d'animaux, que ce soit pour souligner une ressemblance physique ou a fortiori un trait de caractère commun à l'animal. Or, le dieu celtique Brennan, dieu de la guerre, était souvent représenté sous la forme d'un corbeau appelé "le corbeau béni".
  • Enfin, certains auteurs affirment que c'est grâce aux exploits et à l'immense notoriété du chef gaulois que le mot Brennos a pris cette signification de chef de guerre, à l'instar par exemple du nom de César qui fut utilisé aussi ensuite par d'autres cultures pour nommer les plus hautes fonctions (Kaiser, Tsar...).

Biographiemodifier | modifier le code

Originesmodifier | modifier le code

On connait très peu de choses sur les origines de Brennos. Tout porte à croire que sa famille, appartenant à la tribu gauloise des Sénons, était originaire d'Agedincum[réf. nécessaire], l'actuelle Sens dans l'Yonne. Vers 400 av J.C, cette population migra vers le sud, rejoignant l'actuelle région de la Romagne et des Marches en Italie, qui se trouvait dans la zone que les Romains appelaient à l'époque la "Gaule Cisalpine".

Premiers exploitsmodifier | modifier le code

En 6 ans, il réussit à unifier toutes les tribus Sénones en prenant le contrôle de la totalité de la Romagne et des Marches, région qui sera appelée ultérieurement ager gallicus, quand plus tard les Romains en prendront le contrôle. Pour cela, il assiège la ville étrusque de Clusium, qui, pour se défendre demande l'aide de Rome. Le Sénat Romain décida donc d'envoyer trois émissaires issus de la gens Fabia avec pour objectif dans un premier temps de jouer le rôle de médiateur entre les assiégés étrusques et les tribus gauloises. Néanmoins, Rome prend vite conscience du danger que représentent ces redoutables envahisseurs et décide de s'allier à ses voisins Étrusques.


Brennos relève le défi. Après avoir pris et saccagé Clusium, il décide de marcher sur Rome à la tête de ses troupes. Lorsque le Sénat Romain fut informé de ces évènements, il lança un appel aux armes à tous les citoyens romains, afin de constituer une armée qui arrêterait l'avancée gauloise. L'affrontement entre les deux armées ennemies eu lieu le 18 juillet -390 sur la rive gauche du Tibre, à l'endroit où s'y jette le modeste affluent appelé Allia, qui donna son nom à la Bataille (Bataille de l'Allia). L'armée romaine, mal préparée, est terrassée par l'armée gauloise, plus expérimentée et avide de vengeance. La défaite fut si grave, que le 18 juillet (le Dies Alliensis) fut dès lors considéré comme un jour néfaste dans le calendrier romain.

Le sac de Romemodifier | modifier le code

Brennus, chef des Gaulois, et Marco Furio Camillo, après le Sac de Rome.

Affolés et dispersés, les survivants de l'armée romaine préférèrent pour la plupart se réfugier dans les villes voisines de Caere et Veio, laissant la défense de la Ville aux quelques citoyens romains restés à Rome. Ces derniers décidèrent de se retrancher dans les parties de la ville plus facilement défendables comme la colline du Capitole. En effet, on raconte que lorsque les Gaulois entrèrent dans Rome, il ne trouvèrent pour les accueillir que les sénateurs romains dans la Curie. Après les avoir massacrés, les Gaulois pillèrent la ville. Et durant la mise à sac de la ville, des écrits romains racontent que des oies bénies par Junon auraient alerté les défenseurs romains du Capitole endormis de l'arrivée des assaillants gaulois leur permettant ainsi de préserver le Capitole et ses nombreux temples du sort qu'avait connu le reste de la ville. On pense généralement aujourd'hui que cette histoire a été inventée de toutes pièces par les Romains désireux d'effacer la honte subie et de redorer l'image de l'armée romaine, néanmoins à l'endroit où cet évènement aurait eu lieu fut édifié un temple appelé Iuno Moneta (Junon Monitrice), lieu où seront plus tard frappées les premières monnaies romaines, leur donnant ainsi son nom moneta qui donnera plus tard le mot français monnaie. De plus, il fut dédié à cet épisode une fête religieuse ayant lieu le 3 août, durant laquelle les oies étaient portées en triomphe lors d'une procession.

La résolution du conflit et la fin de Brennosmodifier | modifier le code

Le Brenn et sa part de butin, de Paul Jamin, 1893.

La rançonmodifier | modifier le code

En proie à la famine les assiégés finissent par négocier leur reddition contre rançon. La tradition rapporte que celle-ci est de 1000 livres d'or. Lors de la pesée de la rançon, les historiens rapporteront également que les Gaulois utilisent à cette occasion des poids truqués. Aux protestations romaines, Brennos répondra de manière éloquente en ajoutant son épée aux poids incriminés, se justifiant du droit des vainqueurs par la phrase "Vae Victis" (« Malheur aux vaincus »), l'historien Polybe rapporte une tradition différente où, les Vénètes envahissant leur pays, les Gaulois sont forcés d'interrompre le siège du Capitole1.

La victoire finale de Camillemodifier | modifier le code

Camille, nommé Dictateur interviendra ensuite, en contestant la légalité de la rançon. Cette position provoque un combat avec les Gaulois de Brennos et qui sera perdu par ces derniers. Néanmoins, l'historicité de cet événement reste sujette à caution. Tite-Live rapporte d'ailleurs un second combat "plus régulier" selon ses propres dires, sur le chemin de Gabies, combat également remporté par Camille. Plutarque, s'écartant quant à lui de l'historien romain, conteste la première victoire romaine, mais il atteste également du combat du chemin de Gabies. Dans sa version, les Romains sont également victorieux, quoique de manière moins complète.

Brennos et les tribus gauloises sont donc forcés de se replier dans le nord de l'Italie, où le chef gaulois s'éteindra.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Laurent Avezou, « Gaulois, l’histoire d’un mythe, Métarécit de l’histoire nationaliste française », conférence à la cité des Sciences et de l'Industrie, 31 janvier 2012

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code








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