Georges Bidault

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Georges Bidault
Sur la BA112 Marcel Housset Georges Bidault et Eisenhower (1951).
Sur la BA112 Marcel Housset Georges Bidault et Eisenhower (1951).
Fonctions
Président du Gouvernement provisoire de la République française
et Affaires étrangères
(Chef de l’État de facto et 126e chef du gouvernement)
Gouvernement 4e gouvernement provisoire
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Léon Blum
117e président du Conseil des ministres français
(133e chef du gouvernement)
Législature Ire législature
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Henri Queuille
Vice-président du conseil
Président Vincent Auriol
Gouvernement gouvernement Henri Queuille (2)
Gouvernement gouvernement Henri Queuille (3)
Vice-président du conseil
et ministre de la défense nationale
Président Vincent Auriol
Gouvernement gouvernement René Pleven (2)
gouvernement Edgar Faure (1)
Président du MRP
19491952
Prédécesseur Maurice Schumann
Successeur Pierre-Henri Teitgen
Parlementaire français
Député 1945-1962
Gouvernement IVe République-Ve République
Groupe politique MRP (1945-1958)
NI (1958-1962)
Biographie
Nom de naissance Georges-Augustin Bidault
Date de naissance
Lieu de naissance Moulins, (Allier), (France)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Cambo-les-Bains, (Pyrénées-Atlantiques), (France)
Nationalité français
Parti politique MRP
Profession enseignant
Religion catholique
Chefs du gouvernement français

Georges-Augustin Bidault, né le à Moulins (Allier) et décédé le à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), est un résistant et un homme politique français.

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunesse et professoratmodifier | modifier le code

Né le 5 octobre 1899 à Moulins (Allier) dans une famille de propriétaires ruraux fortement attachés au catholicisme, et dont plusieurs des membres ont appartenu au clergé, Georges Bidault1 fait ses études primaires et secondaires en Italie du Nord, dans le couvent de Bollengo occupé par des Jésuites français chassés par la politique anticléricale de la Troisième République. Ses premières convictions politiques semblent avoir été forgées par la lecture d'une biographie du catholique libéral Charles de Montalembert.

Licencié d'histoire à 18 ans, il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1925, avec le rang de major, devant Pierre Brossolette et Louis Joxe.

Professeur d'histoire à Reims entre 1926 et 1931, il y noue des liens étroits avec l'un de ses élèves, le futur sociologue Roger Caillois qui écrit en 1971 à Bidault : « L'Histoire est, de loin, la moindre part de l'enseignement que j'ai reçu de vous. Vous m'avez appris bien davantage du côté du style et de la conduite de vie. » Nommé en 1931 au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il a pour élèves le futur journaliste Jean Ferniot et le futur écrivain Jean d'Ormesson, qui évoquera plus tard « l'éloquence froide » de son professeur et son « originalité d'esprit ».

Militant et éditorialiste démocrate-chrétienmodifier | modifier le code

Membre de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) après la Première Guerre mondiale, Bidault adhère au Parti démocrate populaire (PDP) en 1931. Il est en avril 1936 candidat de ce parti aux élections législatives, dans la circonscription de Domfront près de Flers (Orne) contre le député sortant Georges Roulleaux Dugage, mais est battu dès le premier tour2.

C'est comme éditorialiste du quotidien catholique l'Aube à partir de 1934 que Bidault se fait connaître.

Guerre, Occupation et présidence du Conseil national de la Résistancemodifier | modifier le code

Il est fait prisonnier en 1940, il est libéré en sa qualité d'ancien combattant de la guerre de 1914-1918 en juillet 1941. Il enseigne alors au Lycée du Parc, à Lyon.

Résistant sous l'Occupation, dans le réseau « Combat » à Lyon, il succède à Jean Moulin en juin 1943 comme président du Conseil national de la Résistance. Dans son travail clandestin, il est aidé par sa secrétaire particulière Laure Diebold.

L'après-guerremodifier | modifier le code

Le 26 août 1944, lors du défilé de la libération de Paris, Bidault descend les Champs-Élysées aux côtés du général de Gaulle, qui lui aurait alors lancé un peu charitable "Redressez-vous, Bidault !' et pour une raison inconnue, il sera effacé de ces photos par la suite3.

Pendant la IVe République, il est l'un des fondateurs du MRP (il en est président d’honneur en 1952), principale force politique chrétienne-démocrate de l'époque.

Il devient député de la Loire en 1945, mandat qu'il garda jusqu'en 1962. De septembre 1944 à juin 1954 il appartient à de nombreux gouvernements, souvent chargé des Affaires étrangères. Il est surtout par deux fois chef du gouvernement :

Il négocie pour la France la Charte des Nations unies, est l'un des signataires du traité franco-britannique de Dunkerque en 1947. Face au « coup de Prague » et au blocus de Berlin, il mène une politique anticommuniste. En 1948, il signe le traité de Bruxelles instituant l'Union de l'Europe occidentale. Il est favorable à la CED tout en négociant des protocoles additionnels qui limitent la portée supranationale du traité.

En août 1953 il joue un rôle important dans la déposition du sultan du Maroc. Il est candidat à la présidence de la République lors des deux premiers tours en décembre 1953.

La politique colonialemodifier | modifier le code

Bidault critique la politique indochinoise d'Émile Bollaert en 1947 et de Pierre Mendès France en 1954 et la politique nord-africaine d'Edgar Faure en 1955. Il s’oppose à toute création d’un exécutif algérien en 1957. En 1958, il vote l’investiture du gouvernement du général de Gaulle. Il se sépare du MRP et crée la Démocratie chrétienne de France qui n’aura qu’un succès électoral limité. Il est l'un des 80 députés qui votent l'« amendement Salan » selon lequel le gouvernement peut procéder à des appels sous les drapeaux des citoyens français appartenant à la disponibilité et à la première réserve domiciliés en Algérie.

Le à Rome, Bidault, qui est désigné comme président, Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent constituent le comité exécutif du Conseil national de la Résistance (CNR), visant à défendre l’Algérie française.

En juillet 1962 au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, l’immunité parlementaire de Georges Bidault est levée pour avoir fondé à l’étranger un « C.N.R. ».

Il est également membre de l'Organisation de l'armée secrète. Il quitte la France en 1963 comme réfugié politique. Menant une vie clandestine, et apprenant l’enlèvement du colonel Antoine Argoud à Munich par des hommes des services spéciaux français, Bidault publie un article virulent et est immédiatement expulsé d’Allemagne vers le Portugal qui à son tour l’expulse vers le Brésil, où il passera plus de quatre ans avec son épouse.

De retour en Belgique en 1967 avant de rentrer en France en juin 1968, il crée alors le mouvement Justice et Liberté, soutient Alain Poher lors de l’élection présidentielle de 1969.

Lors de la création du Front National en octobre 1972 sous l'égide d'Ordre nouveau, il participe brièvement aux tractations, mais s'en retire après quelques jours4. En 1981, il soutiendra le candidat Jacques Chirac.

Diversmodifier | modifier le code

Georges Bidault a épousé Suzanne Borel, première femme à avoir été attachée d'ambassade en 1930, et qui devint directrice-adjointe de son cabinet; elle a largement inspiré le personnage de « Mademoiselle Crapotte » dans le roman autobiographique de son collègue le diplomate-écrivain Roger Peyrefitte La Fin des ambassades - qui moque aussi le côté "petit prof'" de Bidault - et apparaît aussi dans ses Mémoires Secrets.

Georges Bidault fut inhumé à La Celle-les-Bordes dans les Yvelines.

Fonctions gouvernementalesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

Œuvresmodifier | modifier le code

  • Discours sur la CED, Éditions AIA Paris, 1953.
  • Algérie, l’oiseau aux ailes coupées, La Table Ronde, 1958.
  • D’une résistance à l’autre, Presses du siècle, 1965.
  • Entretiens avec Guy Ribeaud, La Table Ronde, 1968.

Ouvrages sur Georges Bidaultmodifier | modifier le code

Plusieurs ouvrages lui ont été consacrés :

  • Barthélémy Ott, Georges Bidault, l’indomptable, Imprimerie du Vivarais, 1975.
  • Jacques Dalloz, Georges Bidault, Biographie politique, L'Harmattan, 1993.
  • Jean-Claude Demory, Georges Bidault, Éditions Julliard, 1995.
  • Jean-Rémy Bézias, Georges Bidault et la politique étrangère de la France (États-Unis, Europe, Proche-Orient), 1944-1948, L'Harmattan, 2006.

Filmographiemodifier | modifier le code

Décorationsmodifier | modifier le code

Sourcesmodifier | modifier le code

  • Les papiers personnels de Georges Bidault sont conservés aux Archives nationales sous la cote 457AP5.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Le patronyme Bidault désigne celui qui est un descendant de Bidault, ancien prénom (nom de personne), du germanique Bidwald, de bid : « espoir », et de wald : « qui gouverne ». C'est dans le Loiret que le patronyme est le plus répandu, ainsi que dans la Saône-et-Loire (Sources : Généanet.org/onomastique).
  2. Culture.gouv.fr
  3. Marc Ferro, « Instrumentalisation – Cinéma d’histoire et manipulation », in Dictionnaire mondial des images (dir. Laurent Gervereau, Nouveau Monde éd. 2006, p. 547-550
  4. Grégoire Kauffmann, « D'où sort le Front national », L'Histoire, no 368,‎ octobre 2011, p. 94-99 (lire en ligne), ainsi que Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, François Duprat, l'homme qui réinventa l'extrême-droite de l'OAS au Front National, Denoël,‎ 2012, 384 p. (ISBN 978-2207260210), p. 156
  5. Archives nationales


Chronologiemodifier | modifier le code

Précédé par Georges Bidault Suivi par
Félix Gouin
Flag of France.svg
Chef du Gouvernement provisoire de la République française
-
Léon Blum
Félix Gouin
Coat of arms of Andorra.svg
Coprince d'Andorre
avec Ramon Iglesias y Navarri
1946-1946
Léon Blum
Henri Queuille
Président du Conseil
-
-
Henri Queuille
Précédé par Georges Bidault Suivi par
Pierre Laval
Ministre français des Affaires étrangères
1944-1946
Léon Blum
Léon Blum
Ministre français des Affaires étrangères
1947-1948
Robert Schuman
Robert Schuman
Ministre français des Affaires étrangères
1953-1954
Pierre Mendès France







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