Gisant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Gisants de Richard Cœur de Lion (au premier plan) et d'Isabelle d'Angoulême (au second plan) à l'abbaye de Fontevraud.

Un gisant est une sculpture funéraire de l'art chrétien représentant un personnage couché (par opposition à orant ou priant) à plat-dos, vivant ou endormi (par opposition au transi). C’est, lorsqu’il existe, l'élément principal de décoration d’un tombeau ou d’un enfeu. Par extension, un gisant gravé ou sculpté en bas ou demi-relief sur une dalle funéraire peut également représenter l'effigie d'un grand personnage.

Sommaire

Étymologie modifier

Gisant est le participe présent du verbe gésir : être couché, étendu (généralement malade ou mort). Le même verbe est employé dans la formule « ci-gît » (ici repose).

Évolution du style modifier

Les gisants les plus anciens, exécutés dans la pierre, représentent le personnage debout, comme en témoigne la manière dont tombe le plissé des vêtements. À partir du XIIIe siècle, ils sont exécutés dans des matériaux plus précieux (bronze, cuivre doré ou émaillé)1.

Par la suite, le personnage est représenté couché, mais vivant, à plat-dos, à l'exception des chevaliers anglais des XIIIe siècle et XIVe siècle représentés « en mouvement » (couchés sur le flanc, jambes croisées et dégainant leur épée)1.

Au cours du dernier tiers du XIVe siècle, on représentera des cadavres réalistes, les transis.

Le gisant peut représenter soit le personnage lui-même, habituellement dans une habitude pieuse (joignant les mains, comme pour prier, ou lisant un livre saint), royale (une main tenant le sceptre royal) ou se reposant ou même le Christ.

Exemples de gisants modifier

XIe siècle modifier

XIIe siècle modifier

XIIIe siècle modifier

Gisant de Richard Cœur de Lion à Rouen

XIVe siècle modifier

Les plis du vêtement du gisant de Clément VI illustrent que la majorité des gisants de cette époque ne sont pas sculptés allongés, mais debout.
Gisant d'Isabelle d’Artois à Eu

XVe siècle modifier

XVIe siècle modifier

Le double visage de la Prudence, détail du tombeau de François II de Bretagne

XVIIe siècle modifier

Gisant de Gillion-Othon de Trazegnies et de son épouse Jacqueline de Lalaing sculpté par Lucas Fayd'herbe (1669).

XVIIIe siècle modifier

XIXe siècle modifier

XXe siècle modifier

  • Au XXe siècle, les gisants semblent ne rester l'apanage que de grands personnages, ou de princes. On peut notamment voir à Rome les gisants des papes Benoît XV (1922) et Pie XI (1939).

Notes et références modifier

  1. a et b Gisant sur universalis.fr
  2. Sans son cœur (à Rouen), ni ses entrailles (à Châlus?).
  3. Le caveau contenait son cœur conservé dans un reliquaire de plomb (qui existe toujours), selon son testament : « En remembrance d'amour pour la Normandie ».
  4. Selon le plan-guide du cimetière Saint-Roch de Grenoble.

Voir aussi modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie modifier

  • Philippe Ariès, L'homme devant la mort - Tome 1, Le temps des gisants, Point Seuil, 1985
  • Hadrien Kockerols, Les gisants du Brabant wallon, Namur, Les éditions namuroises, coll. « Art funéraire », 2010 (ISBN 978-2-930378-83-1) lire en ligne (page consultée le 9 janvier 2013)] 

Articles connexes modifier

Liens externes modifier