Jan Masaryk

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Jan Masaryk

Jan Masaryk est un homme politique et diplomate tchécoslovaque, né le à Prague où il est mort le .

Démocrate convaincu, fils du premier président du pays, il participe au gouvernement d'union nationale après la Seconde Guerre mondiale. Il est trouvé mort à Prague sous les fenêtres du ministère des affaires étrangères en mars 1948 (les communistes de Klement Gottwald soutenus par l'Union soviétique de Staline ayant pris le pouvoir par la force en février 1948). La police conclut à un suicide alors que beaucoup croient à un assassinat politique à la suite du putsch communiste dans ce qui serait l'une des dernières défenestrations de Prague. En 2004, la police tchèque a rouvert l'enquête et a conclu à un assassinat.

Biographiemodifier | modifier le code

Jan Garrigue Masaryk est né à Prague, où son père était professeur de philosophie. Il est le quatrième enfant de la famille Masaryk. Sa mère, Charlotte Garrigue Masaryk était américaine. Elle et son mari souhaitaient vivre dans un foyer qui soit libéral et intellectuel. Cependant, Jan apparaît comme le mouton noir de la famille. Il était un pauvre étudiant, décrit comme ayant un tempérament agité et excité, accueillant et doué pour la musique.

Le vieux Masaryk ne prévoyait probablement pas que son fils pourrait gagner sa vie grâce à ses talents de pianiste lorsqu'il l'a envoyé aux États-Unis en 1904 avec un don de 100 $. Cette somme a rapidement disparue des mains de Masaryk qui devint pianiste dans un cinéma de New York. Il travailla plus tard dans une fonderie de laiton dans le Connecticut, parmi les nombreux autres jobs qu'il a exercés pendant cette décennie à l'étranger. Bien qu'amateur de jeux de hasard et de jolies femmes, Masaryk avait un côté sérieux. Lorsqu'il travaillait dans la fonderie, il s'occupait des cours d'alphabétisation de ses collaborateurs, qui venaient de différents horizons européens. Il a révélé plus tard que ce fut son plus grand entraînement pour sa carrière diplomatique.

Ère de libertémodifier | modifier le code

Masaryk est retourné dans son pays natal au début de la Première Guerre mondiale. Il fut intégré à l'armée austro-hongroise et servi en Pologne en tant que soldat de l'infanterie. Les tensions entre les nationalités dans cette partie de l'Europe ont amorcé une série de changements politiques après la fin de la guerre. Relégués au rang de citoyens de seconde classe de l'Empire, les Tchèques et les Slovaques possédaient un fort sentiment anti-allemand. Beaucoup d'entre eux ne voulaient pas se battre au nom de la dynastie des Habsbourg qui dirigeait l'Autriche-Hongrie. Une nouvelle poussée pour une nation séparée fit son chemin, idée dans laquelle Thomas Masaryk, le père, a joué un rôle clé. Celui-ci a été élu président du nouveau pays en 1918.

En tant que fils du président, on donna a Jan un poste de ministre des affaires étrangères. Il a été assigné à divers postes (chargé d'affaires à Washington D.C, membre de la délégation tchécoslovaque à Londres après 1921 et secrétaire privé d'Edouard Bénès, autre personnage clé du mouvement dans le nouveau gouvernement. Jan Masaryk se maria à cette période, mais l'union avec Frances Crane Leatherbee se termina en 1931.

En 1925, Masaryk est nommé ministre en Grande Bretagne, et sa chancellerie de Grosvenor Square et résidence devinrent des points de rencontres pour la communauté diplomatique internationale. Masaryk était une figure appréciée à Londres, connu pour son esprit, son érudition, et son talent de pianiste lors de fêtes. On disait de lui qu'il aimait raconter des histoires un peu osées. Comme son père, il s'orientait vers l'Ouest davantage que vers l'Est ; il rejeta le mouvement panslave, et considérait la Russie bolchévique comme une menace pour la stabilité et à l'indépendance de la Tchécoslovaquie.

Menace de l'Allemagne naziemodifier | modifier le code

Tout au long des années 1930, Masaryk continua à faire la navette entre Londres et Prague et faisait à l'occasion des incursions aux États-Unis. Son père mourut en 1937, et cette disparition a semblé lui insuffler un certain dévouement à l'égard de Bénès, celui qui succéda à la présidence. Lorsque le chancelier allemand Adolf Hitler a fait mouvement pour s'emparer des Sudètes, territoire de la partie ouest de la Tchécoslovaquie, qui a, pendant longtemps, été un foyer d'accueil, une conférence réunie en urgence s'est tenue à Munich en présence des représentants des puissances de l'Europe de l'Ouest, ni Bénès ou Masaryk ne furent invités. Là-bas, on décida d'appliquer une politique d'apaisement, et Bénès y adhéra. Hitler fut autorisé à s'emparer des Sudètes. Moins de 6 mois plus tard, les troupes de la Wehrmacht furent envoyées à Prague et abolirent l'état-nation indépendant que Thomas Masaryk avait créé.

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