Henri Joseph Eugène Gouraud

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Henri Joseph Eugène Gouraud
Le général Gouraud au Maroc
Le général Gouraud au Maroc

Naissance 17 novembre 1867
Paris
Décès 16 septembre 1946 (à 78 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Flag of France.svg Armée française
Grade Général d'armée
Années de service 1888
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre franco-syrienne
Commandement 4e Brigade Marocaine
10e Division d’Infanterie
Corps d'Armée colonial
Corps Expéditionnaire Français aux Dardanelles
IVe Armée
Ire Armée
Haut-commissaire de la République en Syrie et au Liban
Armée du Levant
Gouverneur militaire de Paris
Distinctions Légion d'honneur(Grand-Croix)

Henri Joseph Eugène Gouraud (1867-1946) est un général français qui s’illustra aux colonies (Soudan français (actuel Mali), Mauritanie, Tchad, Maroc), puis, pendant la Grande Guerre en Argonne, aux Dardanelles et en Champagne. Haut-commissaire du Gouvernement français au Levant de 1919 à 1923. Gouverneur militaire de Paris de 1923 à 1937. Il fut l'une des figures importantes de l'histoire de la colonisation française dans le sillage de Gallieni et de Lyautey. Paradoxalement, il est davantage connu pour sa mission en Syrie et au Liban que pour ses vingt années passées en Afrique.

Biographiemodifier | modifier le code

Henri Gouraud fait ses études à Paris au collège Stanislas où il reçoit une éducation marquée par la foi. Il se trouve rapidement une vocation coloniale. Il réussit le concours d’entrée à Saint-Cyr en 1888 avec la promotion de « Grand Triomphe ». À sa sortie de l'école, Gouraud espère partir outremer; mais son père s'y oppose et Henri Gouraud est d'abord affecté au 21e Bataillon de Chasseurs à Pied à Montbéliard.

L’Afriquemodifier | modifier le code

Soutenu dans son projet par sa mère, Henri Gouraud part en 1894 au Soudan. Il s’y révèle être un chef de guerre efficace mais surtout chanceux. En 1898, il parvient à mettre la main, sans effusion de sang, sur Samory Touré, chef mandingue, qui s’opposait aux Français depuis plus d'une décennie. Il était parvenu à conquérir un empire au Sud du fleuve Niger et disposait de nombreuses forces armées. L’arrestation de septembre 1898 fait d'Henri Gouraud une célébrité au moment même où la France doit laver l'affront de Fachoda. Le jeune capitaine est alors invité dans le-tout-Paris colonial où il fait la connaissance des personnes impliquées ou intéressées par la colonisation de l'Afrique, Auguste d'Arenberg et Eugène Étienne, futurs fondateurs du « parti colonial ». Grâce à l'actif soutien du parti colonial et de son chef Eugène Étienne, Henri Gouraud mène une belle carrière en sillonnant l’Afrique durant encore quinze ans (Niger, Tchad, Mauritanie).

Mauritanie, 1908 : « Essai de transport de canon à dos de chameau (opération de pacification) »

En 1907, il est promu colonel et commissaire du Gouvernement général en Mauritanie, et mène, à son initiative, une grande campagne contre des guerriers qui lancent des razzias. Par sa campagne de Mauritanie, il assure au moins partiellement la sécurité des transports entre le Maroc et la Mauritanie. Il participe ainsi au grand projet colonial français de constitution d'un vaste empire français en Afrique de l'Ouest. Après avoir suivi les cours du centre des Hautes études militaires, le colonel Gouraud part en 1911 au Maroc. Il mène des combats victorieux qui lui valent de recevoir les étoiles de général de brigade. Il est alors chargé du commandement de la région de Fez. Il est nommé en 1914 au commandement des troupes du Maroc occidental.

La Francemodifier | modifier le code

En 1914, la Guerre éclate en France et il est à la tête de la 4e brigade marocaine envoyée en renfort sur le front français. Il est nommé général de division et reçoit le 15 septembre le commandement de la 10e division d'infanterie Coloniale. En 1915, le général Gouraud est nommé au commandement du Corps d'Armée colonial puis quelques mois plus tard au commandement du Corps expéditionnaire français aux Dardanelles.

Aux Dardanellesmodifier | modifier le code

Fin juin, il est grièvement blessé par un obus. Sur le navire hôpital qui le ramène en France, la gangrène se déclare ; il faut l'amputer du bras droit. Poincaré le décore de la médaille militaire sur son lit d'hôpital.

En Champagnemodifier | modifier le code

Gouraud se rétablit rapidement. À la fin de 1915, il est nommé au commandement de la IVe Armée en Champagne. En 1916, son frère Pierre Gouraud meurt au champ d’honneur. Il retourne quelques mois au Maroc pour remplacer Lyautey qui devenait ministre de la guerre, mais revient en juin 1917 au commandement de la IVe Armée et, jusqu’au 11 novembre 1918 date de l’armistice, il lance ses hommes dans des batailles acharnées comme la Bataille des monts de Champagne et à la contre-offensive victorieuse du 15 juillet 1918. Sa mère meurt quelques jours plus tard. En décembre 1918, le général Pétain remet au général Gouraud la Grand Croix de la Légion d'honneur.

Au Proche-Orientmodifier | modifier le code

Le général Gouraud est envoyé par Clemenceau comme haut-commissaire de la République en Syrie et au Liban et commandant en chef de l'armée du Levant. Gouraud débarque à Beyrouth en 1919 ; il y reçoit un accueil chaleureux. En 1921, il tombe dans une embuscade sur la route de Damas et en sort indemne. Il entreprend la réorganisation du pays. Il devient membre de l'Académie des inscriptions et belles lettres de Paris. Chaque année, le général Gouraud se rend à Paris pour pousser le gouvernement à s’intéresser davantage à la situation de la Syrie.

Le général Gouraud en 1923.

Retour à Parismodifier | modifier le code

Il rentre définitivement à Paris en 1923. Il est nommé membre du Conseil supérieur de la guerre. Au cours d’un voyage en 1923 aux États-Unis, il apprend sa nomination au poste de gouverneur militaire de Paris. Le président des États-Unis étant mort, il représente à ses obsèques le Gouvernement de la République en tant qu'ambassadeur extraordinaire. Il crée en 1928 l'Association du Souvenir aux Morts des Armées de Champagne et, en 1933, la Fondation de Monument aux Morts des Armées de Champagne et Ossuaire de Navarin. Le peuple de Paris lui témoigne une véritable vénération. Il fait alors de nombreux voyages : la Pologne en 1925, les Indes et les États-Unis en 1929, la Turquie en 1930, l'Afrique-Occidentale française en 1933.

Fin de viemodifier | modifier le code

En 1937, à l'âge de 70 ans, il quitte le Gouvernement militaire de Paris. Il quitte Paris pour Royat et revient en mai 1945. Il y meurt le 16 septembre 1946.

Le Gouvernement lui rend un dernier hommage par des obsèques nationales le 26 septembre 1948 devant le Monument de Navarin. Conformément à ses dernières volontés, le général Gouraud est inhumé dans la crypte du Monument-Ossuaire de « La Ferme de Navarin » entre les villages de Souain-Perthes-les-Hurlus et Sommepy-Tahure, « au milieu des soldats qu'il a tant aimés », son képi et sa montre sont en dépôt au Fort de la Pompelle, clef de la défense de Reims.

Publicationsmodifier | modifier le code

Du général Gouraud :

  • La Pacification de Mauritanie. Journal des marches et opérations de la colonne de l'Adrar, 1910
  • Souvenirs d'un Africain, Au Soudan, 1939
  • Zinder-Tchad. Souvenirs d'un Africain, 1944
  • Mauritanie-Adrar, 1945 ; Au Maroc, 1946
  • La France en Syrie, extrait de la revue de France du 1er avril 1922

Sur le général Gouraud :

  • Julie d'Andurain, « Le général Gouraud durant la Grande Guerre», 14-18, le magazine de la Grande Guerre, no 29, déc.-janvier 2006, p. 34-41
  • Julie d'Andurain, « Le général Gouraud, chef du corps expéditionnaire des Dardanelles, 1915 », Revue historique des armées, no 258, 1er trimestre 2010, p. 46-56.
  • Julie d'Andurain, Le Général Gouraud, un colonial dans la Grande Guerre, Paris-Sorbonne, thèse d'histoire, octobre 2009. Disponible via l'ANRT, Lille.
  • Julie d'Andurain, La capture de Samory (1898). L'achèvement de la conquête de l'Afrique de l'Ouest, Saint-Cloud, Soteca, 2012, 209 p. ISBN 978-2-9163-8545-7.
  • Auguste Gyss, "Henri Eugène Joseph Gouraud: sa carrière militaire: libérateur et citoyen d'honneur d'Obernai", Obernai: Impr. Gyss, 1996, 128 p., ill., 30 cm.
  • Aux Capitaines Baratier et Gouraud, souvenir de leur réception au collège Stanislas par leurs anciens camarades, les 18 juin et 2 juillet 1899, Paris, D. Dumoulin et fils,1900, 58p. Disponible sur Gallica.

Décorationsmodifier | modifier le code

Diversmodifier | modifier le code

  • Paris possède une place du Général-Gouraud dans le 7e arrondissement.
  • Lyon possède une rue Général-Gouraud dans le 8e arrondissement.
  • Neuilly-sur-Seine a donné à l'ancienne place du Château de nom de place du Général-Gouraud
  • Strasbourg possède une rue Général-Gouraud près du parc des Contades.
  • Dans les années 30, alors que le général est encore vivant, la Corniche du Collège Stanislas prend son nom pour devenir la Corniche Gouraud. Henri Gouraud y était lui-même passé auparavant pour préparer son entrée à Saint-Cyr.
  • Les villes de Bourges, Obernai (Alsace) et de Montigny-les-Metz (en Moselle) possèdent une rue du Général Gouraud

Il fut choisi parmi les militaires vainqueurs pour faire une entrée triomphale dans Strasbourg en novembre 1918.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

Voir aussimodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code

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