Élisée Reclus

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Élisée Reclus

Description de l'image  EliseeReclusNadar.jpg.
Biographie
Naissance
Sainte-Foy-la-Grande (Gironde)
Décès
Torhout, Belgique
Vie universitaire
Formation Université de Paris (La Sorbonne)
Titres Professeur des universités
Médaille d’or de la Société de géographie de Paris (1892)
Approche disciplinaire Géographie sociale

Principaux travaux

Élisée Reclus
Élisée Reclus par Nadar (autour de 1900)
Élisée Reclus par Nadar (autour de 1900)

Naissance
Sainte-Foy-la-Grande (Gironde)
Décès (à 75 ans)
Torhout, Belgique
Type de militance activistethéoricienpropagandistegéographe
Cause défendue communisme libertaire
anarchisme

Élisée Reclus, de son nom complet Jean Jacques Élisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) le et mort à Torhout en Belgique le , est un géographe libertaire1,2,3,4,5.

Communard, militant et théoricien anarchiste, il fut un pédagogue6 et un écrivain prolifique. Membre de la Première Internationale, il rejoint la Fédération jurassienne après l'exclusion de Michel Bakounine. Avec Pierre Kropotkine et Jean Grave, il participe au journal Le Révolté7.

En 1892, il est invité par l’Université libre de Bruxelles qui lui offre une chaire de géographie comparée. Mais le cours est suspendu fin 1893, suite à l'attentat d'Auguste Vaillant à Paris. En octobre 1894, avec d'autres professeurs démissionnaires, il crée alors l'Université nouvelle de Bruxelles dont les premiers cours se donnent dans les locaux de la loge maçonnique Les Amis philanthropes.

Précurseur de la géographie sociale, de la géopolitique et de l'écologie, ses ouvrages majeurs sont Histoire d’un ruisseau, sa Géographie universelle en 19 volumes et L'Homme et la Terre en 6 volumes.

La revue Hérodote le considère comme l'un des géographes les plus importants de son temps, au point d'avoir consacré deux numéros entiers à son œuvre en 1981 et 2005.

Biographiemodifier | modifier le code

Élisée Reclus par Nadar (sans date)

Famillemodifier | modifier le code

Son père Jacques Reclus, né en 1796, était pasteur calviniste français (tout d’abord rémunéré par l’État, puis indépendant) et a aussi été quelques années professeur au collège protestant de Sainte-Foy-la-Grande. Le pasteur eut, avec son épouse Zéline Trigant (née en 1805), dix-sept enfants (dont trois ne survécurent pas à la naissance).

Élisée Reclus est le frère du journaliste Élie Reclus, du géographe Onésime Reclus, de l'explorateur Armand Reclus, du chirurgien Paul Reclus, le cousin germain de Pauline Kergomard née Ducos, fondatrice des écoles publiques maternelles françaises et l'oncle de Paul Reclus qui le seconde dans ses travaux à la fin de sa vie.

Années de formationmodifier | modifier le code

Quatrième enfant du pasteur Jacques Reclus, Élisée est élevé jusque vers l’âge de 13 ans par ses grands-parents maternels, à La Roche-Chalais en Dordogne, à la suite de la décision prise par son père de ne plus être pasteur rétribué. En 1838 il regagne le foyer parental, à Orthez, après le décès de son grand-père. En 1843 son père, qui souhaite le destiner à une charge de pasteur, l’envoie rejoindre son frère Élie à Neuwied, en Prusse sur les bords du Rhin, dans un collège tenu par les Frères Moraves. Mais Élisée supporte mal le caractère superficiel de l’enseignement religieux de cette école : il rentre en 1844 à Orthez en passant par la Belgique. Son séjour à Neuwied ne fut cependant pas entièrement négatif : il eut l’occasion d’y apprendre des langues vivantes (allemand, anglais, néerlandais), et le latin, ainsi que d’y rencontrer des personnalités qu’il revit plus tard.

Élevé pendant quelques années par une sœur de sa mère à Sainte-Foy, il est inscrit au collège protestant de cette ville pour y préparer le baccalauréat. Il rencontre vraisemblablement à cette période un ancien ouvrier parisien ce qui lui permet de lire Saint-Simon, Auguste Comte, Fourier et Lamennais.

En 1848 Élisée et Élie s’inscrivent à la faculté de théologie protestante de Montauban. Ils en sont exclus en 1849 à la suite d’une fugue qu’ils firent en juin vers la Méditerranée. C’est sans doute au cours de ces années qu’il prit goût à ce qui devait devenir sa conception de la géographie sociale. Élisée décide alors d’abandonner définitivement les études théologiques. Il se rend cependant au collège de Neuwied où il est engagé comme maître répétiteur. Très vite il est à nouveau déçu par l’atmosphère du collège qu’il quitte pour se rendre à Berlin (1851). Vivant assez chichement de leçons de français, il s’inscrit à l’université pour y suivre les cours du géographe allemand Carl Ritter.

En septembre 1851 Élisée retrouve son frère Élie à Strasbourg et ensemble ils décident de rentrer à Orthez en traversant la France, à pied, ce qui a certainement contribué à former son caractère. C’est à cette époque qu’il rédige son premier texte anarchisant qui est publié bien plus tard, en 1925 (Développement de la liberté dans le monde).

Exilmodifier | modifier le code

À Orthez, apprenant le coup d’État du 2 décembre 1851, les deux frères manifestent publiquement leur hostilité au nouveau cours des choses. Menacés d’être arrêtés, ils s’embarquent pour Londres où ils connaissent l’existence miséreuse des exilés.

Après avoir séjourné en Angleterre et en Irlande (où il est ouvrier agricole), Élisée quitte Liverpool pour les États-Unis à la fin de 1852 et débarque à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, début 1853. Il y exerce divers petits métiers (dont celui d’homme de peine), puis il est embauché comme précepteur des trois enfants d’une famille de planteurs d’origine française (les Fortier) de la région de La Nouvelle-Orléans. C’est au cours de cette période, où il observa de près le système esclavagiste qu’il a acquis sa haine de l’exploitation de l’homme par l’homme. Pendant ses vacances, il visite le Mississippi et va même jusqu’à Chicago. Élisée, partisan du droit de chaque homme à la liberté, ne supporte pas l'esclavagiste famille Fortier, et la quitte pour se rendre en Nouvelle-Grenade (actuellement la Colombie) afin d’y réaliser un projet d’exploitation agricole à Riohacha, dans la Sierra Nevada de Sainte Marthe. Malgré l’aide financière consentie par la famille Fortier pour son projet, des difficultés de toutes sortes (notamment la maladie), s’accumulent devant lui, l’empêchant de mener à bien son projet de créer une plantation de café.

Retour en Francemodifier | modifier le code

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Reclus-elisee.jpg

En juillet 1857, Élisée s’embarque pour rentrer en France et il se fixe désormais chez son frère Élie à Paris. Tout en donnant des cours de langues étrangères, Élisée s’engage dans ce qui allait par la suite devenir sa principale occupation : il entre dans la Société de géographie. Fin 1858, il retourne à Orthez en compagnie de son père qui revenait d’Angleterre où il était allé chercher des aides financières pour un asile de vieillards qu’il avait créé dans son village. Le 14 décembre de la même année Élisée se marie civilement avec Clarisse Brian et il retourne à Paris chez Élie.

En 1860, en compagnie d’Élie, Élisée est admis dans une loge maçonnique (les Émules d’Hiram). Il n’y fut jamais actif et au bout d’un an, il quitte la franc-maçonnerie, ne supportant pas l’esprit qui y régnait. La maison Hachette décide d’employer Élisée pour rédiger des guides pour voyageurs (guides Joanne), ce qui va l’amener à parcourir de nombreux pays européens (Allemagne, Suisse, Italie, Angleterre, Sicile, Espagne…).

En 1862 Élisée se rend à Londres à l’occasion de l’Exposition universelle.

Dans le courant de l'année 1863 les deux frères vont s’installer à Vascœuil (Eure, Haute Normandie) chez leur ami Alfred Dumesnil, gendre de Jules Michelet. Adèle Dumesnil, la fille de l'historien étant décédée en 1855, Dumesnil, veuf, épouse en 1871 Louise Reclus, sœur d'Élisée et d'Élie.

Le , en collaboration avec plusieurs personnes (dont son frère Élisée), Élie fonde une banque (la société du Crédit au Travail) dont le but était d’aider à la création de sociétés ouvrières. Dans le même temps Élie s’occupe de la publication d’un journal (l’Association) dont il est à la fois le directeur et le principal rédacteur ; pendant ses absences, il est remplacé par Élisée. Mais l’expérience du Crédit au Travail s’achève sur un constat d’échec en 1868.

En septembre 1864 les deux frères Élie et Élisée adhèrent à la section des Batignolles de l’Association internationale des travailleurs (AIT, fondée le 28 septembre à Londres). En novembre de la même année Élie et Élisée rencontrent Bakounine (à Paris) avec qui ils entretiendront des liens amicaux et politiques forts. Ils militent ensemble à la Fraternité Internationale, société secrète fondée par Bakounine. En 1865 Élisée se rend à Florence, où il revoit Bakounine et fait la connaissance de révolutionnaires italiens.

En 1867 Élisée Reclus participe à deux réunions internationales : du 2 au 7 septembre, deuxième Congrès de l’AIT à Lausanne ; du 9 au 12 septembre, premier Congrès de la Ligue de la Paix et de la liberté à Genève. Du 21 au 25 septembre 1868 il participe activement au 2e Congrès de la Ligue de la Paix et de la Liberté, à Berne. Il y fait une intervention que l’on considère généralement comme sa première adhésion publique à l’anarchisme. Élisée, Bakounine et quelques autres s’opposent à la majorité des congressistes sur la question de la décentralisation. Ils en tirèrent les conséquences en quittant la Ligue.

Le 22 février 1869 la femme d’Élisée, Clarisse, décède, ce qui va passablement le perturber et l’éloigner temporairement de l’action politique. Du 6 juillet au 17 août 1869, Élisée est invité à une séance du Conseil général de l’Internationale à Londres. Il rédige cette même année son Histoire d’un ruisseau.

Soucieux de donner un foyer à ses filles (à la mort de leur mère, elles furent confiées à deux sœurs d’Élisée habitant le midi de la France), il s’unit librement à Fanny Lherminez, lors d’une réunion de famille en mai 1870. La même année Élisée s’engage comme volontaire dans la Garde mobile, puis dans le bataillon des aérostiers, aux côtés de son ami Nadar.

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, puis de la Commune de Paris, Élisée s’engage activement dans l’action politique. Il commence par se présenter aux élections législatives de février 1871, puis, après la proclamation de la Commune (), s'engage comme volontaire dans la Garde nationale. À L'occasion d'une sortie à Châtillon, il est fait prisonnier par les Versaillais (4 avril 1871). Il est emprisonné à Quélern, puis à l’île de Trébéron (près de Brest), enfin à Saint-Germain-en-Laye et Versailles.

Bannissementmodifier | modifier le code

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Le , le Conseil de guerre le condamne à la déportation simple (transportation) en Nouvelle-Calédonie. Une pétition internationale regroupant essentiellement des scientifiques anglais et américains et réunissant une centaine de noms (dont vraisemblablement Darwin), obtient que la peine soit commuée en dix années de bannissement. Pendant toute cette période d’emprisonnement, et malgré des conditions peu favorables, Élisée commence à rédiger certains de ses grands textes géographiques : Histoire d’une montagne, ainsi que les premiers éléments de sa Nouvelle Géographie universelle, dont la publication est poursuivie très régulièrement jusqu’en 1894.

À la suite de la décision de bannissement prononcée par le Conseil de guerre, Élisée et sa famille se rendent en Suisse, à Lugano puis à Vevey où ils resteront quelque temps. Il assiste au congrès de la Paix de Lugano (septembre 1872), et fonde une section internationaliste en 1876 à Vevey, avec son ami cartographe Charles Perron, qui dessina pour lui dans la Nouvelle Géographie Universelle. La section publie un journal, Le Travailleur, prônant notamment l'éducation populaire et libertaire8.

En février 1874 sa compagne Fanny meurt en couches. Le 10 octobre 1875, il épouse Ermance Trigant-Beaumont (née Gonini) et le couple se fixe à Clarens en Suisse romande, sur les bords du Léman, où il reste jusqu’en 1891. Pendant toute cette période il reçoit de nombreux révolutionnaires (dont Kropotkine). Il continue aussi à voyager (Algérie, États-Unis, Canada, puis Brésil, Uruguay, Argentine et Chili) ; en février 1886, il se rend à Naples et y rencontre le révolutionnaire hongrois Kossuth. Au début de 1891, Élisée et sa famille se fixent à Sèvres. En 1892, il reçoit la médaille d’or de la Société de géographie de Paris.

Bruxelles et l’Université nouvellemodifier | modifier le code

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Cette même année, à la suite de la condamnation de Ravachol, la situation devenant dangereuse pour lui, il décide d’accepter une proposition de l’Université libre de Bruxelles (ULB) qui lui offre une chaire de géographie comparée en lui décernant le titre de docteur agrégé.

Ce cours doit prendre place en mars 1894, mais deux événements vont intervenir qui vont changer l'histoire. Le 9 décembre 1893, Auguste Vaillant lance une bombe à la Chambre des députés à Paris. Le géographe en est jugé moralement responsable. Au même moment, un texte de Reclus intitulé « Pourquoi sommes-nous anarchistes ? »9, est diffusé sur le campus universitaire. Dans ce texte, il condamne la bourgeoisie, les prêtres, les rois, les soldats, les magistrats qui ne font qu’exploiter les pauvres pour s’enrichir. C'est un véritable appel à la révolution : l’unique moyen d’arriver à l’idéal anarchiste, c’est-à-dire à la destruction de l’État et de toutes autorités, par « l'action spontanée de tous les hommes libres ». Dès lors, les événements vont se succéder rapidement10.

En sa séance du 30 décembre 1893, le conseil d'administration de l'ULB prie Élisée Reclus de reporter son cours sine die, ce qui provoque la démission du recteur de l'université Hector Denis, et de plusieurs professeurs. C’est à ce moment que surgit l’idée de créer une institution concurrente, l'Université nouvelle de Bruxelles, répondant mieux à leurs convictions philosophiques, matérialistes et positivistes, d'autant que plusieurs professeurs étrangers sont prêts à venir y donner cours. Le 30 janvier 1894, alors que l’Université libre de Bruxelles est fermée pour une durée indéterminée, les premiers cours sont donnés, rue du Persil à Bruxelles, dans les locaux de la Loge maçonnique « Les Amis philanthropes », elle-même à l’origine de la fondation de l’ULB. L'Université nouvelle de Bruxelles est fondée officiellement le 25 octobre 1894 : elle sera ouverte aux théories positivistes et basée sur le libre examen10.

Les cours d’Élisée Reclus attirent énormément de monde, une manifestation étudiante suit sa première conférence. Son frère Élie le rejoint pour y donner des cours de mythologie. Des personnalités éminentes y enseigneront : Émile Vandervelde, Louis de Brouckère, Paul Janson, Edmond Picard, etc.11,12,10.

L’Université Nouvelle existe jusqu’en 1919, date à laquelle elle fusionne avec l’Université Libre de Bruxelles, mettant fin au conflit entre libéraux doctrinaires et progressistes10.

La rencontre avec Alexandra David-Néelmodifier | modifier le code

C'est en 1886 qu'Élisée Reclus va rencontrer à Bruxelles une jeune fille appelée à devenir célèbre par la suite : Alexandra David-Néel. Il a cinquante-six ans, elle en a dix-huit. Une forte amitié se noue entre eux, qui ne cesse qu'à la mort d'Élisée. Il eut sur sa jeune admiratrice une influence certaine : le premier ouvrage écrit par Alexandra David (Pour la vie) parut en 1898 avec une préface d'Élisée Reclus. Ils s'écrivirent à plusieurs reprises, notamment lors du séjour d'Alexandra à Hanoï, en 1895.

En 1893 Élisée se rend à Florence pour témoigner dans un procès d’anarchistes italiens, qui sont relaxés. En 1898, il a la douleur de perdre sa fille cadette. Il fonde l’Institut géographique, qui dépend de l’Université nouvelle. Cette même année, il crée aussi une société d’édition de cartes géographiques qui fait faillite en 1904. C'est aussi au cours des années 1890 qu'il se lance dans un projet de construction d'un grand Globe, destiné à représenter fidèlement la Terre avec une maquette de plus de 127,5 mètres de diamètre, à l'échelle 1:100 00013. Ce projet, qui devait être réalisé pour l'Exposition universelle de 1900, réunit Reclus, Charles Perron, l'urbaniste Patrick Geddes pour réaliser le relief de l'Écosse8.

Entre 1896 et 1901, il fournit plusieurs mémoires importants aux journaux scientifiques français, allemands et anglais14.

En 1903, il demande à son neveu Paul Reclus de s'établir à Bruxelles pour l'aider à terminer l'édition de L'Homme et la Terre, « publiée après sa mort (1905-1908) sous le contrôle vigilant de son neveu Paul Reclus »15,16.

Durant les dernières années de sa vie, Élisée Reclus qui souffre d’angine de poitrine, voyage encore (France, Angleterre, Écosse, Berlin).

Fin juin 1905, il apprend la révolte des marins du cuirassé Potemkine, ce qui constitue l’une de ses dernières joies.

Il meurt le 4 juillet 1905 à Torhout, près de Bruges. Conformément à ses dernières volontés, aucune cérémonie n’eut lieu : seul son neveu Paul Reclus suit le cercueil17,18. Il est enterré au cimetière d’Ixelles (commune faisant partie de l'agglomération de Bruxelles), dans la même tombe que son frère Élie mort l’année précédente.

Il est apparenté à Franz Schrader (1844-1924), géographe, alpiniste, cartographe et peintre paysager, fils de sa cousine germaine Marie-Louise Ducos, ainsi qu'à Élie Faure (1873-1937), critique d'art.

Les idées d’Élisée Reclusmodifier | modifier le code

L'Homme et la Terre (1905-1908).

Le bannissement politique d’Élisée Reclus pour ses idées anarchistes a certainement été à l’origine de l’oubli relatif dans lequel il est aujourd’hui. Ce qui est cependant remarquable, c’est que, bien qu’Élisée Reclus ait toujours refusé d’être pris pour un « maître », on le présente souvent comme le fondateur de certains mouvements, ce qu’il n’aurait jamais accepté. Il a beaucoup écrit, notamment des articles, dans lesquels il développait ses idées ; à aucun moment il n’a imposé celles-ci. Minoritaire, il préférait se retirer du débat ; on peut ainsi citer au moins trois exemples de cette attitude. Tout d’abord en quittant la franc-maçonnerie où il ne se sentait pas à l’aise. Ensuite au congrès de la Ligue de la Paix à Berne en 1868. Enfin lorsque la maison Hachette lui imposa de mettre ses idées sociales en retrait lors de la rédaction de la Nouvelle Géographie universelle. En ce qui concerne les idées religieuses, Élisée Reclus, bien que formé dans sa jeunesse pour devenir pasteur, s’est complètement détaché de la religion et chacun des actes de sa vie en a été la démonstration la plus claire.

Il croyait en la valeur du progrès qui seul, pensait-il, pouvait apporter une amélioration des conditions de vie et des relations entre les hommes. Cependant, l'homme se devait de vivre en accord avec son milieu, qu'il se devait d'entretenir ; de plus, le progrès s'accompagne de "régrès", de régressions qui inscrivent les évolutions dans une problématique dialectique. Ainsi, dans L’Homme et la Terre il revient à de nombreuses reprises sur cette idée : « Le fait général est que toute modification, si importante qu’elle soit, s’accomplit par adjonction au progrès de régrès correspondants » (tome VI p° 531). Reclus ne désapprouvait pas l'action de l'homme sur la nature, mais cette dernière devait répondre à des critères sociaux, moraux et esthétiques19.

Pour certains penseurs, dont Yves Lacoste, il serait le père de la réflexion géopolitique française (même si Reclus n'emploie jamais ce mot dans son œuvre).

L'un des aspects les plus marquants de la personnalité d'Élisée Reclus concerne, outre ses idées libertaires et anarchistes, sa faculté de penser et d'agir par lui-même. Autrement dit, sa libre pensée. En effet, avec ses frères, quelques amis et certains membres de sa famille, le géographe anarchiste adhère très tôt à la Fédération de la libre pensée créée en 1848, qui deviendra la Fédération nationale de la libre pensée (Paris).

L’anarchistemodifier | modifier le code

Reclus - L’Anarchie, 1896.djvu

Il s’agit sans doute de ce qui le définit en premier lieu. Élisée Reclus rédige de très nombreux articles, des dizaines de brochures, prononce nombre de conférences sur le thème de l’anarchie. Il est le premier à utilisé le mot anarchie dans un sens positif, Proudhon ne s’en était servi qu’accessoirement et de façon contradictoire.

Il est aussi un militant qui participe à des congrès d’organisations ouvrières comme l'Association internationale des travailleurs, la Fédération jurassienne, la Ligue de la Paix et de la liberté. Il est en relation avec les grandes figures révolutionnaires de l'époque : Bakounine, Kropotkine, Dumartheray, Jean Grave, James Guillaume, Max Nettlau, etc. De nos jours, c'est toujours une référence pour les mouvements libertaires.

La franc-maçonneriemodifier | modifier le code

Le 11 mars 1868, Élisée Reclus est initié en franc-maçonnerie20 à la loge Les Émules d'Hiram du Grand Orient de France à Paris21. Son frère Élie est initié à la Loge Renaissance.

Élisée se contente de l'initiation22. Au bout d'un an, il s’en détache et ne fréquente, à nouveau, les loges que lors de son dernier exil à Bruxelles, pour y donner de nombreuses conférences sur l'anarchie21,23. Même s'il ne fut jamais un franc-maçon actif, sa présence à Bruxelles en 1894, a une importance déterminante sur la Maçonnerie belge, et notamment sur la loge Les Amis philanthropes24.

L’union libremodifier | modifier le code

Élisée Reclus eut trois épouses, avec chacune desquelles le contrat social fut différent. Une constante fut cependant très marquée : il refusa toujours le mariage religieux.

  • La première, Clarisse, qu’il épousa civilement à Orthez le 14 décembre 1858, et dont il eut deux filles, avait des origines Peul (sa mère était une Peul du Sénégal qui avait épousé un armateur bordelais). Élisée et Clarisse vécurent dix ans ensemble jusqu'à la mort de cette dernière en février 1869. Ce mariage avait une signification toute particulière pour l’antiesclavagiste de retour de Louisiane.
  • Il s’unit avec la seconde, Fanny, en union libre (mariage « sous le soleil ») en mai 1870, à Vascœuil. Une très grande unité de vues entre les deux époux se manifesta tout au long de leur courte vie commune. Fanny mourut en mettant au monde un enfant qui ne vécut pas, en février 1874.
  • C’est avec la dernière épouse (Ermance Gonini, qui lui survécut) qu’il passa les trente dernières années de sa vie. Ils se marièrent civilement à Zurich en octobre 1875. Ils n’eurent aucune descendance.

À l’occasion des unions libres de ses deux filles célébrées simultanément, il prononça une allocution dans laquelle étaient détaillées ses principales idées sur le mariage et l’éducation des enfants.

Le géographemodifier | modifier le code

Illustration dans Géographie Universelle
Un exemple d'illustration dans La Nouvelle Géographie Universelle : Le Lac de Sete Cidades

Il s’agit certainement de la définition d’Élisée Reclus la plus connue du grand public. Suivant des idées (le naturalisme) déjà développées par Carl Ritter (le géographe allemand du XIXe siècle), Élisée Reclus observa la nature et en déduisit de nombreux ouvrages de géographie (la Nouvelle Géographie universelle, en 19 tomes, et L'Homme et la Terre sont sans doute les plus connus) que l’on peut considérer comme une première tentative de faire de la géographie sociale : pour Reclus, il s’agissait d’inclure l’Homme dans le processus géographique. Il réfléchit aussi intensément à l’enseignement de la géographie et souhaitait mettre à la portée de chacun des outils originaux de compréhension (Projet de globe terrestre au 10 000e en collaboration avec l'architecte Louis Bonnier25). Élisée Reclus se qualifiait volontiers de « géographe, mais anarchiste ».

Pour son travail de géographe, ses engagements anarchistes lui ont assuré un réseau d'informateurs dans le monde entier, mais lui ont également fermé les portes de la reconnaissance universitaire française pendant le XXe siècle26.

L’espérantomodifier | modifier le code

Élisée Reclus appelle de ses vœux une langue universelle qui ne viendrait pas se substituer aux langues maternelles mais qui serait une langue vraiment commune à l’humanité entière. Cette langue ne peut pas être une langue ancienne : « à de nouveaux pensers il faut un instrument nouveau. Nulle langue moderne ne convient non plus au rôle de véhicule universel de l’intelligence humaine »27. Il cite l'espéranto en exemple et se réjouit du fait que dix ans seulement après son invention, il réunisse déjà quelques 120 000 adeptes28.

Le naturismemodifier | modifier le code

Élisée Reclus pensait que la nudité était l'un des moyens de développer la socialisation entre individus, il en vantait les bienfaits hygiéniques moralement comme physiologiquement, et il la mettait en perspective dans de vastes vues englobantes sur l'histoire et la géographie des cultures. Certains le considèrent comme le fondateur du naturisme.

Le végétarienmodifier | modifier le code

Très tôt rebuté par la viande, Élisée Reclus fut un « légumiste » convaincu, comme il aimait à le dire. Il partageait cette conception avec son frère Élie.

Citationsmodifier | modifier le code

Sur la moralemodifier | modifier le code

« Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. Des deux côtés. comme tyran ou comme esclave, comme préposé ou comme subordonné, l'homme s'amoindrit. La morale qui naît de la conception actuelle de l'État, de la hiérarchie sociale, est forcément corrompue. "La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse", nous on enseigné les religions, elle est le commencement de toute servitude et de toute dépravation, nous dit l'histoire. » 18 juillet 1892, Correspondance29

Sur la famillemodifier | modifier le code

« C’est dans la famille surtout, c’est dans ses relations journalières avec les siens que l’on peut le mieux juger l’homme : s’il respecte absolument la liberté de sa femme, si les droits, la dignité de ses fils et de ses filles lui sont aussi précieux que les siens, alors la preuve est faite ; il est digne d’entrer dans une assemblée de citoyens libres ; sinon, il est encore esclave, puisqu’il est tyran. » L'Homme et la Terre, 190530

Sur l'anarchiemodifier | modifier le code

« Notre destinée, c'est d'arriver à cet état de perfection idéale où les nations n'auront plus besoin d'être sous la tutelle d'un gouvernement ou d'une autre nation; c'est l'absence de gouvernement, c'est l'anarchie, la plus haute expression de l'ordre. » Le développement de la liberté dans le monde, 185131,32.

« Pour que l’anarchie triomphe, il faut qu’elle soit déjà une réalité concrète avant les grands jours qui viendront. » Aux compagnons, Les Entretiens politiques et littéraires, juillet 189233

Sur la révolutionmodifier | modifier le code

« [...] l’équilibre rompu d’individu à individu, de classe à classe, se balance constamment autour de son axe de repos : le viol de la justice crie toujours vengeance. De là, d’incessantes oscillations. Ceux qui commandent cherchent à rester les maîtres, tandis que les asservis font effort pour reconquérir la liberté, puis, entraînés par l’énergie de leur élan, tentent de reconstituer le pouvoir à leur profit. Ainsi des guerres civiles, compliquées de guerres étrangères, d’écrasements et de destructions, se succèdent en un enchevêtrement continu, aboutissant diversement, suivant la poussée respective des éléments en lutte.Ou bien les opprimés se soumettent, ayant épuisé leur force de résistance : ils meurent lentement et s’éteignent, n’ayant plus l’initiative qui fait la vie ; ou bien c’est la revendication des hommes libres qui l’emporte, et, dans le chaos des événements, on peut discerner de véritables révolutions, c’est-à-dire des changements de régime politique, économique et social, dus à la compréhension plus nette des conditions du milieu et à l’énergie des initiatives individuelles. » L’Homme et la Terre, préface du tome I, 190534.

« Il est cependant des esprits timorés qui croient honnêtement à l’évolution des idées, qui espèrent vaguement dans une transformation correspondante des choses, et qui néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, presque physique, veulent, au moins de leur vivant, éviter toute révolution. Ils l’évoquent et la conjurent en même temps : ils critiquent la société présente et rêvent de la société future comme si elle devait apparaître soudain, par une sorte de miracle, sans que le moindre craquement de rupture se produise entre le monde passé et le monde futur. Êtres incomplets, ils n’ont que le désir, sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir. » L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, 190235.

Sur le votemodifier | modifier le code

« Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n’est ni votant, ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage. [...] Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir. Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement. » Le Révolté, octobre 188536.

Sur le progrèsmodifier | modifier le code

« De quels chants de triomphe en l’honneur du progrès n’ont pas été accompagnées les inaugurations de toutes les usines industrielles avec leurs annexes de cabarets et d’hôpitaux ! Certes, l’industrie amena de réels progrès dans son cortège, mais avec quel scrupule il importe de critiquer les détails de cette grande évolution ! Les misérables populations du Lancashire et de la Silésie nous montrent que tout n’a pas été progrès sans mélange dans leur histoire ! Il ne suffit pas de changer d’état et d’entrer dans une classe nouvelle pour qu’on acquière une plus grande somme de bonheur. » L’Homme et la Terre, tome VI, 190537.

« [...] prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même, embrasser du regard nos origines, notre présent, notre but rapproché, notre idéal lointain, c’est en cela que consiste le progrès. » L’Homme et la Terre, tome VI, 190538,39.

Sur l'écologiemodifier | modifier le code

« La question de savoir ce qui dans l’œuvre de l’homme sert à embellir ou bien contribue à dégrader la nature extérieure peut sembler futile à des esprits soi-disant positifs : elle n’en a pas moins une importance de premier ordre. Les développements de l’humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante. Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi,là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations successives, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la terre nourricière. Ils abattaient les forêts, laissaient tarir les sources et déborder les fleuves, détérioraient les climats, entouraient les cités de zones marécageuses et pestilentielles ; puis, quand la nature, profanée par eux, leur était devenue hostile, ils la prenaient en haine, et, ne pouvant se retremper comme le sauvage dans la vie des forêts, ils se laissaient de plus en plus abrutir par le despotisme des prêtres et des rois. » Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, La Revue des deux mondes, n°63, 15 mai 186640.

Sur le naturismemodifier | modifier le code

« Au fond, il s’agit de savoir lequel, du nu ou du vêtement, est le plus hygiénique, le plus sain pour développement harmonique de l’homme au physique et au moral. Quant au premier cas, il ne peut y avoir aucun doute. Pour les hygiénistes, c’est une question jugée que celle de la nudité. Il n’est pas douteux que la peau reprend de sa vitalité et de son activité naturelles quand elle est librement exposée à l’air, à la lumière, aux phénomènes changeants du dehors. La transpiration n’est plus gênée ; les fonctions de l’organe sont rétablies ; il redevient plus souple et plus ferme à la fois ; il ne pâlit plus comme une plante isolée privée de jour. Les expériences faites sur les animaux ont prouvé aussi que, lorsque la peau est soustraite à l’action de la lumière, les globules rouges diminuent de même que la proportion d’hémoglobine. C’est dire que la vie devient moins active et moins intense. Encore un exemple de ce fait, que les progrès de la civilisation ne sont pas nécessairement des progrès et qu’il importe de les soumettre au contrôle de la science. » La question des vêtements et de la nudité, L'Homme et la Terre41

Commentairesmodifier | modifier le code

Pour le géographe et géopoliticien, Yves Lacoste dans la revue Hérodote en 2005 : « Élisée Reclus nous a énormément apporté et depuis une vingtaine d’années notamment depuis la redécouverte de son œuvre, l’école géographique française, pour d’autres raisons a progressé. Il fut un homme du XIXe siècle qui, comme bien d’autres hommes de haute culture, avait l’espérance d’un monde meilleur et ses convictions libertaires, et en vérité sa religiosité profonde, le rendaient à la fois plus lucide à moyen terme et plus utopique pour l’avenir. Nous vivons dans un monde qui a perdu ses illusions et où l’on raisonne en termes de dangers quant à l’avenir de la planète. C’est une raison majeure de nous interroger sur notre position à l’égard de l’œuvre d’Élisée Reclus »42.

Pour la naturaliste et historienne Valérie Chansigaud : « le géographe Élisée Reclus, l’un des premiers à étudier la place de l’espèce humaine dans la nature après les révolutions industrielles, pose les bases de ce qui s’appellera plus tard l’écologie. »43

Œuvresmodifier | modifier le code

L Homme Et La Terre 1.jpg
Reclus - La Peine de mort.djvu
Reclus - À mon frère le paysan.djvu

Ouvrages de géographiemodifier | modifier le code

  • Nouvelle Géographie universelle, la terre et les hommes, 19 volumes, Paris, Hachette, 1876-1894, BNF.
  • L’Homme et la Terre, 6 volumes, Paris, Librairie universelle, 1905-1908, préface au tome 1.
  • Guide du voyageur à Londres et aux environs, Guides Joanne, Hachette, Paris, 1860.
  • Voyage à la Sierra Nevada de Sainte Marthe. Paysages de la nature tropicale, Hachette, Paris, 1861.
  • Les Villes d’hiver de la Méditerranée et les Alpes maritimes, Guides Joanne, Hachette, Paris, 1864.
  • Introduction au Dictionnaire des Communes de France, en collaboration avec Élie Reclus, Hachette, Paris, 1864.
  • La Terre. Description des phénomènes de la vie du globe, Hachette, Paris, 1868.
  • Histoire d’un ruisseau, Paris, Hetzel, 1869, texte intégral ; Infolio éditions, 2010, (ISBN 9782884745987), notice éditeur.
  • Histoire d’une montagne, La Science illustrée, Paris 1875-1876 ; Paris, Hetzel, 1882, texte intégral ; Actes Sud, 1999, (ISBN 2742716858) ; Infolio éditions, 2011, (ISBN 9782884746199), notice éditeur.
  • Projet de construction d’un globe terrestre à l’échelle du cent millième, Bruxelles, 1895-1896.
  • Renouveau d’une Cité, Bruxelles, 1896.
  • L’Afrique australe, avec Onésime Reclus, Hachette, Paris, 1901.
  • L'empire du milieu. Le climat, le sol, les races, les richesses de la Chine, avec Onésime Reclus, Hachette, Paris, 1902, texte intégral.
  • Les volcans de la Terre, 1906-1909.
  • Fragment d'un voyage à la Nouvelle-Orléans, Le Tour du monde, 1860, éditions du Sextant, 2013, préface de Jean Morisset.

Ouvrages politiquesmodifier | modifier le code

Textes géographiquesmodifier | modifier le code

Textes politiquesmodifier | modifier le code

Textes sur les mœursmodifier | modifier le code

  • Unions libres. Allocution du père à ses filles et à ses gendres du 14 octobre 1882, Paris, Chamerot, 1882, imprimé pour la famille à l'occasion du mariage de ses filles Magali et Jeannie.
  • La question des vêtements et de la nudité, L'Homme et la Terre, texte intégral.
  • La grande famille, Le Magazine International, janvier 1897, texte intégral, format doc.
  • Pages de sociologie préhistorique, L'Humanité Nouvelle, février 1898; texte intégral.

Biographiemodifier | modifier le code

  • Vie d'Élie Reclus, 190546.

Préfacesmodifier | modifier le code

Correspondancemodifier | modifier le code

  • Correspondance, 3 volumes, Éditions Archives Karéline, 2010.

Conférencesmodifier | modifier le code

  • Discours à la séance solennelle de rentrée du 22 octobre 1895 de l’Université Nouvelle de Bruxelles, Bruxelles, Imprimerie veuve Ferdinand Larcier, texte intégral.

Anthologiemodifier | modifier le code

  • Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes et autres textes, Éditions Premières Pierres, 2002 (ISBN 9782913534117).

Nombreux articles dans des revues géographiques ou anarchistesmodifier | modifier le code

  • Bulletin de la Société de géographie (Paris)
  • Revue des deux Mondes (Paris)
  • Revue germanique (Paris)
  • Le Réveil (Paris)
  • Le Globe (Paris)
  • Le Travailleur (Paris)
  • Le Révolté (Genève)
  • The Anarchist (Londres)
  • Les Temps nouveaux (Paris)
  • The Contemporary Review (Londres)
  • Humanité Nouvelle (Paris-Bruxelles)
  • Ciel et Terre, bulletin de la Société belge d’astronomie (Bruxelles)
  • La Science illustrée (Paris)
  • Revue belge de géographie, Société royale belge de géographie, Bruxelles, (ISSN 0770-0717).

Bibliographiemodifier | modifier le code

Ouvragesmodifier | modifier le code

Thèsesmodifier | modifier le code

Revuesmodifier | modifier le code

  • Collectif, Élisée Reclus, Chelles, Itinéraire no 14-15, 1998, sommaire51.
  • Joël Cornuault, Les Cahiers Élisée Reclus, Bergerac, Librairie La Brèche, 56 numéros, 1996 - 2006, notice & notice.
    • L'Union plénière du civilisé avec le sauvage selon Reclus, s/d, texte intégral.

Articlesmodifier | modifier le code

  • Béatrice Giblin, Élisée Reclus, géographie, anarchisme, Revue Hérodote, no 2, avril-juin 1976, p. 30-50, texte intégral.
  • Philippe Pelletier
  • Federico Ferretti
    • Comment Élisée Reclus est devenu athée: un nouveau document biographique, Cybergeo, 2010, texte intégral.
    • Le fonds Reclus-Perron et le contesté franco-brésilien de 1900, Terra Brasilis (Nova Série), 2/2013, texte intégral.
    • Les Reclus et la Maison Hachette : la première agence de la géographie française ?, L’Espace Géographique, 3/2010, p. 239-252, texte intégral.
    • La redécouverte d’Élisée Reclus : à propos d’ouvrages récents, EchoGéo, 2012, texte intégral.
    • Un regard hétérodoxe sur le Nouveau Monde : la géographie d’Élisée Reclus et l’extermination des Amérindiens (1861-1905), Journal de la Société des Américanistes, no 99, 2013, p. 141-164, texte intégral.
    • Géographie, éducation libertaire et établissement de l’école publique entre le 19e et le 20e siècle : quelques repères pour une recherche, Cartable de Clio, revue suisse sur les didactiques de l’histoire, n°13, 2013, p. 187-199, texte intégral.
  • Federico Ferretti, Philippe Malburet et Philippe Pelletier, Élisée Reclus et les Juifs : étude géographique d’un peuple sans État, Cybergeo, 2011, texte intégral.
  • Ernesto Mächler Tobar, Un avantage pour des hommes sans peur. El sueño anarquista de Élisée Reclus en el caribe colombiano, América, Cahiers du CRICCAL, Voyages et Fondations, 1re série, no 35, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2006, p. 75-85, sommaire.
  • Jean-Claude Faure, Les Reclusiennes ont convaincu, Sud Ouest, 22 juillet 2013, texte intégral.
  • Alavoine-Muller Soizic, Un globe terrestre pour l'Exposition universelle de 1900. L'utopie géographique d'Élisée Reclus, L’Espace géographique 2/ 2003, p. 156-170, [www.cairn.info/revue-espace-geographique-2003-2-page-156.htm texte intégral].
  • Paul Claval, Une biographie d'Élisée Reclus. Dunbar (Gary), 1978, Elisée Redits, historian of Nature. Hamden (Connecticut), Archon Books, Espace géographique, tome 11, no 4, 1982, p. 315-316, texte intégral.
  • Hem Day, Élisée Reclus en Belgique. Sa vie, son activité, 1894-1905, Paris-Bruxelles, Pensée et Action, 1956, notice.
  • Hem Day, Élisée Reclus et la jeunesse, Bruxelles, Contre-Courant, juillet 1957, notice.

Documentaire vidéomodifier | modifier le code

  • Nicolas Eprendre : Élisée Reclus, la passion du Monde, Antoine Martin production, 52 minutes, 2012, synopsis & bande annonce.

Colloquesmodifier | modifier le code

  • Élisée Reclus, Actes du colloque organisé à Bruxelles les 1er et 2 février 1985 par l’Institut des Hautes Études de Belgique et la Société Royale Belge de Géographie, éditions de l'Institut des hautes études de Belgique et la Société royale Belge de Géographie, 1985.
  • Rencontres Élisée Reclus, Orthez, décembre 2005, programme.

Expositionmodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

Noticesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Élisée Reclus, géographe libertaire, Revue Hérodote, no 22, 1981, texte intégral.
  2. Delphine Papin, Londres à la lumière d’un géographe libertaire, Revue Hérodote no 117, 2/2005, texte intégral.
  3. Gérard Gonet-Boisson, Agents géographiques et société libertaire, Université de Pau et des Pays de l'Adour, DEA de Géographie, 2000, texte intégral.
  4. « un penseur libertaire majeur », John P. Clark, Lire Reclus aujourd’hui ?, texte intégral.
  5. Florence Deprest, Élisée Reclus et l'Algérie colonisée, Éditions Belin, 2012, résumé.
  6. Charles Heimberg, Élisée Reclus, un pédagogue libertaire, Mediapart, 17 mars 2013, texte intégral.
  7. Paul Claudel, Élisée Reclus - 1830-1905, Encyclopædia Universalis, texte intégral.
  8. a et b Federico Ferretti, Charles Perron, cartographe de la « juste » représentation du monde, Blog du Monde diplomatique, 5 février 2010
  9. Pourquoi sommes-nous anarchistes ?, 1889, texte intégral.
  10. a, b, c et d Jacques Gillen, Chapitre 2 : Eugène Gaspard Marin et l’Université Nouvelle, in Les activités en Belgique d’un anthropologue anarchiste : Eugène Gaspard Marin (1883-1969), Mémoire de Licence en Histoire contemporaine sous la direction de Anne Morelli, Université libre de Bruxelles, 1996-1997, texte intégral.
  11. Pol Defosse, Dictionnaire historique de la laïcité en Belgique, Luc Pire Éditions, 2005, page 240.
  12. Un peu d'Histoire, Institut des hautes études de Belgique, Université libre de Bruxelles, texte intégral.
  13. Federico Ferretti, Élisée Reclus, le géographe qui n’aimait pas les cartes, blog du Monde diplomatique, 13 novembre 2007
  14. Parmi ceux-ci, peuvent être mentionnés :
    • « The Progress of Mankind » (Contemp. Rev., 1896)
    • « Attila de Gerando » (Rev. Géograph., 1898)
    • « A Great Globe » (Geograph. Journ., 1898)
    • « L'Extrême-Orient » (Bul. Antwerp Geo. Soc., 1898), une étude suggestive de géographie politique concernant l'Extrême-Orient et les changements qui pouvaient y advenir.
    • « La Perse » (Bul. Soc. Neuchâteloise, 1899)
    • « La Phénicie et les Phéniciens » (ibid., 1900)
    • « La Chine et la diplomatie européenne » (série L'Humanité nouvelle, 1900)
    • « L'Enseignement de la géographie » (Instit. Géograph. de Bruxelles, No. 5, 1901)
  15. Béatrice Giblin, Élisée Reclus : un géographe d'exception, Hérodote, no 117, 2/2005, p. 11-28, texte intégral.
  16. L'Éphéméride anarchiste : Paul Reclus (1858-1941).
  17. Élisée Reclus, Le Libertaire, no 5, mai 1945, texte intégral.
  18. Lettre de Paul Reclus à Pierre Kropotkine 1905-07-06, RA.Forum, texte intégral.
  19. Élisée Reclus : un géographe d’exception Le progrès est pour Reclus, un phénomène contradictoire par essence. Aux progrès, il oppose les « régrès »
  20. Jean-Paul Bord, Raffaele Cattedra, Ronald Creagh, Jean-Marie Miossec, Georges Roques, Elisée Reclus - Paul Vidal de la Blache : Le géographe, la cité et le monde, hier et aujourd'hui, L'Harmattan, 2009, page 13.
  21. a et b Léo Campion, Le drapeau noir, l'équerre et le compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, texte intégral.
  22. Revue belge de géographie, Volumes 110 à 112, 1986, page 10.
  23. RECLUS, Élisée, L’Anarchie, Conférence prononcée le 18 juin 1894 aux franc-maçons de la loge "Les Amis Philanthropes" de Bruxelles, précédée d’une notice préliminaire, texte intégral.
  24. Revue belge de géographie, Volumes 110 à 112, 1986, page 21.
  25. Soizic Alavoine-Muller, « Un globe terrestre pour l'exposition universelle de 1900. L'utopie géographique d'Élisée Reclus », L'Espace géographique, vol. 32, no 2,‎ 2003, p. 156-170 (lire en ligne)
  26. Élisée Reclus : un géographe d’exception, revue Hérodote
  27. L’Homme et la Terre, tome VI, Librairie universelle, 1905, page 466, texte intégral
  28. Caroline Granier, Le réel au miroir de l’utopie. L’anarchie dans la parole comme dans la pensée, in Les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Thèse de doctorat de l’Université Paris-VIII, Volume II, 2003, texte intégral.
  29. Élisée Reclus, Correspondance, Tome 3, septembre 1889 - juillet 1905, texte intégral.
  30. L'Homme et la Terre, tome VI, Librairie universelle, 1905, page 174 texte intégral.
  31. J.-P. Bord, Élisée Reclus - Paul Vidal de la Blache, le géographe, la cité et le monde, hier et aujourd'hui, Paris, L'Harmattan, 2009, page 33.
  32. Jean-Didier Vincent, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont, 2010, texte intégral
  33. Caroline Granier, Les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Thèse de doctorat de l’Université Paris-VIII, Volume II, Points de vue, L’utopie comme méthode, 2003, texte intégral.
  34. Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, préface du tome I, 1905, texte intégral.
  35. Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, 1902, texte intégral.
  36. Jean-Didier Vincent, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont, 2010, texte intégral
  37. Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, tome VI, Paris, Librairie universelle, 25 octobre 1905, p. 501-541, extraits en ligne.
  38. Élisée Reclus, L'Homme et la Terre, tome VI, Paris, Librairie universelle, 1905, page 565, extraits en ligne.
  39. Geneviève Férone, Jean-Didier Vincent, Bienvenue en Transhumanie. Sur l'homme de demain, Grasset, 5 octobre 2011, texte intégral.
  40. Élisée Reclus, Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, La Revue des deux mondes, n°63, 15 mai 1866, texte intégral.
  41. Élisée Reclus, La question des vêtements et de la nudité, texte intégral.
  42. Yves Lacoste, Hérodote et Reclus, Hérodote, no 117, deuxième trimestre 2005, texte intégral.
  43. De l’action humaine sur la géographie physique, texte intégral.
  44. Les éditions de Londres, notice.
  45. Les éditions de Londres, notice.
  46. Paul Reclus, Les frères Élie et Élisée Reclus, ou du Protestantisme à l'Anarchisme, Paris, Les Amis d'Élisée Reclus, 1964, p. 157-184.
  47. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : notice.
  48. Gisèle Vianey, « Henriette Chardak, Élisée Reclus. L'homme qui aimait la Terre, Paris, Éditions Stock, 1997, 592 p. », Ruralia, 3/1998, texte intégral.
  49. Sudoc : notice.
  50. WorldCat : notice.
  51. Chroniques rebelles : notice.
  52. RA.forum : notice.









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