Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

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Cathédrale Notre-Dame d'Évreux
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame d'Évreux
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse d'Evreux
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux début XVIIe siècle
Architecte Gautier de Varinfroy (maître-d'œuvre)
Nicolle Le Féron
Jehan Le Roy
Jehan Cossart
François Galopin
Denis Darcy
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Commune Évreux
Coordonnées 49° 01′ 27″ N 1° 09′ 03″ E / 49.024167, 1.150833 ()49° 01′ 27″ Nord 1° 09′ 03″ Est / 49.024167, 1.150833 ()  

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Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

La cathédrale Notre-Dame d'Évreux est l'un des bâtiments les plus remarquables de la ville d'Évreux, dans le département de l'Eure. L'édifice actuel présente des styles architecturaux divers : gothique rayonnant, gothique flamboyant et style Henri II. La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 18621.

Histoiremodifier | modifier le code

Les originesmodifier | modifier le code

Le diocèse d'Évreux est créé au IVe siècle. La première cathédrale a dû être construite à l'emplacement de l'ancienne basilique romaine, à l'intérieur des fortifications de la ville2.

La cathédrale romanemodifier | modifier le code

Rollon, au moment de son baptême, fait des donations aux nombreuses églises qu'il avait dévastées. Le troisième jour vit la dotation de la cathédrale d'Évreux2.

Guillaume Flaitel, évêque d'Évreux (1046-1066) commence les travaux de reconstruction de la cathédrale. Elle est terminée sous l'évêque Gilbert II de la Grue (1070-1113)2 et consacrée à la Vierge en 1077 par l'archevêque de Rouen, Jean d'Ivry3.

Une nouvelle cathédralemodifier | modifier le code

En 1119, la cathédrale est incendiée. Cette décision est prise, au cours du siège de la ville, par Audin, évêque d'Évreux, chapelain et conseiller du roi [[Henri Ier d'Angleterre]], suite à l'attribution du comté d'Évreux à Amaury de Montfort, vassal du roi de France. Évreux redevient normand et le pape Calixte II, au concile de Reims, oblige le roi d'Angleterre à reconstruire la cathédrale2.

La reconstruction commence en 1126, pour se terminer vers 1140. Toutefois la reprise du conflit entre Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste entraîne un nouvel incendie de la cathédrale en 11982.

La cathédrale gothiquemodifier | modifier le code

Le , Évreux est rattaché au domaine du roi de France. L'absence de voies de communications et le peu de finance dont dispose le chapitre de la cathédrale empêche un relèvement rapide. Pour favoriser la reconstruction de l'édifice, le pape Innocent III accorde une indulgence à l'évêque Robert de Roye (1201-1203). Toutefois, les travaux de restauration ne commencent qu'à partir de 1220. En 1253, Gautier de Varinfroy est désigné pour reconstruire la cathédrale et sera le maître-d'œuvre de la nef. Lors du sacre de Raoul de Grosparmy, qui a lieu en 1259 dans l'abbatiale Saint-Taurin, la nef de la cathédrale est achevée et les travaux commencent dans le chœur2.

Les chapelles des bas-côtés, cinq de chaque côté, sont ajoutées entre les culées des arcs-boutants à la fin du XIIIe, début du XIVe siècle2.

Suite à l'incendie de la cathédrale, causé par le roi Jean, pendant la Guerre de Cent Ans, Nicolle Le Féron se charge des réparations à partir de juin 1356. Après un nouvel incendie de la ville en 1378 par Charles V, il faut attendre 1441 pour commencer les travaux de reconstruction. Jehan Le Roy dirige les travaux de 1442 à 1455, soutenu par l'évêque Guillaume de Flocques, fils du bailli et libérateur de la ville2.

Par lettres patentes, le roi Louis XI confirme à nouveau sa protection royale en 14824.

La façade flamboyante du transept nord, conçue par Jehan Cossart, conclue magistralement, au XVIe siècle, l'édification de ce volume transversal. La Renaissance, tardivement introduite, nous a légué le portail ouest, logé sous la grande rosace. La manière française triomphe sur les tours dissemblables qui l'encadrent.

Menés par François Galopin, les travaux scellent, au début du XVIIe siècle, l'achèvement de l'église. À l'habillage classique relevant le côté sud, succède, au nord, une superposition de supports bagués, dans l'esprit de Philibert Delorme.

De la Révolution à nos joursmodifier | modifier le code

La cathédrale fortement restaurée au XIXe siècle par Denis Darcy, architecte diocésain, sous la direction de Viollet-le-Duc, a souffert des bombardements de la Seconde Guerre mondiale (bombardement de 1940).

Des travaux de réfection, achevés en 1973, ont redonné à l'édifice son lustre d'antan et son vigoureux « clocher d'argent », haute flèche coiffant la tour-lanterne du transept qui le domine depuis le Moyen Âge.

Dimensionsmodifier | modifier le code

  • longueur totale : 109 m
  • hauteur des voûtes de la nef : 21,75 m
  • largeur de la nef (bas-côtés inclus) : 25,40 m
  • hauteur des voûtes du chœur : 24,10 m
  • largeur du chœur (déambulatoire inclus) : 31,60 m

Descriptionmodifier | modifier le code

Les clochesmodifier | modifier le code

Les cinq cloches de la cathédrale se situent dans la tour nord. Elles ont été fondues en 1967 par la fonderie Cornille-Havard de Villedieu-les-Poêles, la sonnerie est composée de :

  • Marie, le bourdon qui sonne le Sol 2.
  • Pierre, qui sonne le La 2.
  • Taurin, qui sonne le Do 3.
  • Marie-Madeleine, qui sonne le Ré 3.
  • Gabriel, qui sonne le Mi 3.

La nefmodifier | modifier le code

La chaire

La nef, rehaussée sur ses grandes arcades romanes par Gauthier de Varinfoy, contraste avec le chœur gothique rayonnant, accolé à partir de 1260. De remarquables vitraux rehaussent l'espace.

La chaire, installée en 1811, provient de l'abbaye du Bec Hellouin, elle a été sculptée en 1675.

L'orguemodifier | modifier le code

Les chapelles latéralesmodifier | modifier le code

Chapelles du collatéral nordmodifier | modifier le code

Chapelles d'ouest en est.

  • Chapelle Saint-André (ancienne chapelle des Saints-Apôtres).
Clôture Renaissance. Retable comprenant six panneaux peints du XVIIe siècle représentant les douze apôtres.
  • Chapelle Saint-Nicolas.
Clôture Renaissance. Statue de Marie-Madeleine du XVIe siècle.
  • Chapelle Saint-Sébastien.
Clôture Louis XIII. Autel en bois Louis XV avec retable du martyr de Saint-Sébastien.
  • Chapelle Notre-Dame-du-Mont-Carmel.
  • Chapelle Saint-Aquilin.
Clôture du XVIIe siècle. Statue de Sainte-Clotilde. Vitraux Renaissance représentant « le Massacre des Saints-Innocents », Saint-Raymond de Pégnafort, Saint-Léonard, Saint-Aquilin et Saint-Georges.

Chapelles du collatéral sudmodifier | modifier le code

Chapelles d'ouest en est.

  • Chapelle de la Bonne Mort.
Clôture Louis XIV.
  • Chapelle Sainte-Anne.
Clôture Louis XIV. Retable en bois sculpté du XVIIe siècle. Confessionnal Louis XIV
  • Chapelle de l’Annonciation.
Clôture Louis XIII. Autel Louis XV.
  • Chapelle des Saints-Anges.
Clôture Louis XIII. Plaque commémorative et pierre tombale de Henri-Marie Boudon († 1702), archidiacre d’Évreux.
  • Chapelle des fonts baptismaux.
Clôture Renaissance. Fonts baptismaux en marbre de 1788.

Le transeptmodifier | modifier le code

Le transept, bâti après la réparation des sacs de la Guerre de Cent Ans, offre en effet une tour-lanterne à la croisée.

Le chœurmodifier | modifier le code

De style gothique rayonnant, il est couvert d'ogives. Commencé vers 1260, après l'achèvement de la nef, le chœur semble bien avancé lorsque le chapitre cathédral décide, en 1263, que les défunts y seront enterrés. Le gros-œuvre et la décoration sont achevés avant 1310, date du décès de l'évêque Mathieu des Essarts2.

Le chœur renferme des stalles réalisées en 1377 par Charles le Mauvais, grâce à son don de 200 francs or, en date du 2.

Les chapelles rayonnantesmodifier | modifier le code

Au nombre de treize, elles sont fermées par des clôtures de bois sculptés du XVe au XVIIe siècle. À l'entrée du bas-côté sud de la nef, se trouve également un calvaire de terre cuite du XVIIIe siècle.

Chapelles nord (d'ouest en est):

  • La première chapelle nord contient un retable peint anonyme, du XVIIe siècle
  • Chapelle des saints évêques d'Évreux: elle possède une clôture de la fin du XVe siècle de style gothique flamboyant. Un enfeu, vide aujourd'hui, contenait le gisant en cuivre de Mathieu des Essarts2.
  • Chapelle Saint-Louis et Jeanne-d'Arc
  • Chapelle du Rosaire: clôture flamboyante et renaissante.

Chapelles sud (d'est en ouest):

  • Chapelle Saint-Joseph: clôture du XVIe siècle.
  • Chapelle de l'Immaculée Consption: clôture renaissance, donnée par la famille Les Postel des Minières.
  • Chapelle Sainte-Catherine et Saint-Jean-Baptiste (surnommée au XVIe siècle la « chapelle des paresseux »): clôture Renaissance
  • Chapelle Notre-Dame de Liesse: elle contient la clef de voûte de l'ancienne église Notre-Dame de la Ronde.
  • Chapelle du Trésor: elle dispose d'une armoire en chêne qui contenait jusqu'au le trésor de la cathédrale. Cette armoire, œuvre des huchiers d'Évreux, a été réalisée entre 1464 et 1467.

La chapelle de la Mère de Dieumodifier | modifier le code

Vitrail représentant l'arbre de Jessé dans la chapelle absidiale.

La chapelle absidiale dite de la Mère de Dieu fut construite entre 1461 et 1470 par l'évêque Jean La Bahue en 1465 en commémoration du sacre de Louis XI. On y trouve une Vierge à l'enfant, statue de pierre polychrome, qui date du début du XVIe siècle, et un tableau de Gian Antonio Guardi, Le Christ apparaissant aux Pèlerins d’Emmaüs, déposé par la collégiale Notre-Dame des Andelys.

Les vitrauxmodifier | modifier le code

Démontés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont entreposés à Niort. Ils seront restaurés à partir de 1953 par Jean-Jacques Grüber2.

Le , un ouragan de grêle détruit les verrières du chœur et du transept sud2.

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Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. « Notice no PA00099400 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Annick Gosse-Kischinewski (préf. Éliane Carouge-Deronne), Évreux : la légende des pierres, Évreux, Fromont Glatigny,‎ 1988 (ISBN 2-906806-13-7), « La cathédrale », p. 15-51
  3. (en) Richard Allen, « ‘A proud and headstrong man’ : John of Ivry, bishop of Avranches and archbishop of Rouen, 1060–79 », dans Historical Research, vol. 83, no 220 (mai 2010), p. 189-227.
  4. Lettres patentes de Louis XI, Mehun-sur-Loire, août 1482, lire en ligne

Voir aussimodifier | modifier le code

Sources et bibliographiemodifier | modifier le code

  • Robert de Burey, Le chœur de la cathédrale d'Évreux depuis sa restauration, Imprimerie de Charles Hérissey, Évreux, 1897, lire en ligne
  • Jules Gailhabaud, « Cathédrale d'Évreux (boiseries) » dans Monuments anciens et modernes, tome 4, Firmin-Didot Frères, Paris, 1853, lire en ligne
  • Almanach d'Évreux, Description de la cathédrale d'Évreux, Pierre Huet, Évreux, 1868, lire en ligne
  • « Évêché d'Évreux » dans Annuaire des cinq départements de la Normandie, vol. 32, Caen, Paris et Rouen, 1866, p. 112-117, lire en ligne

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