Henri Labrouste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Labrouste.
Henri Labrouste
Image illustrative de l'article Henri Labrouste
Henri Labrouste
Présentation
Naissance
Paris
Décès (à 74 ans)
Fontainebleau (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Formation ENSBA, atelier Lebas
Œuvre
Réalisations Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris
Bibliothèque nationale
Distinctions Grand prix de Rome (1824)
Académie des beaux-arts (1867)
Entourage familial
Famille Théodore Labrouste (frère)

Henri Labrouste (Paris, - Fontainebleau, ) est un architecte français. Après avoir séjourné six ans à Rome, il ouvrit un atelier de formation d'architectes qui devint centre du courant rationaliste. Il fut l'un des premiers à saisir l'importance du fer en architecture.

Il est le frère de l'architecte Théodore Labrouste, prix de Rome en 1827.

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunessemodifier | modifier le code

Henri Labrouste, né à Paris sous le consulat est issu d’une famille de juristes bordelais favorables aux idées révolutionnaires quoique modérées. Son père, François-Marie Labrouste, membre du Conseil des Cinq-Cents en 1796 puis du Tribunat jusqu’en 1807, sera un soutien de l’Empire. Parmi ses trois frères, Henri comptera un autre architecte, Théodore, né en 1804, et Alexandre, né en 1796, célèbre directeur du Collège Sainte-Barbe (Paris).

Labrouste entre dans ce dernier établissement comme élève en 1809. Il est admis à la deuxième classe de l'École royale des beaux-arts dans l'atelier Lebas-Vaudoyer en 1819. En 1820, il accède en première classe. En compétition pour le grand prix, Labrouste arrive en deuxième position derrière le projet de Palais de Justice de Guillaume Abel Blouet en 1821. En 1823, vainqueur du prix départemental, il travaille comme sous-inspecteur sous la direction d'Étienne-Hippolyte Godde sur le chantier de l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.

L'année 1824 est un tournant dans la vie de Labrouste. Il remporte le grand prix de Rome sur le thème d'une Cour de cassation. Il quitte en novembre Paris pour l'Italie. Sur son chemin, il s'arrête à Turin, Milan, Lodi, Plaisance, Parme, Modène, Bologne, Florence, Arezzo.

Séjour à Romemodifier | modifier le code

Pensionnaires de l'État pendant cinq ans, les lauréats sont logés à la Villa Médicis. Dans l'étude des monuments de l'Antiquité, ils « doivent rechercher les lois des proportions pour les réduire en formules à l'usages des maîtres et des étudiants de Paris »1. Cette obligation se traduit par un envoi annuel adressé à l'Académie des beaux-arts ; « exposés publiquement à Paris, ces envois consistent pour la première année, détails d'architecture relevés sur les restes d'architecture antique. Pour la deuxième année en un relevé d'ensemble (état actuel) d'un de ces édifices. Les envois de troisième et quatrième années comportent la restauration et la restitution, plus ou moins hypothétiques ou basées sur des données historiques du monument précédemment relevé et d'un autre d'importance plus considérable2. »

Pour son envoi de première année, il soumet en avril sept dessins du Temple d'Antonin et de Faustine (1826). Les études romaines commencées l'année précédente nourrissent l'envoi de cette troisième année (1828) qui propose à l'aide de cinq dessins une comparaison entre le Colisée et le théâtre de Marcellus. Il séjourne la même année par deux fois à Paestum. À son retour, il commence la préparation de son envoi de quatrième année consacré aux temples de Paestum.

L'année de changement de direction de l'Académie de France à Rome (Vernet remplace Guérin en 1829), voit Labrouste visiter les tombes étrusques de Tarquinia et de Sutres mais aussi Tivoli. Il travaille à son cinquième envoi - un pont destiné à réunir le France et l'Italie - quand arrive à Rome un rapport de l'Académie critiquant la restauration qu'il a faite de Paestum.

Retour à Parismodifier | modifier le code

À son retour à Paris en 1830, la polémique sur la restauration des temples de Paestum prend de l'ampleur. Durant l'été, il ouvre son atelier le 1er août 1830 (professeur libre d'architecture). En 1834, Labrouste travaille avec Duban sur le nouvel aspect à donner à l'École des Beaux-Arts.

Toujours inspecteur à l'École des Beaux-Arts, l'année même où il se marie (1836), il reçoit le programme pour la compétition pour un asile d'aliénés à Lausanne. Nommé architecte de la décoration du pont de la Concorde, il fournit avec son frère Théodore plus de dix projets dont aucun ne sera retenu. Le projet qu'il soumet à Lausanne en 1837 remporte le premier prix, mais il ne sera pas réalisé pour autant. Labrouste concentre son activité sur les tombes du Baron de Ridèle et de la famille Brunet pour le cimetière parisien de Montparnasse.

Nommé en janvier 1838 architecte des Monuments historiques, Labrouste entreprend ses premiers travaux de restauration. Il est en même temps relevé de sa fonction d'inspecteur à l'École des Beaux-Arts dont les travaux ont bien avancé. Le 6 juin, Labrouste est nommé architecte du Dépôt des marbres sur l'île des Cygnes et le 18 juin architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève.

En octobre de la même année, l'architecte reçoit la commande du nouveau bâtiment destiné aux collections de la bibliothèque Sainte-Geneviève. En décembre 1839, le projet est soumis au Conseil des bâtiments civils. Labrouste conçoit le frontispice de la Revue générale de l'Architecture et des Travaux Publics. Le projet pour la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève est soumis et approuvé en 1840 par le Conseil des bâtiments civils à la fin du mois de janvier, mais sa présentation devant les chambres est en revanche ajournée. Labrouste est au même moment déclaré vainqueur dans la compétition pour la prison d'Alexandrie en Italie, qui ne fut pas réalisée.

Architecte de la cérémonie de la Translation des cendres de Napoléon en collaboration avec Visconti, Labrouste donne les dessins de l'embarcadère de Courbevoie, du bateau Catafalque-Char, des Champs-Élysées, du pont de la Concorde et de l'Esplanade des Invalides.

Tandis que le projet pour la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève est ajourné, Labrouste est déclaré vainqueur de la compétition des abattoirs de Provins en 1841. Il reçoit la légion d'honneur pour sa participation à la Translation des cendres napoléoniennes.

Jugé l'un des meilleurs de dix projets, son dessin pour le Tombeau de Napoléon aux Invalides remporte la médaille d'or. L'année suivante, le projet original de la bibliothèque Sainte-Geneviève est de nouveau soumis et approuvé par le Conseil des bâtiments civils. Labrouste rejoint la Société centrale des Architectes, fondée deux ans auparavant.

La construction de la Bibliothèque Sainte-Genevièvemodifier | modifier le code

La bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris

Son projet pour la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève reçoit l'approbation définitive auprès des chambres en 1843. Les travaux de fondation commencent le 1er août de la même année. Deux ans plus tard, Labrouste entreprend la construction de la Colonie agricole de Saint-Firmin. Le 7 mars 1848, il est nommé membre de deux commissions : l'une, pour le ministère des Cultes, chargée du budget des édifices religieux, l'autre, de la forme à donner au tombeau de l'Empereur aux Invalides. Il conçoit également le jeton de la Société Centrale des Architectes. En 1849, Labrouste est élu vice-président de la Société centrale des architectes.

Le 4 février 1851, la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève est ouverte au public. Le 23 février 1852, Labrouste est promu au rang d'officier de la légion d'honneur pour la réalisation de ce bâtiment.

Bibliothèque impériale et dernières réalisationsmodifier | modifier le code

En hommage à l'architecte, un monument a été érigé dans l'escalier de la bibliothèque Sainte-Geneviève.
La salle Labrouste de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu.

Labrouste est successivement nommé architecte du séminaire de Rennes et de la Bibliothèque impériale, chantier pour lequel il succède à Visconti en 1854. Deux ans plus tard, le projet approuvé, la construction du séminaire de Rennes commence ; entre-temps, l'architecte a choisi de fermer son atelier parisien. Labrouste propose un projet d'agrandissement pour la Bibliothèque impériale dont la réalisation est entreprise à l'automne 1857. C'est le moment que l'architecte choisit pour séjourner à Londres où il visite longuement la British Library. Le projet est approuvé en 1859, la construction de la nouvelle salle de lecture de la Bibliothèque impériale commence.

Labrouste édifie l'Hôtel Vilgruy sur la place François-Ier à Paris en 1865. C'est en remplacement d'Hittorff que Labrouste est finalement élu à l'Académie en 1867. La nouvelle salle de lecture de la Bibliothèque impériale ouvre au public le 2 juin 1868. Durant le mois de mai, Labrouste a été élu membre du Royal Institute of British Architects. Cinq ans plus tard, il est aussi élu président de la Société centrale des architectes et membre de l'American Institute of Architecture. Il installe en 1874, sur le palier de la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève, un monument rendant hommage à Ulrich Gering, l'un des premiers imprimeurs parisiens. Labrouste meurt le 24 juin 1875 à Fontainebleau.

Ses réalisationsmodifier | modifier le code

Ses écritsmodifier | modifier le code

  • Notes recueillies et classées par ses enfants, Paris, 1928

Voir aussimodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

Sourcesmodifier | modifier le code

  • Frédéric Edelmann, « Baltard et Labrouste, orfèvres de la fonte », Le Monde,‎ 28 octobre 2012 (ISSN 0395-2037)
  • Les papiers personnels de Henri Labrouste sont conservés aux Archives nationales sous la cote 453AP3.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Renée Plouin, Henri Labrouste : sa vie, son oeuvre (thèse de doctorat), Université de Paris,‎ 1965.
  • Neil A. Levine, Architectural reasoning in the age of positivism : the Neo-Grec idea of Henri Labrouste's Bibliothèque Sainte-Geneviève(thèse de doctorat), New Haven, Yale university,‎ 1975.
  • Pierre Saddy, Henri Labrouste, architecte : 1801-1875 (catalogue d'exposition), Paris, C.N.M.H.S.,‎ 1977.
  • Arthur Drexler (éd.), The architecture of the Ecole des beaux-arts (catalogue d'exposition, New York, Museum of Modern Art, octobre 1975-janvier 1976), New York, M.O.M.A.,‎ 1977.
  • David Van Zanten, Designing Paris : the architecture of Duban, Labrouste, Duc et Vaudoyer, Cambridge, Mass., MIT Press,‎ 1987.
  • Jean-Pierre Roze, Catalogue sommaire des dessins d'Henri Labrouste, relatifs à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, conservés à la Bibliothèque nationale de France, Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève,‎ 1997.
  • Renzo Dubbini (dir.), Henri Labrouste, 1801-1875, Milano, Electa,‎ 2001.
  • Visions : Bibliothèque Sainte-Genevière (catalogue de l'exposition "Voir et revoir l'oeuvre de Labrouste", octobre-novembre 2001), Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève,‎ 2001.
  • Jean-Michel Leniaud (dir.), Des palais pour les livres : Labrouste, Sainte-Geneviève et les bibliothèques, Paris, Bibliothèque Sainte-Genevière/Maisonneuve et Larose,‎ 2002.
  • Corinne Bélier, Barry Bergdoll, Marc Le Coeur (dir.), Labrouste, 1801-1875, architecte : la structure mise en lumière (catalogue de l'exposition, Cité de l'Architecture et du Patrimoine, octobre 2012-janvier 2013), Paris, N. Chaudun/Cité de l'Architecture et du Patrimoine,‎ 2012.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome, tome 1, p. 28.
  2. Encyclopédie de l'Architecture et de la Construction
  3. Archives nationales


Liens externesmodifier | modifier le code








Creative Commons License