Der Spiegel

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53° 32′ 49″ N 9° 59′ 52″ E / 53.546966, 9.997749 ()

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Der Spiegel
Image illustrative de l'article Der Spiegel

Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Langue Allemand
Périodicité Hebdomadaire
Genre Généraliste
Diffusion 1 076 000 ex.
Date de fondation 1947
Ville d’édition Hambourg

Rédacteur en chef Wolfgang Büchner
ISSN 0038-7452
Site web Der Spiegel
Le siège de l'hebdomadaire à Hambourg

Der Spiegel (Le Miroir) est le plus grand et le plus influent hebdomadaire allemand d'investigation, créé par Rudolf Augstein en 1946-1947.

Ligne éditorialemodifier | modifier le code

Der Spiegel est un grand magazine d'enquêtes et d'investigation allemand de tendance centre gauche. À l'époque de sa création, la maquette du Spiegel, mais également sa ligne éditoriale étaient conçues à l'instar des titres américains Time et Newsweek. Cependant, ses articles sont plus fouillés que ceux de ces derniers. Un numéro compte environ 200 pages avec un ratio contenu/publicité de 2 pour 1. Les magazines français Le Point et L'Express sont influencés par le modèle du Spiegel.

Historiquemodifier | modifier le code

L'ancien siège du Spiegel

La création du magazinemodifier | modifier le code

À l’initiative de l’occupant britannique, un nouvel hebdomadaire, Diese Woche (Cette Semaine), voit le jour pour quelques numéros en novembre 1946. Mais à la suite d'un désaccord avec les Britanniques, le principal éditeur allemand, Rudolf Augstein, récupère le magazine et lui donne le nom de Der Spiegel. La première édition du Spiegel est publiée le samedi à Hanovre. Augstein cumule alors les fonctions d’éditeur du magazine et de rédacteur en chef (et ceci jusqu’à sa mort le ).

Après 1950, le magazine est la propriété conjointe de Rudolf Augstein et John Jahr, puis de Rudolf Augstein et Richard Gruner (1962). En 1969, Augstein rachète les parts de Gruner pour 42 millions de Deutsche Mark et devient ainsi l’unique propriétaire. Cette situation ne dure pas puisque Gruner et Jahr rachètent 25 % du titre en 1971. En 1974, Augstein restructure le journal et propose aux employés d’en devenir actionnaires.

En 1952, le magazine quitte Hanovre pour s’installer dans son propre bâtiment au cœur du vieux Hambourg.

Affaires et scandalesmodifier | modifier le code

Article détaillé : affaire du Spiegel.

Der Spiegel a une longue tradition d’investigation, notamment sur les mœurs politiques, et se surnomme lui-même Sturmgeschütz der Demokratie (pièce d'artillerie de la démocratie). Au début des années 1950, à la suite d'une accusation du Spiegel, le parlement fédéral allemand se voit contraint de lancer une enquête sur la corruption de membres du parlement lors du choix de Bonn (de préférence à Francfort) comme siège du gouvernement fédéral allemand.

Cet incident cimente alors l'image du magazine comme sentinelle de la démocratie.

En 1962, Der Spiegel publie un article concernant le bas état de préparation des forces armées allemandes. Le ministre de la Défense, Franz Josef Strauß, célèbre figure de la droite de l’époque, lance alors des investigations sur le Spiegel. Les bureaux du magazine et celui de Augstein sont alors saccagés par la police et plusieurs journalistes sont arrêtés sous la charge de trahison (Adenauer : « Ein Abgrund von Landesverrat »). Bien qu’il n’ait aucune autorité légale pour cela, Strauß s’assure même de l’arrestation de l’auteur de l’article, Conrad Ahlers, sur le sol espagnol, pendant ses vacances. Sans base légale, cette affaire secoue alors le gouvernement de Konrad Adenauer et Strauß est contraint à la démission.

Der Spiegel est alors vu comme le bastion de la liberté de la presse qui fait chuter l’administration plutôt que de plier sous la pression politique[réf. nécessaire]. Depuis, Der Spiegel a joué un rôle très important dans de nombreux scandales et affaires politiques.

Surtout à ses débuts, Der Spiegel représentait pour l'Allemagne de cette époque un tout nouveau type de journal à caractère critique et investigateur, sans le moindre respect du pouvoir politique et économique, toujours soucieux d'« abattre » des politiques ayant commis des erreurs et abusé du pouvoir. Ainsi rompait-il nettement avec le « Verlautbarungsjournalismus » (« journalisme de communiqués ») traditionnel. De plus, son style était marqué par une manière amusante de présenter les sujets politiques et économiques souvent racontés en tant qu'« histoires ».

Der Spiegel attirait d'emblée un lectorat relativement bien éduqué disposant d'un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne, d'où son attractivité pour la publicité qui a aussi considérablement contribué au succès économique du magazine.

Critiquesmodifier | modifier le code

Une des principales critiques faites au Spiegel concerne la langue utilisée par le magazine. Il est en effet connu pour avoir développé son propre jargon journalistique souvent assez sardonique.

En 1957 l’écrivain Hans Magnus Enzensberger publie son essai Die Sprache des Spiegels (La Langue du Spiegel) dans lequel il critique ce qu’il nomme une « objectivité feinte ». Wolf Schneider, un éminent journaliste et linguiste utilise les citations du magazine comme exemples de mauvais style allemand.

Pour contrer cette image, Der Spiegel a récemment rejoint les rangs des gardiens de langue avec la rubrique Zwiebelfisch de son site Web. Cette rubrique a même engendré un succès de librairie.

Certains critiques, en particulier le biographe d’Augstein et l’écrivain Otto Köhler, ancienne plume du magazine, ont également rapporté des liens entre le Spiegel et d’anciens nazis (d’anciens officiers SS notamment). Ils reprochent au magazine d’avoir distordu la réalité historique et protégé certains d’entre eux afin d’obtenir des informations sur le Troisième Reich tout en ayant, à une autre époque, exposé le passé nazi de personnalités publiques.

Certains politiques n’ont pas caché leurs aversions vis-à-vis du magazine : Franz Josef Strauß le surnommait « la Gestapo de notre temps » et le socialiste Willy Brandt le qualifiait de Scheißblatt (littéralement « feuille de merde »).

La revue a également publié des articles xénophobes anti-Italiens et anti-Polonais et publie régulièrement des articles anti-catholiques. Lors de la crise de la dette grecque, la revue a publié une couverture montrant un souvenir de Grèce prêt à prendre feu avec la mention « From Greece with love » (« Bons baisers de Grèce »); surfant sur un sentiment anti-grec très fort dans la population allemande.

Alors que des scandales d'abus sexuels commis par des membres du clergé catholiques, mais aussi par des pasteurs protestants éclataient, le Spiegel a publié une couverture provocante montrant un dessin représentant un cardinal dont on ne voit pas le visage se touchant les parties génitales sous le titre de « Die Scheinheiligen - Die katholische Kirche und der Sex ».

En 2010, alors qu'un membre du directoire de la Deutsche Bundesbank, Thilo Sarrazin, fait scandale en publiant le livre Deutschland schafft sich ab (en français : L'Allemagne court à sa perte) où il pose la question des politiques d'immigration et des conséquences de l'échec du multiculturalisme dans son pays, le magazine publie en une la photo de l'économiste avec ce titre : Sarrazin, héros populaire.

Développementmodifier | modifier le code

La diffusion et l’influence du Spiegel furent rapides. En 1947, le magazine tirait à 15 000 exemplaires. Ce tirage augmenta à 65 000 en 1948 puis 437 000 en 1961. Dans les années 1970, il atteint un plateau de 900 000 exemplaires. Depuis, sa diffusion a un peu fluctué mais sans grand changement. La barrière du million de lecteurs est franchie en 1990, probablement en raison de l’arrivée de nouveaux lecteurs de l’Allemagne de l’Est à la suite de la réunification.

L’influence du magazine repose sur deux piliers. Le premier est l’autorité morale établie par le journalisme d’investigation des premières années du Spiegel (renforcée par de nombreux scoops dans les années 1980). Le second pilier est la puissance de la maison d’édition du Spiegel qui s’est beaucoup diversifiée : production de programmes de télévision (depuis 1988), publication du mensuel Manager Magazin (de), publication de quatre hors-séries annuels.

En 1993, avec la création de l’hebdomadaire Focus, axé plus à droite, le Spiegel voit apparaître son rival le plus dangereux.

Spiegel Onlinemodifier | modifier le code

Article détaillé : Spiegel Online.

Le magazine en ligne Spiegel Online, plus connu sous le signe SPON, a été créé en 1994. D’abord accessible aux utilisateurs de CompuServe, le site web est créé environ six mois plus tard. Il devient rapidement le magazine en ligne le plus consulté en Allemagne avec environ 90 millions de visiteurs par mois (chiffres d'avril 2008).

Le contenu, produit par une rédaction spécifique au site, est complété par des informations issues d’autres agences de presse. Le site propose une sélection d’articles gratuits et le téléchargement payant du magazine au format PDF.

Le , une version internationale en anglais, Spiegel International, a été lancée.

Liste des rédacteurs en chefmodifier | modifier le code

À voir aussimodifier | modifier le code

Article connexemodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

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