François-Antoine de Boissy d'Anglas

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François-Antoine de Boissy d'Anglas.Portrait par François-Séraphin Delpech.

François-Antoine, comte de Boissy d'Anglas, né le à Saint-Jean-Chambre et mort le à Paris, est un homme de lettres et homme politique français.

Fils d'un médecin protestant de l'Ardèche, Boissy d'Anglas étudia le droit et s'installa à Paris où il fut avocat au Parlement. Il acheta l'office de maître d'hôtel du futur Louis XVIII, Monsieur, comte de Provence. Il se fit connaître par sa critique de l'absolutisme et son combat en faveur des Protestants.

Sous la Révolutionmodifier | modifier le code

Élu député du tiers état de la sénéchaussée d'Annonay aux États généraux de 1789, il se montra partisan des principales réformes ses positions en faveur des libertés pour les protestants, sa défense des hommes libres de couleur 1. Après la clôture de l'Assemblée constituante en septembre1791, il fut élu peu après procureur général de l'Ardèche. Réélu à la Convention par le département de l'Ardèche en septembre1792), il se signala par la modération de ses opinions, la multiplicité de ses travaux. Avec une partie des Girondins, il vota pour l'appel au peuple, le bannissement de Louis XVI et le sursis () puis en avril pour la mise en accusation de Marat.

Se tenant à l'écart des débats entre Montagnards et Girondins et bien qu'il fût proche de bon nombre de Girondins, il échappa à l'arrestation de ces derniers () et fit partie du groupe de la Plaine. C'est après le 9 thermidor an II qu'il devint le chef des modérés. Élu membre du Comité de salut public le 25 frimaire an III, il fut chargé du ravitaillement de Paris. Son intransigeance lui valut le surnom de « Boissy-Famine ». Promoteur du décret du 3 ventôse, instituant la séparation des Églises et de l'État et la liberté des cultes, il présidait la Convention lors des soulèvements populaires des 12 germinal et 1er prairial an III. Le 1er prairial an III, le peuple des faubourgs insurgés, ayant envahi la salle des séances, voulut forcer la Convention à rétablir le régime de la Terreur[réf. nécessaire] ; on insulta, on menaça le président et, pour l'effrayer, on plaça devant lui la tête du représentant Jean Bertrand Féraud, qui venait d'être assassiné sous ses yeux. Lire à ce propos l'évènement relaté par Louvet dans une correspondance adressée au citoyen Villenave du 5 prairial an III (24 mai 1795), 4 jours après les faits À Mathieu-Guillaume-Thérèse Villenave. À la vue de cette tête, Boissy d'Anglas se découvrit respectueusement et salua son infortuné collègue ; puis il se rassit, restant impassible au milieu de cette scène de désordre et d'horreur, jusqu'à ce que la Convention fût délivrée par les sections royalistes de la Garde nationale. Il contribua par ailleurs à la rédaction de la Constitution de l'an III. Il devint alors le symbole vivant "du pays gouverné par les propriétaires"2.

Sous le Directoiremodifier | modifier le code

Élu en septembre 1795 au Conseil des Cinq-Cents, il se rapprocha du club royaliste de la rue de Clichy et devint le chef de file de la droite. Lors du coup d'État du 18 fructidor an V (), il est décrété hors-la-loi et exilé à l'île d'Oléron. Il parvint néanmoins à échapper à l'arrestation et à rejoindre l'Angleterre.

Rentré en France après le coup d'État du 18 brumaire an VIII () et profitant de l'amnistie, il se rallia à Bonaparte. Le (4 germinal an IX), il fut nommé au Tribunat, qu'il présida, puis au Sénat conservateur le (28 pluviôse an XII) et retrouva son siège à l'Institut. Napoléon le fit comte d'Empire le . En 1814, il fut chargé d'organiser la défense des départements de l'Ouest et se rallia, après la première abdication de l'Empereur, à Louis XVIII puis aux Cent-Jours et à nouveau à Louis XVIII après Waterloo. Il fut nommé Pair de France en août 1815. Il eut un rôle pacificateur lors de la Terreur blanche de 1815 et défendit la liberté des huguenots vis-à-vis des manifestations catholiques.

Il fut vice-président de la Société biblique et membre de 1803 à 1826 du Consistoire de l'Église réformée de France.

Famille et descendancemodifier | modifier le code

Il s'est marié le 11 mars 1776 à Vauvert (Gard Languedoc-Roussillon) avec Marie-Françoise Michel (née à Nîmes le 6 janvier 1759 et morte à Bougival (Yvelines) le 21 mars 1850) dont naquirent :

  • Marie-Anne de Boissy d'Anglas (née le 17 février 1777 à Nîmes et morte en octobre 1855)
  • Suzanne de Boissy d'Anglas (née le 14 octobre 1779 à Annonay (Ardèche Rhône-Alpes) et morte le 6 mars 1851 à Paris)
  • François-Antoine de Boissy d'Anglas (né le 23 février 1781 à Nîmes et mort le 12 novembre 1850 à Draveil (Essonne)). Il fut préfet de la Charente et Maître des requêtes au Conseil d'État.

Principales publicationsmodifier | modifier le code

  • Deux mots sur une question jugée ou lettre de M. Boissy d'Anglas à Monsieur le rédacteur de la Feuille du jour en réponse à Monsieur de La Gallissonnière(18 mai 1791).
  • Observations sur l'ouvrage de M. de Calonne, intitulé De l'état de la France, présent et à venir, et à son occasion, sur les principaux actes de l'Assemblée nationale, avec un Postcrit sur les derniers écrits de MM. Mounier et Lally (1791)
  • Quelques idées sur la liberté, la révolution, le gouvernement républicain, et la constitution françoise (1792)
  • Essai sur les fêtes nationales, suivi de quelques idées sur les arts et sur la nécessité de les encourager adressé à la Convention Nationale (1793)
  • Projet de constitution pour la République française, et discours préliminaire prononcé par Boissy d'Anglas, au nom de la Commission des onze, dans la séance du 5 messidor an III-23 juin1795.
  • Rapport sur les colonies, 17 thermidor an III-4 août 1795
  • Recueil de discours sur la liberté de la presse, prononcés dans diverses assemblées législatives et à diverses époques (1817)
  • Essai sur la vie, les écrits et les opinions de M. de Malesherbes, adressé à mes enfants (3 volumes, 1819-1821)
  • Les Études littéraires et poétiques d'un vieillard, ou Recueil de divers écrits en vers et en prose, par le comte de Boissy d'Anglas (6 volumes, 1825)

Titresmodifier | modifier le code

Distinctionsmodifier | modifier le code

Armoiriesmodifier | modifier le code

Figure Blasonnement
Orn ext comte sénateur de l'Empire GOLH.svg
Blason François Antoine Boissy d'Anglas (1756-1826).svg
Armes du comte de Boissy d'Anglas et de l'Empire

De sable au chevron d'or abaissé ; chef d'argent chargé à sénestre de deux étoiles d'azur ; franc-quartier de comte-sénateur.

Orn ext comte et pair GOLH.svg
Blason fam fr Boissy d'Anglas.svg
Armes du comte de Boissy d'Anglas et pair de France

De sable au chevron d’or au chef d’argent chargé de trois étoiles d’azur .

Ornements extérieurs Barons de l'Empire français.svg
Blason François-Antoine de Boissy d'Anglas (1781-1850).svg
François-Antoine de Boissy d'Anglas (1781-1850), préfet de la Charente, maître des requêtes au Conseil d'État,

Écartelé au premier de gueules à l'épée en bande et à l'ancre en barre passées en sautoir d'argent ; au deuxième des barons préfets ; au troisième d'azur au miroir antique d'argent, accolé d'un serpent du même ; au quatrième de sable au chevron d'or surmonté d'un comble d'argent chargé de deux étoiles d'azur ; pour livrées : les couleurs de l'écu5

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Boissy d'Anglas, Deux mots sur une question jugée ou lettre de M. Boissy d'Anglas à Monsieur le rédacteur de la Feuille du jour en réponse à Monsieur de La Gallissonnière(18 mai 1791).
  2. François Furet, Denis Richet, La Révolution française, Paris, Fayard, 1973, p. 259.
  3. (en) François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  4. « Notice no LH/273/13 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. BB/29/968 page 343. Titre de baron, accordé par décret du 30 juin 1811, à François, Antoine Boissy d'Anglas. Saint-Cloud ( 24 août 1811).

Liens externesmodifier | modifier le code

Source partiellemodifier | modifier le code

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « François-Antoine de Boissy d'Anglas » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource) ;
  • « François-Antoine de Boissy d'Anglas », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 détail de l’édition .
  • Christine Le Bozec, Boissy d'Anglas, un grand notable libéral, Privas, Fédération des œuvres laïques de l'Ardèche, 1995.
  • Marcel Dorigny, "Boissy d'Anglas", dans Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 127-128.

Les papiers personnels de François-Antoine de Boissy d'Anglas sont conservés aux Archives nationales sous la cote 175AP 1

Précédé par François-Antoine de Boissy d'Anglas Suivi par
Jean Pelet
Président de la Convention nationale
(5 avril - )
Emmanuel Joseph Sieyès
Jean Pelet de la Lozère
Président du Conseil des Cinq-Cents
19 juillet-17 août 1796
Emmanuel Pastoret


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