Jean-Louis Vaudoyer

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Jean-Louis Vaudoyer

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Jean-Louis Vaudoyer, lauréat du Grand prix de littérature de l'Académie française1

Activités Essayiste, Historien d’art, Poète, Romancier
Naissance 10 septembre 1883
Plessis-Piquet
Décès 20 mai 1963
Paris
Langue d'écriture Français
Mouvement Écriture impressionniste
Genres Roman, essai, poème
Distinctions Littéraires :

Nationales :

Œuvres principales

L’Amour masqué (1908)
Suzanne et l’Italie (1909)
La Bien-aimée (1909)
La Maîtresse et l’amie (1912)
Poésies (1913)
Les Papiers de Cléonthe (1919)
L’Album italien (1922)
La Reine évanouie (1923)
Les Délices de l’Italie (1924)
Raymonde Mangematin (1925)
Beautés de la Provence (1926)
Rayons croisés (1928)
Franges (1938)
Peintres provençaux (1947)
L’Italie retrouvée (1950)
La Sicile (1958)

Jean-Louis Vaudoyer, né au Plessis-Piquet le 10 septembre 1883 et mort à Paris le 20 mai 1963, est un historien d’art et écrivain français, auteur de romans esthétistes, poèmes post symbolistes, impressions touristiques et essais variés. Commissaire d'expositions et critique d'art et de littérature écouté et prolixe tout au long de sa vie, il fut directeur de collections dans les années 1920, conservateur du musée Carnavalet au cours des années 1930 puis administrateur de la Comédie-Française sous l'Occupation.

Barrésien rallié aux idées maurassiennes à la suite de son beau frère Daniel Halévy[pertinence contestée]2, il rejoint sous l'influence de François Mauriac, avant même la crise du 6 février 1934, la mouvance démocrate chrétienne jusqu'à ce qu'en 1940 il s'engage par maréchalisme dans la Collaboration[réf. nécessaire]auprès d'Otto Abetz en tant que président du COES. Accusé à la Libération pour avoir mis « la première scène française à la disposition de l'ennemi »3, il échappe comme la plupart des hauts fonctionnaires au tribunal d'épuration et est élu en 1950 à l'Académie française malgré l'opposition de François Mauriac4.

Sommaire

Biographiemodifier

Une jeunesse françaisemodifier

L'enfance dans la grande bourgeoisie (1883-1898)modifier

Jean-Louis Vaudoyer nait dans une certaine grande bourgeoisie, celle des notables5 « libéraux conservateurs »6, dont de nombreux membres7, à mesure qu'ils avançaient « dans le XXe siècle, où la décadence de cette vieille et belle société s'est accélérée terriblement »8, finirent par rejeter la démocratie7. Son grand-père, l'architecte romantique Léon Vaudoyer, fut l'ardent défenseur9 de la supériorité de l'art national français10 et l'auteur d'une théorie saint-simonienne de l'architecture comme expression du génie éclectique d'une race11. Sa sœur aînée Marianne (1880-1968) épouse le 21 novembre 189812 l'historien dreyfusard et alors possibiliste13 Daniel Halévy, petit-fils du protestant Louis Breguet. Par cette alliance, l'homme politique Louis Joxe et le fils de celui-ci, Pierre Joxe, futur premier président honoraire de la Cour des comptes, seront ses neveu et petit-neveu. Du côté maternel, sa grand-mère, Zélime Auzat, devint à l'âge de douze ans, par le remariage de sa mère veuve, la belle-fille de Louis Hachette, lequel fit de son gendre, Louis Bréton (1817-1883), le grand père maternel de Jean-Louis Vaudoyer, un associé14.

Comme la plupart des petits Parisiens de sa génération, il grandit dans l'atmosphère de La Revanche entretenue par la Longue Dépression. Son cousin15 est un exilé de l'Alsace annexée à l'Empire. Celle qui deviendra sa mère, dessinatrice de formation et auteur d'un journal intime16, perdit son fiancé, Henri Regnault, durant la guerre de 70. Après avoir servi comme infirmière et songé au couvent, elle ne se maria que tardivement, le 8 janvier 1880, à l'âge de trente ans, à Alfred Vaudoyer (1846-1917), architecte veuf de la nièce d'Eugène Viollet-Le-Duc, Marie Félicie (1854-1877). Outre un frère cadet, Michel (1885-1914), Jean-Louis a ainsi deux demi-frères aînés, Albert17 (1874-1947), qui devînt conseiller référendaire à la Cour des Comptes18, et Georges (1877-1947), lequel devînt à son tour19 architecte20. Les camarades des aînés sont Daniel Halévy, Fernand Gregh, Jacques Bizet et les familles se fréquentent14.

Les Arts, les Lettres et la mondanité (1898-1908)modifier

Après des études au Lycée Carnot, où il s'est lié à son coreligionnaire21 Robert de Traz22, Jean-Louis Vaudoyer suit les traces de son grand-père à l'École du Louvre. Une fois sa thèse soutenue[réf. nécessaire], il doit, comme beaucoup23, se contenter d'un poste d' « attaché libre »23. En 1904, Louis Metman24, nommé conservateur du prochain musée des arts décoratifs, lui en offre un pour l'assister dans la publication d'un nouvel inventaire raisonné25.

En attendant que se libère un poste de conservateur23, il fait financer cette même année 1904 par son beau-frère24 un mensuel littéraire, Les Essais26, qu'il administre avec son ami « Bob »21 et qu'anime la Comtesse de Noailles27. La revue, dont le premier numéro sort en avril, est hébergée chez son imprimeur28, Renouard, que dirige 19 rue des Saints-Pères28 le fils du cousin germain par alliance de feu le général Boulanger. Initialement assurée par Pierre Hepp, Catherine Pozzi, Émile Despax, Ernest Psichari, Ramuz, Fernand Divoire, Walther Straram, Jacques Copeau, Jean de Foville et quelques autres28, la rédaction est très vite confiée à un étudiant en médecine, Henri Martineau28, qu'aide Eugène Marsan. L'ambition, éclectique27, de la revue est de régénérer une tradition française, jugée dévoyée par l'« art social »29, en conjuguant nietzschéisme et mystique chrétienne29.

Le salon de la future Madame Toulet l'introduit dans le monde littéraire27. En compagnie d'Henri Chervet, André du Fresnois, René Dalize, Louis de La Salle, jeunes écrivains qui mourront à la guerre, Edmond Jaloux, Eugène Marsan, Jacques Boulenger, Henri Clouard, François Fosca, qui survivront, des peintres Marc Furcy-Raynaud et Henri Farge, parfois même Jean Giraudoux30, il veille jusqu'au petit matin durant les jeudis littéraires31 qu'anime le noctambule Paul-Jean Toulet au Bar de la Paix, voisin modeste du Café de la Paix qui fait face à l'Opéra32. Il noue ainsi durant cette Belle Époque marquée par l'affaire Dreyfus et agitée par la séparation de l'Église et de l'État de nombreuses relations, en particulier avec Catherine Pozzi27, le baron de Séverac33, François Mauriac, rencontré au salon de Madame Mühlfeld34. Ces introductions lui permettront de tenir des rubriques littéraires dans de multiples revues parmi lesquelles le nationaliste Écho de Paris et la pieuse Revue Hebdomadaire35.

Patriote au cœur du monde des lettresmodifier

Intérieur Oriental 1850-1852, Th. Chassériau
Exégète du nu féminin36 et en particulier de Chassériau37, Jean-Louis Vaudoyer défend, à une époque où Picasso peint La femme assise, une tradition orientaliste de l'art pour l'art inspirée par Gauthier et confortée, comme l'illustre à sa manière le tableau ci dessus, par le lieu commun colonialiste38 des trois races que Gobineau a vulgarisé.

Le non choix du dilettantisme littéraire (1909)modifier

En 1908, Marsan et Martineau créent leur propre revue qu'ils nomment Le Divan, en hommage au Divan de Goethe39 et plus encore à leur référence fondatrice, Théophile Gautier39, poète qui fut plus qu'un admirateur de Goethe, le théoricien, en tant que président de la Société nationale des beaux-arts, d'un art pour l'art conjugant tous ses modes. Le Divan accueillera des articles de leur ami. Dans une génération d'écrivains qui se cherche, celui ci refuse tant le renouveau symboliste que le naturisme littéraire, raille l'esprit de chapelle40 et s'en tient avec les anciens des Essais, Pierre Hepp, Jacques Copeau, François Fosca, à un pur dilettantisme41. L'année suivante, il tente de lancer de son côté une Revue littéraire, laquelle n'aura pas le succès ni la durée42 du Divan.

Dandy43 installé dans un appartement mansardé44 du Palais-Royal42, 20 rue de Montpensier45, il y organise un goûter hebdomadaire et mène une vie mondaine en compagnie d'écrivains catholiques, Edmond Jaloux, Jean Giraudoux, Paul Drouot, Charles du Bos, que réunit leur admiration pour Paul Bourget, contempteur de l'esprit de décadence, et leur fascination pour Maurice Barrès42, rénovateur du style français. Reçu dans le salon46 de René Boylesve42 et dans le « club des longues moustaches47 » d'Henri de Régnier, amant parmi d'autres de la femme de celui ci48, il publie des poèmes impressionnistes dans la maurrassienne40 Revue critique des idées et des livres, « organe du néoclassicisme »49 qui fédère, derrière ses fondateurs du Cercle Joseph de Maistre50, Eugène Marsan50, Jean Rivain50, Pierre Gilbert Crabos50, la mouvance nationaliste et régionaliste du Cercle Proudhon, Henri Clouard, nommé secrétaire de rédaction50, François Renié, René de Marans, Gilbert Maire, Jean Longnon, André du Fresnois

Cette mondanité du dilettante lui vaut le mépris51 de la Nouvelle Revue française qui émerge entre paroxysme52, école fantaisiste, école romane, unanimisme et naturisme. Regroupant tous les partisans de l'art pour l'art53, la N.R.F. craint cependant qu'en lui ouvrant ses pages elle ne soit récupérée par une coterie51. Lui-même, sans nier ses affinités avec les mouvements des Indépendants et réguliers ou des Critiques, refuse de réduire le talent de tout écrivain à une école quelconque54.

Le surgissement de la modernité post symboliste (1910-1918)modifier

Avec ses amis dilettantes, Jean-Louis Vaudoyer découvre la fantaisie55 des clowns42 Fratellini au cirque Médrano56 et les plaisirs nouveaux du tourisme57 automobile, notamment en Provence et en Italie, où, en compagnie d'Edmond Jaloux, il retrouve un François Mauriac58 encore assez obscur pour qu'ils le regardent plutôt de haut34. Il appartient, avec Pierre de Bouchaud, Camille Bellaigue, Gabriel d'Annunzio avec lequel il fréquente le salon des Saint Marceaux, à ce cercle d'intellectuels parisiens amoureux de l'Italie de l'Antiquité et de la Renaissance auquel les futuristes reprochent une vision passéiste59 héritée de Chateaubriand, inventeur du forum romanum60, et de Léon Vaudoyer, auteur d'un premier inventaire des antiquités italiennes61.

La Karsavina et Nijinski dans Le Spectre de la Rose adapté par Vaudoyer.
Pochoir de George Barbier, collègue62 de ce dernier à La Gazette du bon ton, lequel lui a consacré une étude63.

Admirateur de la danseuse Tamara Karsavina42 (Les Sylphides, Les Danses polovtsiennes), il remet64 à Serge Diaghilev un argument pour que les Ballets russes commémorent le centième anniversaire de la naissance de Théophile Gautier. Tiré d'un poème de celui ci, Le Spectre de la rose, dans lequel le héros est le jouet des rêves de l'héroïne, inspire à Michel Fokine d'associer dans un personnage d'homme fleur le traditionnel port de bras féminin aux vigoureux sauts masculins. Cette invention de la variation masculine peut être vue comme l'acte de naissance de la danse moderne où le soliste devient plus que le faire valoir de la ballerine. Une petite étude qu'il publie à l'occasion65 vaut à Jean-Louis Vaudoyer le compliment de François Mauriac, non sans une amicale remontrance pour une liaison qui heurte la morale catholique66 en un temps où toute une nouvelle génération d'écrivains encouragée par l'abbé Mugnier s'y convertit et rejette, à l'imitation du Verlaine de Sagesse, le romantisme décadent et « malsain ». À la suite de ce succès, Marcel Proust recherche son entregent67 ainsi que ses conseils en peinture68, notamment pour « le petit pan de mur jaune »69 70, comme il a l'habitude de faire avec divers experts, chacun pour sa spécialité68.

Α l'automne 1912, Lucien Vogel le met à contribution, en même temps que quelques autres écrivains dandys, Marcel Boulenger, Gabriel Mourey, André de Pouquières, Henri de Régnier, Eugène Marsan, Henri Bidou, Roger Boutet de Montvel, Gérard Baüer, mais aussi Jean de Bonnefon, James de Coquet, Emile Henriot, Pierre Mac Orlan, Francis de Miomandre, Georges-Armand Masson, Georges Barbier, pour agrémenter de textes sa nouvelle Gazette du bon ton71 consacrée à la mode de Chéruit, Douillet, Doucet, Paquin, Poiret, Redfern et Worth72. A la veille de la guerre, ce n'est que comme lecteur que Jean-Louis Vaudoyer admire le choc poétique par lequel un Jean Cocteau annonce le surréalisme73.

En août 1914, à l'âge de trente ans, il est mobilisé42 dans l'artillerie74 comme ambulancier. Au côté d'un monarchiste, Bernard Faÿ75, le futur responsable de la chasse aux francs maçons sous l'Occupation, il voit charier les cadavres, évacuer les malades, veiller les gazés, chloroformer les blessés. Retiré du front d'Alsace, il est affecté l'état-major de Chalons où il a l'occasion d'héberger Edith Wharton de retour de mission76. La décimation de la nouvelle génération, celle des écrivains accomplis tel Alain-Fournier ou prometteurs tels Gérard Mallet77 et son ami Paul Drouot78, il la vit moins comme un traumatisme personnel42 que comme une perte culturelle pour la France79.

Le nationalisme littéraire ou l'anti Dada (1919-1922)modifier

Durant la Conférence de Paris, il souscrit avec son beau frère (ce dernier, sans conviction80) au manifeste Pour un parti de l'intelligence81 appelant, après la victoire, l'élite française à une mission civilisatrice et universelle82 sous l'autorité morale de l'Église catholique83. Du fait de « sa supériorité intellectuelle »84, c'est à la « race »82 française que reviendrait de lutter, par la restauration des régles du classicisme, tant contre la « ploutocratie »85, qui abêtirait le peuple, que contre « les bolchevistes de la littérature »86, accusés de matérialisme. Le manifeste reprend87 sur le plan culturel le programme nationaliste et européen, identitaire mais assimilationniste, de l'« empirisme organisateur »88 de Charles Maurras89: « C'est une profonde erreur de croire que l'on travaille à la culture européenne avec des œuvres dénationalisées. L'œuvre la plus digne d'occuper la culture européenne est d'abord celle qui représente le plus spécialement son pays d'origine »86.

Dans cet engagement contre l'engagement et, « dans la mesure où il menace la culture, le modernisme industriel »90, Jean-Louis Vaudoyer mobilise Paul Valéry en lui commandant91 un essai92 sur l'Adonis de La Fontaine, commande à l'origine d'une aventure sentimentale ravageuse de huit années93 entre celui qui est alors le modèle de la rigueur malherbienne et son amie Catherine Pozzi91, devenue pour ce dernier l'incarnation de La Jeune Parque après qu'elle a accepté de l'héberger dans sa campagne94.

Le 10 octobre 1919, il épouse la jeune Frédérique Weber. En 1920, il est de La Revue universelle que fondent Jacques Bainville et Henri Massis pour donner une suite à leur manifeste . Son métier l'amène à prendre position dans un sens nationaliste95 sur les méthodes de mise en valeur des collections96 et partant sur le rôle de propagande97 voire de complaisance98 joué auprès du public par les expositions et musées99. Quand son ami Jean Giraudoux en devient responsable pour le ministère des Affaires Étrangères, il s'investit dans la « propagande »100 et l'éducation du public en donnant des conférences au sein d'une « ligue » régionaliste occitane100. En 1921 et 1922, il lance la collection Le Florilège français aux éditions Au Masque d'or101. Ayant publié six romans dont certains ont connu le succès, il est reconnu aux côtés de Joachim Gasquet, Pierre Camo, Albert Erlande, Tristan Derème, Roger Allard, Guy Lavaud, Lucien Dubech, Abel Bonnard, Charles Derennes, Pierre Benoit, Léo Larguier, comme un des représentants de « la droite de la jeune littérature » opposée à la liberté de forme et de fond pronée par la N.R.F.102

Quand alors, au tournant de 1922, son ami Henri Martineau, proche de l'Action française, transforme sa revue en une librairie maison d'édition des plus germanopratines, il constitue au sein de celle ci avec Paul-Jean Toulet, Eugène Marsan et Alexandre Arnoux103 une écurie, l'Ecole du Divan104. Face à un surréalisme international triomphant dans un monde dont la modernité brutale le dégoûte105, lui et ses amis106 ambitionnent de renouveler la leçon de poésie d'André Chénier107, en suscitant les sensations dans un formalisme classique sinon, à l'exemple de la contrerime, néoclassique. C'est une « offensive réactionnaire »108 revendiquée contre Dada109 et ses avatars, tel le cubisme trop « savant » et « abstrait » à ses yeux pour être accessible si ce n'est à une élite110, réaction qui veut retrouver un peu des plaisirs jugés plus humains111 et de la « douceur » de vivre112. Comme pour contrer les « samedis » du Groupe des Six animés par Jean Cocteau chez Darius Milhaud puis au Bœuf sur le toit où il a l'occasion de retrouver Lucien Daudet, Étienne de Beaumont, François Le Grix et François Mauriac pour respirer l'odeur du péché113, il essaie de lancer un salon mêlant musiciens et écrivains autour de la collection Les Soirées du Divan mais c'est chez son beau frère, qui habite l'hôtel de son grand père maternel, 39 quai de l'Horloge114, qu'il rencontre115 chaque samedi le Tout-Paris littéraire116.

Défense d'une culture identitaire mais éclectique (1923-1931)modifier

Dès lors, il multiplie ses contributions aux revues littéraires telles que Les Cahiers de Paris117, La Revue de Genève118, ‎La Revue Fédéraliste119, La Vie des Lettres et des Arts120 Les Écrits nouveaux, Les Nouvelles Littéraires121 et leur supplément L'Art vivant, ou à des journaux politiques tels que Le Crapouillot, Le Mémorial d'Aix, Candide122. Edmond Jaloux lui confie une nouvelle collection des éditions Emile Paul pour laquelle chaque ami écrivain sollicité décrira sa ville natale123. Il entame alors une véritable carrière d'écrivain, produisant un roman par an entre 1923 et 1927, sa période la plus féconde, et se montrant très assidu dans les cercles littéraires, celui de François Mauriac particulièrement124, Bernard et Andrée Barbey, Robert Vallery-Radot, André Maurois, Georges Duhamel, Roger Gay-Lussac125… Il élabore le questionnaire de Proust48 à partir de la correspondance de celui ci.

Les Grands Magasins du Printemps font appel à son expertise pour la publicité126 de leur nouveaux bâtiments Art déco conçus par Georges Wybo et inaugurés le 16 juin 1924127. L'Art déco propose justement de réintroduire un peu de rigueur classique dans l'Art nouveau. Le 25 avril 1925, il préside la Saison d'Art organisée par la municipalité d'Aix128 la veille d'eléctions où elle fait face à des candidats « révolutionnaires »129. En 1927, les éditions Émile-Paul Frères lui confie une autre collection, Ceinture du monde, ce qui correspond à un certain renoncement à sa propre production littéraire. En mars 1928, il représente, aux côtés de Fernand Gregh, Robert Chauvelot, Richard Pierre-Bodin, Paul Reboux et Robert Desnos, la France au Congrès de la presse latine 130 qui se tient à La Havane, d'où il rapportera un éloge des cigares, de la beauté créole, rémanence de sa liaison avec Marie de Hérédia, et du dictateur Gérard Machado131.

A son retour, il reçoit le Grand prix de littérature de l'Académie française1 puis s'attelle à une apologie de l'Argentine de Marcelo Torcuato de Alvear132. Le 15 mars 1929, il inaugure le Musée de la faïence de Moustiers133. Il participe à un collectif d'écrivains qui fait préfacer leur ouvrage134 célébrant leur amour de l'Italie par le dictateur Benito Mussolini, lequel vient de trouver grâce auprès des catholiques en signant les accords du Latran et des conservateurs en rompant avec le fascisme français.

La marquise Agnès de Loÿs Chandieu le choisit, ainsi que François Mauriac, André Maurois, Edmond Jaloux et Daniel Halévy, pour devenir au côté de son cousin Guy de Pourtalès jury permanent du prix de la Robertsau qu'elle crée cette année là135. Il entre aux éditions de la Libraire de France en 1930, toujours en tant que directeur de collection, sans abandonner celle qu'il dirige chez Émile-Paul Frères. François Coty lui ouvre les portes du Figaro136, relai des Croix de feu137.

Commis de l'état à l'ombre des conservateurs catholiques (1932-1939)modifier

Jean-Louis Vaudoyer à 48 ans,
peint par Albert Besnard (Carnavalet) tenant un nu féminin évocateur d'une muse commune. Comme en miroir, le sujet préparait simultanément une publication138 sur son portraitiste.

En 1932, quand la Direction des Beaux-Arts est rattachée au Ministère de l'Éducation nationale, il obtient enfin un poste de conservateur, celui du musée Carnavalet, et quitte la maison Émile-Paul Frères. En 1933, il soutient, non sans déplorer qu'« empoisonne notre pays » l'immigration « d'Europe orientale » ni taire la responsabilité des nazis dans l'amplification de celle ci, une proposition de repeupler les Alpes de la Provence chère à son cœur et celui de ses amis maurrassiens et félibres, de Kabyles qui s'assimileraient38.

En 1934, il est à l'initiative de célébrer139 à l'Orangerie, qui sert de salle d'expositions temporaires au Carnavalet, le quatre centième anniversaire de la mort du Corrège140. Il échoue deux fois de suite, en 1935 et 1936, à l'élection à l'Académie française dont seize141 des quarante membres ont apporté au nom du colonialisme leur soutien à l'Italie fasciste exclue de la S.D.N. en signant le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe142. Durant la campagne pour cette seconde élection, en août et septembre 1936, il accompagne dans une croisière en Grèce143 la famille Mauriac. Or François Mauriac, qui lui a parfois ouvert les pages du Figaro144, est, avec Jacques Maritain, signataire d'un contre manifeste145 affirmant, au nom de l'impératif146 chrétien d'une fraternité universelle, l'opposition d'un courant, nouveau147 parmi les conservateurs catholiques, au racisme et à l'extrémisme.

Édouard Bourdet, administrateur de la Comédie-Française novateur et contesté, le choisit alors, peut être comme un alibi, pour y diriger les traditionnelles Matinées poétiques du samedi148 au côté de Pierre Bertin149. Le Front Populaire, sous le ministère de Jean Zay, met en disponibilité son poste au Carnavalet en 1937. En août, il reçoit en famille les Mauriac dans son châlet d'Argentières où tous retrouvent les Chamson malgré les divisions profondes150 sur les questions du communisme, de la guerre d'Espagne et de la diplomatie de l'URSS qu'exarcerbe la hargne réciproque du Figaro et de Vendredi. En 1938, il reprend sa charge au Carnavalet et son annexe de Bagatelle151. Édouard Daladier redevenu chef du gouvernement le sollicite ainsi que quelques autres écrivains pour dresser un portrait de la France aux souverains d'Angleterre en visite du 19 au 22 juillet152 à la suite de quoi Alphonse Dupront153 le propose au successeur de Jean Giraudoux à la Propagande, Jean Marx, pour être le correspondant français de George Oprescu dans une exposition sur l'art roumain154. Finalement, il est de nouveau sollicité par le Carnavalet pour l'exposition commémorant l'anniversaire de la Révolution française155.

Une collaboration ambivalentemodifier

L'alignement derrière le Maréchal (1940)modifier

Quand la guerre éclate, il est toujours titulaire d'une fonction de conservateur et continue d'administrer aux côtés de Pierre Bertin les Matinées poétiques du samedi de la Comédie-Française. À la suite de la désastreuse campagne des 18 jours, il y organise avec son beau frère Daniel Halévy une lecture patriotique, sur fond de d.c.a.156, de Charles Péguy157 les 1er et 2 juin 1940158. Le grand succès remporté par cette manifestation inspire à Auguste Martin, qui y assiste, de créer l'association L'Amitié Charles Péguy159.

Quand, le 11 juin le gouvernement fuit à Bordeaux l'invasion allemande, Jean-Louis Vaudoyer confie femme et filles à François Le Grix pour les conduire sur la route de l'Exode avec la belle mère de François Mauriac et quelques proches jusqu'au refuge de Malagar, maison familiale de celui ci160. Dès la défaite, il s'active en préparant une édition photographique161 de son florilège touristique du patrimoine français162. Aussitôt il s'inscrit à sa manière dans la ligne du redressement préconisée par la Révolution nationale que conduit, dans le domaine de la culture, le très chrétien ministre de l'Instruction Jacques Chevalier, en participant au côté du maréchaliste163 Michel Ciry à une exposition sur la Malibran164 organisée dans l'hôtel parisien du très nationaliste[réf. nécessaire] Comte Govone. Ce faisant, il se met d'emblée en porte à faux puisqu'il s'agit d'une femme du monde du spectacle. Alors que dans la capitale défilent quotidiennement les soldats qui ont « épargné165 » celle ci, il souscrit à la pétition que le noyau de la future Ligue urbaine et rurale adresse au Maréchal invitant celui ci à faire mettre en œuvre une politique de préservation du vieux Paris et de reconstruction de la banlieue « insalubre »166.

La mission du redressement moral (printemps 1941)modifier

Le 4 mars 1941, malgré l'obstruction de l'occupant167, désireux d'un obligé de l'amitié franco allemande168, et de Vichy167, tout à ses remaniements ministériels, Lucien Romier fait agréer par le sécrétaire d'état Jérôme Carcopino sa candidature au poste d'administrateur général de la Comédie-Française169. Le ministre, inventeur du numerus clausus pour les étudiants « juifs », est le cousin du poète Carco, ancien du Divan tout comme Jean-Louis Vaudoyer. Celui ci a alors cinquante sept ans. Il succède à son compagnon en dandysme durant la Belle Époque, Jacques Copeau, à l'intérim duquel il avait été mis fin le 27 décembre 1940 sous la menace du responsable des théâtres au sein de la censure militaire de fermer l'institution168 parce que celui ci se serait montrer trop modéré dans l'antisémitisme170 et qu'un de ses fils avait pris le maquis171.

Cette nomination est saluée par le directeur des Beaux Arts172, autre ancien combattant pacifiste, dont le sous directeur assurait à son tour l'intérim173, et par Robert Brasillach dès le retour de celui ci de captivité, le 25 avril, à la rédaction de Je suis partout. Elle intervient au moment même où l'éditorialiste de ce journal lance un appel à « purger » « le Théâtre de France » « des juifs, des combles jusqu'au trou du souffleur (…) » parce qu'ils auraient « favoriser systématiquement l'article de bazar (…) au détriment de l'œuvre belle ou simplement honnête »174. Le projet culturel de Vichy, la censure ayant été rétablie en 1940, est d'éliminer ce qui est donné pour cause de la défaite, l'« abaissement profond du niveau moral »175. Pas tout à fait comme sous le Front Populaire, l'heure est à l'élimination du boulevard, « commercial », et au retour du classique176, « moral ».

Cette position quant à la cause de la défaite, qui accuse la IIIe République et innocente l'occupant, Jean-Louis Vaudoyer la partage intimement177 et n'en variera pas, comme le montre ses propos tenus devant ses hôtes allemands178, au moins jusqu'en 1943. François Mauriac l'expliquera dans un premier temps comme la trahison179 d'un opportuniste180 ayant choisi le camp non des occupants mais « de certains français » contre la France181 puis comme le désespoir confessé178 d'un damné qu'il veut croire susceptible de retrouver la foi en la France en des temps futurs177.

L'engagement dans la collaboration intellectuelle (1941)modifier

Assisté du Secrétaire Général antisémite182 Robert Cardinne-Petit64 qu'il s'est ingénié à maintenir à ce poste183, Jean-Louis Vaudoyer collabore en tant que plus haut fonctionnaire du plus important théâtre de France184 avec Otto Abetz185 qui, à l'aide de subsides186, mène très activement une politique « francophile » d'aryanisation culturelle187 en opposition ouverte au projet d'anéantissement culturel voulu par le ministère allemand de l'Éducation186, la France devant être réduite à une fonction agricole. À son arrivée, l'expulsion des quinze personnels « juifs » et franc-maçons de l'établissement, dont trois pensionnaires, André Brunot, Béatrice Bretty et Robert Manuel, est accomplie depuis plusieurs mois168, officiellement le 5 septembre 1940. Son premier acte significatif, en juin 1941, est d'accepter, non sans scrupules188, d'ouvrir la scène du Français à Robert Brasillach pour une conférence à la gloire de Corneille. Le tout Paris se presse en tenue élégante au luxueux coktail qu'il donne pour fêter l'évènement189.

Le 7 juillet 1941, un décret de son ministre de tutelle le nomme en sus président du Comité d'Organisation des Entreprises du Spectacle190. Les sept membres permanents de cet organisme, créé ad hoc le 16 août 1940191 par Vichy pour ne pas laisser à l'occupant le soin d'appliquer les lois antisémites192, ont pour tâche, dans le cadre d'une politique corporatiste192, d'accorder ou refuser leur licence à toute entreprise de spectacle et financer ou non tout spectacle en France190, hormis ce qui relève de la régie d'état191 ou du Comité d'Organisation des Industries du Cinéma192. Le rôle du président est principalement d'assurer une coordination diplomatique entre l'occupant et les services du COES, ce qui sera avancé pour minimiser son implication dans la Collaboration193.

Pour « soutenir le moral de la Nation », Jean-Louis Vaudoyer dispose ainsi de budgets inégalés. Effectivement, malgré le couvre feu imposé à vingt deux heures trente, les alertes aériennes, la pénurie de chauffage, de matériaux, d'essence, d'électricité, les saisons 42-43 seront des plus brillantes de l'histoire du théâtre. Ils lui permettront par exemple d'ajouter Feydeau au répertoire, de faire entrer au Français Raimu et Jean-Denis Malclès, de commander des décors à Raoul Dufy, et de nommer sociétaire la jeune première Mony Dalmès. Grâce à ce monopole des fonds dans une époque de pénurie, il pourra aussi promouvoir Jacques Charon194, nommé pensionnaire le 1er janvier 1942, et Jean Desailly194, recruté la même année, deux vedettes qui affichent au côté des « anciens » Antoine Balpêtré194, Jean Martinelli194 Maurice Escande194, Mary Marquet194, Pierre Bertin194 leurs sympathies194, feintes ou sincères, pour la Collaboration.

En contrepartie, le nouvel administrateur déplace dès fin 1941 sa troupe à Vichy pour la saison 1942, ce qui sera avancé comme principale preuve de collaboration195. Il est retenu à dîner par le Maréchal196 et prend le thé avec l'Amiral197.

La perte de confiance progressive de l'Occupant puis de Vichy (1942)modifier

Au cours de l'année 1942, le projet culturel franco allemand auquel il collabore avec l'ambassadeur d'Allemagne se heurte à l'hostilité du Ministère des Affaires Étrangères allemand qui obtient le limogeage186 des adjoints de son interlocuteur, Karl Heinz Bremer (de) en février 1942 et Karl Epting trois mois plus tard. Soutenu par certains sociétaires, telles Marie Bell et Madeleine Renaud qu'il fait entrer au comité de direction, Jean-Louis Vaudoyer s'efforce d'éviter une programmation au seul service de la propagande et des allemands présents à Paris. Tout en devant accepter de faire jouer la troupe du Théâtre Schiller (de) de Berlin198 puis celle du Théâtre d'État (de) de Munich199, il fait monter l'emblématique Phèdre par Jean-Louis Barrault. Pour équilibrer l'Iphigénie de Goethe, il programme simultanément celles d'Euripide et de Racine. Pour obtenir ces résultats, il doit contourner les avis des conseillers français du Propagandastaffel qui font de la surenchère dans la Collaboration200.

En avril 1942, quand Jérôme Carcopino refuse de continuer son ministère dans le nouveau gouvernement de Pierre Laval et est remplacé par un dirigeant du Groupe Collaboration, le doriotiste anticlérical Abel Bonnard, il perd, après moins d'un an d'un exercice où il n'était pas à son affaire200, la présidence du COES confiée à René Rocher190. Son administration se voit imposée, par le décret du 6 juin 1942 portant application de la loi du 3 octobre 1940, l'interdiction formelle des sociétaires « juifs », René Alexandre, qui avait été contraint le 5 septembre 1940 de démissionner tout en laissant sa femme exercer seule, Jean Yonnel, qui se voit confirmer une dérogation par l'ambassadeur Otto Abetz201, et Véra Korène, laquelle s'était réfugiée au Canada dès 1940. Je suis partout lui reproche alors de se contenter de continuer la politique de son prédécesseur, nommé par Jean Zay, en le traitant d'« ectoplasme du dictateur enjuivé »202.

Inversement, une part de la population est fière que la Comédie-Française continue malgré la défaite et l'Occupation203. C'est ce qui amenéra Jean-Louis Vaudoyer à justifier après guerre sa collaboration, tout en rejetant le terme204 et en avançant pour sa défense qu'elle a permis de faire libérer par son responsable du personnel, Michel Bourdet-Pléville205, quinze employés prisonniers de guerre, d'éviter le STO à quelques autres et d'échapper, contrairement à un Paul Landowski par exemple, au « voyage à Berlin ». Sa fierté est de réussir à promouvoir les artistes français206. Ce faisant, il pratique l'autocensure207.

Sa fille cadette, Geneviève, lui présente, pour l'aider par quelques relations208, une danseuse de music hall209 flamande employée par la Wehrmacht210 et arrivée à Paris en avril 1942 pour travailler, grâce à une recommandation d'un officier allemand, dans le cinématographe à la Continental211. C'est la future mère de Patrick Modiano.

Une position intenable entre public, critique et censure (1943-mi 1944)modifier

En décembre 1942, il remporte un très vif succès avec La Reine Morte. « Endeuillé » par le premier débarquement allié212, l'auteur de la pièce, qui s'est abstenu de publier depuis la défaite213 et son appel à l'armistice d'un enthousiasme douteux214, a été, malgré ce « silence de l'écrivain », soutenu par son traducteur, Karl Heinz Bremer (de), lequel s'était trouvé avoir été nommé directeur adjoint de l'Institut Allemand215, organe de censure propre à l'ambassade d'Allemagne186 qui a succédé à l'Institut Goethe216. C'est Jean-Louis Vaudoyer qui persuade Henri de Montherlant, qu'en tant que critique il connait depuis ses débuts217, de rompre son silence et d'écrire, à l'instar de Corneille et Molière, une pièce espagnole. Paradoxalement, celle ci est perçue par le public et par la censure militaire comme une allégorie de la résistance passive218, en particulier à cause d'une réplique ambigüe, « En prison pour médiocrité! », qui fit sensation219, et de la lassitude de la guerre qu'exprime le héros220, le roi Ferrante joué par un Jean Yonnel221 que dénonce le journal antisémite Au Pilori. Elle est interrompue à la centième222. Le choix de L'Aiglon pour la saison suivante est une provocation en guise de réponse à l'adresse de l'occupant et la pièce est interdite avant même la fin des répétitions.

Parallèlement, à titre personnel, Jean-Louis Vaudoyer donne des articles sur les artistes français à la toute nouvelle revue Panorama hebdomadaire européen223, laquelle prône la « collaboration »224 et publie des articles antisémites, en particulier dans le domaine de l'art225. Malgré cela, Comoedia226 et Je suis partout227 ne le soutiennent pas quand, avec une audace certaine, la pièce ayant déjà été censurée sous le ministère précédent228, il fait donner le 13 avril 1943 Renaud et Armide, « fable française » écrite en alexandrins par un auteur officiellement « indésirable »228 . La leçon de classicisme administrée par Jean Cocteau aux détracteurs de la précédente Machine à écrire et de l'art moderne en général n'est pas prolongée malgré ou à cause de son immense succès (dix rappels à la première).

Fin 1943, alors que la défaite allemande est devenue certaine222, l'enthousiasme suscité par Le Soulier de Satin ou le pire n'est pas toujours sûr229 exaltant « le génie français »230 sur une musique d'Arthur Honegger fait soupçonner « un gala pro Alliés » déguisé231, l'auteur, malgré son soutien initial au Maréchal232 et ses contributions aux revues collaborationnistes233 La Gerbe, Panorama et Paris-soir, étant fiché comme gaulliste234 et surveillé235 depuis qu'il a dénoncé en privé les exécutions236 et en public les déportations237. La création, qui s'achève après cinq heures de jeu sur un « Délivrance aux âmes captives! », est ressentie par un public pourtant compromis238 comme un miracle au milieu des ténèbres239. Au milieu d'un texte considérablement abrégé, de légères modifications proposées par le metteur en scène, Jean-Louis Barrault, et acceptées par Paul Claudel, telle qu'une allusion aux restrictions240, ont été cachées à la censure à laquelle a été soumise une version du texte datant de 1929241. Jean-Louis Barrault est alors menacé de déportation242. À la suite de cet incident243, Jean-Louis Vaudoyer est démis à son tour le 23 mars 1944, alors que les Alliés butent sur Monte Cassino, soit moins de cinq mois avant le renversement du régime de Vichy à Paris. Le 12 avril, Jean Cocteau refuse de lui succéder.

Pardon, oubli, honneurs.modifier

Une polémique jugée secondaire (mi 1944-1946)modifier

À la Libération, Pierre Dux, qui a travaillé, comme un très grand nombre d'artistes de premier plan, pour la Continental244, est préféré le 1er septembre 1944 au communiste, proposé par Maurice Thorez, Julien Bertheau pour administrer le Français. Il s'oppose à toute épuration prévue par l'ordonnance du 27 juin 1944 relative au personnel administratif et confiée à l'autorité de la Direction des Beaux Arts au sein du ministère de l'Éducation par l'arrêté du 13 octobre 1944 relatif au monde du spectacle, de sorte que son prédécesseur n'est pas convoqué devant une chambre civique. La maîtresse du nouvel administrateur245 occupe 9 rue de Beaujolais un superbe appartement donnant sur les jardins du Palais-Royal qui est un « bien juif » spolié246 situé dans le même immeuble que celui du mari de Colette247, laquelle avait obtenue la libération de ce dernier par Otto Abetz.

Un peu plus d'un an après l'éxécution de Robert Brasillach, Paul Claudel, pantin238 qui n'a pas osé248 publier durant la guerre, quand il était appointé par la machine de guerre allemande, son poème de résistance249 ou héros250 dénonciateur du nazisme251 selon les points de vue, se montre reconnaissant à Jean-Louis Vaudoyer d'avoir programmé sa pièce230 et le défend184 du sein du Comité National des Ėcrivains quand celui ci s'oppose à son élection à l'Académie française au motif qu'en tant qu'« ancien Administrateur de la Saison allemande au Théâtre-Français », il « mit la première scène française à la disposition de l'ennemi (…) »3. Philippe Pétain, Charles Maurras, Abel Bonnard, Abel Hermant radiés de l'Académie, François Mauriac rappelle en séance restreinte l'interdiction faite aux Quarantes d'élire un collaborateur252. Le Figaro, où François Mauriac est éditorialiste, reprend « Pour la première fois, un collaborateur notoire ose y poser sa candidature »253.

Que ce soit par tactique contre offensive ou par entêtement dans ses convictions, Jean-Louis Vaudoyer est loin de renoncer à devenir, pour sa troisième tentative, académicien. Pour répondre aux accusations de Louis Aragon et François Mauriac, il demande l'arbitrage d'un jury d'honneur254. Sous la présidence de Paul Grunebaum-Ballin, conseiller d'état254, deux membres du C.N.E., Jean-Jacques Bernard254, survivant et auteur du Camp de la mort lente, et Alexandre Arnoux254, collègue du Divan en 1921, ainsi que deux collègues conservateurs de musée engagés contre le fascisme, Jean Cassou254 et André Chamson254, se réunissent en juin 1946 et le 17204 déclarent à l'unanimité au nom de « l'avènement de la concorde entre les citoyens » et de « la régénération morale de la patrie » que, s'il n'est « coupable que de faiblesses, alors que tant de crimes restent impunis », il « ne peut être qualifié de collaborateur, n'ayant commis aucune faute contre l'honneur »204. Le jugement retourne, sans le nommer, l'accusation contre un François Mauriac, qui aurait tardé à dénoncer un collaborateur204 et qu'a politiquement isolé255 un débat mené avec la Guerre froide entre partisans de et opposants à la littérature engagée au sujet de la responsabilité de l'intellectuel.

La consécration (1947-1963)modifier

Marc Blancpain fait appel à Jean-Louis Vaudoyer pour donner des conférences à l'Alliance française256, en particulier pour le compte de l'ambassade à Rome257. Celui ci est élu à l'Académie française le 12 janvier 1950 face au Duc de Lévis Mirepoix. Par un arrangement, ce maurrassien a accepté de présenter une candidature repoussoir en échange de la promesse d'être élu à une prochaine session258, ce qui sera fait trois ans plus tard. Quelques mois passés, le nouvel immortel reçoit une lettre aux accents chrétiens par laquelle François Mauriac, qui avait toutefois incité Jean Paulhan à se présenter contre lui, demande pardon pour les accusations de collaboration portées « trop violemment »259. Six ans plus tard, il parraine son collègue André Chamson260 qui le rejoint sous la Coupole, lui et son ministre de tutelle sous Vichy. En 1959, son Institut lui décerne le prix Véga et Lods de Wegmann de quatre cent mil anciens francs.

Membre de la Société de l'Histoire de l'Art Français45, de la Société des Amis du Louvre261 et du Comité de direction de l'Association du Foyer de l’Abbaye de Royaumont, il était commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur et titulaire de la Croix de guerre 1914-1918. L'année suivant sa mort, l'Académie française remet à sa veuve le prix d'Aumale d'un montant de mil nouveaux francs. La ville d'Aix-en-Provence, pour laquelle il préconisait dès avant guerre l'implantation d'une université262, salue ses impressions touristiques263 écrites en 1926264 et diffusées à l'occasion de l'Occupation265, en donnant son nom à une de ses rues. Il avait deux filles, Geneviève et Daphné266, elle-même récipiendaire du prix Roland de Jouvenel16 en 1985.

Œuvre critiquemodifier

Histoire de l'artmodifier

Muséologiemodifier

  • Avec P. Alfassa, Les Salles de la Monarchie de Juillet au Musée de Versailles, Revue de l'Art Ancien et Moderne, Paris, 1910.
  • La collection de M. Pierre Decourcelle, Les Arts n°111, p; 6, Paris, 1911.
  • Collection de bronzes romantiques légués au musée des Arts décoratifs par Quentin Bauchart in Les Musées de France, II, p. 33-36, 1912.
  • Le Musée de l'Union centrale des Arts décoratifs au Pavillon de Marsan, Revue de l'Art Ancien et Moderne, Paris, 1921, pp. 28.
  • Le Rendez-vous dans une église, collect. les Belles Heures vol 4, A.A.M. Stols, Maestricht, 1928-1931.
  • Le Baron Arthur Chassériau, Société des amis du Louvre, Compiègne, 17 juin 1935, 20 p.

Histoire du spectacle et de la musiquemodifier

Peinturemodifier

Littératuremodifier

Histoiremodifier

  • L'Argentine au travail, collect° Les Pays Modernes, Pierre Roger, Paris, 1929, 322 p.
  • Préf. H. Mondor, Ambroise Paré et les Valois, vol. II, collect. Les grands hommes et leurs médecins (5 vol.), Laboratoires Ciba, 1936, 62 p.

Préfaces de littératuremodifier

Préfaces d'étudesmodifier

Œuvre de vulgarisationmodifier

Expositions et leurs noticesmodifier

Préfaces d'expositionsmodifier

Albums commentésmodifier

Invitations au voyage culturelmodifier

L'Italie et la Grècemodifier

La Provencemodifier

La Francemodifier

Cuba et l'Europemodifier

Œuvres littérairesmodifier

Romans et nouvellesmodifier

  • L'Amour masqué, Calmann-Lévy, Paris, 1908, 282 p. (intrigue sur l'illusion et le désenchantement de l'amour).
  • La Bien Aimée, Calmann-Lévy, Paris, 1909, rééd. H. Lardanchet, Lyon, 1923, Ill. G. Cochet, Collect° Le Livre de demain, Armand Fayard, Paris, 1927, 1934 & 1937, 126 p., Calmann-Lévy, Paris, 1955, 195 p. (éloge du devoir et de la chasteté en forme de roman d'amour autobiographique qui se clos par un suicide).
    • La bienamada : confidencias del que se fue, Collect° Grandes novelas de amor, Calomino, La Plata, 1945.
  • La Maîtresse et l'amie, La Revue de Paris, Paris, 1912, rééd. Plon, Paris, 1924, 1928 (impressions esthétiques autour d'un malentendu mélodramatique entre amour d'une femme pour un homme et amour physique satisfait par une autre.)
  • Les Permissions de Clément Bellin, Calmann-Lévy, Paris, 1918, réed. ill. H. Lebasque, Cercle lyonnais du livre, Lyon, 1939.
  • Les Papiers de Cléonthe, Albin Michel, Paris, 1919, 315 p., rééd. ill. M. Andreu, coll. Chronique des lettres françaises, Horizons de France, Paris, 1928, Plon, Paris, 1952, 237 p.
  • Le Dernier rendez vous, Calmann-Lévy, Paris, 1920, rééd. 1922, 301 p.
  • Ombres portées, Les Soirées du Divan n° 3, Le Divan, Paris, 1923, 140 p. (portraits de femmes à la manière de Suzanne et le Pacifique).
  • L'Amie du mort, Les Oeuvres libres XXI, pp. 161-207, Arthème Fayard, Paris, mars 1923.
  • La Reine évanouie, in La Revue universelle t. XIII, n°1, 2, 3 & 5, Paris, 15 février, 15 avril, 1er mai & 1er juin 1923, rééd. Plon, Paris, 1923, 1930, 291 p. (éducation sentimentale féminine sur le mode anti romantique du renoncement).
  • Peau d'ange, Plon-Nourrit & cie., 1924, 235 p. (« mélancolique et mystérieuse aventure d'un beau jeune homme sympathique »268).
  • Raymonde Mangematin, Plon, Paris, 1925, 247 p.
  • Un vieil été, in Les Oeuvres libres n° 61, pp. 5-82, juillet 1926, ISSN 1149-7351.
  • Premières amours, Plon, Paris, 1927, 249 p. (trois nouvelles).
  • Le Jardin du cavalier, La Revue de Paris, pp. 342-362, Paris, 15 mars 1929.
  • Nuit à l'hôtel Beaux Monts‎, Plon, Paris, 1929, 259 pp.
  • Laure et Laurence, Plon, Paris, 1931 (roman sentimental).
  • Clément Bellin ou les Amours aixoises, Plon, Paris, 1932 (17 éditions dont 14 la première année).
  • Ill. J. B. Wright, Donne-moi ton cœur…, collect° Les Belles heures, A.A.M. Stols, Maestricht, 1931, 148 p., rééd. Sfelt, Paris, 1947, 134 p.

Essaismodifier

  • Les Compagnes du rêve, coll. « Scripta brevia », E. Sansot & Cie, Paris, 1906, 87 p. (avec des poèmes en prose).
  • Propos et promenades - Ombres et paysages. Écrivains d'hier et d'aujourd'hui. Art. Plaisirs publics., Hachette, Paris, 1914, 288 p.
  • Vénus et l'Alcyone, Les Nouvelles Littéraires, Paris, 4 avril 1925 (critique de L'Alcyone d'Edmond Jaloux évocant leur Venise.)
  • Eloge de la gourmandise, Hachette, Paris, 1926, 58 pp.
  • Impressions et souvenirs, 1929.
  • Dédié à l'amitié et au souvenir, Plon, Paris, 1947, 264 p. (essais sur des écrivains et des amis)
  • Ill. Edy Legrand, Présence de dieux, in J.-L. Vaudoyer & M. Meunier, La mythologie : La légende dorée des dieux et des héros, t. I, Collect° Visages de la culture, Club du livre, Paris, 1960.
  • L'Art est délectation, Hachette, 1968, 202 p.
  • Le vin et le gibier, Collect° Babiole cynégétique, Éditions de Jusaine, Florennes, 2011.

Dramesmodifier

Poésiemodifier

  • Poèmes (Ma main - Les seins), La Plume - revue littéraire, artistique et sociale n° 359, Librairie La Plume SA, Paris, 1er avril 1904.
  • Quatre poèmes, La Renaissance latine, pp. 66-70, 15 janvier 1905.
  • Quarante petits poèmes, à compte d'auteur chez N. Texier & fils impr., La Rochelle, 1907, 99 p.
  • préf. H. de Régnier, La Commedia - sedici sonetti in lingua francese, stampa Emiliana, Venise, 1907.
  • Stances et élégies : 1907-1908 - A Henri Gans, H. Floury, Paris, 1908 & E. Verbeke, Bruges, 1908.
  • Suzanne et l'Italie: lettres familières, H. Floury, Paris, 1909.
  • Ariane endormie, La Revue hebdomadaire, pp. 101-104, Paris, 4 octobre 1913.
  • Poésies: Le Cœur et les saisons, La Commedia, Hommage à Théophile Gautier, Album, Colliers pour des ombres, Suzanne et l'Italie, Allégories, Calmann-Lévy, 1913, 291 p.
  • Trois sonnets in dir. H. Cochin, préf. M. Barrès, A Lamartine (1833-1913), Plon-Nourrit & cie., Paris, 1914.
  • La Stèle d'un ami, Le Divan, Paris, 1916.
  • Reflets de la rosée, in La Revue universelle, t. IV, n° 22, Paris, 15 février 1921.
  • D'une petite suite toulonnaise, in La Revue européenne n° 19 septembre 1924, 4 p.
  • Rayons croisés. Léonardesques. Héliade. À Thamar Karsavina. Les Flammes mortes. Albums italiens. La Stèle d'un ami, Société littéraire de France, 1921, 199 p., 750 ex., réed. Plon, Paris, 1928.
  • L'Album italien, collect. Les poètes français, F. Sant'Andrea, L. Marcerou & cie. - Librairie de France, Paris, 1922, 40 p.
  • Le coussin bleu de nuit, Collect° Les Coussins du Divan, n° 2, Le Divan, Alençon, 1923, 71 p., 250 ex. (inclut Le coussin bleu de nuit, Le chant du rossignol, Les Cendres de Chopin, Jardin d'automne, Les Flammes sonores, La Fontaine Déodat.)
  • Franges, collect. L'Alphabet des Lettres, vol. V, A la cité des livres, Paris, mars 1927, 68 pp.
  • Ill. Madeleine Pras-Bellaclas, Lucienne et la Provence - Lettres familières, Éditions du Bastidon, Aix, 1928, 32 p.
  • Dir. J.-L. Vaudoyer264, D'Ariane à Zoé: alphabet galant et sentimental agrémenté de vers, de proses et de lithographies par vingt-six écrivains et autant d'artistes, Librairie de France, Paris, novembre 1930, 197 p.
  • Cartes et estampes. Feuillets. Ombres, Plon, Paris, 1935.

Participations à des émissions radiophoniquesmodifier

Citationsmodifier

« Les clowns nous proposent, en faisant des culbutes et des coqs-à-l'âne, une image du monde, grossièrement peinturlurée et articulée, mais que nous ne devons pas plus mépriser que ces images immortelles créées par Shakespeare et Musset dans leurs comédies, par Breughel et Watteau, dans leurs tableaux55. »

« Il existe deux races d’amateurs de truffes : ceux qui croient qu’elles sont chères parce qu’elles sont bonnes, et ceux qui pensent, ou supposent, ou confessent, qu’elles sont bonnes parce qu’elles sont chères. Les premiers sont des gastronomes, les seconds, des snobs275. »

Bibliographiemodifier

Études généralesmodifier

  • E. Henriot, Jean-Louis Vaudoyer : poète, Le Divan, Paris, 1913, 32 p.
  • R. de Traz, Jean-Louis Vaudoyer, Les Nouvelles Littéraires, p. 1, Paris, 29 août 1925 (article de presse).
  • F. Le Grix, Les Grands prix littéraires : Jean Louis Vaudoyer, in La Revue hebdomadaire, pp. 233-238, Paris, 9 juin 1928.
  • Recueil factice d'articles de presse sur Jean Louis Vaudoyer, cote FRBNF38683403, BNF, Paris, [s.d.], 12 p.
  • H. Adhémar, La Vision de Vermeer par Proust à travers Vaudoyer, in Gazette des Beaux-Arts, pp. 291-302, Paris, novembre 1966.
  • C. Darre-Bière, dir. M. Raimond, Jean-Louis Vaudoyer et son œuvre, Faculté de Lettres de la Sorbonne, Paris, 1990, copie ANRT, Lille, 1990, 1024 p, ISSN 0294-1767.

Correspondance mondainemodifier

Correspondance familiale et professionnellemodifier

  • J.-L. Vaudoyer, 6 lettres à la maison Grasset, Archives Grasset, Paris, 1926, inédit.
  • J.-L. Vaudoyer, 3 lettres à René Héron de Villefosse, fonds privé, Paris, 1942 et 1949, inédit (au sujet de la Galerie Charpentier)277.
  • G. Vaudoyer, 2600 lettres échangées avec son fils, non cotées, fonds Geneviève Bréton, BNF, Paris, inédit.
  • Marianne Halévy, 75 lettres à Jean-Louis Vaudoyer, ff. 187-334, fonds Jean-Louis Vaudoyer, BNF, Paris, inédit.
  • Daniel Halévy, 9 lettres à Jean-Louis Vaudoyer, ff. 169-182, fonds Jean-Louis Vaudoyer, BNF, Paris, inédit.
  • Florence Halévy, Lettre à Jean-Louis Vaudoyer, fonds Jean-Louis Vaudoyer, BNF, Paris, 1956, inédit.

La jeunessemodifier

La collaborationmodifier

  • Recueil factice d'articles de presse sur Jean Louis Vaudoyer, cote FRBNF38707415, BNF, Paris, mai-juin 1946, 2 p.
  • S. Added, L'euphorie théâtrale dans Paris occupé, in J.-P. Rioux, La vie culturelle sous Vichy, pp. 315-350, Complexe, Bruxelles, 1990.
  • S. Added, Peut on parler de théâtre de résistance?, in RHMC XXXVII, pp. 129-147, Belin, Paris, 1990.
  • G. Flood, Theatrical triumph and political ambiguity: Le Soulier de satin at the Comédie-Française in 1943-1944, in French Cultural Studies n° 3, pp. 17-30, février 1992.
  • M.-A. Joubert, La Comédie-Française sous l'Occupation, Tallandier, Paris, 1998.
  • E. Boothroyd, The parisian stage during the Ocupation - 1940-1944: a theatre of resistance?, College of Arts and Law in Department of French Studies of The University of Birmingham, Birmingham, août 2009 (thèse de doctorat de philosophie).
  • Dossier Vaudoyer, Archives de la Comédie-Française, Paris, inédit, repris in C. Darre Bière supra.

Référencesmodifier

  1. a et b Les Nouvelles Littéraires n° 294, p. 1, Paris, 2 juin 1928.
  2. S. Laurent, Daniel Halévy, p. 349, Grasset, Paris, février 2001, ISBN 2-246-60681-0.
  3. a et b L. Aragon, Lettre à Paul Claudel, 31 May 1946, citée in G. Flood, Theatrical triumph and political ambiguity: Le Soulier de satin at the Comédie-Française in 1943-1944, in French Cultural Studies n° 3, p. 28, février 1992.
  4. G. Sapiro, La Guerre des écrivains 1940-1953, Fayard, Paris, 1999.
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Liens externesmodifier


Précédé par Jean-Louis Vaudoyer Suivi par
Edmond Jaloux
Fauteuil 33 de l’Académie française
1950-1963
Marcel Brion