Finitude

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La finitude se dit de ce qui est fini dans le temps, mais ce n'est pas le seul sens ni le plus important (voir la Finitude du Dasein). Elle s'oppose à ce qui est éternel, indéfini, immuable. Le concept est principalement utilisé pour décrire la condition des "mortels", des êtres humains, dont aucun n'échappe ni à la mort ni à tous les handicaps et limites de sa condition. Elle est liée à la conscience que nous avons de notre "condition humaine" et du caractère fragile, éphémère de notre existence. La notion de finitude peut être considérée comme une notion d'ordre essentiellement philosophique. La conscience que nous avons de notre propre finitude et de notre condition précaire est également liée à notre dignité d'être humain; "l'homme est grand en ce qu'il se connaît misérable", écrivait Pascal.

Une notion philosophique aux implications diversesmodifier | modifier le code

Elle a été et continue à être l'un des principaux sujets d'étude et de réflexion de nombreux courants philosophiques, notamment occidentaux et asiatiques. Elle n'a toutefois pas le même sens ni les mêmes implications selon les cultures et les civilisations qui la considèrent; en effet, la mort est souvent conçue comme une transition entre deux mondes ou deux états dans les philosophies orientales, notamment pour les bouddhistes et les tenants des théories de métempsycose et de réincarnation, qui considèrent l'existence comme une succession indéfinie de cycles et qui par conséquent n'attribuent pas à la notion de finitude le même sens que les occidentaux.

En occident - surtout depuis que le christianisme a perdu une part de son influence et au fur et à mesure que l'athéisme se répand- la notion de finitude est plutôt conçue en relation avec l'idée d'une fin radicale et certains auteurs, philosophes, moralistes ou poètes, en tirent des conséquences diverses: relativisation de nos soucis quotidiens, épicurisme, hédonisme et recherche des plaisirs terrestres ("mignonne allons voir si la rose", de Ronsard), action de notre vivant et transformation du monde, légitimation du libertinage au niveau politique, sexuel, littéraire ou spirituel.

Finitude et responsabilitémodifier | modifier le code

Si je suis un être fini, alors pourquoi se préoccuper de ce qui adviendra après ? Nous pouvons nous comporter de manière amorale voire immorale, et brûler notre vie au feu de nos désirs ou de nos caprices : c'est un peu le sens de la phrase attribuée au souverain Louis XV, "après moi le déluge", éloge de l'irresponsabilité post-mortem.

Certains courants de pensée apparus récemment, notamment dans le domaine environnemental avec l'émergence de la notion de développement durable, refusent ce cynisme et cet égoïsme radical, en prenant en compte l'existence globale des générations successives et en réattribuant à l'individu, au nom d'un idéal de transmission des valeurs, des richesses et des ressources (elles-mêmes finies), toutes ses responsabilités personnelles.

La mort en arrière-planmodifier | modifier le code

L'étude de cette notion s'accompagne bien sûr de questionnements sur la mort, condamnés à demeurer sans réponse, puisque par définition, pour connaître l'"après" - mort, il faudrait avoir quitté la vie... et donc ne plus être en mesure d'en rendre compte.

La conscience de notre propre finitude peut toutefois s'accompagner de sentiments positifs; elle devrait même, selon Nietzsche, entraîner une certaine allégresse et favoriser une qualité de vie supérieure, voire le développement du bonheur et de l'épanouissement personnel, à la fois sensuel et intellectuel ("Humain trop humain", où Nietzsche déclare que les hommes ont réussi à transformer en parfum nauséeux et malsain l'idée de mort et de finitude, alors même qu'elle devrait nous rendre plus légers, plus vivants, plus enthousiastes).

De nombreux penseurs et philosophes, bien qu'ils soient en désaccord sur certains points à propos de la finitude et de ses implications, s'accordent cependant à reconnaître que la dimension et la signification de la vie, ainsi que la manière dont il conviendrait de la vivre le mieux possible, changent radicalement si on la considère avec, en permanence, à l'arrière-plan, la conscience de notre propre fin.

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