Dalaï-lama

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Dalaï-lama
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Emblème du Tibet

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Titulaire actuel
Tenzin Gyatso

Création 1391
Premier titulaire Gedun Drub (1e dalaï-lama)
Résidence officielle Dharamsala
Site internet www.dalailama.com

Le dalaï-lama est reconnu par les Tibétains de confession bouddhiste comme le plus haut chef spirituel (religieux) du Tibet et une émanation du bodhisattva de la compassion.
Il est également le chef temporel (politique) du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu'à la première moitié du XXe siècle et du gouvernement tibétain en exil de 1959 à 2011.

Histoire des dalaï-lamasmodifier | modifier le code

Article détaillé : Liste des dalaï-lamas.
Articles connexes : Histoire du Tibet et Tibet (1912-1951).
Représentation de Tchenrézi, nom tibétain du bodhisattva de la compassion dont le dalaï-lama est une des émanations

Les dalaï-lamas sont d'abord considérés comme les réincarnations successives du premier.

  • 1391-1474 : 1er dalaï-lama, Gedun Drub (དགེ་འདུན་འགྲུབ་)

Le 1er dalaï-lama fonde dans la région de Tsang autour du Tashilhunpo la base d'un pouvoir soutenu par la population.

Le 2e dalaï-lama est amené au Tashilhunpo où il reste jusqu'à l'âge de 16-17 ans avant de partir étudier à Lhassa où il devient l'abbé du monastère de Drépung. Sa renommée s'étend à Lhassa et au Tibet central. Il se rend au Tibet du Sud où il construit le monastère de Chorgyal. C'est là qu'il définit le système d'identification des dalaï-lamas sur la base de visions à percevoir dans le lac de Palden Lhamo, système qui se perpétue jusqu'au 14e dalaï-lama. À la fin de son règne, sa popularité s'étend du Tibet central au Kongpo et au Dagpo, deux régions du Tibet du sud. Cette augmentation de popularité ouvre la voie au 3e dalaï-lama qui se rend en Mongolie où il convertit les Mongols au bouddhisme1.

Sonam Gyatso reçoit des Mongols le titre de dalaï-lama, sans avoir encore de pouvoir autre que spirituel.

  • 1617-1682 : 5e dalaï-lama, Lozang Gyatso (ངག་དབང་བློ་བཟང་རྒྱ་མཚོ་), « le Grand Cinquième »

En 1642, sous le 5e, les dalaï-lamas reçoivent le pouvoir temporel sur le Tibet. Ils deviennent, avec les régents, les chefs du gouvernement tibétain, à la suite du règne des Phagmodrupa, une lignée Kagyupa, succédant au règne des Sakyapa, à la suite des Rois du Tibet. Lhassa devient la Capitale du Tibet et le Potala est construit pour devenir la résidence du Dalaï-lama et le siège de son gouvernement2. En 1650, le dalaï-lama crée l'institution du panchen-lama (« le grand érudit »), deuxième haut-dignitaire du bouddhisme tibétain. Les dalaï-lama et les panchen-lama appartiennent à l'école des « bonnets jaunes » ( correspondant à la lignée des gelugpa) tandis que les ministres sont choisis parmi les « bonnets rouges » ( divisés entre les lignées nyingmapa, sakyapa et karmapa). Selon Roland Barreaux, le règne du 5e dalaï-lama a pour résultat l'unification du Tibet en une nation. Son pouvoir politique indépendant s'étend à toutes les anciennes provinces tibétaines, y compris le Kham et l'Amdo3. Le régent Sangye Gyatso cacha sa mort pendant 14 ans aux Tibétains, aux princes mongols et à l'empereur qui ne le pardonna ni au régent, ni au Tibet4.

Intronisé fin 1697 au Potala, il montra une indifférence à l'égard de ses devoirs religieux au point de renoncer à ses vœux monastiques, mais pas à ses fonctions temporelles qu'il assuma en 1702. Son attitude fut une cause de scandale. Lhazang Khan qui voulait se defaire de ce dalaï-lama le fit conduire en Chine en 1706. Officiellement, il est mort en route. Lhazang Khan installa un dalaï-lama de son choix au Potala, mais entre temps, les relgieux avaient découvert dans le Kham un enfant qui fut désigné comme veritable réincarnation5.

Il régna de 1751 à 1757, soit six ans, l'exercice du pouvoir étant assuré de 1757 à 1777 par le régent Demo I.

Il n'exerça jamais véritablement le pouvoir6. Le pouvoir fut exercé par le régent Tshemoling I de 1777 à 1786, puis par le régent Kundeling I de 1789 à 1810.

Il mourut à l'âge de 9 ans ; le régent, Kundeling I, assura l'exercice du pouvoir de 1789 à 1810, suivi de Demo II de 1811 à 1819.

Mort à 21 ans, il ne régna pas, le régent, Demo II, assurant l'exercice du pouvoir de 1811 à 1819, suivi de Tsemoling II de 1819 à 1844.

Mort à 18 ans, il ne régna pas, le pouvoir restant aux mains du régent Reting I de 1845 à 1862, suivi du régent Shatra de 1862 à 1864.

Il régna de 1873 à 1875, à la suite du régent Ditru qui exerça le pouvoir de 1864 à 1872.

  • 1876-1933 : 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso (ཐུབ་བསྟན་རྒྱ་མཚོ་), « Le Grand Treizième ».

Intronisé en 1879, il régna de 1895 à 1933, à la suite du régent Demo III qui exerça le pouvoir de 1886 à 1895. Vers 1898 (certaine sources donnent 1920), il abolit la peine de mort, sauf en cas de haute trahison. En 1904, il fuit en Mongolie puis dans l'Amdo devant l'irruption d'une force expéditionnaire britannique, avant de retrouver son trône en 1909 à la suite des accords passés par la Chine avec la Grande-Bretagne. En 1910, il fuit à nouveau Lhassa, cette fois-ci pour l'Inde britannique, devant les troupes envoyées par le gouvernement impérial. Il revient en 1913 à la faveur de la chute de l'empire Qing et de l'instauration de la république de Chine. Pour la première fois depuis le début du 18e siècle, il n'y a plus de soldats ni de représentants impériaux.

Proclamant ce qui est diversement interprété comme l'indépendance du Tibet ou la fin de la relation prêtre-protecteur entre dalaï-lama et empereur, il entame une série de réformes visant à moderniser l'administration, la justice, l'enseignement et la médecine. Il crée également une armée tibétaine. Cependant, en 1926, face au mouvement de rejet chez les éléments conservateurs de l'élite tibétaine et aux revendications des jeunes officiers de l'armée, il met un terme à l'ensemble du programme. Le 13e dalaï-lama dirigea, de 1912 à 1933, un Tibet indépendant de facto7, sans toutefois lui obtenir de reconnaissance internationale (de jure) ni parvenir à en faire un État moderne8.

  • 1935-jusqu'à aujourd'hui : 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso (བསྟན་འཛིན་རྒྱ་མཚོ་)

Moine bouddhiste de l'école gelugpa, il est intronisé chef temporel et spirituel des Tibétains le , un mois après le début de l'intervention de l'armée chinoise au Tibet. En 1959, il s'exile en Inde où il crée le gouvernement tibétain en exil qu'il dirige jusqu'en mars 2011, date de sa retraite politique à la faveur d'une démocratie tibétaine. Vivant actuellement à Dharamsala, il est considéré comme le plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain, et par la plupart des Tibétains comme une émanation de Tchènrézi, le bodhisattva de la compassion. Il plaide pour l'indépendance du Tibet jusqu'en 1973, puis pour ce qu'il appelle l'« autonomie réelle » de l'ensemble du Tibet à l'intérieur de la Chine. Selon le Comité Nobel norvégien et d'autres, il a constamment œuvré à la résolution du conflit sino-tibétain par la non-violence.

Il est souvent invité par des centres bouddhistes, des institutions ou des personnalités, et effectue de nombreux voyages à travers le monde pour enseigner le bouddhisme tibétain, et diffuser un message de paix et de non-violence.

Origine du nommodifier | modifier le code

Le « dalaï-lama » est un moine de l'école Guélougpa (dite des « bonnets jaunes »), une des quatre écoles du bouddhisme tibétain, fondée par Tsongkhapa (1357-1419). Le mot, qui signifie « Océan de Sagesse », est issu de deux termes accolés :

- Dalaï est un mot mongol (en mongol cyrillique : далай) signifiant « mer » et est la traduction du mot tibétain Gyatso (rgya mtsho), le nom de Sonam Gyatso qui fut le premier à porter le titre.
- Lama (bla ma), qui est un mot tibétain signifiant « maître spirituel ».

Statut et autorité du dalaï-lamamodifier | modifier le code

Autorité spirituellemodifier | modifier le code

Sur un plan spirituel, les dalaï-lamas sont considérés par les bouddhistes tibétains comme des émanations du bodhisattva de la compassionChenrezig» en tibétain, «Avalokiteshvara» en sanskrit).
Les bodhisattvas choisissent, suivant la voie du Mahayana, de renaître pour le bien de tous les êtres.
Du fait qu'ils incarnent le bodhisattva de la compassion, les Tibétains vénèrent les dalaï-lama comme des dieux chargés de la représentation et de la protection du Tibet et du peuple tibétain.
Le 14e dalaï-lama évoque souvent ce plan de « Chenrézig » qui aurait permis de matérialiser la prédiction de Bouddha Sakyamuni de l'avènement du Bouddhisme au Tibet9. Du 1er au 5e dalaï-lama, ceux-ci contribuent à protéger et guider le peuple tibétain dans cette voie.
Comme les dalaï-lamas constituent une lignée de tulkus, maîtres réincarnés, ses moines et maîtres spirituels, dont souvent le panchen-lama, doivent après le décès d'un dalaï-lama, engager une enquête pour rechercher sa réincarnation. Des oracles, dont l'oracle de Nechung, oracle d'État du Tibet, sont souvent consultés. Les enfants candidats sont interrogés pour rechercher des signes tels que la reconnaissance d'objets possédés par le précédent dalaï-lama. Le jeune tulku est alors amené dans un monastère pour y recevoir les enseignements bouddhiques.
Le titre de cette lignée de tulkus fut donné par l'empereur mongol Altan Khan en traduction du nom du 3e dalaï-lama, Sonam Gyatso. On dit que dès la seconde incarnation, l'enfant se souvenait de ses vies passées et des noms des dignitaires de l'entourage du premier dalaï-lama, Gendun Drup10.
En tant que chef spirituel de la communauté bouddhiste tibétaine (les bouddhistes tibétains), le dalaï-lama représente toutes les écoles, et pas seulement celle des « gélugpa », à laquelle il appartient traditionnellement 11. Selon Mick Brown, l'autorité spirituelle du dalaï-lama est respectée par les anciennes écoles du bouddhisme tibétain, Kagyupa, Nyingmapa et Sakyapa, lesquelles reconnaissent en lui le de facto « roi du Tibet » 12 : « the 'old schools' of Kagyu, Nyingma and Sakya respected the spiritual authority of the Dalai Lama, and recognised his position as the de facto King of Tibet ».

Le quatorzième dalaï-lama a reconnu Jetsun Dhampa Khutukhtu comme Bogdo Gegen, c'est-à-dire chef du bouddhisme en Mongolie, ainsi que chef des Jonangpa13. Il a aussi reconnu Orgyen Trinley Dorje comme 17e Karmapa, chef de l'école Karma-Kagyu14.

Autorité politiquemodifier | modifier le code

Article détaillé : Gouvernement tibétain.

Le Gaden Phodrang est un système de gouvernement dual bouddhiste, unissant fonction spirituelle et fonction temporelle et combinant religieux et laïcs (ou civils)15,16. Ce gouvernement bouddhiste est instauré en 1642 par l'abbé du monastère de Drépung, Lobsang Gyatso. Les gelugpas, qui s'opposent au Karmapa (soutenu par le prince de Shigatse), font appel à Güshi Khan, chef de la tribu mongole des Qoshot. Celui-ci envahit le Tibet en 1640, détrône le roi Tsang et donne le pouvoir à Lobsang Gyatso, qui de simple moine devient, en tant que 5e dalaï-lama, chef d'État17,18,19,20. Il est le premier des dalaï-lamas à exercer un pouvoir temporel21. En 1645, il décide d’installer à Lhassa son gouvernement dans un bâtiment, le Potala, qu’il fait construire sur une colline où se trouvait un pavillon fondé par le roi Songtsen Gampo. Il édifie la partie blanche centrale, la partie rouge étant ajoutée par Sangyé Gyatso en 1690. Le Potala devient le centre du pouvoir religieux et politique de la théocratie tibétaine22.

Le 6e dalaï-lama, Tsangyang Gyatso, fut intronisé fin 1697 au Potala. Il montra une indifférence à l'égard de ses devoirs religieux au point de renoncer à ses vœux monastiques, mais pas à ses fonctions temporelles23.

Le 8e dalaï-lama, Jamphel Gyatso, n'exerça jamais véritablement le pouvoir. Après lui et jusqu'au 13e dalaï-lama, aucun ne vécut assez longtemps pour exercer une autorité politique24.

Le dalaï-lama dirigeait tant les affaires religieuses que laïques, à l'aide de deux organes principaux du gouvernement : le Conseil religieux, yik-tsang, composé de quatre membres de la communauté monastique et le Conseil des ministres, kashag, composé de quatre membres, shapé, dont trois laïcs et un religieux. Le premier ministre religieux, chikyap chempo, et le premier ministre laïc, lönchen, faisaient la liaison entre les Conseils et le dalaï-lama. L’ensemble des ministres du Conseil laïc contrôlait les affaires politiques, judiciaires, et fiscales du Tibet. Un ministre des Affaires étrangères, placé sous la direction du chigye lönchen (premier ministre d’État), a été créé dans la première moitié du XXe siècle. Son rôle était consultatif. La politique extérieure a toujours été dirigée par le dalaï-lama ou le régent. Il existait une Assemblée nationale, tsongdu, se réunissant dans des circonstances graves, constituée d’une cinquantaine de personnalités de Lhassa, dont les abbés des grands monastères. Son rôle était consultatif. Dans les provinces, le gouvernement était représenté au milieu du XXe siècle par cinq chikyap pour l’U-Tsang (Lhassa et Shigatse), Gartok (Tibet occidental), Kham (Chamdo, Tibet oriental), Chang (Nagchuka, Tibet du nord) et Lhoka (Lho-dzong, Tibet du sud). Des chikyap dépendaient les dzong-pön, commandants de forteresses, responsables du maintien de l’ordre et de l’impôt. Ils avaient une grande indépendance25.

Le 13e dalaï-lama en 1910.

Relations entre le dalai-lama et les souverains mongolsmodifier | modifier le code

Sonam Gyatso se rendit en Mongolie à l'invitation d'Altan Khan, prince des Toumets, souverain de la Mongolie, d'une partie nord de la Chine et de la région tibétaine du Kokonor. La mort de Kubilai Khan avait marqué la fin de la relation protecteur-lama unissant la cour mongole et les lama sakyapa du Tibet, et la Mongolie était retournée à son ancienne spiritualité animiste. Bien qu'Altan Khan se fut converti au bouddhisme récemment, l'invitation avait un but plus politique que spirituel. Altan Khan souhaitait utiliser la religion pour réunifier les tribus mongoles hétérogènes et savait que l'école gélugpa en opposition avec d'autres écoles bouddhistes plus anciennes manquait d'une protection militaire. La rencontre historique entre Sonam Gyatso et Altan Khan eu lieu en juin 1578. Altan Khan proclama le bouddhisme comme religion d'état de la Mongolie et déclara la reprise de la relation de protecteur à lama, et conféra le titre de dalaï-lama pour commémorer cette reprise et honorer Sonam Gyatso. Ce dernier étant la 3e incarnation de Gendun Drup et le 3e abbé du monastère de Drépung, il fut déclaré 3e dalaï-lama26.

Le 3e dalaï-lama donna un enseignement bouddhiste à une large assemblée de Mongols réunis à Koko Khotan, capitale d'Altan Khan, et actuelle Huhhot. C'est en ce site qu'Altan Khan fit batir le premier monastère mongol, Thegchen Chonkhor27.

Relations entre le dalai-lama et l'empereur de Chine mandchoumodifier | modifier le code

Photo page N°806, livre Neuvième de Géographie générale de Louis Grégoire, éditions Garnier Frères, France, 1876.
Pagode de marbre dans le Temple Jaune de l'Ouest, construit en 1650 par l'empereur Shunzhi pour la visite du 5e dalaï-lama à Pékin.

Le 5e dalaï-lama, qui rendit visite à l'empereur Qing à Pékin, rétablit la relation de Chö-yon (de chapelain à donateur). Cette relation fut interprétée de façon différente par les empereurs Qing et les Tibétains28.

Pour le géographe Louis Grégoire (1876), le dalaï-lama était dépendant de l'empereur de la Chine et choisi par les ambans.

« Le souverain spirituel du Thibet est le Dalaï ou Talé-Lama ; c'est toujours un enfant, incarnation de Bouddha, choisi entre trois candidats, que présentent les grandes lamaseries, par les ambassadeurs de l'empereur de la Chine. Il délègue son autorité temporelle à un radjah, appelé Nomekhan ou Gyalbô, qui gouverne avec quatre ministres et seize mandarins, tous nommés par un diplôme impérial et révocables au gré de l'empereur. Quatre mille soldats chinois sont distribués dans les stations importantes, et des postillons chinois, espèces de gendarmes, font le service des postes. Quatre grandes principautés et plusieurs petites sont administrées directement par des agents chinois. Dans ces derniers temps, de vastes territoires, entièrement thibétains par la langue, les mœurs, la religion, ont été réunis au Ssé-tchouan et au Yun-nan. »

— Louis Grégoire, page N°806, livre Neuvième de Géographie générale, éditions Garnier Frères, France, 187629.

Relations entre le dalaï-lama et la Chine populairemodifier | modifier le code

Article détaillé : Tenzin Gyatso.

C’est en 1950, à l’âge de quinze ans, que le dalaï-lama actuel devient chef d'État et du gouvernement tibétain. En 1951, à la suite de la signature de l'Accord en 17 points, qui reconnaît la souveraineté de la Chine sur le Tibet, il promet de coopérer avec la Chine30. En 1954, il est nommé vice-président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire de la République populaire de Chine (RPC)31, devenant le premier dalaï-lama dans l'histoire à occuper un poste de dirigeant de l'État chinois32. En 1956, il devient président du comité préparatoire à l'établissement de la Région autonome du Tibet nouvellement créé33. Le dalaï-lama demeura au Tibet jusqu'en mars 1959, date à laquelle il fut contraint de s'exiler en Inde, à la suite de la répression du soulèvement tibétain de 195934. Il établit en Inde, à Dharamsala, un gouvernement tibétain en exil.

Depuis son exil, le dalaï-lama est dénoncé systématiquement par le gouvernement chinois qui le qualifie d'« indépendantiste »35. Malgré cela, le dalaï-Lama persévère dans la voie de la non-violence et demande à la Chine de négocier pour aboutir à un compromis politique. Le , il lance un appel à l'Organisation des Nations unies en faveur d'une restauration de l'indépendance du Tibet. Puis, après l'ouverture de Deng Xiaoping qui déclara en 1979 qu'en dehors de l'indépendance tout sujet pouvait être discuté, le dalaï-lama opta pour la politique de la Voie Médiane, dans un intérêt mutuel pour les Tibétains et les Chinois36. Cette voie préconnisée par le dalaï-lama dans ses négociations avec le gouvernement chinois propose de réunifier en une entité administrative autogérée démocratiquement les territoires tibétains morcelés en cinq zones rattachés à des provinces chinoises. Son objectif est de préserver la religion et la culture tibétaine permettant aux Tibétains de gérer leur développement socio-économique, laissant la Chine responsable de la défense et des affaires étrangères37. Toutefois, selon l'écrivain chinois Wang Lixiong, il n'a pas fait de promesse juridiquement contraignante sur ce point et peut donc se rabattre à tout instant sur une position appelant à l'indépendance38. Si des discussions entre des émissaires du dalaï-lama, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, avec des représentants du gouvernement chinois débutèrent en 2002, aucune négociation directe entre le dalaï-lama, son gouvernement en exil et le gouvernement chinois n'a encore débuté39.

Selon Étudiants pour un Tibet libre et Fox Butterfield, pendant la révolution culturelle au Tibet, la plupart des monastères sont détruits, les moines et nonnes emprisonnés et torturés40,41. Selon le 14e dalaï-lama, aujourd'hui encore, non seulement les Tibétains sont sévèrement réprimés et empêchés de s'exprimer, mais en plus, ils subissent la très forte pression d'une politique de colonisation. « Si rien ne change, la culture tibétaine risque de disparaître d'ici quinze ans », affirmait le dalaï-lama en 200742.

Aujourd'hui en Chine, le culte bouddhiste tibétain de l'école Gelugpa est officiellement autorisé par le gouvernement central, même à Pékin dans le très ancien temple de Yonghe43[réf. incomplète]. Cependant, selon le Dr John Powers, un spécialiste de la religion et de la culture tibétaines à l'université nationale australienne, les moines tibétains sont contraints de dénoncer le dalaï-lama44. Des associations internationales dénoncent la répression visant la religion au Tibet : mise en résidence surveillée, en 1995, du panchen-lama désigné par le 14e dalaï-lama, Gedhun Choekyi Nyima45, destruction en 2001 de l’institut bouddhiste de Serthar fondé par Khenpo Jigme Phuntsok, mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses46 ou encore la condamnation à une peine de prison à vie de Tenzin Delek Rinpoché en 200547.

De grands maîtres du Bouddhisme tibétain ont été contraints de s'exiler : Rigdzin Namkha Gyatso Rinpoché en 1998 et le 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje à la veille de l'an 200048.

Le 14e Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso, reçoit le soutien de nombreuses personnalités, dont celui du président George W. Bush, et, plus modérément, de Barack Obama49, et d'institutions de par le monde pour sa lutte non-violente pour la liberté du Tibet50. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1989 et la Médaille d'or du Congrès des États-Unis le 17 octobre 200751.

Selon le 14e dalaï-lama, si « le mouvement pour le Tibet a attiré un large soutien mondial, c'est en raison des principes universels que le peuple tibétain a incorporés dans sa lutte. Ces principes sont la non-violence, la démocratie, le dialogue, le compromis, le respect des préoccupations sincères des autres, et de notre environnement commun »52.

La popularité des dalaï-lamas parmi les Tibétainsmodifier | modifier le code

Selon Dawa Norbu, au cours du conflit sino-tibétain postérieur à 1950, le 14e dalaï-lama devint une représentation pan-tibétaine symbolisant les valeurs de la culture tibétaine et les aspirations du peuple tibétain. Bien que les Tibétains à l'intérieur et à l'extérieur du Tibet perçoivent le dalaï-lama comme leur dirigeant légitime, cela ne signifie pas la restauration de l'« ancien régime » comme le soulignent à la fois les déclarations constitutionnelles du dalaï-lama et les aspirations politiques du peuple tibétain. Les projets de constitution du dalaï-lama en exil reflètent la direction prise par la section politisée du peuple tibétain au Tibet. Comme le remarque Ronald Schwartz, les Tibétains associent à présent leur lutte pour l’indépendance avec des exigences de démocratie et de respect des droits de l’homme. Cela s'explique par le contexte moderne des Tibétains après 1959 au Tibet comme en exil. Au Tibet, les communistes ont propagé une idéologie égalitaire où l'équité et la liberté sont les nouveaux canons, bien que peu mis en pratique dans les régions des minorités. Cette contradiction est la base idéologique et politique de l'intelligentsia tibétaine contre la domination chinoise au Tibet. En exil, c'est principalement l'influence positive du fonctionnement de la démocratie indienne qui a suscité la diffusion de sentiments démocratiques chez les réfugiés tibétains en dépit d'un culte de la personnalité autour du dalaï-lama et de sa famille. Depuis 1951, il y a un fossé entre les aspirations réalistes des élites et les aspirations populaires pour l'indépendance. Ces idées sont réprimées par le régime communiste chinois au Tibet, mais à long terme, ce dernier ne peut résoudre la question tibétaine. Avec la globalisation de l'économie chinoise et l'émergence de la démocratie, la République populaire de Chine ne peut demeurer un bloc monolithique maoïste isolé. Dans cette situation, il est possible que seul le dalaï-lama puisse convaincre les masses tibétaines nationalistes d'accepter des solutions réalistes au conflit au Tibet53.

Le dalaï-lama à venir ou le dernier dalaï-lama ?modifier | modifier le code

Glenn H. Mullin expose comment il fut impliqué à la fin des années 1970, dans une rumeur selon laquelle Tenzin Gyatso serait le dernier dans la lignée des dalaï-lama qui pris une ampleur telle qu'une biographie sur le 14e dalaï-lama fut publié sous ce titre provocateur : Le Dernier Dalaï-Lama ?54.

Dans Le Dernier Dalaï-Lama ? publié en 1986, Michael Harris Goodman évoque une prophétie selon laquelle le peuple tibétain perdrait à la fois son pays et le dalaï-lama. Par la suite, il les retrouverait tous les deux mais le 14e dalaï-lama serait le dernier de la lignée. Dans une conversation avec l'auteur, le dalaï-lama explique qu'étant le détenteur du titre, il envisage de le transmettre de son vivant à un succèsseur reconnu pour son érudition en théologie, qui pourrait être remplacé tous les sept ans55.

Le dalaï-lama déclara à Goodman qu'il est possible qu'il soit le dernier, mais qu'il n'y a pas de prophétie claire à ce sujet. Il précise que le choix d'un dalaï-lama par le peuple tibétain est une question d'utilité du dalaï-lama en tant qu'institution. Mais concernant sa propre renaissance, en tant que bouddhiste du Mahayana, il ajoute « tant qu'il y aura de la souffrance dans le monde, je reviendrai »56.

De son côté, le gouvernement chinois a déclaré que le prochain dalaï-lama naîtra en Chine et sera choisi par la Chine57. Le Dalaï-lama a cependant déclaré58 :

« Si la situation présente du Tibet reste la même, je renaîtrai hors du Tibet, loin du contrôle des autorités chinoises. C'est logique. Le but même d'une réincarnation est de continuer le travail inachevé de l'incarnation précédente. Si donc la situation tibétaine n'est toujours pas résolue, il est logique que je renaisse en exil, pour continuer mon travail inachevé. »

Pour lui, le prochain dalaï-lama pourrait être une femme, voire un non-tibétain. Convaincu depuis longtemps des vertus de la démocratie, il envisage que le prochain dalaï-lama puisse être désigné par lui-même, ou une assemblée de lamas. Son successeur pourrait être le Karmapa actuel, pourtant chef d’une école bouddhiste tibétaine différente de la sienne, ou le Premier ministre tibétain, voire personne : si l’institution pose plus de problèmes qu’elle ne peut en résoudre, il a le pouvoir de l'abolir59.

En 2007, deux moines du monastère de Tashilhunpo au Tibet se seraient suicidés, à la suite d'une campagne d'exclusion menée par des officiels chinois60. Ces deux moines avaient participé à la reconnaissance du 11e panchen-lama, Gendhun Choekyi Nyima, et pouvaient donc être appelés à reconnaître le prochain dalaï-lama 61,62.

Le 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje, qui s'est évadé du Tibet à la veille de l'an 2000, arriva en Inde alors que le 14e dalaï-lama annonça qu'il prenait sa retraite en tant que chef du gouvernement tibétain en exil63.

Interrogé en mars 2009 sur la possibilité qu'il puisse succéder au Dalaï-lama, Orgyen Trinley Dorje a déclaré : « Si l'occasion m'en est donnée, je ferai de mon mieux », ajoutant : « le Dalaï-lama a été très efficace pour établir les fondations de la lutte des Tibétains en exil. C'est à la génération suivante de construire sur ces bases et d'aller de l'avant. » 64.

En février 2010, le Dalaï-lama a déclaré : « Si une majorité de Tibétains a le sentiment que l'institution du dalaï-lama n'a plus de sens, alors cette institution doit cesser d'exister, il n'y a aucun problème. », ajoutant en riant « Il semblerait que les Chinois soient plus inquiets pour cette institution que moi. »65.

Le dalaï-lama annonce, le 10 mars 2011, qu'il prévoit de renoncer à sa fonction de chef du gouvernement tibétain en exil, estimant que le temps était venu de laisser sa place à un nouveau dirigeant « librement élu » : « Mon désir de transmettre l'autorité n'a rien à voir avec une volonté de renoncer aux responsabilités », a déclaré le dalaï-lama durant un discours à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où vivent les Tibétains en exil. « C'est pour le bien à long terme des Tibétains. Ce n'est pas parce que je me sens découragé », a-t-il ajouté 66.

En mars 2011, le 14e dalaï-lama, qui dès 1990 amorça progressivement une démocratisation du régime67, demande au Parlement tibétain en exil un amendement constitutionnel permettant de réaliser sa retraite politique68, pour lui, l'institution des dalaï-lamas est dépassée et doit laisser place à la démocratie69.

En mai 2012, il affirme qu'il pourrait être le dernier dalaï-lama, et que nombre de jeunes moines bouddhistes, dont le karmapa, pourraient devenir les chefs spirituels du bouddhisme tibétain70.

Remèdes sacrés liés au dalaï-lamamodifier | modifier le code

Témoignagesmodifier | modifier le code

Ce qui frappait surtout les voyageurs était le respect dont on entourait la personne du dalaï-lama71.

D'après les propos de prêtres tibétains, mongols et kalmoukes repris à la fin du XVIIIe siècle par J.F. Laharpe, les excréments et l'urine du dalaï-lama auraient été considérés comme des choses sacrées, voire employés comme remèdes72.

La pratique avait aussi été rapportée au XIXe siècle par l'ethnologue John Gregory Bourke qui parle de « l’attention particulière dont faisaient autrefois l’objet les produits des défécations du grand Lama du Tibet (…) (qui) servaient à la confection d’amulettes après avoir été séchées ». Il rapporte également « que son urine était ingérée comme une médecine efficace »73,74,75.

Heinrich Harrer, qui séjourna au Tibet dans la 2e moitié des années 1940, constate que les gens font davantage confiance à l'imposition des mains et à la guérison par la foi qu'aux remèdes administrés par les moines de l'école de médecine. Il cite ainsi le recours à l'« urine de saint homme » : non seulement des lamas appliquent souvent leur « sainte salive » sur leurs malades mais un gruau mélangeant tsampa, beurre et urine de saint homme est administré aux malades. L'auteur ajoute que le remède le plus coté est un objet ayant appartenu au dalaï-lama et que les nobles qu'ils fréquentaient lui exhibaient avec fierté des reliques du 13e dalaï-lama qu'ils conservaient précieusement dans de petits sachets de soie76.

Le Britannique Robert W. Ford, envoyé à Chamdo dans le Kham pour assurer une liaison radio avec Lhassa en 1949-1950, écrit dans ses mémoires que « les seuls médecins professionnels au Tibet étaient des moines médecins » et que « le traitement le plus prisé était l'urine du Dalaï Lama » 77.

Le journaliste et écrivain naturalisé chinois Israel Epstein, dans Tibet Transformed (1983), rapporte que des remèdes contre les maladies étaient vendus sous forme, entre autres, de pilules fabriquées à partir des selles de bouddhas vivants, précisant que le coût d'une pilule du dalaï-lama pouvait équivaloir au revenu annuel d'une personne ordinaire78.

Dans son ouvrage The Making of Modern Tibet, A. Tom Grunfeld évoque la croyance répandue que ce qui avait été en contact avec un saint homme avait le pouvoir de guérir79. On faisait grand cas, écrit-il, des urines et des excréments (transformés en pilules à avaler) des hauts lamas réincarnés et en particulier du dalaï-lama. Il rapporte qu'un ancien cadre du parti communiste chinois affirme avoir lu dans une circulaire que lors du séjour du 14e dalaï-lama à Beijing en 1954, ses selles étaient recueillies dans un réceptacle doré et envoyées au Tibet pour être transformées en médicaments80.

Dans Lord of the Dance. The Manu Rimdu Festival in Tibet and Nepal (2001), Richard J. Kohn, chercheur associé à l'université de Californie à Berkeley81 et expert en matière d'art et de rituels bouddhistes82, confirme cet usage médical des urines et excréments des grands lamas, ajoutant que les habitants du village au pied du Potala – le village de Shöl – étaient connus pour faire autrefois des affaires florissantes avec les excréments du dalaï-lama83 sous la forme de granules brun-foncé, du nom d'ambroisie84. Si en effet, les lamas peuvent donner des pilules sous la forme de granules brun-foncé, du nom d'ambroisie, (bdud rtsi ril bu en tibétain), elles sont réalisées à base de plantes médicinales et d'autres ingrédients de la médecine tibétaine85.

Remises en questionmodifier | modifier le code

Le père Évariste Huc, missionnaire catholique au Tibet de 1844 à 1846, déclare après enquête qu'il s'agit là d'une légende ridicule, d'une fable, qui ne fait pas honneur à la géographie européenne86 : « Ces assertions, qu'on lit dans certaines géographies, sont entièrement dénuées de fondement. Pendant notre séjour à Lha-Ssa, nous avons beaucoup interrogé à ce sujet, et tout le monde nous a ri au nez. À moins de dire que, p. 435 depuis le Régent jusqu'à notre marchand d'argols, tout le monde s'est entendu pour nous cacher la vérité, il faut convenir que les relations, qui ont donné cours à ces fables, ont été écrites avec bien peu de circonspection ». le Père Huc réfute aussi comme étant une légende répandue par ses prédécesseurs l'affirmation que le dalaï-lama aurait porté des serpents autour de ses bras pour impressionner les fidèles87.

Selon Jean Dif, on a affaire à une fable qui se serait diffusée à partir du récit de deux missionnaires européens, Johann Grueber et Albert Dorville, qui résident à Lhassa pendant un mois en 166188. « Il y est fait état du voyage au Tibet, en 1661, d'un jésuite autrichien, Johannes Grueber, accompagné d'un missionnaire belge Albert d'Orville. Il y aurait deux rois à Lhassa: un temporel et un spirituel. Le second resterait enfermé dans son palais où il serait adoré par les fidèles. La vénération que ces derniers lui vouent serait telle qu'ils porteraient son urine et ses excréments en sautoir autour du cou et qu'ils les mélangeraient à leur nourriture! Le rituel du culte rendu au Dalaï lama ferait parfois penser aux pratiques chrétiennes. Les Tibétains boiraient du thé au beurre et feraient dévorer leurs morts par les bêtes sauvages. Les deux derniers points sont rigoureusement exacts, pour le reste, il est inutile d'insister sur le caractère fantaisiste du témoignage. ». Il faut remarquer que les premiers missionnaires à l'origine de ces légendes n’ont jamais rencontré le 5e Dalai-lama qui régnait à cette époque, car ils ne souhaitaient pas demander audience à une personne qui selon eux se considérait comme le « Très Haut »89.

Patrick French rapporte qu'à l'occasion d'une visite du dalaï-lama dans son école catholique anglaise vers 1979, un vieux moine répétait une histoire, qualifiée de légende par French, issue d'un ouvrage du début du XXe siècle, ou du XVIIIe siècle, selon laquelle les cabinets d'un dalaï-lama étaient voués à devenir un sanctuaire bouddhique et qu'il serait impossible d'interdire aux Orientaux de venir nombreux y adorer les excréments sacrés90.

Bibliographiemodifier | modifier le code

Ouvrages généraux

Ouvrages du 14e dalaï-lama

  • Au-delà des dogmes, Albin Michel, 1994
  • Tant que durera l'espace, Albin Michel, 1996
  • Pacifier l'esprit, Albin Michel, 1999, réed. 2007
  • Avec Jeremy Hayward et Francisco Varela, Passerelles, Entretiens avec des scientifiques sur la nature de l'esprit, Albin Michel, 2000

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Thomas Laird, op. cit., voir (en) p. 138 et 139
  2. Raphaël Liogier, op. cit., p. 77-78
  3. Roland Barraux, Histoire des Dalaï-lamas, Albin Michel, 1993, (ISBN 2-226-13317-8)p. 142-143
  4. Anne Chayet, Le Tibet est-il chinois ?, p. 53
  5. Anne Chayet, Le Tibet est-il chinois ?, p. 54
  6. Anne Chayet, Le Tibet est-il chinois ?, p. 60.
  7. Philippe Blanc, Tibet d'hier et d'aujourd'hui, Guy Le Prat, (ISBN 2852026232), p. 82.
  8. Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, p. 295 : « Il a pourtant échoué à faire reconnaître son pays par la communauté internationale et n'a pas davantage réussi à le moderniser. »
  9. Thomas Laird, op. cit. p. 174
  10. (en) Glenn H. Mullin, The Dalai Lamas on Tantra, Snow Lions Publications, Ithaca (USA), 2006, 352 p., p. 89-90 et 164 (ISBN 978-1-55939-269-3).
  11. Donald S. Lopez, Fascination tibétaine, p. 214
  12. (en) Mick Brown, The Dance of 17 Lives: The Incredible True Story of Tibet's 17th Karmapa, Éditeur Bloomsbury Publishing USA, 2005 (ISBN 978-1-58234-598-7), p. 47
  13. (en) His Eminence Jetsun Dhampa Khutukhtu, Khalkha Rinpoche (Bogdo Gegen).
  14. (en) The Buktham Rinpoche granted by His Holiness the Dalai Lama to His Holiness the Gyalwang Karmapa.
  15. (en) Ishihama Yumiko, "The Conceptual Framework of the dGa'-ldan's War Based on the beye dailame wargi amargi babe necihiyeme toktobuha bodogon i bithe, 'Buddhist Government' in the Tibet-Mongol and Manchu Relationship", in Tibet and Her Neighbours: A History, Edited by Alex McKay, pp. 157–165, London, Edition Hansjorg Mayer, p. 157 : « the term Buddhist Governement, that refers to the symbiotic relationship between religion and state, was a common idea between the Tibetans, Mongolians and Manchus from the latter half of the 16th to the middle of the 17th century. ... Its interpretation later changed into the "Government following the Dalai Lama's teaching" ... owing to the successful propagation of the fifth Dalai Lama. »
  16. Alex McKay, Introduction, Tibet and Her Neighbours: A History, p. 15. « the system of Buddhist government underpined the fundamental central Asian understandings of statehood up until 1911. »
  17. Samten G. Karmay, Religion and Politics: commentary, Tibet writes, 7 septembre 2008 : « However, in 1642 the Tsang Desi’s government was toppled by the combined forces of Tibetans and Mongols at the instigation of the Gelug sect which effectively empowered the Fifth Dalai Lama (1617-1685), as the head of state. He had been, until 1642, merely the abbot of Drepung Monastery. A new era of theocracy was ushered in with the total supremacy of the clergy and the subordination of laymen to it. »
  18. (en) Wings of the White Crane : Poems of Tshangs dbyangs rgya mtsho (1683-1706), Translated by G. W. Houston et Gary Wayne, Motilal Banarsidais Publisher, 1982, 53 p. : « The great Fifth Dalai Lama, Ngawang Gyatso, the actual founder of Tibetan autocracy, has reached his goal in 1642 with the help of the Koshot ruler Gushri Khan. »
  19. Rebecca Redwood French, op. cit., pp. 45-46 : « In 1642, [...] the Mongolian Gushri Khan swept into Tibet and put his religious sage, the Fifth Dalai Lama, in charge of the country. Secular rule under the Tsang kings gave way to the three-hundred-year rule of the Gelukpa sect - the second theocratic period in Tibet. »
  20. Roland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Éditions Albin Michel, 1993. Réedité en 2002, Albin Michel, (ISBN 2-226-13317-8).
  21. Dalaï-Lama, Mon pays et mon peuple. Mémoires, 1999, Olizane, (ISBN 2-88086-018-0), p. 60.
  22. (en) Claude B. Levenson, The Dalai Lama: a Biography, Unwim Hyman, 1988, 291 p., p. 19: « The 5th Dalai Lama decided to make the capital of Tibet and to build himself a palace there on the remains of one built in the seventh century by Srongtsen Gampo. So the Potala, or seat of the gods, was reborn out of its own ruins, eventually to become one of the most imposing symbols of the Tibetan theocracy. »
  23. Anne Chayet, Le Tibet est-il chinois ?, p. 54
  24. Anne Chayet, Le Tibet est-il chinois ?, p. 60
  25. Fosco Maraini, Tibet secret (Segreto Tibet), préface de Bernard Berenson, traduction de Juliette Bertrand (ouvrage orné de 68 héliogravures d’après les photographies de l’auteur), Arthaud, Grenoble, 1954. (ouvrage paru en 1951).
  26. Goodman, op. cit., p. 70-71
  27. Laird, op. cit., p. 153
  28. (en) Matthew Kapstein, Buddhism Between Tibet and China, p. 351.
  29. Gallica.bnf.fr : page N°806, livre Neuvième, de Géographie générale, éditions Garnier Frères, France, 1876.
  30. (en) Hong Xiaoyong, China Did Well by Tibet [archive], The Straits Times (Singapour), 23 avril 2008, reproduit sur le site AsiaoneNews : « The Dalai Lama sent a telegram to Chairman Mao Zedong to express his support for the agreement and his determination to implement it ».
  31. (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet: The Calm before the Storm: 1951-1955, University of California Press (ISBN 978-0520249417), p. 493 et 496. « The following week, on 27 September, as the National People's Congress was winding down, the Dalai Lama was singled out for special honor; he was selected as a deputy chairman of the Standing Committee of the National. »
  32. Rebirth of the lama kingdom, English.news.cn, 22 mai 2011 : « He was the first Dalai Lama in history to take the post of a state leader of China. »
  33. Jean Dif, « Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (Suite 3) - Le quatorzième Dalaï lama ».
  34. Abdul Wahid Radhu, Caravane tibétaine, Fayard, Paris 1981, p. 296 sq.
  35. (en) David A. Palmer, Glenn Shive, Philip L. Wickeri, Chinese Religious Life, p. 55
  36. Message du Dalaï Lama à l’occasion du 48e anniversaire du soulèvement de Lhassa
  37. Dalaï Lama, Sofia Stril-Rever, Mon autobiographie spirituelle, 2009, ISBN 2-7509-0434-X
  38. (en) Wang Lixiong, The "Tibet question": nation and religion, p. 151-172 de C. X. George Wei & Xiaoyuan Liu (eds.), Exploring nationalisms of China: themes and conflicts, Greenwood Publishing Group, 2002, 235 p., p. 164 : « Although the Dalai lama on various occasions has expressed his opinion that Tibet may stay in China, he has never made any legally binding promise on this point. He therefore may retreat anytime to a position calling for Tibetan in dependance. »
  39. Discussions des émissaires du Dalai Lama avec la Chine.
  40. Étudiants pour un Tibet libre, Les droits de l'homme au Tibet.
  41. Fox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume, Paris, Presses de la Cité, 1983, page 309.
  42. (en) Dalai Lama: Tibet Culture Could Soon End.
  43. Anne-Marie Blondeau, Le Tibet est-il chinois ?: réponses à Cent questions chinoises.
  44. (en) Chinese authorities in revenge attacks on Tibetan monks, ABC news.
  45. (en) Chadrel Rinpoche released from prison but under house arrest.
  46. (en) press releases (Association of Tibetan Journalists).
  47. Préoccupations d'Amnesty.
  48. La fulgurante épopée des Karmapas : entretien avec Francesca Yvonne Caroutch.
  49. (en) Dalai Lama gets upbeat — but quiet — Obama welcome.
  50. Le Dalaï Lama citoyen d'honneur de la Ville de Paris.
  51. La visite du Dalaï-Lama à Washington provoque la colère de Pékin, Le Monde du 17.10.07 : « Le geste le plus significatif est intervenu mercredi au Capitole. George W. Bush a remis la médaille d'or du Congrès, la récompense civile la plus prestigieuse, au chef de l'Église tibétaine, lors d'une cérémonie solennelle. »
  52. (en) Dalai Lama's Message to Brussels TSG Conference.
  53. (en) Dawa Norbu, Tibet : the road ahead, 1998, Rider & Co, (ISBN 978-0712671965), p. 294-296, cité également dans un ouvrage postèrieur (lire en ligne la page 350).
  54. Glenn H. Mullin, Les Quatorze Dalaï-lamas, préface du 14e dalaï-lama, traduction Philippe Beaudoin, éditions du Rocher, 2004, (ISBN 2268050300), p. 574
  55. Michael Harris Goodman , Le Dernier Dalaï-Lama ?, publication originale en 1986, p. 297-298
  56. Madan Gopal Chitkara, Buddhism, reincarnation, and Dalai Lamas of Tibet, APH Publishing, 1998, (ISBN 8170249309 et 9788170249306) p. 18
  57. La Chine impose de nouvelles règles pour les réincarnations de bouddha, nouvelobs.com, 23 juin 2008.
  58. interview sur le site du dalaï-lama.
  59. Raphaël Liogier, A la rencontre du Dalaï-Lama, Flammarion, Paris, 2008, p. 18-19
  60. (en) Two Monks from Panchen Lama's Monastery Commit Suicide, RFA.
  61. "Suicides" de deux Moines tibétains chargés de reconnaître le prochain dalai Lama.
  62. (en) Tibetan monks commit “suicide, ” victims of pre-Olympic repression.
  63. (en) Peter Popham, A change at the top, The Independent, 19 mai 2007
  64. (en) Karmapa Lama emerging a Tibet's new voice.
  65. Le dalaï lama prêt à quitter ses fonctions.
  66. Le dalaï-lama se retire du gouvernement tibétain en exil, Le Monde, 10 mars 2011.
  67. Audrey Garric, Le Dalaï-lama renonce à son rôle politique mais pas à son influence, 10 mars 2011, « Mais en 1990, par souci d'amorcer une démocratisation du régime, il cesse de nommer les membres du cabinet, désignés depuis par le Parlement. Puis, en 2001, il décide de modifier la Constitution : le gouvernement sera dirigé par un premier ministre, élu par les Tibétains en exil, soit près de 150 000 personnes – vote auquel ne participent pas les 6 millions de Tibétains de Chine. Le rôle politique du Dalaï-lama se voit alors restreint à des fonctions honorifiques, telles qu'un rôle de représentation sur la scène internationale ou la nomination de trois des quarante-trois députés du Parlement. »
  68. Tibet : opposition au retrait du dalaï-lama, AFP, 15 mars 2011
  69. Phurbu Thinley, Dalai Lama asks Tibetans to embrace democratic change, rejects parliament's resolution, Phayul, 19 mars 2011.
  70. (en) Dean Nelson, Dalai Lama reveals warning of Chinese plot to kill him, The Telegraph, 12 mai 2012.
  71. Revue contemporaine, p. 304
  72. J.F. Laharpe, Abrégé de l'Histoire générale des voyages, édition de 1820, tome VIII, p.332 (mise en ligne par Google). « Tous les prêtres tibétains, mongols et kalmouks s'accordent à dire que les excréments et l'urine du dalaï-lama sont considérés comme des choses sacrées ; les excréments, réduits en poudre, se portent au cou dans des reliquaires, servent à faire des fumigations dans les maladies, et sont même employés comme remèdes internes par les dévots. (...) Les lamas tirent un profit considérable de ces déjections sacrées. »
  73. La saveur du monde: une anthropologie des sens David Le Breton Éditions Métailié, 2006 p. 394
  74. John Gregory Bourke, Les Rites scatologiques, 1891. Édition française établie par Dominique G. Laporte, PUF, 1981.
  75. (en) Ladies and gents: public toilets and gender par Olga Gershenson, Barbara Penne, Temple University Press, 2009 p. 111.
  76. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 978-0-87477-888-5) : « Superstition is the enemy. We found that the people had more confidence in the laying on of hands and faith healing than in the ministration of the monks of the schools of medicine. The lamas often smear their patients with their holy spittle. Tsampa, butter, and the urine of some saintly man are made into a sort of gruel and administered to the sick. (…) Nothing ranks higher as a remedy for illness than objects that have belonged to the Dalai Lama. All the nobles used to show me with pride relics of the thirteenth Dalai Lama carefully sewn up in little silk bags ».
  77. (en) Robert W. Ford, Tibet Rouge. Capturé par l’armée chinoise au Kham, Olizane, 1999, pp. 39-40 (ISBN 978-2-88086-241-1) (il s'agit de la traduction de la réédition de 1990, préfacée par le dalaï-lama, d'un ouvrage paru pour la première fois en 1957 sous le titre Wind Between the Worlds, publié par la société David McKay).
  78. (en) Israel Epstein, Tibet transformed, New World Press (Beijing, 1983, 566 p., p. 389 : « "Cures" for illness were sold in the form of special chants, inscriptions, and pills compounded from the feces of Living Buddhas (a pill made of the Dalai Lama's could cost the equivalent of a year's income for an ordinary man). »
  79. (en) A. Tom Grunfeld, The making of modern Tibet, M. E. Sharpe, 1996, 352 pages, chap. Tibet as it used to be, p. 22.
  80. A. Tom Grunfeld, The making of modern Tibet, op. cit., p. 22 : « This last belief resulted in premium being placed on the urine and excrement (rolled up in pill form and swallowed) of highly incarnated monks and especially of the Dalai Lama. A Chinese refugee who was formerly a cadre involved with religious work recalled a Communist Party circular about the Dalai Lama's visit to Beijing in 1954. According to this report, the lama defecated into a gold-plated receptacle from which the feces were returned to Tibet to be made into medicine.49 »
  81. (en) : présentation de Lord of the Dance. The Mani Rimdu Festival in Tibet and Nepal, SUNYPRESS : « Richard J. Kohn was a Research Associate at the University of California, Berkeley and Director of the Buddhist Film Society/ International Buddhist Film Festival. Mani Rimdu was the subject of Kohn's classic documentary films Lord of the Dance/ Destroyer of Illusion and Destroyer of Illusion: The Secret World of a Tibetan Lama. »
  82. (en) Todd Lewis, College of the Holy Cross (en), In memoriam, Richard Kohn, 1948-2000 : « an expert on Tibetan Buddhist art and ritual who generously taught ».
  83. (en) Richard J. Kohn, Lord of the Dance. The Manu Rimdu Festival in Tibet and Nepal, State University of New York, SUNY series in Buddhist studies, 2001, 366 p., (ISBN 0791448916), p. 114 : « In Tibet, the urine and excrement of great lamas is prized for its medical qualities. Reputedly, the denizens of the village at the foot of the Potala once did a brisk trade in the Dalai Lama's excrement. ».
  84. (Wylie : bdud rtsi, tibétain : བདུད་རྩི་ ). Le terme bdub rtsi traduit le terme sanscrit amrta, l'élexir d'immortalité. Dans un contexte tantrique, on parle beaucoup de cinq ambroisies : urine, excréments, semence, chair et sang ; (en) Richard J. Kohn, Lord of the Dance. op. cit., p. 114 : « Trulshik Rinpoche compounds the pill substances from a variety of blessings (byin brlab). "Blessing" here refers to the hard dark-brown granular substance that lamas regularly give to those who seek audience with them. Each lama compounds his own blessings. They are also called "ambrosia" (bdud rtsi), or "ambrosial religious medicine" (bdud rtsi chos sman). The word bdud rtsi itself translates the Sanskrit term amrta, the divine "elixir of immortality" of Indian legend. It is an ambiguous term. In a Tantric context, there is much talk of five ambrosias: urine, excrement, semen, flesh, and blood. »
  85. (en) Robert Beér, The Handbook of Tibetan Buddhist Symbols.
  86. Évariste Huc, Souvenir d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine pendant les années 1844, 1845 et 1846, Paris, Le Clere, 1853, tome II, p. 344-345
  87. Évariste Huc, op. cit. p. 435
  88. Jean Dif, dans sa Chronologie en ligne, fait référence à la publication en 1667, en latin, de la China Illustrata d'Athanasius Kircher
  89. Voir le chapitre « Lobsang Gyatso » dans Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lama, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel, (ISBN 978-2-226-13317-5).
  90. Patrick French, Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, (ISBN 978-2-226-15964-9), p. 26-27 « Un des vieux moines allait répétant une histoire sans doute tirée des livres de voyages fantaisistes, ou peut-être du Dictionnaire philosophique de Voltaire. Selon cette légende, tous les lieux où déféquait un Dalaï Lama devenaient immédiatement un sanctuaire bouddhique, si bien que toutes sortes d'étrangers allaient être obligés de traiter l'endroit comme un lieux durable de pèlerinage. Il n'y aurait aucun moyen d'en interdire l'accès aux Orientaux qui allaient certainement venir nombreux adorer les excréments sacrés »

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