Calendrier liturgique romain

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Le calendrier liturgique de l'Église catholique romaine indique la place des fêtes fixes et de celles qui sont mobiles, telle que le détermine le comput ecclésiastique. À la différence du calendrier grégorien (du pape Grégoire XIII) qui mesure l'année tropique, le calendrier liturgique romain ne cherche qu'à moduler et rythmer le déroulement des activités liturgiques. À partir de la date de Pâques, un ensemble de règles permet de connaître le temps liturgique et les dates des fêtes liturgiques.

Ce calendrier a beaucoup évolué durant les siècles de christianisme, s'enrichissant de nouvelles fêtes et solennités, jusqu'à une certaine lourdeur. Le concile de Trente, puis le concile Vatican II, ont chacun mené une réforme du calendrier, dans un but d'allègement et de cohérence. Certaines célébrations sont fêtées le même jour que leurs équivalentes du calendrier liturgique orthodoxe.

Le calendrier des livres liturgiques de 1962modifier | modifier le code

Le rite tridentin, ou forme extraordinaire du rite romain, dont la célébration est régie dans l'Église latine par le Motu proprio Summorum Pontificum, garde l'usage de « l'ancien calendrier ».

Article détaillé : calendrier liturgique tridentin.

Temporalmodifier | modifier le code

Le cycle temporal est décrit dans une section ci-dessous pour la forme ordinaire du rite romain de 1969. Dans les livres de 1962, le calendrier est fondamentalement organisé de la même façon. Quelques expressions changent, et indiquent une « solemnisation » différente des temps liturgiques : on parle ainsi de temps après l'Épiphanie, tempus post Epiphaniam, de l'Épiphanie à la veille du dimanche de la Septuagésime, de temps de la Septuagésime, tempus septuagesima, du dimanche de la Septuagésime au Mardi gras. Du dimanche de la Passion (5e dimanche de Carême) au Samedi saint, c'est le temps de la Passion qui inclut la Semaine sainte et le Triduum pascal. De Pentecôte à la veille du premier dimanche de l'Avent, c'est temps après la Pentecôte, tempus post pentecostem.

Dans le calendrier « tridentin », certaines fêtes sont rehaussées par la présence d'une « octave » : Pâques et Noël, mais aussi l'Épiphanie, l'Ascension, la Pentecôte, la Trinité, et le Saint-Sacrement.

Sanctoralmodifier | modifier le code

Le cycle sanctoral est plus chargé dans le rite de saint Pie V : l'édition de 1962 du missel romain compte environ 260 fêtes de saints au calendrier général.

Le calendrier des livres liturgiques de 1969modifier | modifier le code

Par le Motu proprio « Mysterii paschalis » publié le 14 février 19691 , le pape Paul VI instaure un « nouveau calendrier » pour l'Église universelle. Par ce texte, il met en application les demandes de la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium. Deux idées majeures dirigent cette réforme : la valorisation du dimanche, comme « fête de la Résurrection », et la réduction du nombre de fêtes de saints.

Principes d'organisation de l'année liturgiquemodifier | modifier le code

Le calendrier liturgique est constitué de deux cycles superposés, le cycle « temporal » et le cycle « sanctoral ».

Le cycle temporalmodifier | modifier le code

Le cycle temporal détermine la succession des temps liturgiques, en particulier les limites de l'année liturgique qui commence le 1er dimanche de l'Avent et se termine le samedi de la 34e semaine du Temps ordinaire. Le cycle temporal est essentiellement mobile, dans la mesure où il est organisé autour de la fête de Pâques.

Article détaillé : comput.

Le cycle temporal est organisé en différentes périodes, dites temps liturgiques2 :

Les deux fêtes les plus importantes de l'année sont deux solennités, Noël et Pâques, qui sont rehaussées par la célébration d'une « Octave ».

Quant à la disposition des lectures au cours de la messe du dimanche et des fêtes, le calendrier suit un cycle de trois ans, ce qui permet de parcourir les trois Évangiles dits synoptiques : l'année A est réservée à l'Évangile selon Matthieu, l'année B lit l'Évangile selon Marc et c'est l'Évangile selon Luc qui est lu pendant l'année C. L'Évangile selon Jean est lu principalement pendant certaines fêtes, tous les ans.

Lire pendant une année liturgique un des Évangiles permet de suivre en un an, ce que Jésus a vécu durant sa vie terrestre. La chronologie n'est pas suivie scrupuleusement puisque Jésus naît à Noël et meurt le Vendredi saint, ce qui laisserait une grande partie de l'année vide.

La mobilité de la solennité de Pâques et, plus largement, celle du Carême et du Temps pascal, fait que le cycle des semaines du Temps ordinaire est interrompu à des périodes différentes d'une année sur l'autre. C'est ainsi que certains des dimanches du temps ordinaire peuvent être fêtés soit avant le Carême, soit après la solennité du Saint Sacrement, soit supprimés. Le schéma proposé plus bas ne constitue donc qu'un exemple.

Le cycle sanctoralmodifier | modifier le code

Le cycle sanctoral comprend les dates auxquelles on fête les saints et la Vierge Marie.

Les fêtes de saints du calendrier universel sont répartis en quatre grandes « classes » : les solennités, les fêtes, les mémoires obligatoires et les mémoires facultatives.

Au sein du calendrier liturgique, l'Église distingue les fêtes universelles (qui doivent être célébrées par l'ensemble du monde catholique, et qui sont au nombre de 180 environ)3, et les fêtes particulières, qui ne sont fêtées que par une ville, un diocèse, un pays, une région du monde ou une communauté religieuse.

Les divers pays francophones ont de ce fait des calendriers liturgiques nationaux.

Le calendrier liturgique de France ou "propre de France" comporte certaines fêtes telles que :

  • 3 janvier, Ste Geneviève, mémoire facultative ;
  • 15 janvier, St Remi, mémoire facultative ;
  • 18 février, Ste Bernadette Soubirous, mémoire facultative ;
  • 11 octobre, Bienheureux Jean XXIII, mémoire facultative (communiqué du 9 novembre 2011 de la CEF) ;
  • 22 octobre, Bienheureux Jean-Paul II, mémoire facultative (communiqué du 9 novembre 2011 de la CEF).

Schéma de l’année liturgiquemodifier | modifier le code

Schéma type d’une année liturgique
Temps Subdivision Couleur
liturgique
Dimanche ou fête
Temps de l’Avent violet 1er dimanche de l’Avent (Levavi), suivant le 34e dimanche du temps ordinaire
2e dimanche de l’Avent (Populus Sion)
violet ou rose 3e dimanche de l’Avent (Gaudete)
violet 4e dimanche de l’Avent (Rorate)
Temps de Noël blanc
Solennité de Noël, le 25 décembre, solennité de la nativité de Jésus
Octave de Noël
Fête de la Sainte Famille dernier dimanche de décembre, à moins qu'il ne s'agisse de Noël, auquel cas vendredi 30 décembre
Nouvel an grégorien, le 1er janvier : fête de Marie, mère de Dieu
Solennité de l’Épiphanie, le 6 janvier (ou le premier dimanche strictement après le 1er janvier dans certaines régions, en particulier en France, ayant reçu un indult en ce sens)
Fête du Baptême du Seigneur
Temps ordinaire vert 1er dimanche du temps ordinaire
2e dimanche du temps ordinaire
3e dimanche du temps ordinaire
4e dimanche du temps ordinaire
Chandeleur, présentation de Jésus au temple et purification de Marie, le 2 février (40 jours après Noël)
5e dimanche du temps ordinaire, selon la date de Pâques. Le temps ordinaire avant le carême s'arrête entre le 5e et 9e dimanche.
  blanc Solennité de l’Annonciation du Seigneur à Marie, le 25 mars. Est décalée au 26, si le 25 est un dimanche (ou le premier lundi qui suit le deuxième dimanche de Pâques si le 25 mars se situe pendant la Semaine Sainte).
Temps du Carême   violet Mercredi des Cendres
1er dimanche de Carême (Invocabit)
2e dimanche de Carême (Reminiscere)
3e dimanche de Carême (Oculi)
violet ou rose 4e dimanche de Carême (Lætare)
violet 5e dimanche de Carême (Judica)
Temps de la Passion rouge Dimanche de la Passion et des Rameaux, début de la Semaine sainte
blanc
Messe chrismale, consécration des Saintes huiles. Normalement le Jeudi saint, mais peut avoir lieu un autre jour de la Semaine sainte, selon les diocèses, pour des motifs pastoraux.
blanc
Jeudi saint, célébration de la Cène du Seigneur. Début du Triduum pascal
rouge Vendredi saint, commémoration de la Passion et de la Mort du Christ
violet Samedi Saint, dernier jour du Carême, fin du Triduum pascal
Temps de Pâques blanc Dimanche de Pâques, Résurrection de Jésus-Christ
Octave de Pâques, clos par le 2e dimanche du Temps Pascal, (depuis l'an 2000) Fête de la Divine Miséricorde, dit de Quasimodo ou in albis.
3e dimanche du Temps Pascal,
4e dimanche du Temps Pascal
5e dimanche du Temps Pascal
6e dimanche du Temps Pascal
Jeudi, solennité de l’Ascension du Seigneur
7e dimanche du Temps Pascal
rouge Dimanche de la Pentecôte, solennité du Saint-Esprit
Temps ordinaire Temps de la Pentecôte, temps de l'Église
vert Lundi de Pentecôte (et 7e semaine du temps ordinaire)
blanc Dimanche de la Sainte Trinité,
vert 8e semaine du temps ordinaire
blanc Jeudi de la solennité du Saint Sacrement (fête décalée au dimanche dans certaines régions, en particulier en France, ayant reçu un indult en ce sens)
vert 9e semaine du temps ordinaire
blanc Vendredi : solennité du Sacré-Cœur
  vert 10e dimanche du temps ordinaire, selon la date de Pâques et le nombre de dimanches dans l'année, on reprend entre le 9e et le 14e dimanche du temps ordinaire.
11e dimanche du temps ordinaire
12e dimanche du temps ordinaire
13e dimanche du temps ordinaire
14e dimanche du temps ordinaire
15e dimanche du temps ordinaire
16e dimanche du temps ordinaire
17e dimanche du temps ordinaire
18e dimanche du temps ordinaire
Fête de la Vierge Marie 19e dimanche du temps ordinaire
blanc Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, le 15 août
  vert 20e dimanche du temps ordinaire
21e dimanche du temps ordinaire
22e dimanche du temps ordinaire
23e dimanche du temps ordinaire
24e dimanche du temps ordinaire
25e dimanche du temps ordinaire
26e dimanche du temps ordinaire
27e dimanche du temps ordinaire
28e dimanche du temps ordinaire
29e dimanche du temps ordinaire
30e dimanche du temps ordinaire
Temps du deuil[réf. nécessaire] 31e dimanche du temps ordinaire
blanc Solennité de la Toussaint, le 1er novembre
violet
ou noir
Commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre
Temps du partage et de la charité[réf. nécessaire] vert 32e dimanche du temps ordinaire
Temps du Christ vert 33e dimanche du temps ordinaire
blanc Le Christ Roi de l'univers (34e dimanche du temps ordinaire, dernier dimanche de l'année liturgique)

Les fêtes du temps de Noëlmodifier | modifier le code

Les fêtes du temps de Noël ont subi une réorganisation radicale entre l'ancien et le nouveau calendrier. Le dimanche de la Sainte Famille a été ramené dans l'octave de Noël, le Saint Nom de Jésus a été supprimé, et le Baptême du Seigneur ajouté après l'Épiphanie.

Date Ancien calendrier Nouveau calendrier
25 décembre Noël Noël
Dimanche dans l'octave de Noël Dimanche dum medium silentium Dimanche de la Sainte Famille (lorsque Noël tombe un dimanche, la sainte-Famille est avancée au vendredi 30 décembre, en omettant l'office de la veille au soir)
1er Janvier (octave de Noël) Circoncision Sainte Marie Mère de Dieu (Solennité)
Dimanche avant l'Épiphanie (ou le 2 janvier s'il n'y a pas de dimanche avant l'Épiphanie) Saint Nom de Jésus deuxième dimanche après Noël (dimanche dum medium silentium)
6 janvier (ou en certains lieux -dont en France-, le dimanche après le 1er janvier) Épiphanie Épiphanie (Solennité)
Premier dimanche après l'épiphanie (tombant entre le 7 et le 13 janvier) Dimanche de la Sainte Famille, fêtée le dimanche dans l'octave de l'Épiphanie. Baptême du Seigneur (mais si l'Épiphanie est célébrée le 7 ou 8 janvier, le baptême du Seigneur est célébré le lendemain, et on omet l'office de la veille au soir4).
Fin du temps de Noël La semaine qui suit la Sainte Famille a une messe propre (in excelso throno) qui correspond au premier dimanche après l'Épiphanie. Le temps ordinaire commence le lendemain du Baptême du Seigneur, avec la première semaine du psautier (et la messe in excelso throno).
Dimanche suivant (entre le 14 et le 20 janvier) Deuxième dimanche après l'Épiphanie Deuxième dimanche per annum

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (la) Le Motu proprio Mystrii Paschalis sur le site du Vatican
  2. Cycle de l'année liturgique dans les normes générales du missel romain, 2002, sur le site cérémoniaire.net
  3. Le calendrier romain général sur le site la fête du jour
  4. Rubrique BaS dans Les Heures du Jour.

Bibliographiemodifier | modifier le code

en cours d'élaboration

  • Odo Casel La fête de Pâques dans l'Église des Pères, (Lex orandi, 37), Paris, Cerf, 1963.
  • Jean Chelini, Le calendrier chrétien: cadre de notre identité culturelle. Paris: Picard, 2007.
  • Hélène Bénichon, Fêtes et calendriers. Les rythmes du temps, Paris 1992.
  • Arnaud Join-Lambert, "Quel sens pour les fêtes chrétiennes ?", in : Études n° 4123 (mars 2010) p. 355-364.
  • Pierre Jounel, Le dimanche. Paris 1990 (L’horizon du croyant 12).
  • Pierre Jounel, Le renouveau du culte des Saints dans la liturgie romaine. Roma 1986 (Bibl. Ephemerides Liturgicae, Collectio Subsidia, 36).
  • Robert Le Gall, "Année liturgique et vie spirituelle", in : La Maison Dieu n° 195 (1993) p. 197-210
  • Thomas J. Talley, Les origines de l’année liturgique. Paris, Cerf, 1990 (Liturgie 1).
  • Jean-Baptiste Lebigue, "Rits et couleurs. Acronymie et chromonomie des calendriers liturgiques au Moyen Âge", in : Dans Le manuscrit enluminé. Études réunies en hommage à Patricia Stirnemann, dir. Claudia Rabel, Paris : Le Léopard d'or, 2014 (Cahiers du Léopard d'or, 15).

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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