Claude Piron

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Claude Piron

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Claude Piron, lors du congrès de Boulogne 2005.

Autres noms Johán Valano, Johán Balano
Activités Traducteur, psychologue, écrivain
Naissance
Namur, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 76 ans)
Gland, Drapeau de la Suisse Suisse

Œuvres principales

Claude Piron (né le à Namur, Belgique, décédé le à Gland, Suisse) était un psychologue suisse très intéressé par les langues. Il était diplômé de l'École d'interprètes de l'université de Genève et fut traducteur à l'ONU de chinois, d'anglais, de russe et d'espagnol. Après avoir quitté l'ONU, il travailla pour l'Organisation mondiale de la santé, entre autres en Afrique et en Asie. En 1968 il commença à pratiquer la psychothérapie, s'occupant surtout de supervision de jeunes psys. Il a donné un enseignement à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de l'université de Genève de 1973 à 1994.

Claude Piron apprit l'espéranto dans l'enfance. Il utilisa cette langue dans de nombreux pays, y compris le Japon, la Chine, l'Ouzbékistan, divers pays d'Afrique et d'Amérique latine, et il l'enseigna à l'université de San Francisco (San Francisco State University, Humanities, 1981 et 1983). Il fut membre de l'Akademio de Esperanto, membre honoraire de l'Association mondiale d'espéranto et membre de l'Esperantlingva Verkista Asocio (EVA). Il a publié de nombreux articles en espéranto, en français et en anglais dans le domaine de la psychologie, de la communication interculturelle, des langues en général et de l'espéranto en particulier (voir http://claudepiron.free.fr/). Son œuvre en espéranto comprend une douzaine de romans, de nombreuses nouvelles, un recueil de poèmes et une cassette de chansons (traductions) sous le pseudonyme Johán Valano (et Johán Balano pour une œuvre érotique), en français quelques ouvrages sur des sujets psychologiques ou spirituels (le dernier -- 2005 -- s'intitule Dieu, mon psy et moi), ainsi qu'un essai sur la communication linguistique  : Le défi des langues - Du gâchis au bon sens (Paris: L'Harmattan, 2e éd. 2001).

Ouvrages pédagogiquesmodifier | modifier le code

Son ouvrage le plus connu dans ce domaine, Gerda malaperis! est souvent utilisé comme premier livre de lecture après un premier cours d'espéranto tel que lernu.net ou Kurso de Esperanto. Ce petit roman policier se limite à une grammaire de base et à un vocabulaire réduit aux mots les plus fréquents dans les premiers chapitres, pour s'élargir progressivement à des structures plus complexes et introduire une petite liste de mots nouveaux à chaque chapitre.

Autres œuvres :

Essais sur l'espérantomodifier | modifier le code

Claude Piron en chevalier défenseur de l'espéranto (couverture de LA SAGO N°19)

Dans La Bona Lingvo (La Bonne Langue), il critique le recours inutile aux néologismes empruntés aux langues européennes. En contrepartie, il défend la thèse selon laquelle l'espéranto est facile parce que sa structure se rapproche de celle de la pensée grâce à son principe agglutinant qui permet de s'exprimer en associant d'une manière créative des morphèmes selon un schéma qui est très proche de celui de la pensée : l'espéranto, contrairement à toutes les langues naturelles, permet, tant dans sa grammaire que dans la formation des mots, de se fier à son réflexe d'assimilation généralisatrice, une loi psycholinguistique décrite par Jean Piaget.

« Un enfant de six ans que je connais, a dit dans la même semaine "fleurier" pour «fleuriste» et "journalier" pour «journaliste». Pourquoi ? Parce qu'il a spontanément assimilé le suffixe -er de la série «boucher, boulanger, charcutier, cordonnier...» et qu'il l'a immédiatement généralisé. »

— Claude Piron, Confession d'un fou1

Dans son livre Le défi des langues - Du gâchis au bon sens, et dans des essais comme Espéranto : l'image et la réalité, Claude Piron tente d'intéresser un grand public peu et mal informé (selon lui) sur l'espéranto. Le premier, paru en 1994, est une sorte de psychanalyse de la politique de communication internationale. Il y explique pourquoi les États préfèrent se compliquer la vie plutôt que de se la simplifier et attribue ce comportement à ce qu'il appelle le « syndrome de Babel » : névrose sociale de type masochiste persuadant les sociétés, institutions, élites ou responsables politiques qui en sont atteints qu'il n'existe pas d'autre moyen de surmonter la barrière des langues que de recourir au niveau international à une langue nationale même au prix d'un rapport efficacité/coût complètement aberrant : Et si on prenait les handicaps linguistiques au sérieux ?

Claude Piron estime que de nombreuses critiques d'ordre général faites à l'espéranto relèvent du préjugé, car provenant de gens n'ayant pas pris la peine de se documenter sérieusement sur le sujet ni d'étudier l'espéranto tel qu'il se pratique aujourd'hui dans sa littérature ou dans les nombreuses rencontres internationales.

L'espéranto d'aujourd'hui n'est plus le « projet » qu'il était en 1887 sur lequel on pourrait discuter théoriquement, mais une langue vivante avec un siècle d'usage à son actif, un usage qui se laisse facilement observer et étudier, argumente-t-il. Il résume ainsi de nombreuses idées communément admises à propos de l'espéranto :

« L'espéranto est une prétendue langue faite de bric et de broc à partir d'éléments empruntés aux langues d'Europe occidentale, dont il imite d'ailleurs les structures. C'est un code rigide, inexpressif et sans vie. Il a été publié sous une forme complète par un idéaliste et ne peut évoluer. Sans histoire, sans littérature, sans peuple, ce système ne peut servir qu'à des échanges terre-à terre. Il est défendu par une poignée de militants manquant de réalisme, qui s'imaginent que la paix découlerait automatiquement de l'adoption générale d'une langue universelle. Ces gens sont ridicules, mais ils pourraient être dangereux car leur action pourrait provoquer un nivellement par le bas et, en fin de compte, la mort des cultures traditionnelles, qui finiraient par se confondre toutes dans une grisaille anonyme. Heureusement, leur tentative a échoué, et il n'y a aucune chance qu'elle réussisse, car cette pseudo-langue n'est en fait parlée nulle part. Si elle l'était, les différences d'accent et de substrat empêcheraient d'ailleurs les locuteurs de se comprendre. »

— Claude Piron

Il consacre son essai Espéranto : l'image et la réalité à tenter d'y répondre point par point.

Voici comment il résume ce qu'il considère comme la réalité de l'espéranto d'aujourd'hui telle que tout linguiste ou anthropologue peut l'étudier sur le terrain:

« L’espéranto est une langue jeune, née de la rencontre entre un intense désir de communication transculturelle au sein d’une fraction de la population du monde et une proposition linguistique élaborée par un jeune polyglotte qui avait mis au point son projet en composant des poèmes et en traduisant des textes de différentes littératures.
Adopté par des personnes d’origines ethniques et sociales dissemblables, ce projet, en servant à la communication, s’est naturellement transformé en une langue vivante par un processus collectif, anonyme, largement inconscient, fait d’une série d’interactions et de réajustements mutuels. L’indice d’agglutination est très élevé dans cette langue, bien que, par certains traits, elle soit plus proche des langues isolantes et que sa base lexicale soit d’origine européenne.
En un peu plus d'un siècle d’existence, l’espéranto s’est doté d’une littérature plus abondante et plus diverse que bon nombre d’autres langues au cours des cent premières années de leur vie en tant que langues écrites. Dans un certain nombre de domaines scientifiques, philosophiques et politico-sociaux appartenant à la vie moderne, sa terminologie est plus ancienne que celle de langues comme l’arabe, le swahili et le chinois.
Le développement littéraire de la langue a été favorisé par deux facteurs : d’une part, la souplesse d’un idiome où presque chaque énoncé peut prendre une forme analytique ou synthétique, et d’autre part l’aisance que confère un moyen de communication suivant de plus près que la majorité des langues ethniques le mouvement spontané de l’expression linguistique. Le fait que, bien qu’apprise, la langue ne soit pas ressentie comme étrangère, lui donne, chez ses usagers, un statut psychologique particulier.
Employée par une collectivité du type diaspora dont les membres, répartis dans plus de cent-vingt pays, sont unis par un réseau très dense de communications, cette langue est utilisée à la satisfaction des usagers dans toutes sortes de réunions, congrès et autres rencontres. Elle est le véhicule d’un certain nombre de programmes radiophoniques réguliers et est largement employée dans la correspondance privée et les contacts interpersonnels. »

— Claude Piron, Espéranto : l'image et la réalité

Liens externesmodifier | modifier le code

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Œuvres littéraires en espérantomodifier | modifier le code

  • 1976 : Ĉu vi kuiras ĉine?, roman policier ;
  • 1977 : Malmalice, poèmes ;
  • 1978 : Ĉu li bremsis sufiĉe?, roman policier ;
  • 1978 : Kiel personeco sin strukturas, discours ;
  • 1980 : Ĉu li venis trakosme?, roman policier ;
  • 1982 : Ĉu ni kunvenis vane?, roman policier ;
  • 1982 : Ĉu ŝi mortu tra-fike?, roman policier ;
  • 1986 : Ĉu rakonti novele?, nouvelles policières ;
  • 1988 : Sen pardono, manuel ;
  • 1992 : Esperanto el la vidpunkto de verkisto, brochure ;
  • 1995 : La Dorsosako de Panjo Rut', avec Sándor Bakó, nouvelles ;
  • 1997 : Tien, roman de science-fiction ;
  • Tiaj ni estas (kun Sándor J. Bako, noveloj)
  • 2001 : La kisa malsano. « Tiaj ni estas », Volume 2, avec Sándor J. Bako, nouvelles ;
  • 2002 : La meteoro. « Tiaj ni estas », Volume 3, avec Sándor J. Bako, nouvelles ;

Homonymiemodifier | modifier le code

Notesmodifier | modifier le code








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