Guillaume Budé

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Guillaume Budé
Guillaume BudéPortrait par Jean Clouet (1536).
Guillaume Budé
Portrait par Jean Clouet (1536).

Naissance
Paris
Décès (à 73 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France

Guillaume Budé (né à Paris le et mort à Paris le ) est un humaniste français, connu également sous le nom latin de Budaeus.

Biographiemodifier | modifier le code

Statue de Guillaume Budé au Collège de France, par Maximilien Louis Bourgeois (1839-1901).

Il est issu d'une grande famille de fonctionnaires royaux anoblie par Charles VI de France. Son père, Jean Budé, conseiller du roi, est un lettré et un bibliophile, possesseur d’une riche bibliothèque.

Il ne commença que vers l’âge de 24 ans des études sérieuses. Après des études de droit civil, il assume les charges de notaire et secrétaire du roi. Il acquiert une si vaste science qu’Érasme l’appelait le Prodige de la France. Dès le début du règne de François Ier, il se rapproche de la cour royale pour y plaider la cause des belles-lettres et de la philologie. Il est le père du Collège des lecteurs royaux (actuel Collège de France), en militant pour la création d'un collège où seraient enseignées les langues de l'antiquité, le latin, le grec, l'hébreu, fondé en 1530 par François Ier. En 1522, il reçoit également du roi François Ier la charge de la bibliothèque royale de Fontainebleau, où sont entreposées toutes les copies et réécritures de manuscrits anciens possédées par la France.

Ce savant avait embrassé toutes les sciences, théologie, jurisprudence, mathématiques, philologie ; mais c'est surtout comme helléniste qu'il est connu. Il avait commencé l'étude de cette langue en 1494, auprès de Georges Hermonyme, un Grec de Mistra installé à Paris. C'est à la requête d'Érasme qu'il entreprend une compilation de notes lexicographiques sur la langue grecque qui fut pendant longtemps en France, l'ouvrage de référence pour celui qui voulait se lancer dans l'étude du grec. Il porte le titre de Maître de la Librairie du Roy. Il est lié avec Thomas More, Pietro Bembo, Étienne Dolet, Rabelais et surtout Érasme qui écrira, après une querelle littéraire, « Je ne suis point réconcilié avec Budé ; je n'ai jamais cessé de l'aimer.»

En son hommage a été créée l’association Guillaume-Budé, qui a pour but la diffusion des humanités en langue française et édite, entre autres, la Collection des Universités de France. Les ouvrages de cette collection d'ouvrages bilingues latin-français ou grec-français sont familièrement appelés des « Budés ».

Ses œuvresmodifier | modifier le code

Les ouvrages de Budé sont nombreux, quelques-uns sont fort importants, ils ont été souvent réimprimés.

  • Traduction en latin de plusieurs traités de Plutarque (1502 à 1505)
  • Annotationes in XXIV libros Pandectarum (Annotations sur les Pandectes, Paris, 1508, in-folio) dans lesquelles, appliquant la philologie et l'histoire à l'intelligence du droit romain, il opérait une véritable révolution dans les études juridiques. Annotationes in quattuor et viginti pendectarum libros. Paris, Josse Bade, 1532. Ce livre est le fondement de la science juridique ; elle est un modèle de critique philologique.
  • Libri V de Asse et partibus ejus (De Asse, 1514, in-folio, Venise, 1522, in-4), traité des monnaies et des mesures anciennes, qui eut un succès considérable et passe pour ce qu'il a fait de mieux, fut traduit en italien par Gualandi (Florence, 1562), et dont il fit en français un abrégé sur la demande du roi : Summaire ou Epitome du livre de Asse (Paris, 1522, in-8)
  • De contemptu rerum fortuitarum libri tres (Paris, 1520), dissertation philosophique et morale
  • Epistolae (1520, in-8) recueil qui ne renferme qu'une faible partie de la volumineuse correspondance de Budé écrites en grec avec une pureté remarquable.
  • De studio litterarum recte et commode instituendo (Paris, 1527), où il recommande à la jeunesse les fortes études littéraires
  • Commentarii linquae graecae (Commentaires sur la langue grecque, en latin, Paris, 1529, in-folio, 1548, in-folio), vaste recueil de notes lexicographiques où ont puisé tous les auteurs de lexiques. Commentarii Linguae Græcae, Gulielmo Budaeo, consiliario Regio, supplicumque libellorum in Regia magistro, auctore. Ab eodem accuratè recogniti, atque amplius tertia parte aucti. Ex officina Roberti Stephani typographi Regii, Parisiis, 1548. Cinquième édition des commentaires sur la langue grecque.
  • De philologia (Paris, 1530), plaidoyer sous forme de dialogue en faveur de la philologie et des savants. Le Roy, sur l'ordre de Charles IX, en a traduit en 1572 un chapitre sous ce titre : Traité de la vénerie, imprimé à Paris en 1861, in-8
  • Libellorumque magistri in praetorio, altera aeditio annotationum in pandectas. Paris, Josse Bade, 1532.
  • De Studio Literarum Recte Et Commode Instituendo. Item Eiusdem G. Budaei De Philologia Lib. II. Basileae, apud Ioan. Walderum (Bâle, Johann Walder), martio [mars] 1533. Première édition collective de 'De Studio Literarum Recte' et de 'De Philologia', publiée quelques mois après leurs originales respectives séparées (1532). Il est l'un des traités les plus représentatifs de l'importance que les humanistes ont accordée à l'éducation et à l'enseignement.
  • De transitu Hellenismi ad Christianismum libri tres (Paris, Robert Estienne, mars 1535)
  • De l'institution du prince (1547, in-folio)

Les œuvres complètes ont été publiées pour la première fois à Bâle (1557, 4 volumes in-folio).

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Louis Delaruelle, Guillaume Budé : les origines, les débuts, les idées maïtresses, Paris, 1907 (réimpr. Slatkine, 1970).
  • M. Rebité. Thèse sur Guillaume Budé. 1846.

Association Guillaume-Budémodifier | modifier le code

L'association Guillaume-Budé est une association culturelle fondée en 1917 pour diffuser la culture antique, les humanités. Elle a créé la société d'édition Les Belles Lettres. L'association possède de nombreuses sections très actives comme celles de Lyon, d'Orléans et de Saint-Dié-des-Vosges. Elle organise des conférences en faisant appel aux meilleurs spécialistes, universitaires ou non ; elle s'efforce d'ouvrir ses propos au public le plus large.

Source partiellemodifier | modifier le code

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Guillaume Budé » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

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