Houlagou Khan

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Houlagou Khan et sa femme Doqouz Khatoun, miniature du XIVe siècle tirée de l'Histoire du Monde, de Rachid Ad-Din

Houlagou Khan1, né en 1217 à Maragha près de Tabriz2, mort le , petit-fils de Gengis Khan et frère de Kubilai Khan, est le fondateur de la dynastie mongole des Houlagides ou Il-khanides3, qui gouverne la Perse et l'Irak jusqu'au XIVe siècle.

Biographiemodifier | modifier le code

Origines familialesmodifier | modifier le code

Houlagou est le fils de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte, et de Sorgaqtani, une Mongole de religion chrétienne nestorienne.

En 1251, Möngke, son frère, devient le quatrième grand khan de l'empire mongol; en 1260, Kubilai lui succède.

La conquête de l'Irak et de la Syrie (1255-1260)modifier | modifier le code

En 1255, Houlagou est chargé par Möngke d'établir « les coutumes (rusum va yusum) et la loi (yasa) » des Mongols de l'Oxus à l'Egypte4, ce qui implique notamment : l'assujettissement des Lors, un peuple du sud de l'Iran ; la destruction de la secte des Nizârites (dits « Haschichim », « Assassins ») ; la destruction du califat des Abbassides à Bagdad, c'est-à-dire le cœur du monde musulman de cette époque.

Houlagou réunit probablement la plus grande armée mongole jamais assemblée[réf. nécessaire]. Il prend facilement le contrôle des Lors, et fait tomber Alamut à la suite d'un siège durant lequel fera négocier la survie de la secte (et notamment de l'imam nizarite Rukn al-Din ) en échange de la réédition de la forteresse (mais ne pourra faire tomber effectivement la secte qui ira se réfugier à Masyaf jusqu'en 1273).

Houlagou a toujours eu l'intention de conquérir Bagdad[réf. nécessaire], mais il prend prétexte du refus du calife Al-Musta'sim de lui envoyer des troupes pour l'attaquer. Il lui fait alors parvenir ce message:

Campagne d'Houlagou en Syrie.
« Quand je conduirai mon armée contre Bagdad en colère, que vous vous cachiez au paradis ou sur la terre
Je vous ramènerai depuis les sphères tournantes,
Je vous retournerai en l'air comme un lion,
Je ne laisserai personne vivant dans votre royaume,
Je vais brûler votre ville, votre pays et vous aussi.
Si vous voulez vous sauver et votre famille vénérable, écoutez mon conseil avec l'oreille de l'intelligence. Si vous ne le faites pas vous verrez ce que Dieu a voulu. »

La ville est prise lors de la bataille du 10 février 1258. Au milieu des fureurs de la prise d'assaut, le vainqueur ordonne que plusieurs catégories d'habitants soient épargnées, comme les gens instruits et les chrétiens (à la demande de son épouse Doqouz Khatoun), mais au moins 250 000 personnes auraient été massacrées (les sources contemporaines[réf. nécessaire] indiquent 800 000). Houlagou tue le calife en le mettant dans un tapis roulé puis en le frappant à mort, ou en le faisant piétiner par des chevaux. Marco Polo indique qu'il mourut de faim, mais il n'y a aucune preuve de cela ; une légende mongole raconte en effet que Houlagou le fit enfermer dans une tour où se trouvaient ses trésors.

Le califat est détruit, et l'Irak ravagé, la région ne redeviendra plus le centre politique et culturel important qu'elle avait été jusqu'alors.

Les petits états de la région s'empressent alors de rassurer Houlagou à propos leur fidélité.

En 1259, les Mongols envahissent la Syrie, qui appartient aux Mamelouks d'Egypte ; ils envoient des patrouilles jusqu'à Gaza.

Le tour de l'Égypte semble venu lorsque la mort de Möngke entraine le retrait de la majeure partie de l'armée, en vue d'une crise de succession qui va se révéler très difficile à régler.

La défaite du gouverneur Ketboğa à Aïn Djalout (3 septembre 1260)modifier | modifier le code

Les Mongols ne laissent que des effectifs limités en Syrie sous la direction du gouverneur Ketboğa.

Les Mamelouks concluent alors une trêve avec les Croisés et obtiennent le passage sur leur territoire ; ils avancent vers la Syrie et rencontrent les troupes de Ketboğa à Aïn Djalout, en Galilée. Les Mongols sont battus et les Mamelouks reprennent le contrôle de la Syrie. Le Tigre marque désormais la frontière du territoire mongol.

La guerre pour la succession de Möngkemodifier | modifier le code

Houlagou Khan se trouve dans le camp de Kubilai et combat contre Alghu, placé par Ariq Boqa à la tête du khanat de Djaghataï, puis contre Berké, khan de la Horde d'or, après le ralliement d'Alghu à Kubilai.

En 1263, il subit une sévère défaite au cours d'une tentative d'invasion du nord du Caucase5.

Fin du règne d'Houlagoumodifier | modifier le code

Il meurt en 1265.

Sa tombe se trouve en Azerbaïdjan, mais on ne connaît pas précisément son emplacement.

Son fils Abaqa lui succède, installant la dynastie des Houlagides qui règne sur le territoire connu sous le nom de khanat (ou ilkhanat) de Perse jusqu'en 1340.

Points particuliersmodifier | modifier le code

Personnalité d'Houlagoumodifier | modifier le code

Houlagou est un personnage complexe. Passionné de philosophie et de science, recherchant la société des gens de lettres, il se transforme pendant ses campagnes en bête sanguinaire, assoiffée de sang et de destruction[réf. nécessaire].

Politique religieusemodifier | modifier le code

Très influencé par le christianisme (sa mère, son épouse Doqouz Khatoun (Tokuz-khatoun) et plusieurs de ses collaborateurs appartiennent à l’Église nestorienne) il n’a pas renoncé au chamanisme. En Perse, il se montre tolérant à l’égard des musulmans, mais, emporté par la volonté de détruire toute entité politique capable de s’opposer à lui, il mène contre les métropoles sous souveraineté musulmane une guerre de destruction totale.

Mariages et descendancemodifier | modifier le code

Il épouse Dogouz Khatoun, une chrétienne, qui est son épouse principale. Il a plusieurs fils dont Abaqa qui lui succède et Teküder.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • René Grousset, L'Empire des steppes Attila, Gengis Khan, Tamerlan, Editions Payot, Paris, 2001, 656 p., ISBN 2-228-88130-9 (Première édition : Payot, 1939)
  • Denise Aigle, « Loi mongole vs loi islamique. Entre mythe et réalité », dans Annales Histoire Sciences sociales, 5/2004, p. 971-996, disponible en ligne sur le site Cairn-info

Liens externesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. On trouve aussi les transcriptions Hulagu et Hülegü
  2. Maragha se trouve à 130 km au sud de Tabriz.
  3. Ilkhanides : en raison de leur fonction officielle de « khan de région » en Perse (il ou uls : « région »)
  4. Denise Aigle, 4.
  5. William Bayne Fisher, John Andrew Boyle, Ilya Gershevitch, The Cambridge History of Iran : The Saljug and Mongol Periods, Cambridge University Press,‎ 1968 (ISBN 978-0-521-06936-6, présentation en ligne)
Précédé par Houlagou Khan Suivi par
Dynastie fondée par Houlagou
Il-khans
1256-1265
Abaqa







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