George Monck

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George Monck, 1er duc d'Albemarle
par Sir Peter Lely, 16651666.

George Monck dit Monk (), 1er duc d'Albemarle (Aumale), Général de la mer (amiral) (1652), est considéré comme l'homme fort sous Oliver Cromwell, pour qui il mène la répression en Écosse, avant de changer de camp et de contribuer à la restauration du roi catholique Charles II, non sans avoir entre temps purgé l'armée d'une partie des protestants.

Deuxième fils de Sir Thomas Monck, un homme de bonne famille, il est né à Potheridge, près de Torrington, dans le Devonshire.

Carrière militairemodifier | modifier le code

Au printemps 1649, lors de la Troisième guerre civile anglaise en Ulster, le manque de ressources pour se battre le force à négocier un armistice avec Owen Roe O'Neill. Le Commonwealth de l'Angleterre l'exonère finalement de tout blâme de déloyauté.

En 1650, Cromwell lui donne le commandement d'un régiment à pied de la New Model Army. Cette confiance s'avère justifiée par les campagnes en Écosse de Monck. Celui-ci fait partie du conseil de guerre pour la bataille de Dunbar et, en mai 1651, est promu lieutenant-général de l'artillerie (ordnance).

En décembre 1652, sa santé l'oblige à rentrer en Angleterre, mais il se joint à la marine et participe à la Première guerre anglo-hollandaise1.

En 1652, la New Model Army destitue le gouverneur de Virginie William Berkeley, qui s'était mobilisée contre elle, puis fait le blocus de la Barbade pour y imposer des taxes et un monopole empêchant l'île d'exporter son sucre. George Monck, trouve finalement un accord avec Thomas Modyford le plus riche planteur de l'île et son gouverneur, pour qu'il n'y ait pas de débarquement en Barbade. À partir de cette date, la carrière de Monck prend un virage: il n'est plus seulement un fidèle de Cromwell, mais un militaire puissant, qui déjà pactisé deux fois avec l'ennemi et prépare sa reconversion pour l'après-Cromwell.

En 1654, le soulèvement royaliste de Glencairn le fait rentrer en Écosse pour le réprimer. Il purge aussi les rangs de son régiment des niveleurs, quakers, Fifth Monarchists et autres extrémistes. En 1655, l'Écosse soumise, Cromwell nomme une commission pour la gouverner, où Guizot relève « la majorité que Monk eut constamment »2.

L'après-Cromwellmodifier | modifier le code

George Albemarle, General Anglois. d'Apres Barlow, à Paris chez Duflos le Jeune

En 1659, après la mort de Cromwell (3 septembre 1658), il soutient et conseille son successeur Richard Cromwell. La période est confuse, et il reste à l'abri de ses troupes et silencieux à Edimbourg au commandement des forces anglaises en Écosse et ne fait rien lorsque Charles Fleetwood et John Disbrowe renversent Cromwell, non plus lorsque John Lambert rétablit le parlement croupion. En juillet 1659, il est contacté par le roi, directement par le biais de son frère Nicolas, un clerc, qui lui apporte une lettre de Charles II Stuart. Il renvoie son frère « à ses livres », et refuse toute proposition.

Lorsque le général Lambert rompt avec le parlement croupion, il prend parti contre Lambert (23 octobre 1659). En novembre 1659, Lambert est envoyé avec de fortes troupes pour aller à la rencontre de Monck. Lambert devait négocier avec lui ou le forcer à se soumettre à la volonté du Parlement. Avec le support de Thomas Fairfax, Monck parvient toutefois à prendre la direction du sud. L'armée de Lambert se désagrège face aux pressions de Monck et il rentre quasiment seul à Londres, la plupart de ses soldats ayant déserté en attente de leur solde. Monck marche donc sur Londres sans aucune opposition. Le 24 novembre, il est nommé commandeur en chef des forces parlementaires. Il entre dans la capitale le 3 février 1660.

Restauration anglaisemodifier | modifier le code

Article détaillé : Restauration anglaise.

Il n'indique pas tout de suite ses intentions finales : il encourage secrètement les milieux royalistes de la cité de Londres, refuse de faire le serment d'abjurer la maison des Stuart, et, tout en restant formellement aux ordres du Long Parlement, il le presse cependant de se dissoudre, réduisant aussi les « camarillas » politiques qui s'étaient formé dans ses propres troupes au prétexte de discipline. Dès lors, il devient le seul maître de la situation, en tant que chef de l'armée.

Quoique restant théoriquement fidèle aux principes républicains, il fait admettre l'idée que le nouveau parlement pourrait avoir un parti royaliste fort. Monck entre alors directement en communication avec Charles II, qui finit par faire la déclaration de Brede, largement inspirée des recommandations de Monck. Le nouveau parlement se réunit le 25 avril 1660, Monck lui recommande d'inviter le roi et le 1er mai est voté la restauration de la monarchie, faite sans une goutte de sang. Il est le premier à l'accueillir à son arrivée, le 25 mai, à Douvres.

Recevant diverses récompenses (adoubement, pensions, décoration, maître des chevaux de la maison du roi, pairie en tant que Duc d'Albemarle, comte de Torrington, baron Monck, Pothering, Beauchamp, Teyes...), il accepte la refondation de l'armée : son régiment est le seul de la New Model Army à être incorporé dans les troupes de Charles II d'Angleterre lors de la Restauration anglaise, sous le nom de Coldstream Guards. Lors de la charte de 1663, il est un des huit lords propriétaires qui reçoivent des terres dans les colonies américaines (Caroline) : une ville de Caroline du Sud (Moncks Corner) prend son nom. Il servit pendant la seconde guerre anglo hollandaise, en tant que commandant en chef de la flotte britannique. Officiellement premier Lord du Trésor, il cesse toutefois son activité politique jusqu'à son décès, le 3 janvier 1670. Il est enterré à Westminster.

Son fils Christopher Monck lui succède comme 2nd duc d'Albemarle en 1670.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Thomas Gumble et Guy Miège (trad.), La vie du général Monk, due d'Albermarle & C., Rouen, David Berthelin (lire en ligne), p. 168 :

    « Monk eut tout le pouvoir de l'amirauté, sur terre, de sorte qu'outre ses autres emplois il se trouva fort chargé d'affaires dans ce temps là. »

  2. François Guizot, Monk, étude historique, Paris, Didier,‎ 1851 (lire en ligne), p. 53

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • La Vie du Général Monk duc D'Albemarle - Restaurateur de S.M. Britannique Charles II par Thomas Gumble et traduit par guy Miège Paru en 1672 à Rouen chez Jean Lucas

Lien externemodifier | modifier le code









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