Grottes de Gargas

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Grotte de Gargas
Image illustrative de l'article Grottes de Gargas
vue intérieure de la grotte(avant 1910)- Félix Régnault
Coordonnées 43° 03′ 19″ N 0° 32′ 10″ E / 43.055278, 0.536111 ()43° 03′ 19″ Nord 0° 32′ 10″ Est / 43.055278, 0.536111 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région française Midi-Pyrénées
Massif des Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Vallée Vallée de la Neste
Localité voisine Aventignan
Voie d'accès RD 26
Signe particulier grotte ornée
Température 11°C
Occupation humaine gravettien ancien

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Grotte de Gargas

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Grotte de Gargas

La grotte de Gargas, appelée aussi grotte des mains mutilées, située dans le département français des Hautes-Pyrénées, est l'une des plus célèbres grottes ornées du Paléolithique supérieur en Europe.

Situation et historiquemodifier | modifier le code

Cette grotte est située sur la commune d'Aventignan dans le département français des Hautes-Pyrénées, en région Midi-Pyrénées, à la limite de la Haute-Garonne, tout près de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Histoiremodifier | modifier le code

Occupation préhistoriquemodifier | modifier le code

La grotte de Gargas a livré des indices d'occupations (ossements, industrie lithique, art mobilier) allant du Moustérien au Moyen Âge mais elle est surtout célèbre pour ses peintures et gravures du Paléolithique supérieur.

Les peintures comportent de très nombreuses mains négatives réalisées par la technique du pochoir. Ces mains sont rouges (ocre) ou noires (oxyde de manganèse), des deux sexes, allant du nourrisson à l'adulte. Dans près de la moitié des cas, tous les doigts sont réduits à une phalange (à l'exception du pouce, toujours complet), ce qui a donné lieu à de nombreuses hypothèses : mutilations volontaires selon l'abbé Henri Breuil (amputations rituelles en signe de deuil ou pratiques profanes pour punir un délit ou marquer l'appartenance)1, pathologies (lèpre, maladie de Raynaud)2, gelures (hypothèse invalidée par la présence systématiques de pouces complets), etc. Une signification symbolique est aujourd'hui privilégiée par la plupart des chercheurs (hypothèse d'André Leroi-Gourhan d'un code de chasseurs3, reprise par Marc Groenen4, hypothèse de la signature du clan ou de l'artiste selon Michel Lorblanchet5), les différentes images étant obtenues en repliant un ou plusieurs doigts. Ces empreintes étaient faites au moyen d'un mélange d'oxyde de fer et de manganèse broyés et de graisse animale, ce mélange étant projeté autour de la main appliquée contre la paroi6.

De nombreuses gravures figuratives sont également présentes dans d'autres parties de la cavité, accompagnées de signes. Les animaux figurés les plus fréquents sont le cheval, le bison[Lequel ?], l'aurochs, le bouquetin et le mammouth.

Une datation au carbone 14 a été réalisée sur un ossement fiché dans une fissure d'une paroi ornée de mains négatives. Si elle ne donne pas directement l'âge des peintures, cette date proche de 27 000 ans BP indique que la grotte était fréquentée au Gravettien ancien. Les mains négatives datent probablement de cette période.

Les oubliettesmodifier | modifier le code

De 1884 à 1887, Félix Régnault fouille Gargas où il découvre les « oubliettes », cheminées naturelles remplies d’ossements du début du Quaternaire.

Découvertemodifier | modifier le code

La grotte a fait l'objet de recherches scientifiques dès la fin du XIXe siècle, notamment de fouilles par É. Cartailhac et H. Breuil, Félix Régnault c'est à lui que l'on doit la découverte des empreintes de mains en 1906. Elle est classée Monument historique7.

Tourismemodifier | modifier le code

Les grottes de Gargas sont ouvertes au public.

Référencesmodifier | modifier le code

  • Foucher Pascal, San Juan-Foucher Cristina, Rumeau Yoan, La grotte de Gargas. Un siècle de découvertes, Édition Communautés de Communes du Canton de Saint-Laurent-de-Neste, 2007, 128 pages.
  1. Henri Breuil et Émile Cartailhac ont initialement pensé à des doigts repliés mais ont abandonné cette hypothèse face aux échecs répétés dans leurs expériences pour reproduire fidèlement ces mains.
  2. Docteur Ali Sahly, Les mains mutilées dans l'art préhistorique, M.T.E,‎ 1966, 319 p.
  3. A. Leroi-Gourhan, « Les mains de Gargas : essai pour une étude d'ensemble », Bulletin de la Société préhistorique française,‎ 1957, p. 114
  4. Marc Groenen, « Les représentations de mains négatives dans les grottes de Gargas et de Tibiran », Bulletin de la Société Royale Belge d’Anthropologie et de Préhistoire, vol. 99,‎ 1988, p. 81–113
  5. Michel Lorblanchet, Les grottes ornées de la préhistoire. Nouveaux regards, Éditions Errance,‎ 1995, 287 p. (ISBN 2877721124)
  6. Claudine Cohen, « La préhistoire en images, l’art pariétal et le thème de la main », séance publique de l’Académie des beaux-arts, 7 mars 2012
  7. Le Muséum de Toulouse et l'invention de la Préhistoire, 2010 (ISBN 978-2-906702-18-9)

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code








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