Honfoglalás

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La Honfoglalás (/ˈhonfoglɒlaːʃ/) désigne la période d'installation des tribus magyares, d'origine finno-ougrienne, dans le bassin du moyen-Danube. La rareté des sources écrites ne permet pas de restituer précisément les phases de ce processus. La date symbolique de 896 est néanmoins retenue dans l’imaginaire national comme la date de l'entrée du vezér Árpád dans ce bassin en franchissant les Carpates par le col de Vorota (« la porte » en slave oriental, en hongrois : Vereckei-hágó, aujourd'hui en Ukraine).

Ces tribus étaient originaires de l’Oural, mais s’étaient installées plusieurs décennies auparavant dans l’Etelköz, une région steppique située au nord de la Mer Noire, où elles se trouvèrent en 895 en butte aux attaques des Petchénègues. Sous la poussée de ces derniers, les Magyars se déplacèrent vers l’ouest, dans la zone d’influence des Bulgares, des Bavarois et des Moraves, peuplée de Slovènes (voïvodat de Blatenské), de Croates (voïvodat de Braslavie), de Slovaques et de Valaques, ainsi que par les dernières tribus Avares (maîtresses de la région deux siècles auparavant)1. Tous les Magyars ne passèrent pas les Carpates : ceux restés à l'extérieur de l’arc carpatique, dans ce qui est aujourd’hui la Moldavie roumaine, sont appelés Csángós. Les Magyars soumirent toutes ces populations, puis, une fois maîtres du pays, entreprirent, durant soixante ans, des campagnes de pillage en Moravie (gravement défaite à Bratislava en 907) et dans le domaine carolingien (ravageant notamment l’Allemagne, la vallée du Rhône et l’Italie, jusqu’au sud de la péninsule, en 922-24, 933 et 947), ramenant un énorme butin et d’innombrables prisonniers, dont ils firent leurs serfs. Mais les Carolingiens s’organisèrent et mirent un terme à ces pillages par leur victoire à la Bataille du Lechfeld (en Souabe) en 9552.

Ainsi défaits, les Magyars cessèrent leurs campagnes et entreprirent d’organiser leur pays, où ils se sédentarisèrent, commencèrent à assimiler les populations locales et les serfs qu’ils y avaient colonisés, se convertirent au christianisme et, en 1001, firent couronner roi, en accord avec la papauté, leur chef Vajk, baptisé sous le nom d’Étienne et ultérieurement sanctifié (Szent István)3.

Le couronnement d’Étienne Ier marque la fin de la Honfoglalás et inaugure l’histoire de la Hongrie royale.

Note et sourcesmodifier

  1. Il n'y a pas de consensus concernant la présence et l'importance numérique de ces populations lors de l'Honfoglalás. Dans les hypothèses les plus nationalistes (défendues et diffusées notamment par le Jobbik, mais initiées au XIXe siècle par Robert Rössler, pour délégitimer les revendications des Slaves et des Roumains de Hongrie), le bassin du Moyen-Danube, à l'intérieur de l'arc carpatique, était vide d'habitants à l'arrivée des Magyars (Avarenwüste). D'autres hypothèses, majoritaires parmi les historiens hongrois, admettent la présence de groupes épars de Slaves, mais non celle des Valaques, censés être venus plus tard des Balkans. Enfin les hypothèses les plus « assimilationnistes » admettent, lors de l'Honfoglalás, la présence d'une abondante population, vivant en Sklavinies (Szlávok) et en Valachies (Oláhok) ultérieurement regroupées en Banats et Voïvodats, et progressivement assimilée (magyarisée), tout comme les prisonniers des campagnes en Occident (Olászok), mais pas intégralement (d'où la présence des minorités non-magyares dans la Hongrie historique) : ces hypothèses sont surtout émises par les historiens slaves et roumains.
  2. Gyula Kristó : Histoire de la Hongrie Médiévale : tome I Le Temps des Arpadiens, Presses universitaires de Rennes, 2000, ISBN 2868475337
  3. Marie-Madeleine de Cevins : Saint Étienne de Hongrie ou l'ancrage des Magyars à l'Ouest, éd. Clio.