Forces canadiennes

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Forces canadiennes
(en) Canadian Forces
Emblème des Forces canadiennesDrapeau des Forces canadiennes
Emblème des Forces canadiennes

Canadian Forces Flag.svg
Drapeau des Forces canadiennes
Forme actuelle 1968
Branches Commandements environnementaux :
Armée canadienne
Aviation royale du Canada
Marine royale canadienne

Commandements opérationnels :
Opérations interarmées
Opérations spéciales
Quartier-général Quartiers généraux de la Défense nationale (QGDN), Ottawa (Ontario)
Commandement
Commandant en chef Sa Majesté la Reine du Canada Élisabeth II
représentée par Son Excellence le très honorable David Lloyd Johnston, gouverneur général du Canada
Ministre de la Défense nationale Peter MacKay
Chef d'état-major de la défense du Canada Général Tom Lawson
Main-d'œuvre
Disponibles au service militaire 8 072 010 hommes
7 813 462 femmes
Aptes au service militaire 6 646 281 hommes
6 417 924 femmes
Actifs 88 0001
Déployés hors du pays 3 6002
Réservistes 35 2803
Budgets
Budget 20,1 milliards CAD (2012) 4
Pourcentage du PNB 1,15 % (132e dans le monde) (2005 est.)
Industrie
Fournisseurs nationaux General Dynamics
Articles annexes
Histoire Histoire militaire du Canada
Grades Grades des Forces canadiennes

Les Forces canadiennes (FC ; ou CF pour Canadian Forces en anglais) sont l'organisation militaire responsable de la défense du Canada et de ses intérêts. Les FC composent la majeure partie du ministère de la Défense nationale (MDN) dont le quartier général (QG) est situé à Ottawa en Ontario. Le principal mandat des FC est la protection du Canada et la défense de sa souveraineté. Elles ont aussi pour rôle de défendre l'Amérique du Nord avec leur principal allié, les États-Unis, ainsi que de contribuer à la paix mondiale en effectuant des missions à l'étranger. Avec 88 000 membres actifs, civils et militaires, l’organisation est le plus important employeur public au Canada.

Créée le lors de l'unification de la Marine royale canadienne, l’Armée canadienne et l’Aviation royale du Canada qui étaient jusque-là des structures distinctes, l’organisation est régie par la Loi sur la défense nationale qui dispose entre autres que « les Forces canadiennes sont les forces armées de Sa Majesté levées par le Canada. Elles constituent un service intégré appelé « Forces armées canadiennes » ». Le sigle FAC est utilisé pour désigner celles-ci. En effet, les Forces canadiennes comprennent les forces aériennes, maritimes et terrestres sous une même structure.

Quelque 8 000 militaires, soit environ le tiers de l'effectif déployable des FC, sont directement impliqués pour les opérations à l'étranger que ce soit en entraînement en vue d'un déploiement, en mission ou en retour du théâtre. Les forces déployées sont placées sous le Commandement des opérations interarmées du Canada. Quant à lui, le Commandement des Forces d'opérations spéciales du Canada est responsable des forces ainsi que des opérations spéciales que cela soit au Canada ou à l'étranger.

Rôlemodifier | modifier le code

Les Forces canadiennes sont régies par la Loi sur la défense nationale qui stipule entre autres que « les Forces canadiennes sont les forces armées de Sa Majesté levées par le Canada. Elles constituent un service intégré appelé « Forces armées canadiennes » »5. Les Forces canadiennes reçoivent leurs mandats du gouvernement canadien6. Ceux-ci sont décrits dans une stratégie de défense nommée « Le Canada d'abord »7. Ainsi, le gouvernement a doté les Forces canadiennes de trois rôles : protéger le Canada et défendre sa souveraineté, défendre l'Amérique du Nord en collaboration avec les États-Unis et promouvoir la paix et la sécurité internationale en participant à des missions à l'étranger avec différents alliés6,8. La stratégie « Le Canada d'abord » définit six missions principales que les Forces canadiennes doivent accomplir potentiellement simultanément9 :

  1. Mener des opérations quotidiennes nationales et continentales
  2. Soutenir les évènements internationaux importants au Canada
  3. Répondre à une attaque terroriste importante
  4. Appuyer les autorités civiles en cas de crise au Canada
  5. Diriger et/ou mener une opération internationale importante pour une période prolongée
  6. Déployer des forces en cas de crise à l'étranger pour une période de plus courte durée

Les FC soutiennent les autres ministères et les organisations civiles au Canada en se déployant dans le cas de catastrophes naturelles et en effectuant des opérations de recherche et sauvetage6,9. Pour effectuer son rôle de défense de la souveraineté, les FC effectuent des patrouilles en mer dans les océans Atlantique et Pacifique en plus d'avoir des militaires répartis sur l'ensemble du territoire6. Les Rangers canadiens garantissent une présence militaire dans le Nord canadien. En effet, le mandat de protéger la souveraineté canadienne se manifeste concrètement dans le Nord à cause des richesses naturelles qui s'y trouvent et du passage maritime qui se développe suite à la fonte des glaces. Le gouvernement canadien a développé une stratégie pour le Nord qui inclut le contrôle du territoire et la protection de la souveraineté en ordonnant aux Forces canadiennes d'avoir une présence visible et de soutenir au besoin les autres ministères dans cette région10,11.

Structuremodifier | modifier le code

Les Forces canadiennes sont placées sous la responsabilité du ministère de la Défense nationale. Cependant, le commandant en chef est le gouverneur général du Canada représentant la reine. Les Forces sont composées de cinq commandements. Trois de ceux-ci sont les commandements environnementaux aussi appelés services : l'Armée canadienne, l'Aviation royale du Canada et la Marine royale canadienne. Les deux autres commandements sont opérationnels et interarmées : le Commandement des opérations interarmées du Canada et le Commandement des Forces d'opérations spéciales du Canada12. En plus de ces commandements, le chef du personnel militaire fournit les directives aux FC en ce qui concerne la gestion du personnel6. À ce chapitre, il est donc responsable du recrutement, de l'instruction, du soutien aux blessés et aux familles ainsi que de la reconnaissance du mérite du personnel militaire6.

Les Forces canadiennes comprennent la Force régulière et la Force de réserve. Les réguliers sont des militaires professionnels travaillant pour les FC à temps plein. La réserve comprend principalement la Première réserve qui est composée de réservistes travaillant surtout à temps partiel. Elle comprend également les Rangers canadiens qui sont des volontaires au service des FC pour assurer la présence dans les territoires peu habités surtout dans le Nord canadien. De plus, les anciens réguliers et réservistes font partie de la réserve supplémentaire qui n'a aucun devoir envers les FC, mais qui peut être rappelée en cas de crise. La Force régulière comprend plus de 68 000 membres et la réserve en comprend environ 25 000 incluant 4 000 rangers6,1. De plus, le MDN et les FC emploient également 28 000 civils6. Le MDN est ainsi le plus important employeur public du Canada13. La Force régulière des Forces canadiennes constitue la 56e plus importante armée régulière au monde selon Radio-Canada14.

Effectif des Forces canadiennes1
Année15 Effectif de la Force régulière Effectif rémunéré de la Première réserve (approximé)
2004 61 394 26 259
2005 61 460 27 898
2006 62 703 27 449
2007 63 716 22 830
2008 64 397 19 750
2009 65 890 21 057
2010 68 136 27 898
2011 68 250 26 873

Commandant en chefmodifier | modifier le code

David LLoyd Johnston, commandant en chef des Forces canadiennes

Selon l'article 15 de la Loi constitutionnelle de 1867 qui définit le fonctionnement du gouvernement du Canada, « la reine continuera d'être et est par la présente attribuée le commandement en chef des milices de terre et de mer et de toutes les forces militaires et navales en Canada ». Cependant, en 1904, la Loi sur la Milice statue que « le commandant en chef de la Milice continuerait d'être sous l'autorité du roi et d'être administré par Sa Majesté ou par son représentant, le gouverneur général ». Depuis cette époque, le gouverneur général est autorisé par le souverain à porter le titre de « gouverneur général et commandant en chef au et sur le Canada » localement et de « gouverneur général et commandant en chef du Canada » internationalement. Les lettres patentes de 1947 du roi George VI permettent au gouverneur général d'exercer la plupart des tâches de chef d'État au Canada et le nouveau cahier des charges fait référence au rôle de commandant en chef en et sur le Canada16.

De par la pratique parlementaire, le premier ministre du Canada a de facto le commandement et le contrôle des forces armées canadiennes. Cependant, toute déclaration de guerre doit être cosignée par le gouverneur général ou le souverain. Le gouverneur général a le rôle de nommer le chef d'état-major de la Défense (CEMD) sous recommandation du premier ministre17. De plus, il s'occupe de plusieurs rôles cérémoniels en étant responsable d'approuver les nouveaux drapeaux et insignes, en présidant différentes cérémonies militaires, en décernant les distinctions importantes et en signant les brevets d'officier17. Le commandant en chef est autorisé à porter l'uniforme des Forces canadiennes lors des cérémonies17. D'ailleurs, il peut porter l'uniforme des trois environnements selon la cérémonie. Depuis le , le commandant en chef du Canada est David Lloyd Johnston18.

Ministère de la Défense nationale et état-majormodifier | modifier le code

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, avec l'ancienne secrétaire d'État des États-Unis, Condoleezza Rice

Le ministère de la Défense nationale définit les politiques régissant les Forces canadiennes. Il s'agit du plus grand ministère du gouvernement fédéral6. Le ministre de la Défense nationale fait partie du Cabinet du Canada et est nommé par le premier ministre. Il s'agit généralement d'un membre du Parlement. C'est par son entremise que le gouvernement canadien donne des tâches aux FC6. L'honorable Peter MacKay a occupé ce poste du 19 au 15 juillet 2013, date à laquelle il a été remplacé par l'honorable Rob Nicholson.

Le commandant des Forces canadiennes au niveau militaire est le chef d'état-major de la Défense (CEMD) qui commande à partir des quartiers généraux de la Défense nationale (QGDN) à Ottawa. Il se rapporte directement au ministre de la Défense nationale et il s'agit du seul militaire portant le grade de général au sein des FC. Le général Tom Lawson occupe ce poste depuis le 6.

Armée canadiennemodifier | modifier le code

Un char blindé Leopard C1
Article détaillé : Armée canadienne.

L'Armée canadienne est la plus grande branche des FC avec ses 47 100 militaires20. Elle comprend six types d'unité : l'infanterie, l'artillerie, l'arme blindée, le génie de combat, le soutien au combat et les transmissions21. Les quartiers généraux de la force terrestre sont localisés avec ceux de la Défense nationale à Ottawa et son chef d'état-major est le lieutenant-général Marquis Hainse20,22.

L'Armée canadienne est divisée en quatre secteurs géographiques : le Secteur de l'Ouest, le Secteur du Centre, le Secteur du Québec et le Secteur de l'Atlantique20. Le Système de la doctrine et de l'instruction de la Force terrestre est une formation comprenant les unités responsables de l'instruction qui se situe au même niveau hiérarchique que les secteurs. L'Armée canadienne comprend trois groupes-brigades mécanisés regroupant la majorité des unités de la Force régulière et de dix groupes-brigades regroupant les unités de la Première réserve. Chaque groupe-brigade mécanisé régulier est composé de trois bataillons d'infanterie, d'un régiment blindé, d'un régiment d'artillerie, d'un régiment de génie de combat, d'un escadron de reconnaissance et d'unités de soutien20. De plus, la Force régulière de l'Armée canadienne comprend également la 1re Division du Canada qui inclue un régiment d'appui du génie, un régiment de défense antiaérienne et un escadron de guerre électronique20. Ces unités sont réparties dans sept grandes bases : Gagetown au Nouveau-Brunswick, Valcartier au Québec, Kingston et Petewawa en Ontario, Shilo au Manitoba ainsi qu'Edmonton en Alberta20.

Au sein de la Première réserve, l'Armée canadienne est composée d'un total de 124 unités réparties dans une centaine de localités au travers du Canada20. Les Rangers canadiens font également partie de la réserve de la Force terrestre20. Ils sont répartis en 164 groupes de patrouille dans autant de localités travers du Canada20.

Effectif de l'Armée canadienne20
Régulier Réserviste Civil
25 500 16 000 5 600

Aviation royale du Canadamodifier | modifier le code

Un avion de chasse CF-18A
Article détaillé : Aviation royale du Canada.

L'Aviation royale du Canada (ARC) est la branche des opérations aériennes des FC et une composante majeure du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord ou NORAD. Ses unités sont réparties dans treize escadres23,24. Les quartiers généraux de l'ARC sont localisés avec les quartiers généraux de la Défense nationale à Ottawa et son chef d'état-major est le lieutenant-général Yvan Blondin23.

Les unités opérationnelles de l'Aviation royale du Canada font partie de la 1re Division aérienne du Canada (1re DAC) dont les quartiers généraux sont situés sur la base des Forces canadiennes (BFC) Winnipeg au Manitoba23. Le commandant de la 1re DAC est le major-général J.J.P. St-Amand23. Il a également le contrôle de la région canadienne du NORAD23. La 2e Division aérienne du Canada est responsable de la doctrine et de l'entraînement.

Effectif de l'Aviation royale du Canada23
Régulier Réserviste Civil
14 500 2 600 2 500

Marine royale canadiennemodifier | modifier le code

Article détaillé : Marine royale canadienne.

Le rôle de la Marine royale canadienne est important puisque le Canada est bordé par trois océans en plus des Grands Lacs25. Il est responsable de tous les navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) qui comprennent 33 navires de guerre25,26. Les navires sont répartis en deux flottes : les Forces maritimes de l'Atlantique (FMAR[A]) basées sur la BFC Halifax en Nouvelle-Écosse et les Forces maritimes du Pacifique (FMAR[P]) basées sur la BFC Esquimalt en Colombie-Britannique25. Le chef d'état-major de la Force maritime est le vice-amiral Mark Norman. Il est secondé par trois contre-amiraux qui sont le commandant des FMAR[A], le commandant des FMAR[P] et le commandant de la Réserve navale25.

Comme toutes les composantes des FC, la MRC a pour principal rôle d'assurer la défense du Canada. Ce rôle se définit au sein de la marine par la responsabilité d'assurer la souveraineté canadienne en effectuant des patrouilles dans les eaux territoriales et en protégeant les ressources naturelles qui s'y trouvent6,25. De plus, la marine supporte d'autres ministères en fournissant entre autres du support lors de catastrophes naturelles, en effectuant des patrouilles contre le commerce de drogues, en faisant respecter la Loi sur les pêches et en effectuant des opérations de recherche et sauvetage6. Bien que l'aéronautique navale appartienne à la Marine royale canadienne, sa capacité opérationnelle est placée sous l'Aviation royale du Canada.

Effectif de la Marine royale canadienne25
Régulier Réserviste Civil
8 500 5 100 5 300
Navires de la Marine royale canadienne26
Type de navire Forces maritimes de l'Atlantique Forces maritimes du Pacifique
Destroyer 2 1
Frégate 7 5
Ravitailleur 1 1
Sous-marin 3 1
Navire de défense côtière 6 6
Total 19 14

Commandement des opérations interarmées du Canadamodifier | modifier le code

En octobre 2012, le Commandement Canada, le Commandement de la Force expéditionnaire du Canada et le Commandement du soutien opérationnel du Canada furent fusionnés pour créer le Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC). Le COIC est responsable de toutes les opérations des Forces canadiennes au Canada et à l'étranger, à l'exception des opérations exclusives des Forces spéciales. En fait, les trois commandements environnementaux, l'Armée canadienne, l'Aviation royale du Canada et la Marine royale canadienne, sont responsable de générer des forces aptes à effectuer des opérations. Ces dernières sont alors placées sous le COIC pour les déploiements opérationnels. Le COIC comprend trois composantes principales : les opérations continentales, les opérations expéditionnaires et le soutien opérationnel.

Commandement des Forces d'opérations spéciales du Canadamodifier | modifier le code

Le Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) est responsable des unités des Forces spéciales qui ont un niveau de souplesse plus élevé et des techniques non traditionnelles27. Ces unités incluent la Deuxième Force opérationnelle interarmées, le Régiment d'opérations spéciales du Canada, l'Unité interarmées d'intervention du Canada et le 427e Escadron d'opérations spéciales d'aviation12,27. Il s'occupe des interventions rapides nécessitant le besoin de forces spéciales au Canada comme à l'étranger6,27,28. Il coordonne ses efforts avec les trois commandements environnementaux puisque son rôle est souvent de fournir ses forces d'opérations spéciales pour les opérations menées par un de ces trois commandements28. Ses tâches principales sont l'antiterrorisme et de s'occuper des missions de haute importance29. La devise du COMFOSCAN est Viam Invenimius, « Nous trouverons un moyen »27.

Unités d'opérations spéciales27
Unité Base
Deuxième Force opérationnelle interarmées Ottawa (Ontario)30
427e Escadron d'opérations spéciales d'aviation Petawawa (Ontario)31
Unité interarmées d'intervention du Canada Kingston (Ontario)
Régiment d'opérations spéciales du Canada Petawawa (Ontario)32

Uniformesmodifier | modifier le code

Le lieutenant-général Marcel Duval portant l'uniforme distinctif de la Force aérienne

Les membres des Forces canadiennes portent un uniforme qui est leur tenue officielle. Historiquement, l'uniforme servait à distinguer les soldats au cours des batailles. Aujourd'hui, il est devenu un symbole d'identité et de fierté pour les soldats33.

Il existe trois uniformes distinctifs pour chacun des éléments, air, mer et terre, qui sont respectivement bleu, noir et vert34. Les uniformes pour l'aviation et la marine ont été introduits à la fin des années 1980. En effet, après l'unification de l'Aviation royale du Canada, de la Marine royale canadienne et de l'Armée canadienne sous une même structure en 1968, un uniforme vert standard avait été mis en place pour tous les membres des Forces canadiennes. Les uniformes aérien et maritime ainsi réintroduits sont similaires à ceux portés avant 1968. Les métiers qui n'ont pas d'élément déterminé comme les commis, les policiers militaires ou les padrés peuvent choisir l'uniforme de leur choix ou s'en voient assigner un.

Dessin de camouflage canadien

L'uniforme de champ est composé de motifs de camouflage vert appelés « dessin de camouflage canadien » ou D Cam CMD. Celui-ci a commencé à être distribué à l'armée de terre en 2002 ; avant cette date, un uniforme de combat vert olive était porté35. Une version beige du même uniforme existe pour les opérations se déroulant dans un environnement désertique comme en Afghanistan. La marine possède son propre uniforme de combat qui est composé d'une chemise bleue et d'un pantalon noir. De son côté, l'aviation utilise un uniforme de vol vert en plus de l'uniforme de combat au D Cam CMD.

Budget militairemodifier | modifier le code

La responsabilité de la défense du Canada relève exclusivement du gouvernement fédéral. Ainsi, les dépenses militaires sont planifiées dans le budget fédéral. Pour l'année fiscale 2008-2009, le budget de la Défense nationale était de 18 milliards de dollars canadiens comparativement à 15 milliards pour l'année fiscale 2005-200636,37,38. Pour 2008-2009, les dépenses militaires représentaient environ le cinquième de toutes les dépenses directes du gouvernement fédéral36. Le budget de la défense est le quatrième plus important domaine de dépense du gouvernement fédéral après l'assurance-emploi et les pensions de vieillesse, le paiement de transfert aux provinces et le service de la dette38. Cependant, en 2010, le gouvernement a décidé de réduire la croissance du budget militaire. Ainsi, le budget de 2010 prévoit une réduction de la croissance du budget militaire de 525 millions de dollars pour 2012-2013 et de 1 milliard par année à partir de 2013-201436. Le budget alloué à la défense en 2010 est de 21,3 milliards de dollars selon le budget de 200739. La majorité du budget alloué au MDN est utilisé pour les dépenses de fonctionnement (67 %) ; ensuite viennent les dépenses en capital (19 %) et les contributions pour les avantages sociaux des militaires (5 %)40.

Les dépenses reliées à la disponibilité opérationnelle de l'armée de terre représentent 19 % du budget, celle de la Force aérienne 11 % et celle de la Force maritime 9 % en plus de 10 % pour la disponibilité opérationnelle commune et interarmées. L'acquisition et la disposition du matériel et de l'équipement représentent 15 % du budget de la défense. 3 % du budget est utilisé pour les programmes de recrutement et de formation initiale40.

Selon le CIA World Factbook et à partir d'estimations de 2005, le budget alloué à la défense du Canada représente 1,1 % de son produit intérieur brut (PIB) et le place ainsi au 126e rang au niveau mondial41. En comparaison, les États-Unis ont alloué 4,1 % de leur PIB à la défense la même année41. Selon Radio-Canada, en 2005, le Canada avait le 14e plus important budget militaire au monde14.

Histoiremodifier | modifier le code

Créationmodifier | modifier le code

Uniformes de la Milice en 1898
Le NCSM Rainbow, l'un des deux premiers navires de la Marine royale canadienne

Du XVIIe au XIXe siècle, des citoyens locaux servaient en tant que membres réguliers des forces françaises et britanniques et au sein de milices locales comme la milice coloniale à l'époque de la Nouvelle-France. La mission de ces milices était la défense des communautés locales contre les menaces comme les raids amérindiens et féniens ainsi que les invasions britanniques, françaises et américaines au cours, entre autres, de la guerre de Sept Ans, de la révolution américaine et de la guerre anglo-américaine de 1812. Certaines unités militaires toujours actives aujourd'hui ont un héritage remontant à cette époque. Cependant, la création d'unités de milice canadiennes débuta vraiment pour défendre l'Amérique du Nord britannique contre l'invasion américaine42.

C'est avec la création de la Confédération canadienne en 1867 et le départ des troupes britanniques que la défense devint une responsabilité canadienne. Cependant, la Royal Navy, la marine britannique, continua d'assurer la défense maritime. Des petites batteries d'artillerie furent mises en place à Québec et à Kingston et des écoles professionnelles militaires commencèrent à se former afin de développer la profession des armes à partir de la Milice canadienne43. Le premier déploiement outremer des forces militaires canadiennes eut lieu pour la Seconde Guerre des Boers en Afrique du Sud44. Les troupes canadiennes manquèrent les premières batailles du conflit, mais s'illustrèrent en menant la charge de la bataille de Paardeberg. La Marine royale canadienne fut créée en 1910. Les deux premiers navires furent le NCSM Niobe et le NCSM Rainbow, deux croiseurs protégés45.

Guerres mondialesmodifier | modifier le code

Soldats canadiens avançant derrière un char d'assaut à la bataille de la crête de Vimy, la plus grande victoire militaire canadienne de la Première Guerre mondiale

Lorsque le Royaume-Uni entra en guerre contre l'Allemagne en 1914, tous les dominions de l'Empire britannique incluant le Canada furent appelés à servir aux côtés des troupes britanniques dans les théâtres d'opérations européens. À cette époque, la Force régulière ne comprenait que 3 110 hommes et était mal équipée. De son côté, la Marine royale canadienne venait tout juste d'être créée. Néanmoins, une vaste campagne de recrutement s'amorça au travers tous les centres de recrutement du pays et 32 000 hommes furent rassemblés au camp Valcartier au Québec pour former le premier contingent canadien46. Le Canada envoya cinq divisions afin de combattre sur le front de l'Ouest. Les militaires canadiens participèrent à la bataille de la Somme qui vit la perte de 24 000 soldats canadiens47. La bataille de la crête de Vimy le fut la principale victoire canadienne au cours de la campagne et permit l'affirmation de l'Armée canadienne sur le plan international48,49.

À cette époque, le Canada ne disposait d'aucune force aérienne indépendante, mais plusieurs Canadiens servaient au sein des forces aériennes britanniques. En 1914, le gouvernement fédéral autorisa la formation du Corps d'aviation canadien afin d'accompagner le corps expéditionnaire en Europe. Cependant, ce corps d'aviation ne comportait qu'un seul avion et trois membres dont aucun n'était un pilote qualifié, donc l'avion ne fut jamais déployé. Le corps est finalement démantelé en 191550. Une seconde tentative pour créer une force aérienne au Canada a été effectuée en 1919 alors que le gouvernement canadien venait de prendre le contrôle sur deux escadrilles britanniques pour former la Force aérienne canadienne. Cependant, cette force ne fut jamais mise en service et fut démantelée en 1920. L'Aviation royale du Canada est finalement formée pour de bon le 51. Après la Première Guerre mondiale, le ministère de la Défense et de la Milice entreprend une réorganisation des forces armées canadiennes.

Soldats canadiens en Angleterre armés de Thompson en 1942.

Le Canada entra dans la Seconde Guerre mondiale le en déclarant la guerre à l'Allemagne. La Marine royale canadienne appuyée par la Marine marchande du Canada joua un rôle crucial au cours des batailles de l'Atlantique et du Saint-Laurent52. Les Canadiens participèrent au débarquement de Dieppe qui fut l'opération qui vit une division perdre le plus grand nombre de soldats en une seule journée de toute la campagne en Europe. 3 367 Canadiens furent tués ou faits prisonniers lors du débarquement53. La 1re Division d'infanterie canadienne participa au débarquement en Sicile et à la campagne qui suivit54. À la fin de cette dernière, elle prit part à l'invasion de l'Italie54. La 3e Division d'infanterie canadienne participa au débarquement en Normandie. Les troupes canadiennes s'illustrèrent dans plusieurs batailles au cours de la campagne.

Situation après la Seconde Guerre mondiale et guerre de Coréemodifier | modifier le code

Suite à la Seconde Guerre mondiale, le Canada devint un membre fondateur de l'OTAN et un signataire du traité du NORAD. Au cours de la guerre froide, le Canada s'engage à lutter contre le bloc communiste et entreprend des mesures de défenses telles que la ligne DEW dans le Nord canadien. À la fin des années 1940, le Canada possédait la troisième marine2 et la quatrième force aérienne55 au monde en plus d'avoir la plus grande armée de volontaires jamais levée par ce pays. Elle déploie une brigade sous commandement britannique en Allemagne de l'Ouest de 1951 à 1993 ainsi que des escadrons de chasse dans ce pays et en France, quittant celle ci en 196756.

Plusieurs soldats canadiens furent employés au sein de la première division du Commonwealth pour prendre part à la guerre de Corée. Ils se distinguèrent particulièrement au cours de la bataille de Kapyong. La Marine royale envoya également des navires pour soutenir l'effort de guerre au cours de ce conflit57.

Maintien de la paix et Afghanistanmodifier | modifier le code

Patrouille en VBL III du Princess Patricia's Canadian Light Infantry en Afghanistan
Article détaillé : Rôle du Canada en Afghanistan.

Le Canada a été un instigateur important des missions de maintien de la paix de l'ONU. En effet, Lester B. Pearson, alors ministre aux Affaires étrangères, proposa la notion d'une force de maintien de la paix dirigée par l'ONU en 195658. Le , la Marine royale canadienne, l'Armée canadienne et l'Aviation royale du Canada furent réunies sous une structure unifiée55. Les missions importantes incluent l'île de Chypre et la Bosnie-Herzégovine58. En fait, la réponse canadienne à l'opération croate de la poche de Medak en Bosnie en 1993 fut la plus importante bataille des Forces canadiennes depuis la guerre de Corée59. Les Forces canadiennes connurent des moments difficiles durant les opérations en Somalie en 1993 qui forcèrent le démantèlement du Régiment aéroporté canadien (en)60.

À partir du milieu des années 1990, le Canada commença à être davantage impliqué dans les missions sous l'égide de l'OTAN. À partir de 2001, le Canada envoyait des soldats pour prendre part à la guerre d'Afghanistan ; ils y effectuaient des rotations de six mois. Jusqu'en décembre 2011, la majeure partie des déploiements en Afghanistan se faisaient dans le cadre de l'opération Athéna. Les Canadiens étaient à l'œuvre d'abord dans la région de Kaboul, mais ont été déplacés dans la province de Kandahâr concentrés à l'aérodrome de Kanadahar61. À partir de 2012, les militaires canadiens déployés en Afghanistan le sont dans le cadre de la mission de formation de l'OTAN qui a pour but de former les forces de sécurité afghane.

Opérationsmodifier | modifier le code

Opérations expéditionnaires62
Pays Nom de l'opération Effectif Description
Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan Opération Attention 950 Participation canadienne à la mission de formation en Afghanistan de l'OTAN
Drapeau d’Haïti Haïti Opération Hamlet 39 Participation canadienne à la mission pour la stabilisation en Haïti de l'ONU
Mali Mali Soutien aux opérations françaises au Mali 40 Soutien à l'opération Serval, l'intervention militaire de la France au Mali
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo Opération Crocodile 9 Participation canadienne à la mission de stabilisation en République démocratique du Congo de l'ONU
Drapeau du Soudan Soudan Opération Saturn 6 Participation canadienne à la mission au Darfour de l'ONU et de l'Union africaine
Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud Opération Soprano 14 Participation canadienne à la mission au Soudan du Sud de l'ONU
Mer d'Arabie Opération Artemis 250 Participation canadienne aux activités de contre-terrorisme dans la mer d'Arabie
Moyen-Orient Opération Jade 8 Participation canadienne à l'Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve
Syrie Syrie Opération Gladius 3 Participation canadienne aux forces de l'ONU sur la frontière entre Israël et la Syrie
Drapeau de l'Égypte Égypte Opération Calumet 28 Participation canadienne aux forces multinationales et aux observateurs au Sinaï
Drapeau d’Israël Israël Opération Proteus 20 Participation canadienne au bureau américain pour améliorer les capacité en sécurité de l'Autorité palestinienne
Drapeau des États-Unis États-Unis Opération Foundation 12 Officiers canadiens aux quartiers généraux du United States Central Command, du United States Air Forces Central et du Forces maritimes alliées
Drapeau de Chypre Chypre Opération Snowgoose 1 Participation canadienne à la mission pour le maintien de la paix à Chypre de l'ONU
Kosovo Kosovo Opération Kobold 5 Participation canadienne à la mission au Kosovo de l'OTAN

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a, b et c Le recrutement et le maintien de l’effectif dans les Forces canadiennes, Défense nationale et les Forces canadiennes, 27 mai 2011, page consultée le 29 mai 2010
  2. a et b (en) Canadian Forces in the 21st century, CBC News, 21 avril 2008
  3. (fr) Philippe Langloit, « Le Canadian Armed Forces Air Command », Défense et Sécurité internationale, no 52,‎ octobre 2009, p. 62-63 (ISSN 1772-788X)
  4. 2012-2013 Treasury Board ; Reports on Plans and Priorities - Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
  5. Loi sur la défense nationale (L.R.C. (1985), ch. N-5), art. 14, sur le site du ministère de la Justice du Canada, page consultée le 21 août 2011
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n À propos des Forces canadiennes sur le site des Forces canadiennes, page consultée le 11 mars 2011
  7. Stratégie de défense Le Canada d'abord sur le site de la Défense nationale et les Forces canadiennes, page consultée le 14 mai 2011
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  • (en) René Chartrand, Canadian Military Heritage, Volume One, Vanwell Publishing,‎ 2001 (ISBN 2920718495) Document utilisé pour la rédaction de l’article

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