Chris Marker

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Chris Marker

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Guillaume en Égypte, l'avatar de Chris Marker

Nom de naissance Christian-François Bouche-Villeneuve
Naissance 29 juillet 1921
Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Flag of France.svg Française
Décès 29 juillet 2012 (à 91 ans)
Paris (France)
Profession Réalisateur
Films notables La Jetée
Sans soleil
Le Tombeau d'Alexandre
Le Fond de l'air est rouge
Level Five
A.K.
Site internet chrismarker.org
chrismarker.ch

Chris Marker, né Christian-François Bouche-Villeneuve, le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et mort le 29 juillet 2012 est un réalisateur, écrivain, illustrateur, traducteur, photographe, éditeur, philosophe, essayiste, critique, poète et producteur français.

Pour le grand public, son œuvre renvoie à ses films majeurs : La Jetée, Sans soleil, Le Joli Mai, Le Fond de l'air est rouge, ou enfin Chats perchés, pour l’essentiel des documentaires définis dès le départ par André Bazin comme des essais cinématographiques.

Cependant, son œuvre d'ensemble ne se limite pas aux œuvres signées Chris Marker : le réalisateur français a tout au long de sa carrière activement collaboré avec d’autres réalisateurs, écrivains, acteurs, artistes ou simples ouvriers : de Costa-Gavras à Yves Montand, d’Alain Resnais à Yannick Bellon ou Alexandre Medvedkine, de Jorge Semprun à Benigno Cacérès, de Thoma Vuille à Mario Ruspoli, de Joris Ivens à Haroun Tazieff, de William Klein à Mario Marret, d’Akira Kurosawa à Patricio Guzman. Il soutient également les jeunes, tout particulièrement le collectif Kourtrajmé, dont Isild Le Besco, en qui il voit le renouveau du cinéma français ou la nouvelle Nouvelle Vague1.

Chris Marker s’est attaché en 60 années de travail à observer avec une curiosité, un discernement méticuleux, une ironie caustique et souvent amusée, voire avec colère, les vicissitudes de l’histoire mondiale tout autant qu’individuelle. Au centre de sa réflexion figurent la mémoire, le souvenir, la nostalgie du temps passé réinventé mais à jamais disparu.

« Chris Marker, c'est un peu le plus célèbre des cinéastes inconnus. »

— Dubois 2006, p. 6note 1.

Sommaire

Biographie modifier

« Chris Marker me paraît un personnage fascinant, à ma connaissance unique au monde. Je ne connais personne qui puisse avoir à la fois ce sens des problèmes politiques contemporains, ce goût du beau, cette espèce de joie devant la culture et devant l'art, cet humour ; et qui arrive, lorsqu'il fait un film à ne se séparer d'aucune de ces tendances »

— Alain Resnais2

Christian-François Bouche-Villeneuve naît le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)3.

Enfant, il habite pendant deux ans à Cuba. Dans les années 1930, il étudie au Lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine où enseigne un jeune agrégé en philosophie appelé Jean-Paul Sartre et s'occupe, en tant qu'éditeur, du journal des étudiants du lycée Le trait d'union4. Il devient licencié en philosophie lorsque la guerre éclate et rejoint alors la Résistance.

Les premières années de la vie de Christian-François Bouche-Villeneuvenote 2, alias Chris Marker, sont obscures et Marker lui-même a contribué à la confusion en transmettant délibérément des informations erronées aux journalistes. Par exemple, certaines sources affirment qu'il est né à Oulan-Bator5,6, la capitale de la Mongolie, alors que d'autres suggèrent qu'il a peut-être aussi fait partie de l'armée américaine et combattu comme pilote d'avion et parachutiste7.

Écriture (1946-1952) modifier

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Marker écrit pour la revue Esprit qui réapparaît et est entièrement refondue après avoir été interdite sous le régime de Vichy, en 1941. Dirigée par le philosophe Emmanuel Mounier, héritier de l'existentialisme et prônant un catholicisme de gauche, elle prend une orientation « philocommuniste » avec la ferme intention de participer aux débats et controverses de l'après-guerre. Marker y fait ses premières armes et y publie de nombreux articles entre 1946 et 1955 : des commentaires sur l'actualité politique, des poèmes, des recensions littéraires et cinématographiques.

Il travaille aussi pour les organisations Peuple et culture et Travail et culture. Ces organisations sont créées au lendemain de la Libération avec l'ambition "de rendre la culture au peuple et le peuple à la culture"8, et sont proches de l'équipe d'Esprit mais aussi du Parti Communiste Français (PCF). L'un des principaux animateurs de ce projet n'était autre qu'André Bazin qui cofonde en 1951 les Cahiers du cinéma. C'est également dans les bureaux de Travail et Culture, rue des Beaux-Arts à Paris, que Marker rencontre Alain Resnais à la fin des années 1940 avec lequel il se lie d'amitié et collabore par la suitenote 3.

Durant cette période, Marker publie un roman Le Cœur net (1949), plusieurs poèmes et un essai sur Jean Giraudoux intitulé Giraudoux par lui-même (1952), paru dans la collection « Écrivains de toujours » aux éditions du Seuil. Trilingue, il traduit également des ouvrages allemands et anglais en français. Il dirige par ailleurs, avec Joseph Rovan, les premiers numéros de la revue de Peuple et Culture, DOC (et sa version allemande DOK), et édite aussi plusieurs documents pédagogiques pour l'association en collaboration avec les éditions du Seuil.

À la suite d'une violente critique de Mme Thomas, représentante du secrétariat du PCF chargé du « contrôle » des publications de Peuple et Culture, qui reprochait d'avoir publié un extrait de L'Espoir d'André Malraux qu'elle considérait comme un « auteur fasciste », Marker quitte la direction de la revue DOC. Il continue son activité comme animateur à Peuple et Culture et est engagé au Seuil pour diriger la collection « Petite Planète »9,10.

La citation, tout comme pour Jean-Luc Godard, est un élément important et récurrent dans l'œuvre de Marker. Il affirme cet intérêt, dès 1949, dans l'introduction de L'Homme et sa liberté, à savoir que « l'on s'exprime beaucoup mieux par les textes des autres, vis-à-vis de qui on a toute la liberté de choix, que par les siens propres, qui vous fuient comme s'ils le faisaient exprès au profit des parts de Dieu ou du diable11. »

Voyages (1952-1966) modifier

Au début des années 1950, Marker commence sa carrière cinématographique, parcourant le monde pour l'UNESCO, afin de « mettre le cinéma au service de l'éducation de base »12. En 1952, il réalise, avec Joffre Dumazedier et Benigno Cacérès, les fondateurs de Peuple et Culture, Olympia 52 (en), un documentaire commissionné par Peuple et Culture, sur les Jeux Olympiques d'Helsinki, qui fait partie du projet d'éducation populaire de l'organisation. Dans le même temps, il poursuit son travail avec Alain Resnais sur le court métrage documentaire Les Statues meurent aussi, très influencé par le thème malrucien du « Musée imaginaire », ouvrage paru en 1947.

L'idée d'un film sur « l'art nègre » était déjà en gestation dans les esprits de Resnais et Marker, et ce depuis fin 1948 - début 1949, alors que Resnais connaissait le plein succès avec son court-métrage Van Gogh (1947), pour lequel il venait d'obtenir un Oscar. Les Statues meurent aussi est commandé en 1950 par l'organisation Présence Africaine, pour être achevé en 1952, après de multiples difficultés aux limites de l'insurmontable (dont le simple fait que Resnais, Cloquet et Marker n'y connaissaient absolument rien en art africain). Pire encore, avant même de sortir en salle, le film est frappé immédiatement et pour longtemps par la censure.

Ces deux premiers films suggèrent déjà l'esprit de voyage qui caractérise son travail pendant toute la période qui suit. Comme le dit Catherine Lupton dans sa monographie sur Marker, « le désir de voir et de montrer le monde avec des perspectives inouïes va devenir le trait définitoire des activités de Chris Marker pendant les années 1950 et le début des années 1960, et il va ainsi établir sa réputation de globe trotter invétéré avec une série de travaux basés sur les voyages dans les pays et les régions en transition13. » En effet, les films Dimanche à Pékin (1956), Lettre de Sibérie (1958), Description d'un combat (1960) et Cuba si (1961) sont le fruit de voyages en Chine, en Sibérie, en Israël et à Cuba.

Dans Lettres de Sibérie, Chris Marker joue à remettre en cause la supposée « objectivité » du genre documentaire en répétant trois fois la même séquence en variant uniquement le commentaire14. André Bazin voit dans Lettre de Sibérie la naissance ou la consolidation d'un genre qui sera dès lors inséparable de Chris Marker, pour ne pas dire synonyme: le « film-essai »15,16,note 4.

Cuba si (1961) contient deux entretiens avec Fidel Castro filmés juste avant le débarquement de la baie des Cochons. Comme le ton est anti-américain, le gouvernement français censure le film jusqu'en 196314.

Lorsqu'il ne tourne pas, Marker photographie. Un voyage en Corée du Nord est à l'origine du recueil de photographies Coréennes (1959) qu'il décrit comme un court métrage fait avec des images fixes, anticipant ainsi La Jetée (1962), de même qu'il l'avait fait avec son portfolio Clair de Chine. Il y a un fort intérêt politique derrière ces voyages, dont quatre ont été faits au sein de pays socialistes, avec la politique desquels Marker, bien que critique, n'est pas moins sympathisant. En effet, le communisme à ce moment là est encore perçu en France comme une voie possible et salutairenote 5. La découverte des purges staliniennes en Europe de l'Est (1948-1953) à la fin des années 1960 change la donne et provoque une violente polémique et grand nombre de départs du PCF parmi les adhérents et tout particulièrement les intellectuels17.

Tout en réalisant ses films, Marker devient en parallèle le directeur de la collection « Petite Planète » aux éditions du Seuil, qui offre une alternative aux guides de voyage plus classiques, et dont il est le responsable entre 1954 et 195818. Il y développe alors une forme nouvelle d'alliance entre le texte et l'image : la photographie n'est plus reléguée au seul statut d'illustration du texte, mais devient un complément symbiotique et indispensable du texte.

Entre le voyage à Cuba en 1961 et le voyage au Japon en 1964, Marker retourne en France pour réaliser deux films fondamentaux dans sa carrière : Le Joli mai et La Jetée, tous les deux sortis en 1962.

Le Joli mai est un long documentaire réalisé à partir de 55 heures d'entretiens avec des Parisiens avec un commentaire en voix-off lu par Yves Montandnote 6,14. Le film s'inspire du cinéma-vérité promu par Jean Rouch et Edgar Morin, en particulier avec Chronique d'un été (1960). Chris Marker cherche à faire une radiographie spirituelle et idéologique des Parisiens. Marker et son équipe leur posent des questions variées (leurs espoirs, leurs opinions, leur quotidien, leur point de vue sur le bonheur, l'amour, la guerre d'Algérie, la paix, le futur, etc.), et bien que le commentaire soit moins présent que dans ses travaux antérieurs, il est encore très important comme conscience critique.

À l'opposé, La Jetée, probablement le film le plus célèbre de Chris Marker, est un point d'inflexion dans son œuvre. Dans ce film construit comme un photo-roman fait presque entièrement d'images fixes, Marker abandonne le mode documentaire et utilise les ressources de la science-fiction pour construire une fable sur le temps, la mémoire et la subjectivité, ainsi que sur leurs relations avec l'image. Il s'agit d'une problématique qui va hanter dès à présent toute son œuvre, tout particulièrement après les années « militantes ». Dans son anthologie du cinéma français, le critique Jean-Michel Frodon voit dans le film l'un des chefs-d'œuvre du cinéma mondial19.

Dans le même temps, Marker collabore sur un très grand nombre de projets cinématographiques, de manière très variée allant de l'écriture du commentaire à la production, en passant par l'adaptation des sous-titres ou le montage. On le retrouve sur les films de cinéastes tels que François Reichenbach, Catherine Varlin, Pierre Kast, Joris Ivens ou encore Jean Ravel, le monteur du Joli Mai.

Même si Marker reste toute sa vie un voyageur, on peut cependant dire que cette première phase d'errance commencée avec Dimanche à Pékin est clôturée dans les années 1960 avec les films Le Mystère Koumiko (1965) et Si j'avais quatre dromadaires (1966).

L'origine du Mystère Koumiko est un voyage au Japon en 1964, lors des Jeux Olympiques de Tokyo. L'intention originelle de Marker était de réaliser un film sur ces Jeux, comme il l'avait fait en 1952 à Helsinki. Il décide finalement de faire un film sur une jeune femme, Koumiko Muraoka, qu'il rencontre par hasard à Tokyo et qui parle françaisnote 7. Ce film est aussi l'occasion pour Marker d'explorer pour la première fois sa fascination pour le Japon, pays dans lequel il va retourner plusieurs fois par la suite.

Pour sa part, Si j'avais quatre dromadaires renverse la logique de Coréennes, car il s'agit cette fois d'un album de photographies en forme de film, au lieu d'un film sous forme de photographies accolées . Dans Si j'avais quatre dromadaires, Marker rassemble plusieurs photos qu'il a accumulées durant ses voyages depuis 1950. Le film est alors une sorte de bilan de ses premières années de voyage qui précèdent les années de militantisme.

Militantisme (1967-1981) modifier

Les documentaires de voyage des années 1950 reflètent une sympathie profonde envers les tentatives d'implanter des régimes politiques socialistes dans différentes parties du monde, de Cuba à la Corée du Nord, du Chili au Viêt Nam. La montée de la contestation politique à la fin des années 1960 constitue pour Marker l'occasion d'approfondir son engagement politique et de réfléchir à la place du cinéma dans le système de production et de distribution capitaliste, ainsi que sur son rôle idéologique. Comme Jean-Luc Godard, Marker cherche à « créer deux ou trois Vietnam au sein de l'empire Hollywood-Cinecittà-Mosfilms-Pinewood20. »

Le premier de ces efforts est la création en Belgiquenote 8, en 1967, du collectif « Société pour le Lancement des Œuvres Nouvelles » (SLONnote 9,note 10), qui devient en 1974 ISKRA (Images, Son, Kinescope, Réalisation Audiovisuelle, mais aussi "étincelle" en russe tout autant que le titre du journal dirigé par Lénine entre 1901 et 1903)21. Comme l'explique très clairement un texte du collectif de 1971, « SLON est née d'une évidence: que les structures traditionnelles du cinéma, par le rôle prédominant qu'elles attribuent à l'argent, constituent en elles-mêmes une censure plus lourde que toutes les censures. D'où SLON, qui n'est pas une entreprise, mais un outil - qui se définit par ceux qui y participent concrètement - et qui se justifie par le catalogue de ses films, des films QUI NE DEVRAIENT PAS EXISTER22! »

Pour cette entreprise, Marker perd son statut privilégié d'auteur-réalisateur pour devenir producteur et animateur du collectif. Pendant cette période, plusieurs de ses propres films ne sont pas signés. Le premier projet de SLON est Loin du Vietnam (1967), un film collectif rassemblant les réalisateurs Jean-Luc Godard, Agnès Varda, Alain Resnais, Claude Lelouch, Joris Ivens et William Klein, et dont la coordination générale et le montage sont entièrement assumés par Chris Marker23.

En février-mars 1967 commence une grève dans les usines Rhodiacéta de Besançon. Les ouvriers en grève ne veulent pas seulement des augmentations de salaire. Ils veulent aussi changer le système et ils transforment leur usine occupée en lieu de culture avec une bibliothèque et des conférences. Chris Marker tourne À bientôt j'espère et donne aux ouvriers les moyens de s'exprimer par le cinéma pour faire entendre leur voix hors de leur usine et de leur région. Les ouvriers forment alors des groupes Medvedkine, à Besançon et à Sochaux, en hommage au cinéaste soviétique Alexandre Medvedkine et réalisent par eux-mêmes des films sur leur mouvement24.

SLON s'intéresse aussi à la manipulation de l'information par le pouvoir à travers l'État et les média officiels. Pour offrir un contre-poids à ces appareils idéologiques, SLON crée une série de documentaires courts de « contre-information », avec le titre générale de On vous parle de... Dans cette série, Marker et ses camarades de SLON présentent l'actualité politique au Brésil, au Chili, à Cuba ou en Tchécoslovaquie, mais du point de vue des mouvements de contestation, qui n'était pas, et de loin, celui favorisé par les médiasnote 11.

Le point culminant des années militantes de Marker, c'est la grande fresque politique Le Fond de l'air est rouge (1978), d'après une idée de la monteuse Valérie Mayoux, à savoir un documentaire de quatre heures (réduites depuis par l'auteur à trois heures) sur la montée et le déclin des mouvements de gauche dans le monde. Le film est conçu au départ comme un collage de fragments de matériel filmique de SLON organisé en deux parties. La première, « Les mains fragiles », présente les espoirs politiques de la gauche à la fin des années 1960, à travers (entre autres) les révoltes des étudiants et les résonances de la révolution cubaine en Amérique Latine. La deuxième partie, « Les mains coupées », décrit le backlash conservateur de droite venu juste après : l'invasion soviétique de Prague (1968), le coup d'État de Pinochet (1973), la restauration gaulliste en France... La décennie finit pour Marker dans une atmosphère politique très pessimiste. C'est le moment pour Marker d'abandonner le cinéma militant tel qu'il l'avait conçu et de se lancer dans de nouvelles voies.

Mémoire et multimédia (1982-2012) modifier

Sans soleil modifier

Sans soleil (1982) est tourné avec une caméra Beaulieu au format 16 mm et muette. Sandor Krasna, crédité au générique du film comme caméraman, est en réalité un personnage inventé par Chris Marker lui-même25. Ce film, souvent considéré comme le chef-d'œuvre de Marker, revisite son obsession de la mémoire (déjà présente dans La Jetée) et son goût du voyage dans les années 1950-1960. Les noyaux géographiques du film, que Marker définit comme « les deux pôles extrêmes de la survie », sont le Japon et les anciennes colonies portugaises du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Le cinéaste militant laisse place à un observateur curieux, politiquement averti, mais certainement déçu par la débâcle de la gauche globale et le destin tragique des mouvements de libération, en particulier en Afrique noire.

Sans soleil perfectionne le genre du film-essai et le transforme en une forme réflexive, guidée par ce que l'on pourrait appeler le « sujet-Marker ». Un sujet tout à la fois individuel et collectif, mais aussi cinématographique et qui organise des images et des sons fragmentaires en une unité organique par l'entremise du montage.

Multimédia et nouvelles technologies modifier

À partir de 1980, Chris Marker explore d'autres formes d'expression grâce aux nouvelles technologies, telles que la vidéo ou l'informatique. Déjà en 1978, il fait une installation vidéo intitulée Quand le siècle a pris forme. Dans les années 1980, il développe une nouvelle installation multimédia, Zapping Zone ou Propositions pour une télévision imaginaire, suivie en 1995 par Silent Movie. Mais au-delà de ces expériences, il y une fascination croissante pour les possibilités surprenantes qu'offrent les ordinateurs et plus récemment Internet. Un des films les plus importants de cette période, Level Five (1996), prend comme point de départ la dernière bataille de la Seconde Guerre mondiale entre Américains et Japonais dans l'île d'Okinawa, durant laquelle un tiers de la population se suicide ou est massacré. Marker utilise l'ordinateur (et en particulier les jeux d'ordinateur) comme une partie essentielle de son mode de filmage. Pour Raymond Bellour, Level 5 est « un nouveau type de film, le premier film au cinéma qui examine les liens entre la mémoire culturelle et la production de sons et images par ordinateur26,note 12 ».

Mais c'est dans le CD-ROM Immemory (1998) que la logique de l'ordinateur fournit une vraie alternative à la logique filmiquenote 13. Dans Immemory, Marker propose « la géographie de sa propre mémoire27 ». Le CD-ROM offre, dans son ouverture, sept « zones » différentes : le cinéma, le voyage, la photo, la guerre, la poésie, la mémoire et le musée, ainsi qu'une zone additionnelle pour les « X-plugs ». L'exploration de ces zones avec la souris de l'ordinateur nous emmène dans un labyrinthe aux bifurcations et croisements inattendus, où l'on voit défiler des photographies, des textes, des vidéos, des cartes postales... Marker trouve dans l'ordinateur des possibilités pour le développement de ses problématiques esthétiques : premièrement, le CD-ROM permet d'incorporer toutes les images et documents que Marker a essayé à maintes reprises de mettre ensemble dans une même œuvre. Deuxièmement, il rend possible l'implémentation d'une logique non-linéaire dans le développement du matériel visuel et textuel.

Sa vie durant, Marker continue à explorer les nouvelles ressources médiatiques. Avec Max Moswitzer, il crée par exemple le monde de L'Ouvroir sur Second Life, comprenant entre autres un musée virtuel et une salle de projection, à l'occasion de l'exposition au Museum für Gestaltung (en) de Zürich. De la même manière, la première de son court métrage Leila Attacks (2006) s'est tenue sur YouTube (où on peut trouver sept vidéos sous le pseudonyme de Kosinki). En outre, Chris Marker travaille pour la télévision, comme en 1989 avec L'Héritage de la chouette (sur l'héritage de la Grèce antique dans la Grèce moderne), mini-série de treize épisodes commanditée par la Fondation Onassis et coproduite par La Sept.

Histoire et mémoire modifier

Dans l'œuvre de Marker, l'enchevêtrement entre la mémoire individuelle et l'Histoire passe au premier plan à partir des années 1980 et anime la série de portraits filmés réalisés à partir de 1985. Bien sûr, Marker a fait des films-portraits auparavant, comme celui de son ami Yves Montand dans La Solitude du chanteur de fond (1974), mais les films des années 1980-1990 sont pour la plupart des hommages posthumes ou tardifs à des ami(e)s ou des artistes qu'il admire profondément. Ils se veulent, dès lors, déchiffrage du passé plutôt que description d'un présent. La liste des noms est parlante : Simone Signoret (Mémoires pour Simone, 1986), Alexandre Medvedkine (Le Tombeau d'Alexandre, 1993) ou encore Denise Bellon (Le Souvenir d'un avenir, 2002, réalisé avec sa fille, la réalisatrice Yannick Bellon, sœur de Loleh Bellon, femme de Jorge Semprún). Dans A.K. (1985), il filme Akira Kurosawa sur le tournage de Ran sur les pentes du mont Fuji14. Pour l'émission de télévision Cinéma de notre temps, il dresse un portrait d'Andreï Tarkovsky intitulé Une journée d'Andreï Arsenevitch (1999)14. Dans tous les cas, Marker inscrit sa mémoire et celles des autres dans le cadre d'une histoire qui les intègre et les dépasse. Le documentaire sur Alexandre Medvevkine est notamment l'occasion pour Marker de faire une fresque impressionnante sur l'Union soviétique défunte.

Dans ses films, Chris Marker cherche à dépasser la linéarité temporelle (le boucle du temps dans La Jetée ou l'anticipation du futur dans Le Souvenir d'un avenir, par exemple). L'ordinateur le libère du temps comme ligne directrice irréversible. L'espace du CD-ROM est multi-dimensionnel car il y autant de dimensions que de points d'entrée sur l'écran introductif, et ces dimensions peuvent se croiser et s'enchevêtrer à volonté. Le résultat est un temps réversible et courbe, plein d'inflexions et de retours, qui permet de cartographier de façon plus précise l'architecture complexe de la mémoire.

Le globe trotter militant continue à être présent dans des films comme Berliner Ballade (1990) ou Un maire au Kosovo (2000). Le contre-informateur de la série On vous parle de... continue de proposer son regard critique sur les médias dans Détour Ceausescu (1990, segment de Zapping Zone), Le 20 heures dans les camps (1993, idem.) ou Casque bleu (1995). Le photographe de Coréennes est toujours présent dans les expositions Staring Back (2007) ou Passengers (2011), série de photographies des passagers du métro parisien pris à leur insu, et exposée pour la première fois à la Peter Blum Gallery (en) de New York28, puis aux Rencontres d'Arles 201129 et enfin au Centre de la photographie de Genève30, dans le cadre du projet Spirales. Fragments d'une mémoire collective. Autour de Chris Marker31.

Décès modifier

Il décède le dimanche 29 juillet 2012, jour de son 91e anniversaire, à son domicile personnel dans le 20e arrondissement de Paris23,32. Sa dépouille est incinérée au crématorium du Père-Lachaise le 2 août33.

L'hommage de la presse est unanime. Le quotidien Libération lui consacre la une du 31 juillet 2012 sous le titre « Chris Marker s'efface »34. Dans le Guardian, Ronald Bergan salue en lui l'un des cinéastes les plus innovants et l'inventeur du film essai14.

Après sa mort, le street-artist Thoma Vuille rend hommage à Chris Marker en inscrivant sur les murs de Paris « RIP Chris Marker, 1921-2012 ». Sa démarche est ensuite reprise par des anonymes35.

Filmographie modifier

Longs métrages modifier

Courts métrages modifier

Coréalisations modifier

Collectifs modifier

Commentaires écrits par Chris Marker modifier

Participations modifier

Zapping Zone (1985-1994) modifier

Fantôme markérien modifier

YouTube (pseudo Kosinki) modifier

Apparitions de Chris Marker modifier

Publications modifier

Cette bibliographie des œuvres écrites de Christian-François Bouche-Villeneuve, sous les pseudonymesnote 14 aussi divers que Marc Dornier, Fritz Markassin, Chris. Marker, Chris Mayor, T. T. Toukanov, Boris Villeneuve, etc., est établie à partir de la version revue, augmentée et corrigée par Christophe Chazalon38, de la version de Birgit Kämper et Thomas Tode, reprise respectivement par Théorème 6 (partiellement et avec des erreurs), Catherine Lupton, Arnaud Lambert, etc.

Romans, essais, recueils, guides de voyage modifier

  • Le Cœur net, Paris: Le Seuil, 1949, 186 p. (collection Esprit).
    • Rééditions: Paris: Le Club français du livre, 1951; Lausanne: La Guilde du livre, 1960.
    • Traductions: en allemand, Die Untrüglichen, Frankfurt am Main: Verlag des Frankfurter Hefte, 1951 (trad. par Walter Maria Guggenheimer), réédition Basel: Die Brigg, 1956 ; en anglais, Forthright Spirit, London: Allan Wingate Publisher, 1951 (trad. par Robert Kee et Terence Kilmartin).
    • Extrait: Marcel Berger (dir.), Les Plus belles histoires d'aviation, Paris: Segep, 1952, p. 57-68
  • L'Homme et sa liberté: jeu dramatique pour la veillée, Paris: Le Seuil, 1949, 93 p. (coll. Veillées, no 4)
  • Giraudoux par lui-même, Paris: Le Seuil, 1952, 110 p. (coll. Écrivains de toujours, no 8)
    • Traduction: en allemand, Jean Giraudoux in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Reinbeck bei Hamburg: Rowohlts Monographien, 1962 (trad. par Max Hölzer et Paul Raabe)
  • Coréennes, Paris: Le Seuil, 1959, 146 p. (coll. Court métrage, no 1).
    • Traductions: en coréen, Pungnyok saramdul, Séoul: Ch'o'pan (éditeur), 1989, 186 p. (trad. par Kim Mu-gyong); en anglais, Coréennes, Columbus (Ohio) The Ohio State University, Wexner Center for the Arts, 2008note 15.
    • Réédition partielle : deux extraits dans La Corée, le voyage vers l'Est. Anthologie d'Éric Bidet et Stéphane Bois, Paris : éd. La Bibliothèque, 2007
  • Le Dépays, Paris: éd. Hersher, 1982, 82 p. (réédité dans le CD-Rom Immemory).
    • Traduction: en allemand, Das Fremdland, Berlin: Galrey Verlag, 1985.
    • Réédition du texte seul dans Tokyo_Itinéraires, Paris: WakuWaku, 2008 (sous la dir. de Cécile Parisot et François-Xavier Robert)

Scénarios - commentaires de film modifier

Films de Chris Marker modifier

  • Commentaires, Paris: Le Seuil, 1961, p. 186 p. (comprend les scénarios: Les Statues meurent aussi, Dimanche à Pékin, Lettre de Sibérie, L'Amérique rêve, Description d'un combat et Cuba Si!). Réédition: Commentaires 1, Paris: Le Seuil, 1961, 174 p.
  • "Cuba Si!", L'Avant-scène cinéma, no 6 (1961), p. 45-62
  • "La Jetée", L'Avant-scène cinéma, no 38 (1962), p. 22-30. Réédition: La Jetée ciné-roman, Paris: Kargo / L'Éclat, 2008, n.p. (reprise de l'édition anglaise de 1992 par Urzone/Zonebook, réédité en 1997)
  • Commentaires 2, Paris: Le Seuil, 1967, 171 p. (comprend les scénarios: Le Mystère Koumiko, Soy Mexico et Si j'avais quatre dromadaire)
  • "La Sixième Face du Pentagone", Jeune cinéma, no 35 (1969), p. 2-6
  • "La Bataille des dix millions", Jeune cinéma, no 50 (1970), p. 39-48
  • "Le Train en marche", L'Avant-scène cinéma, no 120 (1971), p. 2-14
  • Le Fond de l'air est rouge - Scènes de la troisième guerre mondiale, 1967-1977, Paris: éd. François Maspéro, 1978, 205 p. (coll. Voix)
  • "Sans soleil", Trafic, no 6 (1993), p. 79-97
  • "A.K.", L'Avant-scène cinéma, no 403-404 (1991), p. 124-142
  • "Le Tombeau d'Alexandre", Images documentaires, no 15 (1993), p. 45-48 et Le Nouveau commerce, no 88-89 (1993), p. 17-48
  • "Une journée d'Andreï Arsenevitch", Positif, no 481 (1999), p. 51-55

Films d'autres réalisateurs modifier

  • Les Hommes de la baleine de Mario Ruspoli, L'Avant-scène cinéma, no 24 (1963), p. 46-51
  • ... à Valparaiso de Joris Ivens, L'Avant-scène cinéma, no 183 (1965), p. 73-85
  • Le Mystère de l'atelier quinze d'Alain Resnais et André Heinrich, L'Avant-scène cinéma, no 61-62 (1966), p. 73-78
  • La Mer et les jours de Raymond Vogel et Alain Kaminker, L'Avant-scène cinéma, no 68 (1967), p. 61-66
  • Loin du Viêt Nam (collectif), Filmstudio 68-1, no 1 (1967 / Frankfurt), p. 2-26 (traduction en allemand d'Helmut Mennicken)
  • Europort: Rotterdam de Joris Ivens, L'Avant-scène cinéma, no 99 (1970), p. 43-48

Ouvrages collectifs modifier

Articles modifier

Entretiens modifier

  • Yves Benot, « Un dimanche à Pékin au pas de Chris Marker », Les Lettres françaises, no 647, 29 novembre 1956, p. 5 
  • Simone Dubreuilh, « Flashes sur les jeunes réalisateurs français : Chris Marker », Les Lettres françaises, no 664, 28 mars 1957, p. 6 
  • "Réponse à une enquête", interview accordée à Image et son, no 150-151 (1962), p. 41-55
  • Jean-Louis Pays, « Des humanismes agissants: entretiens avec Marker et Gatti », Miroir du cinéma, no 2, 1962, p. 4-7 
    • réédité partiellement dans Anatole Dauman, 1989, p. 157-159
  • Francis Gendron, « Le Socialisme dans la rue », Miroir du cinéma, no 2, mai 1962, p. 12 
  • (de) Herman Herlinghaus, « Chris Marker : Ich Werde Bestimmt Wiederkommen », Deutsche Filmkunst, no 1, 1962, p. 26-27 
  • (de) « Chronisten unserer Zeit: Chris Marker », Filmspiegel, no 23, 1963, p. 5 
  • (de) Wolfgang Gersch, « Der schöne Mai », Filmwissenschaftlichte Mitteilungen, no 1, 1964, p. 194-198 
    • Réédition: (de) Herman Herlinghaus, Dokumentaristen der Welt in den Kämpfen unserer Zeit, Berlin, Henschel, 1982 .
    • Traduction en anglais dans Alter 2006
  • "Entretien avec Chris Marker", interview donnée à R. Ritterbusch pour Image et son, no 213 (février), p. 66-69
  • "L'Aurore d'un cinéma ouvrier", débat avec Chris Marker, Costa-Gavras, Edouard Lutz, les ouvriers-cinéastes du Groupe Medvedkine de Besançon et le public, publié dans Le Nouveau cinémonde, no 1840(1970), p. 8-10 et 36
  • "Medvedkine, tu connais ?", interview donnée à Anne Philipe pour Le Monde, no 8362 (02 décembre 1971), p. 17
  • "Terminal Vertigo", interview accordée au Monthly Film Bulletin, no LI/606 (juillet 1984), p. 196-197
  • Claude Roy, « Ce que parler veut dire », Le Monde, no 14890, 11 décembre 1992, p. 2 
  • (en) Dolores Walfisch, « Interview with Chris Marler », The Berkeley Lantern, novembre 1996 
    • rééditée dans Vertigo (UK), no 7 (automne 1996), p. 38 [fausse interview écrite par Marker]
  • Jean-Michel Frodon, « Je ne demande jamais si, pourquoi... », Le Monde, no 16196, 20 février 1997, p. 31 
  • Samuel Douhaire et Annick Rivoire, « Rare Marker », Libération, no 6783, 5 mars 2003 texte intégral 
    • Traduction anglaise dans Film Comment, no XXXIX/3 (mai-juin 2003), p. 38-41
  • Julien Gester et Serge Kaganski, « La seconde vie de Chris Marker », Les Inrockuptibles, no 647, 29 avril 2008, p. 30-33 texte intégral 
    Entretien donné sur Second Life par Sergei Murasaki (alias de Chris Marker) à Iggy Atlas (alias de Julien Gester et Serge Kaganski) dans le cadre de son exposition dans le monde virtuel
  • "Interview de Guillaume-en-Égypte", numéro datée du 31 octobre 2009 de la revue électronique Poptronics consacré à Guillaume-en-Égypte au Brésil

Catalogues d'exposition modifier

Illustrations - photographies modifier

Traductions modifier

Émissions de radio modifier

Installations vidéo modifier

Séries de photographies modifier

Cédérom multimédia modifier

  • Immemory, Paris: Centre Georges Pompidou, Musée national d'art moderne, Espace nouveaux médias / Les Films de l'Astrophore / Helsinki : Nosferatu / Genève : Le Centre pour l'image contemporaine de Saint-Gervais, 1997. Réédition en anglais : Cambridge (MA): Exact Change, 2009.
  • L'Ouvroir (2008) : monde virtuel de Chris Marker sur Second Life, conçu par Max Moswitzer, à l'occasion de l'exposition de Chris Marker au Museum für Gestaltung de Zürich, du 12 mars au 29 juin 2008. Évolutif, un cinéma et une réplique virtuelle du bar La jetée de Tokyo, ont été ajoutés par la suite. L'Ouvroir fait également l'objet d'un film visionnable sur internet, intitulé L'Ouvroir-Le film.

Expositions modifier

Expositions solo modifier

Expositions collectives modifier

Principaux prix et récompenses modifier

Bibliographie modifier

Ouvrages modifier

  • (it) Bernard Eisenschitz, Chris Marker, Festival de Pesaro, Rome, Dino Audino Editore, 1996, 182 p. 
    Nombreux articles traduits en italien pour chaque film et installations
  • (de) Birgit Kamper et Thomas Tode (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich, Institut Français / CICIM, 1997, 376 p. 
    Ouvrage de référence
  • Guy Gauthier, Chris Marker, écrivain multimédia ou voyage à travers les médias, Paris, L'Harmattan, 2001, 224 p. 
    Souvenirs d'un critique de cinéma appréciant, dès le début, le travail de Marker
  • Jacques Rancière, « La fiction documentaire », dans La fable cinématographique, Paris, Seuil, 2001, p. 201-216 
  • (en) Catherine Lupton, Memories of the Future, Londres, Reaktion Books, 2004, 256 p. 
  • (it) Viva Paci, Il cinema di Chris Marker : Come une vivaio ai pescatori di passato dell'avvenire, Bologne, Hybris, 2005 
  • (en) Nora M. Alter, Chris Marker Contemporary Film Directors, Urbana/Chicago, University Of Illinois Press, 2006, 232 p. 
  • Philippe Dubois (dir.), Théorème 6 : Recherches sur Chris Marker, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2006, 196 p. 
    Recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker
  • Eclipses: Chris Marker. Voyages en [immémoire], 2007, 180 p., chap. 40 
    Recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker
  • (en) Sarah Cooper, Chris Marker, Manchester, Manchester University Press, 2008, 224 p. 
  • André Habib et Viva Paci (dir.), Chris Marker et l'imprimerie du regard, Paris, L'Harmattan, 2008, 310 p. 
    recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker
  • Arnaud Lambert, Also Known as Chris Marker, Paris, Le Point du jour, 2008, 296 p. 
    Biographie thématique découpée en 22 thèmes
  • (de) Barbara Filser, Chris Marker und die Ungewissheit der Bilder, Paderborn, Fink Wilhelm Gmbh + Co.Kg, 2010, 515 p. 

Articles modifier

  • (en) Jaime N. Christley, « Chris Marker », Senses of cinema, 19 juillet 2002 texte intégral 
  • Marie-Claude Loiselle, « Le sourire de l'utopie : Chats perchés de Chris Marker », 24 images, no 126, 2006, p. 56 texte intégral 
  • Antoine de Baecque, « Le Fond de l'air est rouge de Chris Marker, les années rebelles », Rue89, 15 avril 2008 texte intégral 
  • Jean-Michel Durafour, « Que meurent les girafes ? » », Trafic, décembre 2012 
  • Goffredo Fofi, « Chris Marker, poète des « essais cinématographiques » » », Esprit, octobre 2012, p. 133-135 texte intégral, lien DOI 

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. repris par Marker dans son générique de début de Leila Attacks!, transposé en anglais sous la forme « Christ Marker, the best known author of unknown movies »
  2. La biographie proposée ici est le fruit du travail de Marcos Marino Beiras.
  3. Marker précise dans un entretien accordé à Simone Dubreuilh qu'il s'occupait « alors de Travail et Culture. Alain, lui, suivait des cours de comédie chez Simon. Tout de suite nous avions sympathisé. Nous avions des manies communes : les Comic strips, les chats et les films... » (Dubreuilh 1957).
  4. L'expression précise qu'utilise Bazin pour caractériser Lettre de Sibérie est « un essai en forme de reportage cinématographique », réduit par la suite en « film-essai ».
  5. Comme le montre très clairement le dossier « La Chine, porte ouverte » paru dans Esprit et écrit par Paul Ricœur, Armand Gatti, René Dumont, avec un portfolio de Chris Marker, à l'occasion d'un voyage en Chine, durant lequel Marker tourne Dimanche à Pékin (no 239 (juin 1956), p. 897-910).
  6. Dans la version anglo-saxonne, le commentaire est lu par Simone Signoret
  7. En réalité, le prénom est Kumiko qui a été francisé par la suite en Koumiko.
  8. Pour éviter la censure, même si dans les faits le travail se faisait en France,
  9. mais aussi "éléphant" en russe
  10. C'est également le nom d'un des premiers goulags sibérien, situé dans les îles Solovki.
  11. Dans le même temps, SLON produit une autre série télévisée intitulée Nouvelle société, dont plusieurs épisodes seront produits par le groupe Medvedkine de Besançon, et qui traite de la société française alors en pleine mutation.
  12. C'est une des trois fictions de Chris Marker avec La Jetée et L'Ambassade, puisque Catherine Belkhodja, unique protagoniste du film, y interprète un rôle créé de toute pièce
  13. Ce CD-ROM est l'occasion d'une installation réalisée pour le Centre Georges Pompidou et intitulée Immemory One".
  14. À noter que le pseudonyme "Paul Lechat", attribué à Chris Marker par Arnaud Lambert (Also Known as Chris Marker, Paris, 2008, p. 278), pour l'ouvrage Italie de la collection "Petite planète", est en fait celui de Paul Lengrand, l'un des fondateurs de Peuple et Culture, qui travailla par la suite à l'UNESCO, en particulier en Italie, comme le confirme le site des éditions du Seuil et l'ouvrage Lifelong Education - Education permanente de Paul Bélanger et Ettore Gelpi.
  15. Il s'agit en fait de l'édition coréenne à laquelle est joint un fascicule comportant la traduction anglaise.

Références modifier

  1. Chris Marker, « Verbatim », Libération, 5 mars 2003 texte intégral 
  2. Guy Gauthier, « Entretien avec Alain Resnais », Image et Son, no 161-162, avril-mai 1963, p. 53 
  3. Dominique Poiret, « Le réalisateur Chris Marker est mort », Libération, 30 juillet 2012 texte intégral 
  4. Simone Signoret, La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était, Paris, Le Seuil, 1976, p. 32-34 .
  5. (en) Derek Malcolm, « Chris Marker: Cuba Si! », The Guardian, 16 décembre 1999 texte intégral 
  6. « Petit Journal du cinéma : Chris en Israël », Cahiers du cinéma, no 115, 1961, p. 40 .
  7. Voir la visite de l'atelier de Marker par Agnès Varda dans le premier volet de la série Agnès de ci de là Varda, réalisée entre 2008 et 2010 et produite par Arte, dans lequel Marker confirme son activité au sein de l'armée américaine durant la Seconde guerre mondiale avant de rejoindre la Résistance
  8. Peuple et Culture (sous l'onglet "valeur"). Voir aussi le manifeste de Peuple et Culture rédigé durant l'été 1945 et intitulé "Un peuple, une culture".
  9. Joseph Rovan, Mémoires d'un français qui se souvient d'avoir été allemand, Paris, Le Seuil, 1999, p. 262-263 
  10. Hervé Serry, « Chris Marker au Seuil », sur seuil.com, août 2012. Consulté le 22 août 2012
  11. Chris Marker, L'Homme et sa liberté, Paris, Le Seuil, 1949, p. 7 .
  12. Simone Dubreuilh, « Flashes sur les jeunes réalisateurs français : Chris Marker », Les Lettres françaises, no 664, 28 mars 1957, p. 6 
  13. Lupton 2004
  14. a, b, c, d, e et f (en) Ronald Bergan, « Chris Marker obituary », The Guardian, 30 juillet 2012 texte intégral 
  15. André Bazin, « Chris Marker, Lettre de Sibérie », France Observateur, 30 octobre 1958, p. 258 
  16. André Bazin, « Lettre de Sibérie », dans Le Cinéma français de la Libération à la Nouvelle Vague 1945-1958, Paris, Cahiers du cinéma, 1984, p. 180 
  17. Le procès d'Artur London (1951, réhabilité en 1956) décrit dans le livre témoignage du dit London, publié en 1968 et intitulé L'Aveu, et adapté au cinéma en 1970 par Costa-Gavras, en est une parfaite illustration. L'édition et plus encore le film obligèrent le PCF à ouvrir les yeux non sans douleur, comme le décrit très bien Simone Signoret dans son autobiographie La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était (1975), actrice principal du film avec son mari, Yves Montand.
  18. Lambert 2008, p. 279.
  19. Jean-Michel Frodon, Le Cinéma français, de la Nouvelle Vague à nos jours, Paris, Cahiers du cinéma, 2010, p. 95 
  20. Jean-Luc Godard, "Manifeste" pour le Press-Book de La Chinoise, août 1967, repris dans Jean-Luc Godard, Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, t. 1, Paris, Cahiers du cinéma, 1998, p. 303 
  21. Afin de pouvoir obtenir les subventions françaises, la société est créée en France.
  22. Cité par Bernard Benoliel, "Entre Vues", Festival de Belfort 2002, disponible sur www.iskra.fr.
  23. a et b Pierre Haski, « Chris Marker est mort : le fond de l’air est moins rouge », Rue89, 30 juillet 2012 texte intégral 
  24. Jean-Louis Bory, « La caméra à l'usine », Le Nouvel Observateur, no 246, 28 juillet 1969 texte intégral  (suite)
  25. Robert Daudelin, « Rétrospective Chris Marker : le plus célèbre des cinéastes inconnus », 24 images, no 119, 2004, p. 8-11 texte intégral 
  26. cité in Lupton 2004, p. 201
  27. Lupton 2004, p. 205.
  28. Peter Blum Gallery
  29. Les Rencontres d'Arles, 2011. Consulté le 6 Juillet 2011
  30. Centre de la Photographie Genève. On lira également avec intérêt le texte de l'artiste Christophe Chazalon sur la série de photographies Passengers, en libre accès sur chrismarker.ch.
  31. Spirales. Fragments d'une mémoire collective. Autour de Chris Marker, 2011. Consulté le 20 août 2012
  32. Serge Toubiana, « Le réalisateur Chris Marker est mort », Blog de Serge Toubiana, 30 juillet 2012 texte intégral 
  33. Serge Toubiana, « Le réalisateur Chris Marker est mort », Cinémathèque française, 30 juillet 2012.
  34. Chris Marker s'efface, sur Libération. Consulté le 31 juillet 2012
  35. Romain Blondeau, « Bataille d’héritage autour de Chris Marker », Les Inrockuptibles, 22 décembre 2012 texte intégral 
  36. Cette information et la suivante sont données par Alain Resnais dans une interview sur Chris Marker accordée à Birgit Kämper et Thomas Tode (Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, p. 207-208, traduit en italien dans Bernard EISENSCHITZ, Chris Marker, Festival de Pesaro, Rome: Dino Audino Editore, 1996, p. 46-47), et repris par d'autres par la suite, telle Catherine Lupton (Memories of the Future, Londres: Reaktion Books, 2004, p. 220, n. 21). D'après Kämper et Tode, ce court-métrage ferait référence à La Fin du monde filmée par l'ange N-D" de Blaise Cendrars, édité en 1919, aux éditions de La Sirène. En fait, ce court-métrage doit être rapproché du premier texte édité par Chris "Mayor" Marker dans la revue Esprit
  37. Idem que le précédent. Il s'agit d'un épisode d'une série télé, sur un scénario d'Alain Resnais, qui avait pour interprète Françoise Prévost et Gilles Quéant, avec un texte dit par Sylvain Dhomme
  38. http://www.chrismarker.ch/bibliographie/index.html
  39. Pour cette collection, il faut considérer l'année d'édition précisée ici et non les éditions postérieures qui connaissent des changements de textes.
  40. Préface de Chris Marker, qui est également l'auteur du commentaire du film Kashima Paradise coréalisé en 1974 par Yann Le Masson et Bénie Deswarte.
  41. D'après l'index de la revue Esprit
  42. Cette recension est essentielle pour comprendre le travail de Marker et n'a cependant jamais été cité à ce jour par les spécialistes, historiens et biographes de l'artisan bricoleur français.
  43. Accessible dans Chris. Marker, écrivain-cinéaste [: dossier], Paris, Association Images Documentaires, 1993, p. 11-13 (Images documentaires (ISSN 1255-3468), 15) (en ligne).
  44. Accessible dans Chris. Marker, écrivain-cinéaste [: dossier], Paris, Association Images Documentaires, 1993, p. 45-48 (Images documentaires (ISSN 1255-3468), 15) (en ligne).
  45. Voir également les autres interventions du chat Guillaume-en-Egypte, pigiste sur Poptronics
  46. http://ps1.org/exhibitions/view/71
  47. http://www.diagonalthoughts.com/?p=1205
  48. http://galeriedefrance.collectio.org/exposition?id=56
  49. http://www.artnet.com/galleries/Exhibitions.asp?gid=164&cid=162142
  50. Passengers
  51. Dans son interview accordée à Kämper et Tode, Alain Resnais explique qu'avec ce prix Marker s'est acheté un enregistreur, un des premiers sur le marché. (Birgit KAMPER et Thomas TODE (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, p. 207, traduit en italien dans Bernard EISENSCHITZ, Chris Marker, Festival de Pesaro, Rome: Dino Audino Editore, 1996, p. 46)
  52. Les lauréats des Prix de la Scam, sur Scam

Voir aussi modifier

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Articles connexes modifier

Liens externes modifier