Ghosts (film, 1996)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ghosts.

Ghosts est un moyen métrage de genre fantastique d'environ 37 minutes, réalisé par Stan Winston et sorti en 1997, dans lequel joue Michael Jackson. La musique est composée par Michael Jackson et Nicholas Pike. L'histoire d'origine a été écrite par Stephen King puis modifiée et arrangée par Stan Winston, Mick Garris et Michael Jackson. Stan Winston avait déjà collaboré au maquillage des zombies du clip Thriller de Michael Jackson en 1983 avec le réalisateur John Landis. Michael Jackson interprète d'ailleurs cinq rôles, dont quatre dans lesquels il est méconnaissable (notamment le rôle du Maire qui s'oppose à lui) justement grâce au maquillage et aux effets spéciaux de Stan Winston. Le film a été projeté au 50e anniversaire du festival de Cannes en 1997, hors compétition.

L'histoiremodifier | modifier le code

Le schéma narratif est similaire à beaucoup d'autres, et rappelle particulièrement celui d'Edward aux mains d'argent film réalisé par Tim Burton en 1991, qui raconte l'histoire d'une créature inachevée du nom d'Edward, possédant des ciseaux à la place des mains, et vivant isolée dans un manoir à l'écart d'une banlieue américaine. Une mère de famille prend Edward sous son aile; ce dernier se révèle à lui-même par son art, qu'il exécute grâce à ses ciseaux, et s'épanouit sous les regards admiratifs du voisinage. Chacun se bat ses faveurs. Mais peu à peu, les ressources artistiques que représentent ces ciseaux sont détournées par de mauvaises langues qui les voient progressivement comme de possibles armes. Edward est alors rejeté et n'est laissé en paix par les habitants de la banlieue que lorsque ceux-ci le croient mort. De même, l'histoire du Maestro est celle d'un artiste (comme le confirme par ailleurs son nom) qui pratique la magie pour son épanouissement et le plaisir des enfants alentours, seul dans son manoir à l'écart de "Normal Valley". Un jour, les habitants de Normal Valley, qui ont dans l'idée que cet art loin d'épanouir les enfants les dévie de la norme, décident de faire partir le Maestro. De même, ce n'est qu'à sa "mort" qu'ils réalisent leur erreur. Aujourd'hui, nous pourrions facilement créer un parallèle avec la vie même de Michael Jackson, qui n'a regagné un certain public et le prestige tel qu'il l'avait connu quand personne ne le considérait encore comme ambigu, qu'après sa mort. À l'époque du tournage de ce film, Michael Jackson subit de plus en plus violemment les critiques insultantes de la presse à son égard, qui n'en est alors pourtant pas à son paroxysme le concernant. Ses transformations physiques, son changement de couleur de peau, les accusations d'abus sexuels sur mineur en font à travers les années le monstre aux traits de plus en plus achevés "chargé de porter nos traumatismes collectifs", comme l'affirme et le démontre le docteur en sciences de l'information et de la communication Amélie Dalmazzo. "Conforté" dans son statut d'homme (désormais non plus seulement de spectacle) hors-norme chaque jour par la presse à scandale, il apparait toujours plus au ban de la société; il est rejeté petit à petit par le "grand public". Michael Jackson est, à l'image d'Edward et du Maestro, "isolé", coupé du monde dans son ranch Neverland, qui fut d'abord considéré (ainsi que ce fut le cas pour les arts des deux personnages de fiction suscités) comme un paradis artistique puis détourné par la presse qui en fit un piège pour pervers. Les histoires de l'artiste, du Maestro et d'Edward se font donc profondément écho. Les trois subissent des accusations qui en surface paraissent vraies aux yeux du public (la norme) sans qu'il n'en soit rien. La mise à mort symbolique et réelle à la fois, d'Edward autant que du Maestro, puis dans un autre cadre celle de Michael Jackson, sont toutes inconsciemment considérées comme nécessaires pour la réhabilitation du personnage (ou de la personne) dans le cœur du public (le voisinage, la norme en général dont l'être ne fait pas partie).

Le Maestro, qui est sans conteste un double fictionnel (un de plus!) de Michael Jackson, se confond à lui de manière considérable. Michael Jackson parlait très souvent de la nécessité d'allier la musique à la magie, à travers le cinéma; ces deux notions sont de fait mêlées dans ce "surnom" du personnage (« le Maestro »), dans ce moyen-métrage. L'histoire d'origine n'est pas écrite par l'artiste; mais le choix de cette histoire, l'approbation des modifications apportées à celle-ci (Michael Jackson produisait le film) et enfin les modifications apportées par lui-même, font que de multiples résonances à sa vision propre sur sa situation, ce qu'il était et le regard que portaient sur lui les médias peuvent être décelées à travers ce moyen-métrage, et doivent par conséquent être prises en compte. Les thématiques qui s'y mêlent (celle de l'injustice, du jeu, du spectacle, du normal et de l'anormal, de la vieillesse et de la mort) sont autant de brèches nous donnant accès à la vision de Jackson sur sa propre existence.

Originemodifier | modifier le code

Même si l'histoire a été réarrangée par Michael Jackson et les scénaristes à l'occasion de la création de ce "clip", l'histoire d'origine a été écrite par Stephen King.

Distributionmodifier | modifier le code

Sortie VHSmodifier | modifier le code

En décembre 1997 est sorti le film en VHS et en coffret collector (Deluxe collector box set - limited edition) contenant : le programme - la VHS - le CD Blood On The Dance Floor - HIStory in the Mix (qui contient des chansons du film) et un CD 3 titres minimax avec l'inédit "On the Line" produit par Babyface et tiré du film Get on the Bus de Spike Lee. Il existe aussi une version Laser disc video.








Creative Commons License