Jean d'Ormesson
Jean d'Ormesson
Jean d'Ormesson en juillet 2011.
| Nom de naissance | Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d'Ormesson |
|---|---|
| Autres noms | Jean d'O l'Ecrivain du Bonheur |
| Activités | Écrivain Chroniqueur Journaliste Philosophe Acteur |
| Naissance | 16 juin 1925 Paris VIIe (France |
| Langue d'écriture | Français |
| Distinctions | Membre de l'Académie française (fauteuil 12) Grand Officier de la Légion d'honneur Grand prix du roman de l'Académie française |
Œuvres principales
- Au revoir et merci (1966)
- La Gloire de l'Empire (1971)
- Au plaisir de Dieu (1974)
- Dieu, sa vie, son œuvre (1981)
- Une autre histoire de la littérature française (tome I, 1997 et tome II, 1998)
- C'était bien (2003)
- C'est une chose étrange à la fin que le monde (2010)
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson (parfois surnommé Jean d’O), né le 16 juin 1925 à Paris VIIe, est un écrivain, chroniqueur, éditorialiste, acteur et philosophe français, membre de l’Académie française. Il est le père de l'éditrice Héloïse d'Ormesson et le cousin du député Olivier d'Ormesson. Membre cadet de la famille Lefèvre d'Ormesson, il porte le titre de comte d'Ormesson.
Sommaire |
Biographie modifier
Jean d'Ormesson est le fils d'André d'Ormesson, ambassadeur de France. Sa mère, née Marie Anisson du Perron, descend des Le Peletier. Parmi ses ancêtres se trouvent le conventionnel Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau ainsi que le juge Olivier Le Fèvre d'Ormesson1, disgracié à la suite du procès de Nicolas Fouquet. Il a passé son enfance au château de Saint-Fargeau, qui appartenait à sa mère. Cet épisode de sa vie est évoqué dans Au plaisir de Dieu. Il a aussi passé une partie de sa jeunesse en Bavière (de 1925 à 1933), en Roumanie et au Brésil, à Rio de Janeiro2.
Élevé par sa mère jusqu'à l'âge de 14 ans2, il entre à 19 ans à l'École normale supérieure. Licencié en lettres et histoire, il est admis ensuite à l'agrégation de philosophie.
Le 2 avril 1962, il épouse à Paris dans le 16e, Françoise Béghin, née dans cet arrondissement le 26 juin 1938. Fille benjamine de Ferdinand Béghin, magnat de la presse (et administrateur du Figaro depuis 1950) et du sucre (PDG de la société Béghin-Say), Françoise Béghin est également la cousine (par sa tante paternelle) du cinéaste Louis Malle3.
Parcours littéraire, politique et journalistique modifier
En 1950, il devient secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO, avant d'en devenir le président en septembre 1992.
Il est rédacteur en chef adjoint (1952-1971), membre du comité de rédaction (depuis 1971), puis rédacteur en chef de la revue Diogène (sciences humaines). Il est plusieurs fois conseiller dans des cabinets ministériels (dont celui de Maurice Herzog à la Jeunesse et aux Sports) et membre de la délégation française à plusieurs conférences internationales, notamment à l'Assemblée générale des Nations unies en 1948.
En 1970, il devient directeur du Figaro. Il rédige chaque semaine un article dans le supplément du dimanche de ce quotidien dont le rédacteur en chef était Louis Pauwels (co-auteur du Matin des magiciens). Ses opinions sur la guerre du Viêt Nam lui valent des paroles très dures de Jean Ferrat dans la chanson Un air de liberté. En 1975 à la suite de la suppression de cette chanson d'une émission de télévision à la demande de Mr d'Ormesson, Jean Ferrat s'explique : « Je n'ai rien contre lui, contre l'homme privé. Mais c'est ce qu'il représente, (...) la presse de la grande bourgeoisie qui a toujours soutenu les guerres coloniales, que je vise à travers M. d'Ormesson. »4
En 1976, comme directeur de la rédaction du Figaro, il apporte son soutien au journaliste et responsable syndical (CGC) Yann Clerc qui aide Robert Hersant, le propriétaire du titre (depuis 1975), à éliminer toute opposition des journalistes après sa prise de pouvoir5.
Les romans de Jean d'Ormesson échappent souvent aux conventions du genre romanesque, en particulier à la construction d'une intrigue autour de quelques personnages. De nombreuses digressions, un défilé permanent d'anecdotes où se déploient l'humour et l'érudition du normalien, quelques motifs récurrents, en font une inlassable méditation sur le temps qui passe, qui peut prendre parfois aussi l'allure d'un traité de vie : La Gloire de l'Empire, Dieu sa vie son œuvre, Histoire du Juif errant, La Douane de mer, Presque rien sur presque tout.
La dimension autobiographique est toujours très présente, en particulier dans Du côté de chez Jean, Au revoir et merci, Le Rapport Gabriel, C'était bien, livres à mi-chemin entre le récit et l'essai où d'Ormesson parle de lui-même, non sans force répétitions, se dépeignant avec une vraie-fausse modestie face à toutes ces embûches qui voudraient nous priver du simple bonheur d'exister.
Dans ses derniers livres, il explore d'autres voies (Casimir mène la Grande Vie), introduisant des personnages différents (Voyez comme on danse) ou brisant l'icône du d'Ormesson gai (Une Fête en larmes).
Jean d'Ormesson continue régulièrement sa collaboration à la rubrique « Débats et opinions » du journal Le Figaro. La première biographie à son sujet, écrite par Arnaud Ramsay, Jean d’Ormesson ou l'élégance du bonheur, a été publiée en 20096.
En 2011, il devient le parrain des nouvelles promotions de l'École nationale supérieure des techniques et de l'industrie des mines d'Alès7.
En 2012, il soutient Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle8.
En 2012, il interprète le rôle de François Mitterrand dans Les Saveurs du palais, un film de Christian Vincent. C'est la première fois qu'il se retrouve dans un rôle d'acteur. Il faut noter qu'il est la dernière personnalité reçue par François Mitterrand à l’Élysée.
Académie française modifier
Jean d'Ormesson a été élu à l'Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil 12, succédant à Jules Romains, mort le 14 août 1972. Il fit campagne pour défendre la réception sous la coupole de Marguerite Yourcenar, la première femme admise à l'Académie en 19802,9. Il répond à son discours de remerciement en 1981 et reçoit également Michel Mohrt en 1986 et Simone Veil le 18 mars 2010. Il est doyen d'élection de l'Académie française depuis la mort de Claude Lévi-Strauss en 2009.
Citations modifier
- « Moi, pour la modestie, je ne crains personne ! » Odeur du temps. Chroniques du temps qui passe, aux éditions Héloïse d'Ormesson, (ISBN 978-2-266-17930-0) ; dans un entretien, Jean d'Ormesson attribue ce propos à un cardinal espagnol10.
- « Résistez. Résistez aux séductions moutonnières de la médiocrité, à l'ignominie des retournements intéressés, aux murmures de la lâcheté qui ne recule devant l'effort que pour se trouver tout à coup, mais trop tard, acculée à la tragédie. Résistez. Résistez. Gardez par dessus-tout l'amour de la liberté et votre sens critique. Combattez par l'ironie des indignations trop légitimes. Combattez par l'espérance un pessimisme trop justifié. » (4 juillet 1981 dans une lettre ouverte adressée à François Mitterrand et publiée dans le Figaro Magazine)
- « J'ai toujours défendu l'idée qu'il n'y a pas de devoir de culture et que la littérature est d'abord un plaisir. Un plaisir très haut et qui exige souvent des efforts. Mais enfin, un plaisir. » (Le Figaro, 2007)
- « La littérature, c'est une affaire entendue, est du chagrin dominé par la grammaire11. » (Qu’ai-je donc fait aux Éditions Robert Laffont, 2008)
- « La médiocrité est portée aux nues. Les navets sont célébrés comme des chefs-d'œuvre. Ce qui sera oublié dans trois ans est l'objet d'un tintamarre qui finit par rendre insignifiant pêle-mêle le meilleur et le pire. Les œuvres dignes de ce nom ne manquent pas autour de nous. Elles sont emportées dans les flots de la nullité acclamée. » (Qu’ai-je donc fait aux Éditions Robert Laffont, 2008)
- « Je n'écris, pour ma part, ni un roman ni des Mémoires. J'essaie de comprendre le peu que j'ai fait et comment tout cela s'est emmanché. Je n'écris pas pour passer le temps ni pour donner des leçons. Je n'écris pas pour faire le malin ni pour ouvrir, comme ils disent, des voies nouvelles à la littérature. Pouah ! Je n'écris pas pour faire joli ni pour défendre quoi que ce soit. J'écris pour y voir un peu plus clair et pour ne pas mourir de honte sous les sables de l'oubli. » (Qu’ai-je donc fait aux Éditions Robert Laffont, 2008)
- « Rien n'est plus difficile pour chacun d'entre nous que de situer ce qu'il a fait et de se situer soi-même à sa juste mesure. » (C'était bien)
- « Toute la littérature occidentale sort de l’Iliade et de l’Odyssée où sont déjà présent les thèmes de la guerre, des voyages, de l’amour, de l’amitié, des passions. » (C'est une chose étrange à la fin que le monde aux Éditions Robert Laffont, 2010)
Ouvrages modifier
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Filmographie modifier
- Les Saveurs du Palais de Christian Vincent (2012) : Le président de la République
- Éloge de l'Amour de Jean-Luc Godard
Décorations modifier
- Grand Officier de l'Ordre de la Légion d'honneur en 200212, toutefois il refuse de la porter13.
- Commandeur de l'Ordre de la Croix du Sud du Brésil
Références modifier
- Portrait sur TopicTopos-Patrimoine de France, consulté le 23/08/2011
- Empreintes - Jean d'Ormesson documentaire de Frédéric Mitterrand diffusé sur France 5 le 14 mars 2008.
- Béghin, sur thierryprouvost.com. Consulté le 21 janvier 2012
- Jean Ferrat. Un chanteur censuré Ouest-France 13 mars 2010
- Le Figaro: Deux siècles d'histoire. Claire Blandin, 2007.
- « Une biographie pour Jean d'Ormesson, l'heureux élégant », Actua Litté.com, 7 février 2009 ; consulté le 23 mars 2010.
- Jean d'Ormesson, parrain de la promotion 2011 de l'École des Mines d'Alès
- 18 intellectuels et artistes signent une tribune pour défendre Nicolas Sarkozy
- 1980: Yourcenar à l'Académie article de l'Express
- Propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot Article de www.lepoint.fr, publié le 10 mai 2012
- Calque d'un propos de Bruno de Cessole dans son portrait de François Nourissier ( "Valeurs Actuelles" - 21 avril 2000) où il écrivait en préambule : « Revisitant son passé, François Nourissier illustre la formule selon laquelle la littérature est du chagrin tempéré par la syntaxe. » http://www.valeursactuelles.com/culture/actualit%C3%A9s/fran%C3%A7ois-nourissier-confession-soir20110216.html
- Décret du 12 juillet 2002 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
- La Légion d’honneur se transforme-t-elle en médaille en chocolat ? France-Soir 2008
Annexes modifier
Liste d'œuvres détaillée modifier
- L'Amour est un plaisir, Éditions Julliard, coll. « Press Pockets » (no 2337), 1985 (1re éd. 1956), 220 p. (ISBN 2266015370 et 9782266015370)
- Du côté de chez Jean, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 1065), 4 juillet 1978 (1re éd. 1959), 214 p. (ISBN 0785941061 et 9780785941064)
- Un amour pour rien, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 1034), 4 juillet 1978 (1re éd. 1960), 216 p. (ISBN 9782070370344)
- Au revoir et merci, Éditions Gallimard, 4 mars 1976 (1re éd. 1966), 255 p. (ISBN 9782070292721)
- Les Illusions de la mer, Le Livre de poche, coll. « Le Livre de poche » (no 4103), 1977 (1re éd. 1968), 349 p. (ISBN 9782253007302)
- La Gloire de l'Empire, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 889-890), 3 mai 1994 (1re éd. 1971), 692 p. (ISBN 9782070389414)
- Au plaisir de Dieu, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 1243), 1980 (1re éd. 1974), 476 p. (ISBN 9782070372430)
- Le Vagabond qui passe sous une ombrelle trouée, Éditions Gallimard, 1978, 303 p. (ISBN 9782070297962)
- Dieu, sa vie, son œuvre, Éditions Gallimard, coll. « Folio », 13 mai 1986 (1re éd. 1981), 496 p. (ISBN 9782070377350)
- Mon dernier rêve sera pour vous, Éditions JC Lattès, coll. « Romans contemporains », 1993 (1re éd. 1982), 444 p. (ISBN 2709640929 et 9782709640923)
- Jean qui grogne et Jean qui rit, Éditions JC Lattès, coll. « Romans contemporains », 2000 (1re éd. 1984), 424 p. (ISBN 9782709603164)
- Le Vent du soir, Éditions JC Lattès, coll. « Romans contemporains », 1985, 412 p. (ISBN 2709640880 et 9782709640886)
- Tous les hommes en sont fous, Éditions JC Lattès, coll. « Romans contemporains », 1986, 382 p. (ISBN 2709640902 et 9782709640909)
- le Bonheur à San Miniato, Succès du livre, 1987, 380 p. (ISBN 2738200109 et 9782738200105)
- Album Chateaubriand : iconographie, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la pléiade / Albums » (no 27), 1988, 359 p. (ISBN 2070111407 et 9782070111404)
- Jean d'Ormesson et François Sureau, Garçon de quoi écrire, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 2304), 1991 (1re éd. 1989), 407 p. (ISBN 2070384187 et 9782070384181)
- Histoire du Juif errant, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 2436), 22 janvier 1993 (1re éd. 1990), 629 p. (ISBN 9782070385782)
- Jean d'Ormesson et Emmanuel Berl, Tant que vous penserez à moi, Éditions Grasset, coll. « Les Cahiers rouges », 2003 (1re éd. 1992), 168 p. (ISBN 2246795060 et 9782246795063)
Entretiens
- La fureur de lire la presse, Fédération Nationale de la presse française (17 octobre 1992), cité dans « Le journal, un plaisir quotidien », Le Monde de l'éducation, Groupe Le Monde, no 216-221, 1994, p. 15
- La Douane de mer, Flammarion et Cie, coll. « Folio » (no 2801), 1995 (1re éd. 1994), 593 p. (ISBN 2070394611 et 9782070394616)
- Presque rien sur presque tout, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 3030), 1997 (1re éd. 1995), 407 p. (ISBN 2070403971 et 9782070403974)
- Casimir mène la grande vie, Éditions Gallimard, coll. « Folio », 1999 (1re éd. 1997), 256 p. (ISBN 2070407233 et 978-2070407231)
- Une autre histoire de la littérature française, t. I, NiL Éditions, 1997, 332 p. (ISBN 2-84111-064-8 et 9782841110643)
- Une autre histoire de la littérature française, t. II, NiL Éditions, 1998, 352 p. (ISBN 2-84111-103-2 et 9782841111039)
- Le Rapport Gabriel, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 3475), 1999, 446 p. (ISBN 2070417352 et 9782070417353)
- Voyez comme on danse, Éditions Robert Laffont, coll. « Romans français Laffont », 2001 (ISBN 2221120744 et 9782221120743)
- C'était bien, Éditions Gallimard, coll. « Folio » (no 4077), 2003, 268 p. (ISBN 207031653X et 9782070316533)
- Et toi, mon cœur, pourquoi bats-tu, Éditions Robert Laffont, coll. « Romans français Laffont », 2003 (ISBN 2221120736 et 9782221120736)
- Une fête en larmes, Éditions Robert Laffont, coll. « Romans français Laffont », 2005 (ISBN 2221112679 et 9782221112670)
- La Création du monde, Éditions Robert Laffont, coll. « Romans français Laffont », 2006 (ISBN 2221112687 et 9782221112687)
- La vie ne suffit pas : Œuvres choisies, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2007, 1324 p. (ISBN 2221108841 et 9782221108840)
- Odeur du temps, Éditions Héloïse d'Ormesson, coll. « Chroniques », 2007, 475 p. (ISBN 2350870588 et 9782350870588)
- Qu'ai-je donc fait, Éditions Robert Laffont, coll. « Romans français Laffont », 2008 (ISBN 2221120728 et 9782221120729)
- L'enfant qui attendait un train, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2009, 45 p. (ISBN 235087124X et 9782350871240)
- Saveur du temps, Éditions Héloïse d'Ormesson, coll. « Chroniques », 2009, 333 p. (ISBN 2350871142 et 9782350871141)
- C'est une chose étrange à la fin que le monde, Éditions Robert Laffont, 2010 (ISBN 2221123360 et 9782221123362)
- La Conversation, Éditions Héloïse d'Ormesson, 22 décembre 2011 (ISBN 2350871800 et 9782350871806)
- Jean d'Ormesson et Marc Lambron (préf.), C'est l'amour que nous aimons, Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2012, 1286 p. (ISBN 2221128575 et 9782221128572)
Articles connexes modifier
Liens externes modifier
- Notice biographique de l'Académie française
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- Article sur Philippe Sollers par Jean d'Ormesson
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