Brie (région)

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48° 40′ N 3° 00′ E / 48.67, 3 ()

Brie
Subdivision administrative Île-de-France
Champagne-Ardenne
Picardie
Subdivision administrative Essonne, Marne,
Seine-et-Marne,
Val-de-Marne,
Aisne
Ville(s) principale(s) Brie-Comte-Robert, Coulommiers, Meaux,
Melun, Provins, Lagny-sur-Marne
Coordonnées 48° 40′ 00″ N 3° 00′ 00″ E / 48.666666666667, 3 ()48° 40′ 00″ Nord 3° 00′ 00″ Est / 48.666666666667, 3 ()  
Géologie Plateaux calcaires
Relief Plateaux, collines
Production(s) Betterave, blé, fromage de Brie
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
Champagne,
Gâtinais,
Hurepoix, Valois

Image illustrative de l'article Brie (région)
Localisation

La Brie (prononcé bʁi) est une région naturelle française située dans la partie orientale du bassin parisien, approximativement entre les vallées de la Marne au nord, de la Seine au sud et la côte d'Île-de-France à l'ouest. Elle couvre une superficie d'environ 5 000 km2.

D'un point de vue géographique, on distingue une Haute-Brie (autour de Meaux) et une Basse-Brie (autour de Provins). Historiquement parlant, on distingue la Brie française (Brie-Comte-Robert), la Brie champenoise (Meaux) et la Brie pouilleuse (Château-Thierry)1.

Ses habitants sont appelés les Briards.

Géographiemodifier | modifier le code

La Brie est répartie sur plusieurs départements : elle s'étend ainsi sur la plus grande partie de la Seine-et-Marne (en dehors de quelques cantons au sud du département qui appartiennent au Gâtinais) à laquelle viennent s'ajouter une partie de la Marne, de l'Aisne et quelques communes de l'Essonne, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis. Ses principales villes sont Meaux (ancienne capitale du comté de Brie puis de la lieutenance-générale de la Brie), Brie-Comte-Robert, Château-Thierry, Coulommiers, Lagny-sur-Marne, Melun, Montereau-Fault-Yonne, Montmirail, Nangis et Provins.

S'étendant sur un plateau au relief peu marqué, traversé de vallées peu profondes (Grand Morin et Petit Morin, Yerres, Marsange), ses paysages sont marqués par une succession d'openfields (culture du blé, du maïs et de la betterave sucrière) entrecoupés de massifs forestiers plus ou moins denses (forêts d'Armainvilliers, de Crécy-la-Chapelle, de Ferrières, de Notre-Dame, de Sénart et de Villefermoy).

La partie orientale de la région, marquée par des terres lourdes et imperméables, est propice aux cultures maraîchères et à l'élevage de bovins, qui produisent le lait nécessaire à la fabrication des différentes variétés de bries.

La partie occidentale de la Brie présente un réel contraste avec la partie orientale du fait de l'urbanisation massive, conséquence de l'accroissement constant de l'agglomération parisienne.

Géologiemodifier | modifier le code

Le sous-sol de la Brie est constituée de marnes imperméables et de calcaires siliceux. Les plateaux recouverts de lœss sont fertiles et favorables à la grande culture céréalière, surtout dans sa partie occidentale. La Brie champenoise, plus crayeuse, est toutefois bien moins fertile que la Brie française.

Histoiremodifier | modifier le code

Les populations préhistoriques et protohistoriques ont laissé de rares témoignages d'occupation du territoire, principalement dans les vallées. Durant l'Antiquité, la Brie n'était encore qu'une vaste forêt nommée Brigensis saltus, du gaulois briga « hauteur fortifiée », d'où son nom actuel. Son nom pourrait également provenir2 de Briensis saltus, du celte bray, bry, serre fangeuse. Ce nom qui ne fut donné au départ qu'a une petite partie de la province devint peu à peu l'appellation commune de tout le territoire situé au Sud de la Marne sous le nom de Brie.

Les Meldes (ou Meldi), peuple celte dont la capitale était Iantinum, semblent avoir été les premiers à pénétrer cette dense forêt par les rivières des deux Morins. Les grands défrichements ne débutèrent qu'à l'époque gallo-romaine; cependant la forêt briarde était déjà traversée de quelques routes dès l'époque gauloise. Les Romains y construisirent la Via Agrippa reliant Sens à Senlis en passant par Châteaubleau et Riobe.

La partie champenoise de la Brie en 1771

Sous l'occupation romaine, la Brie fut gouvernée par le patrice Syagrius. Après l'invasion des Francs, sous Clovis et après, la Brie fut le théâtre de plusieurs guerres et batailles dont en particulier la révolte de Chramn contre Clotaire son père.

En 861, les Normands pillent Meaux, Melun et toutes les villes de la région.

Sous les derniers carolingiens, la Brie eut des comtes particuliers, qui portèrent le plus souvent le titre de comtes de Meaux, du siège de leur seigneurie. En 968, Herbert de Vermandois, comte de Meaux, devint comte de Troyes, et depuis ce moment-là Brie suivit les destinées de la Champagne. Certains comtes de Champagne prirent de ce fait le titre de « Comtes palatins de Champagne et de Brie3 » (voir notamment la Letre d'acor entre le roy Thiebaus de Navarre et lo conte Thiebaus de Barde, ou le comte Thibauld se dit : « Champa(i)gne et de Brie, Cuens palazins4 » — en latin médiéval « Campanie et Brie Comes palatinus »5).

Jusqu'à la réorganisation territoriale de 1790 et la création des départements, la Brie fut écartelée entre deux gouvernements généraux (Île-de-France et Champagne-et-Brie), trois généralités (Paris, Soissons et Châlons) et quatre diocèses (Meaux, Sens, Troyes et Soissons).

Économiemodifier | modifier le code

C'est un pays de grandes exploitations agricoles, du fait de la présence de limons particulièrement fertiles, pratiquant les cultures du blé, de la betterave à sucre et de l'élevage laitier pour les fromages, avec notamment les bries. La rose est emblématique de la Brie ; elle est cultivée dans la région de Mandres-les-Roses et de Provins.

Tourisme en Briemodifier | modifier le code

La Brie abrite de nombreux monuments et sites remarquables :

Subdivisionsmodifier | modifier le code

La brie est traditionnellement subdivisée en deux entités géographiques7 : la Haute-Brie (ou Brie française) à l'ouest et la Basse-Brie (ou Brie champenoise) à l'est.

Durant l'Ancien Régime, la Brie est divisée en trois entités1 :

  • La Brie pouilleuse — dite aussi crayeuse, galleuse ou gallevesse (capitale : Château-Thierry) qui appartenait également au Gouvernement général de Champagne-et-Brie. Outre Château-Thierry, sa principale ville est La Ferté-sous-Jouarre.

Cette région naturelle étant assez vaste, elle comprend une véritable mosaïque de petites régions naturelles8 :

  • La Brie française (ou Basse-Brie), autour de Brie-Comte-Robert
  • La Brie boisée, autour de Tournan-en-Brie
  • La Brie humide (ou Brie de Melun), à l'est de Melun
  • La Brie centrale, autour de Mormant
  • Le Montois, autour de Donnemarie-Dontilly
  • La Brie champenoise (ou Provinois), autour de Provins
  • La Brie des étangs, à l'ouest d'Épernay
  • La Brie laitière (anciennement Brie des étangs), à l'est de Coulommiers
  • La Brie d'Esternay, autour d'Esternay
  • La Brie val-de-marnaise, sur les contreforts ouest du plateau briard.
  • La Bassée, autour de Bray-sur-Seine, est un pays limitrophe entre la Brie et le Senonais. Elle est parfois incluse dans la Brie.

La mise en œuvre des lois d'aménagement du territoire a conduit à définir des entités nouvelles, qu'elles soient officielles (regroupement intercommunaux) ou non (terroirs et micro-régions, à vocation essentiellement touristique). Ces entités reprennent parfois les noms de régions dites naturelles, sans en respecter les limites. Cas par exemple de la Communauté de communes de la Brie Boisée qui ne comprend qu'une petite partie de cette région naturelle.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a et b Géographie historique, ecclésiastique et civile, D.Joseph Vaissete, 1755
  2. Monographie communale de Crécy en Brie aux Archives départementales de la Seine et Marne
  3. voir notamment le Manuel de Diplomatique, d'Arthur Giry, Burt Franklin, New-York, 1894 (plusieurs rééditions), p. 326-327 et note no 3
  4. Zürcher Mediävistik, Les corpus
  5. voir, notamment, Les chartes et actes de Thibauld IV et Thibauld V, in Provins, la fortification d'une ville au Moyen Âge, par Jean Mesqui, Bibliothèque de la Société française d'Archéologie, Droz, Genève, p. 196
  6. "http://fr.topic-topos.com/cimetiere-militaire-allemand-solers"
  7. Le grenier de Paris, histoire de la Brie, du Multien et de la Goële, Jean-Michel Derex, 1979
  8. Frédéric Zégierman, Le guide des pays de France (vol. 1 : Nord), Fayard, Paris, 1999, p. 301

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • GESLIN Pierre, La Brie des Gallo-Romains, Le Mée-sur-Seine, Lys Éditions Amatteis, 2003







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