Dion Cassius

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À ne pas confondre avec Dion de Pruse dont le cognomen est (aussi ?) Cocceianus.


Cassius Dion, en latin Lucius Claudius Cassius Dio (Cocceianus ?) (Nicée, Bithynie, v. 155-id., après 235) est un historien romain d'expression grecque.

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunessemodifier | modifier le code

Né en Bithynie à Nicée (nord de l'Asie mineure) vers 155, Dion Cassius est issu d'une famille sénatoriale : son père Marcus Cassius Apronianus a été consul suffect sous l'empereur Commode en 183-184 puis gouverneur de Lycie-Pamphylie, Cilicie et Illyrie-Dalmatie. Grâce à ce statut, Dion Cassius profita de nombreux voyages à Rome et en Italie tout en préservant un mode de vie grec.

Il suivit très probablement les leçons de sophistes, lui apprenant la rhétorique et la philosophie, puis partit vers Pergame pour continuer ses études et les finir à Rome où il apprit le droit romain ce qui lui permit de devenir avocat.

Cursus Honorummodifier | modifier le code

Sa situation familiale le prédestinait à suivre le cursus honorum. Il fut questeur en 188 à Rome ou en Orient selon les sources, puis fut préteur sous Septime Sévère (194 ou 195). Il s'attacha l'estime de celui-ci en écrivant et lui envoyant son premier écrit : Sur les rêves et présages, ouvrage qui montrait que l'avènement de l'empereur avait été annoncé auparavant. Cette légitimation du nouveau détenteur du pouvoir ne manqua pas de plaire à celui-ci d'autant que le jeune auteur lui dédia ensuite le récit des Guerres Civiles (197) qui avaient permis à l'empereur d'accéder au pouvoir. Après quelques années en dehors de Rome (certainement en charge de gouverneur dans une province), il prit les fonctions de consul suffect dans la capitale en 205-206.

Dion Cassius était un brillant haut fonctionnaire, discret mais efficace qui sut garder sa place dans une époque de fréquents changements de dynastie. Il fut toujours très proche des empereurs, amicus principis (ami du prince) et habitué des salons de Julia Domna, l'épouse de Septime Sévère qui recevait sophistes et hommes de lettres.

En 222, il reprit des fonctions, après 16 ans d'absence, en tant que proconsul d'Afrique puis partit pour la Dalmatie (223-225) et la Pannonie supérieure (225-229) afin de mater les émeutes de soldats.

En 229, il est consul éponyme avec l'empereur lui-même, honneur suprême du cursus honorum. Puis, quelque peu haï pour sa sévérité, Dion Cassius se retire à Nicée pour se consacrer entièrement à son Histoire Romaine et meurt vers 234-235.

Œuvres : Histoire Romainemodifier | modifier le code

Dion Cassius est surtout connu pour son Histoire Romaine, ouvrage de 80 livres qui retracent les 973 ans de la vie de Rome, de sa fondation à Alexandre Sévère en 229. Ne sont conservés intégralement que les livres 37 à 60, soit de 68 av. J.-C. à 47 apr. J.-C., les autres ne sont connus que par des abréviateurs comme les byzantins Xiphilin et Zonaras1.

En ce qui concerne la guerre des Gaules, les sources de Dion sont contemporaines des faits et s'appuient sur les récits de témoins oculaires2. Dion Cassius est catégorique sur la localisation de l'embuscade où Vercingétorix engagea toute la cavalerie gauloise la veille du siège: "chez les Séquanes". Ces sources sont différentes du texte de César, ce qui est d'un intérêt considérable. Le récit de la bataille de Sabis (Livre 39, 2) montre que les sources de Dion Cassius sont des notices remontant à des officiers de la VIII ème ou de la XI ème légion3.

Il lui fallut préalablement une dizaine d'années de documentation afin de rassembler toutes les informations nécessaires à l'écriture. Il commence probablement la rédaction vers 207 après avoir reçu les félicitations de l'empereur pour ses précédents ouvrages et surtout à la suite d'un songe dans lequel une divinité l'aurait encouragé à écrire une histoire des origines de Rome jusqu'à lui.

Prenant modèle sur le maître des historiens, Thucydide, Dion Cassius va pourtant s'en détacher en partie. Deux temps structurent l'œuvre, les cinquante premiers livres sont dédiés aux 723 premières années de Rome, de sa fondation à la bataille d'Actium en -31 et les trente derniers aux 250 années impériales. Une nette différence se fait sentir entre les deux. La période impériale est bien plus privilégiée que l'autre et devient une apologie de la monarchie impériale exaltant Auguste, le fondateur de la véritable monarchie. Pourtant, Dion Cassius se fait aussi le défenseur de sa classe, les sénateurs. Le dialogue fictif entre Mécène et Agrippa en est l'exemple même. Mécène est partisan d'une monarchie dont l'exécutif et le législatif (bien que ces deux notions ne soient pas encore clairement distinguées à l'époque romaine) seraient partagés avec les meilleurs éléments du Sénat.

Grâce à son expérience, Dion Cassius est un témoin important de son époque et un précieux commentateur des aspects politiques de l'Histoire mais il est peu fiable en ce qui concerne les institutions républicaines.

Sur le plan esthétique, l'Histoire de Dion Cassius se veut une imitation de celle de Thucydide, aspiration qui se traduit notamment par l'emploi d'un style attique "pur" et dans les discours, par la récurrence d'une structure binaire empruntée au style de Thucydide. Cependant, Dion Cassius s'éloigne de son modèle par son goût du merveilleux et par la place qu'il ménage aux prodiges et aux présages.

L'œuvre de Dion Cassius est encore aujourd'hui une des sources majeures pour la connaissance de la période impériale et notamment celle de l'époque de l'auteur puisque les détails fourmillent et sont plus exacts.

Autres Œuvresmodifier | modifier le code

Parmi les ouvrages attribués à Dion Cassius, trois ne sont probablement pas de lui :

  1. Une histoire du règne de Trajan, citée par la Souda : Reimar la regarde comme un écrit de Dion Chrysostome, aïeul maternel de notre historien, contemporain et ami de cet empereur.
  2. Un livre intitulé Persica, mentionné par la Souda, mais qui paraît être l'ouvrage de Dinon, souvent cité comme historien de la Perse.
  3. Un autre, ayant pour titre Getica : il en est question dans Jornandès, Suidas et Fréculphe. Philostrate l'attribue à Dion Chrysostome.

Les cinq suivants lui appartiennent :

  1. Une biographie du philosophe Arrien citée par Suidas, qui ne nous est pas parvenue.
  2. Un récit de ses voyages, Enodia, dont le même lexicographe fait mention, mais également perdu.
  3. Un écrit sur les prodiges et sur les songes qui annoncèrent l'avènement de Septime Sévère à l'empire : il est perdu.
  4. L'histoire de Commode : elle fut insérée plus tard dans l'histoire générale de Rome. Nous n'avons que l'abrégé de Xiphilin.
  5. L'histoire générale de Rome depuis les temps primitifs jusqu'au règne d'Alexandre Sévère. Elle se composait de 80 livres : le temps nous en a ravi plusieurs. La partie la plus complète est celle qui commence au livre XXXVII et finit au LIX inclus. Il ne reste que des fragments des 36 premiers livres : pour les livres LXI à LXXX, nous n'avons que l'abrégé de Xiphilin et quelques fragments.

Jacopo Morelli a retrouvé quelques fragments des livres LVC et LVI (Bassano, 1798).

Publicationsmodifier | modifier le code

En 1542, Claude Deroziers traduit la traduction italienne donnée par Nicolas Leonicene: Dion historien grec des faicts et gestes insignes des Romains..., premièrement traduit de grec en italien, par Messire Nicolas Leonicene,... et depuis, de italien en vulgaire francois, Paris, pour Arnoul et Charles les Angelier.

Publications anciennesmodifier | modifier le code

Les meilleures éditions de Dion Cassius, pour le Dictionnaire Bouillet, sont celles :

Il a été traduit :

Éditions depuis la fin du XIXe sièclemodifier | modifier le code

Aujourd'hui encore la base des travaux sur Dion reste l'édition critique complète qu'en donna en 1898 U.P. Boissevain. C'est en grande partie à partir de ce texte que fut réalisée l'édition et la traduction anglaise dans la collection Loeb, par E. Cary.

Source partiellemodifier | modifier le code

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Dion Cassius » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen 264–27 av. J.-C., Tome 1 Les structures de l’Italie romaine, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes », Paris, 2001 (1re éd. 1979), (ISBN 2-13-051964-4), p. 20
  2. G.Zecchini "Cassio Dione e la guerra gallica di Cesare"cf Bibliogrpahie
  3. J.-Y. Guillaumin "La reddition de Vercingétorix selon les auteurs anciens" cf Bibliographie
  4. édition

Bibliographiemodifier | modifier le code

Voir aussimodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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