Esdras

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ezra.

Esdras (en hébreu : עזרא - Ezra) est un prêtre et scribe juif qui a mené environ 5000 exilés Judéens de Babylone à Jérusalem en 459 av. J.-C. Il a reconstitué la communauté juive dispersée sur le fondement de la Torah et avec un accent sur la loi. Selon la Bible hébraïque, il a résolu la menace identitaire que posent les mariages mixtes entre Juifs et étrangers et a apporté une lecture précise de la Torah. Esdras est grandement respecté dans la tradition juive. Sa connaissance de la Torah est considérée comme ayant été égale à celle de Moïse. Comme Moïse, Hénoch et David, Esdras a reçu le titre honorifique de scribe et est appelé Esdras le Scribe (en hébreu : עזרא הסופר - Ezra HaSofer) dans la tradition juive. Il est aujourd'hui, chez les juifs, le symbole des courants anti-diaspora 1

Histoiremodifier | modifier le code

La 7e année d'Artaxerxès Ier Longue-Main, roi de Perse (465 av .J.-C. à 424 av. J.-C.), Esdras fut chargé par le roi de se rendre à Jérusalem pour y faire une enquête civile et religieuse sur les conditions d’existence de la communauté juive et pour l'exhorter à observer la loi de Dieu (v. 14). Esdras détenait une lettre du roi, ordonnant aux autorités de la province située au-delà du fleuve de livrer au scribe l’argent et les vivres nécessaires au service du Temple, et d'exempter d'impôts tous ceux qui s'occupaient de la maison de Dieu (v. 21, 24). Esdras reçut la permission de conduire en Judée un nouveau groupe d’exilés juifs, outre ceux qui avaient accompagné Zorobabel et le grand prêtre Josué, 80 ans auparavant en 538 av. J.-C..

Lorsqu'il rassembla et inspecta les Juifs désireux de retourner en Judée, Esdras ne trouva parmi eux aucun Lévite de rang inférieur ; il le fit savoir à leur chef qui persuada quelques Lévites de se joindre à Esdras. Après avoir jeûné et recherché la direction de Dieu pour le voyage, le groupe, fort de 1700 hommes, partit le 12e jour du 1er mois de la 7e année d’Artaxerxès 458 av .J.-C./457 av. J.-C. (Esd. 8.1-23, 31). Esdras atteignit Jérusalem 4 mois plus tard, le 1er jour du 5e mois (7.8). Il remit aux responsables de la maison de Dieu les ustensiles qu’il avait reçus pour elle ; il offrit des holocaustes et transmit les ordres du roi aux gouverneurs des pays au-delà du fleuve (8.33-36).

Esdras fut profondément affligé de découvrir que des Juifs de Judée et même des cohanim exilés avaient, contrairement à la Torah, épousé des femmes païennes : il réussit à persuader la plupart d'entre eux de se séparer de ces étrangères (ch. 9 et 10). Treize ans plus tard, lorsque Néhémie fut revenu à Jérusalem et eut restauré ses murailles, Esdras présida à la lecture de la loi de Moïse au peuple (Ne 8 ). Selon Flavius Josèphe, Esdras mourut vers l'époque où Eliachib devint grand-prêtre (Ant. 11.5.5) ; il fut sans doute contemporain d’Eliachib pendant quelque temps. (Ne 3.1; 13.4, 7, 28)

Selon (Esd 7), Esdras a été envoyé avec d'autres exilés à Jérusalem par le roi perse Artaxerxès I en 458 av. J.-C. ; il avait probablement été l'équivalent d'un secrétaire d'État aux affaires juives. On l'avait autorisé à imposer l'observation de la loi juive et à nommer des responsables de l’État juif. On n’entend plus parler de lui jusqu'à ce qu'il lise la loi en public (Ne 8) en 444 av .J.-C., après sans doute être retourné en Perse pour un certain temps. On a suggéré que l'auteur d’Esdras et de Néhémie a confondu Artaxerxès I et II et a ainsi placé par erreur Esdras avant Néhémie. Mais s'il était venu à Jérusalem en 398, une telle erreur aurait été relevée par ceux qui avaient été les témoins des événements ou qui en avaient entendu parler par leurs parents.

Midrashmodifier | modifier le code

La tradition juive voit en Esdras un homme de la stature de Moïse qui aurait mérité de recevoir la Torah. Elle le crédite de la rédaction de son livre et de celle des Chroniques.

Esdras a créé la Grande Assemblée de 120 sages dont auraient fait partie les prophètes Aggée, Malachie et Zacharie ainsi que Daniel. Cette assemblée évolua avec le temps pour devenir le Sanhédrin, tribunal suprême et arbitre de la loi juive. Sous son autorité, cette assemblée aurait édité les livres de Daniel, Esther et Ézéchiel.

Esdras aurait aussi été le disciple de Baruch ben Neria, le scribe du prophète Jérémie.

Islammodifier | modifier le code

Esdras est généralement identifié par les commentateurs musulmans par un prophète du nom d'Uzayr (en arabe : عزير). Il est mentionné dans la sourate Al-Baqara (La Vache) verset 259 dans un récit relatant sa mort puis sa résurrection lorsqu'il traversa un village détruit dont les habitants avaient été massacrés par Nabuchodonosor II. La sourate du Coran « L’Immunité ou le Repentir », IX, 30 dit : Les Juifs disent : “Uzayr est fils de Dieu” et les Chrétiens disent : “Le Christ est fils de Dieu”. Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Que Dieu les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ? Le verset du Coran, cité ci-dessus, mentionne Esdras ou Uzayr et affirme que certains Juifs l'acclame en tant que Fils de Dieu, d'une manière similaire à ce que disent certains chrétiens à propos de Jésus, citant cela comme étant une expression blasphématoire sur laquelle ni les chrétiens ni les juifs n'ont autorité, en disant qu'ils imitent ainsi les autres peuples de cultures plus anciennes qui attribuaient à Dieu une progéniture.[réf. nécessaire]

Exégèse critiquemodifier | modifier le code

Baruch Spinoza dans son Traité théologico-politique de 1670, rejette l'idée que Moïse ait écrit le Pentateuque et suppose qu'Esdras est le véritable auteur d'une histoire du peuple hébreu qui irait du livre de la Genèse au Second livre des Rois (mais en ôtant le Deutéronome)2. Selon Richard Friedman, Esdras est le rédacteur (R) qui a recombiné les textes JE, P et D selon un modèle de la théorie documentaire. "C'est lui qui créa véritablement la Torah"3.

Liens externesmodifier | modifier le code

Référencesmodifier | modifier le code

  1. (Ehud Ben Zvi - The Concept of Exile in Ancient Israel and Its Historical Contexts, page 341, 2010, ed. Walter de Gruyter)
  2. Thomas Römer, « La construction du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque : Investigations préliminaires sur la formation des grands ensembles littéraires de la Bible hébraïque », dans Thomas Römer et Konrad Schmid, Les dernières rédactions du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque, Louvain, Presses universitaires de Louvain,‎ 2007 (lire en ligne), p. 11
  3. Qui a écrit la Bible ?, p. 240

Bibliographiemodifier | modifier le code

Voir aussimodifier | modifier le code








Creative Commons License