Jeux olympiques d'hiver de 1924

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Jeux olympiques d'hiver de 1924
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Localisation
Pays hôte Drapeau de la France France
Ville hôte Chamonix-Mont-Blanc
Date Du 25 janvier au
Ouverture officielle par Gaston Vidal
Sous-secrétaire d'État à l'éducation physique
Participants
Pays 16
Athlètes 258
(245 masc. et 13 fém.)
Compétition
Nombre de sports 6
Épreuves 16
Symboles
Serment olympique Camille Mandrillon
Skieur français
Flamme olympique Pas de flamme
Mascotte Pas de mascotte
Les cinq anneaux olympiques de cinq couleurs différentes 1928 Suivant

Les Jeux olympiques d'hiver de 1924 ont eu lieu à Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie, France).

Naissance des Jeux d'hivermodifier | modifier le code

Dès le premier congrès olympique de 1894, qui se tient à Paris dans le but de rétablir les Jeux olympiques modernes, il est mentionné que le patinage doit être représenté autant que possible aux Jeux1'2. Ainsi des épreuves de patinage artistique sont organisées à Londres en 1908 puis à Anvers en 19203, où un tournoi de hockey sur glace est également disputé lors d'un prologue qui se tient quatre mois avant l'ouverture des Jeux4. L'intégration des sports d'hiver dans le programme des Jeux se heurte néanmoins à un obstacle matériel et technique puisque les villes hôtes ne possèdent pas toutes les infrastructures nécessaires à leur pratique. Les épreuves de patinage artistique sont par exemple annulées lors des Jeux d'Athènes en 1896 puis Stockholm en 1912 car ces deux villes sont dépourvues de patinoires3.

Dans le même temps, la pratique des sports d'hiver poursuit son développement : une semaine internationale, organisée par le Club alpin français, se déroule chaque année en France depuis 1907. Chamonix-Mont-Blanc accueille notamment les éditions 1920 et 19215. L'idée d'incorporer les disciplines hivernales au programme olympique poursuit son chemin : le baron Pierre de Coubertin s'y montre favorable en déclarant que les « Jeux olympiques sont les jeux de tous les sports »6. La presse et le Club alpin français soutiennent également cette idée7. Ce projet se heurte pourtant à l'opposition des pays scandinaves qui craignent que l'organisation de Jeux olympiques d'hiver nuisent à leur propre compétition, les Jeux nordiques, organisés depuis 19013'8.

En juin 1921, le comte Justinien Clary et le marquis de Polignac, tous deux représentants français au CIO présentent la candidature de la ville de Paris pour les Jeux de 1924 lors du congrès du CIO à Lausanne. Ils suggèrent également l'idée d'organiser des Jeux olympiques d'hiver à cette occasion9, un projet qui reçoit notamment le soutien des délégués canadiens et suisses comme le baron Godefroy de Blonay. Le 5 juin, les membres du CIO se prononcent en faveur de l'admission des sports d'hiver à la famille olympique10. Ce vote autorise également la tenue des compétitions de sports d'hiver dans un lieu propice et pas obligatoirement dans la ville désignée pour recevoir les Jeux olympiques d'été11. Les Scandinaves demeurent hostiles au projet mais grâce à l'influence du Suédois Sigfrid Edström, président de la Fédération internationale d'athlétisme et favorable à la proposition française au CIO10, ils acceptent d'y prendre part à condition que les Jeux ne soit pas appelés « olympiques »12. La compétition est donc organisée sous le patronage du CIO et reçoit l'appellation de Semaine internationale des sports d'hiver13,11. Elle ne constitue dans un premier temps qu'un prélude aux Jeux d'été14.

Organisationmodifier | modifier le code

Sélection de la ville hôtemodifier | modifier le code

Plusieurs villes se portent candidates pour accueillir les épreuves de sports d'hiver : Gérardmer dans les Vosges, Luchon-Superbagnères dans les Pyrénées et Chamonix-Mont-Blanc dans les Alpes5. Du 12 au 14 juin 1922, le Comité olympique français (COF) organise à Paris un Congrès des sports d'hiver avec les fédérations et commissions internationales concernées afin d'établir le programme des compétitions12. Chamonix est alors désignée comme ville hôte des épreuves car ses concurrentes ne pouvaient réaliser en nombre de logements et de probabilité d'enneigement5. Après une première rencontre en janvier 1923, le contrat liant Paris et Chamonix-Mont-Blanc est paraphé le entre Frantz Reichel, secrétaire général du COF et Jean Lavaivre, maire de Chamonix15'5.

Aspects économiquesmodifier | modifier le code

À travers l'accueil de cette compétition sportive, Chamonix-Mont-Blanc poursuit également un enjeu économique et touristique dans le but de moderniser ses installations5. L'organisation de la semaine internationale des sports d'hiver nécessite l'érection d'une piste de bobsleigh, d'une patinoire et d'un tremplin de saut à ski dont l'étude du projet ainsi que sa direction sont confiées au service des Ponts et Chaussées de la Haute-Savoie16'17. Le Comité olympique français (COF) promet alors d'aider au financement des travaux à hauteur de 500 000 francs18,19. Les travaux débutent le 31 mai 1923, soit seulement huit mois avant le début des épreuves17 et la municipalité de Chamonix-Mont-Blanc fait rapidement face à des problèmes techniques. Au début du mois de septembre 1923, le COF mandate un expert qui dresse un rapport édifiant quant au retard pris sur les différents chantiers18. La ville est alors mise en demeure de respecter le délai fixé au 1er novembre suivant sous peine de se voir retirer la subvention promise par le COF ou bien d'assister à la suppression des sports d'hiver du programme olympique20. L'accélération des travaux entraîne un coût supplémentaire sur la facture totale de ces Jeux. En raison de graves problèmes de trésorerie, le COF ne participe finalement qu'à hauteur de 250 000 francs21 alors que la municipalité de Chamonix-Mont-Blanc règle à elle seule 2 des 3,5 millions de francs dépensés au total22.

Les principales sources de revenus émanent de la vente des billets : avec un nombre total de 10 044 spectateurs payants, la billetterie rapporte 107 880,80 francs23.

Nations participantesmodifier | modifier le code

Carte du monde des nations participants aux Jeux indiqués en vert.
16 nations participent aux Jeux.

Seize nations sont représentées à Chamonix pour un nombre total de 258 athlètes24. Le nombre de nations à ces Jeux est inférieur aux 44 pays des Jeux d'été de la même année, à Paris25.

Le nombre indiqué entre parenthèses correspond au nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays.

Déroulementmodifier | modifier le code

Faits marquantsmodifier | modifier le code

Le premier multi-médaillé fut le patineur de vitesse finlandais Clas Thunberg, qui enlève finalement trois médailles d'or. Ces bons résultats du patineur finlandais donnent immédiatement le ton général des compétitions : les pays nordiques effectuent une razzia. Eux qui étaient les plus hostiles à la tenue de ces épreuves, deviennent immédiatement leurs plus chauds partisans. Les comités nationaux des pays nordiques votent ainsi avec enthousiasme la proposition du CIO discutée au congrès de Prague (1925), instituant des Jeux olympiques d'hiver (24 mai 1925). C'est à l'occasion de ce vote que les épreuves de Chamonix-Mont-Blanc sont requalifiées « Jeux olympiques d'hiver»26.

  • L'Américain Charles Jewtraw, médaille d'or au patinage de vitesse (500 m) est le premier champion olympique d'hiver.
  • L'Américain Anders Haugen n'a reçu sa médaille de bronze gagnée au saut à skis que 50 ans plus tard, à cause d'une erreur de notation.
  • La Norvégienne Sonja Henie, future championne de patinage, fait ses débuts à Chamonix, âgée de seulement 11 ans
  • La seule épreuve de neige où les Nordiques s'inclinèrent est la patrouille militaire, ancêtre du biathlon. Favorite, la Finlande termine deuxième derrière la Suisse et devant la France.
  • Le tournoi olympique de hockey sur glace fut un grand succès populaire. Le Canada s'impose dans le match décisif face aux États-Unis, 6-1.
  • La remise officielle des médailles a lieu le 5 février, lors de la cérémonie de clôture.

Calendriermodifier | modifier le code

Le programme de la semaine internationale des sports d'hiver est établi lors du Congrès des sports d'hiver de juin 1922 à Paris, tandis que le calendrier des épreuves est déterminé par la commission technique du Comité olympique français. Un total de seize épreuves sont organisées, dont quatre par équipes : la patrouille militaire, le hockey sur glace, le curling et le bobsleigh27.

 CO  Cérémonie d'ouverture   ●  Épreuve(s)  1  Finale d'épreuve officielleNote 1  CC  Cérémonie de clôture
Calendrier des épreuves28
janvier-février 1924 24
Jeu
25
Ven
26
Sam
27
Dim
28
Lun
29
Mar
30
Mer
31
Jeu
1
Ven
2
Sam
3
Dim
4
Lun
5
Mar
Épreuves
Cérémonies CO CC
Logo du bobsleigh Bobsleigh ●  1 1
Logo du combiné nordique Combiné nordique ●  1 1
Logo du curling Curling ●  ●  1 1
Logo du hockey sur glace Hockey sur glace ●  ●  ●  ●  ●  ●  1 1
Logo du patinage artistique Patinage artistique ●  1 1 1 3
Logo du patinage de vitesse Patinage de vitesse 2 3 5
Logo du biathlon Patrouille militaire 1 1
Logo du saut à ski Saut à ski 1 1
Logo du ski de fond Ski de fond 1 1 2
Nombre total de finales 0 0 2 3 0 2 3 1 0 1 2 2 0 16
Total 0 0 2 5 5 7 10 11 11 12 14 16 16 16

Conditions météorologiquesmodifier | modifier le code

Malgré les aléas météorologiques, tout fut prêt à temps. On frôla toutefois la catastrophe à l'extrême fin du mois de décembre 1923 quand 1 m70 de neige tombe sur Chamonix en 24 heures17. On fait alors appel à l'armée pour déneiger17. Ces travaux de déneigement débutent pendant les fêtes de fin d'année et se poursuivent durant les trois premières semaines du mois de janvier17. Cet incident passé, un redoux survient et une violente pluie s'abat sur les sites29. Les premiers athlètes sont alors déjà sur place, et ils ne peuvent pas s'entraîner. La patinoire est transformée en lac. On évoque même un temps l'annulation de plusieurs épreuves ; il n'en est rien. La température chute brusquement quelques jours avant la cérémonie d'ouverture et le temps est magnifique pendant les épreuves et la neige excellente29.

Cérémonie d'ouverturemodifier | modifier le code

Le sous-secrétaire d'État Gaston Vidal proclame l'ouverture des « Sports d'hiver de Chamonix ».

La cérémonie d'ouverture se déroule l'après-midi du 24 janvier 1924. Un cortège constitué des différentes délégations et de plusieurs associations chamoniardes se forme sur la place de l'Hôtel-de-Ville de Chamonix, où Jean Lavaivre, maire de la commune, prononce un discours de bienvenue30. Le cortège traverse ensuite les rues de la ville : les dix-sept nations défilant par ordre alphabétique, l'Autriche est en tête tandis que la Yougoslavie ferme la marche. Dans chaque délégation, les sportifs marchent dans l'ordre des épreuves : d'abord les patineurs de vitesse, puis les patineurs artistiques, les fondeurs, les skieurs militaires précédés de leurs officiers, les hockeyeurs, les joueurs de curling et enfin les bobeurs31. En arrivant au stade olympique, seules les délégations sportives font leur entrée sur la patinoire pour se placer devant le cortège officiel. Le comte Justinien Clary, président du Comité olympique français (COF), ouvre la cérémonie par un discours d'accueil, accompagné des membres du Comité international olympique, le comte Henri de Baillet-Latour, le marquis de Polignac, le baron de Blonay et le général Kentish31. Le sous-secrétaire d'État à l'enseignement technique Gaston Vidal déclare alors ouverts les « Sports d'hiver de Chamonix, donnés à l'occasion de la VIIIe Olympiade de l'ère moderne »32,33. Les porteurs de drapeaux se rassemblent ensuite en arc de cercle autour de l'adjudant Camille Mandrillon, porteur du drapeau français, qui prononce le serment olympique au nom de tous les athlètes. La cérémonie s'achève par un nouveau défilé des nations autour de la patinoire32,33.

Épreuvesmodifier | modifier le code

Bobsleighmodifier | modifier le code

L'épreuve de bobsleigh se déroule les 2 et 3 février sur la piste des Pellerins et réunit onze équipages représentant six nations. Après la mise hors de course de plusieurs équipes lors des entraînements, le nombre de partants est réduit à neuf : une équipe pour la Belgique, deux équipes pour la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Suisse. L'épreuve se court en quatre manches et le chronométrage est effectué au centième de seconde. L'ordre de départ, tiré au sort, est le même pour les deux premières manches puis inversé pour les deux dernières. Le bob suisse mené par Eduard Scherrer est le premier à s'élancer et signe le meilleur temps de la première manche en min 27 s 73, avec plus d'une seconde d'avance sur le bob britannique piloté par Ralph Broome et deux secondes et demie d'avance sur le bob belge mené par Charles Mulder. Trois équipages sont éliminés après cette première manche : le bob suisse du capitaine Stoffel, présenté comme le favori de l'épreuve est mis hors de course après la blessure de l'un des équipiers, tout comme le bob français du capitaine Legrand. Le bob italien piloté par le capitaine Torinelli est quant à lui contraint à l'abandon à cause d'un problème technique34. L'équipage suisse d'Eduard Scherrer, Alfred Neveu, Alfred Schläppi et Heinrich Schläppi accentue son avance dans la deuxième manche, puis dans la troisième en signant le record de la piste en min 25 s 0235. Avec un temps total de min 45 s 54 à l'issue des quatre manches, il s'adjuge la médaille d'or devant le bob anglais de Ralph Broome et le bob belge de Charles Mulder. La France termine au pied du podium avec l'équipe du capitaine André Berg36.

Curlingmodifier | modifier le code

Le tournoi de curling rassemble seulement trois équipes : la France, la Suède et la Grande-Bretagne. La Suisse avait pourtant engagé une équipe, mais celle-ci ne participe finalement pas au tournoi olympique. Le premier match se déroule le 28 janvier sur le terrain du stade olympique de Chamonix. La Suède s'impose face à la France sur le score de 18 points à 10. Dans la deuxième rencontre du tournoi, les Français sont surclassés par les Britanniques, qui gagnent 46-4. La Grande-Bretagne domine ensuite très largement la Suède 38-7 et décroche ainsi la médaille d'or. L'équipe de Grande-Bretagne obtient la médaille d'argent tandis que la France, malgré ses deux défaites dans le tournoi, se voit attribuer la médaille de bronze37.

Combiné nordiquemodifier | modifier le code

Les épreuves de combiné nordique consistèrent en une course de ski de fond de 18 km (en style classique) puis d'un concours de saut à ski. Contrairement aux épreuves actuelles, le ski de fond fut couru avant le saut. Les épreuves eurent lieu sur deux jours : le 2 février pour le fond et le 4 février pour le saut38. Trente concurrents participèrent à cette compétition, dont la première partie se disputa en même temps que la course de fond (course de fond qui fût remporté par Thorleif Haug). L’épreuve de fond voyait ainsi les quatre premières places de son classement échoir aux quatre Norvégiens engagés : Thorleif Haug, Thoralf Strømstad, Johan Grøttumsbråten et Harald Økern (en). L’épreuve de sauts n'amena aucune modification notable au classement, le Norvégien Thorleif Haug s’assurant une nouvelle victoire devant ses compatriotes, Thoralf Strømstad et Harald Økern (en).

Hockey sur glacemodifier | modifier le code

Herbert Drury inscrit quatorze buts pour l'équipe des États-Unis, médaillée d'argent.

Les matchs de hockey sur glace se déroulent au stade olympique de Chamonix. Le tournoi rassemble huit équipes qui sont regroupées en deux poules éliminatoires de quatre équipes, dans lesquelles chaque nation rencontre les trois autres. Les deux premières équipes de chaque groupe sont ensuite qualifiées pour une poule finale qui détermine l'attribution des médailles39. Les rencontres se déroulent du 28 janvier au 3 février, au rythme de trois matchs par jour. Les nations nord-américaines affirment leur supériorité dès le premier tour de la compétition : le Canada survole ses trois rencontres en inscrivant un total de 85 buts sans en encaisser un seul. La Suède prend la deuxième place qualificative de ce groupe en dominant la Tchécoslovaquie puis la Suisse. Dans l'autre poule, les États-Unis démontre la même aisance que les Canadiens en obtenant trois victoires consécutives, inscrivant 52 buts. La Grande-Bretagne, grâce à ses succès sur la France et la Belgique, est également qualifiée pour le tour final40.

La Grande-Bretagne gagne de justesse la médaille de bronze au terme d'un match face aux Suédois achevé sur le score de 4-3. Le Canada et les États-Unis s'affrontent en finale le 3 février. Malgré un but de leur meilleur joueur, Herbert Drury, les Américains s'inclinent 6-1. Auteur de trois buts en finale, Harry Watson joue un rôle majeur dans l'attribution de la médaille d'or au Canada41.

Patinage artistiquemodifier | modifier le code

Patinage de vitessemodifier | modifier le code

Patrouille militairemodifier | modifier le code

L'épreuve de patrouille militaire se déroule le 29 janvier. Elle consiste en une course de ski de fond de 30 kilomètres par patrouilles de quatre hommes, dont un officier, ponctuée d'un tir de 18 balles sur cible42. Chaque balle atteignant la cible octroie une bonification de 30 secondes pour l'équipe. Le départ est donné du stade olympique et les nations s'élancent une à une à intervalle régulière de trois minutes. Six équipes sont engagées : la Finlande, la France, l'Italie, la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Suisse43. La patrouille suisse composée d'Alfred Aufdenblatten, de Denis Vaucher et des frères Alphonse et Antoine Julen réalise le meilleur temps de la course en h. En plaçant huit balles dans la cible, elle obtient quatre minutes de bonifications et conserve la première place du classement général final. La Finlande obtient la médaille d'argent, après avoir franchi la ligne en h 5 min 40 s et placé onze balles dans la cible, soit la meilleure performance au tir. Emmenée par l'adjudant Camille Mandrillon qui a prononcé le serment olympique lors de la cérémonie d'ouverture, l'équipe de France se classe 3e de l'épreuve, malgré un manque de réussite au tir avec seulement deux balles placées dans les cibles. La Tchécoslovaquie prend la 4e place de l'épreuve tandis que l'Italie et la Pologne abandonnent au cours de l'épreuve44.

Saut à skimodifier | modifier le code

Ski de fondmodifier | modifier le code

Cérémonie de clôturemodifier | modifier le code

La cérémonie de clôture se déroule dans la matinée du 5 février 1924 au stade olympique de Chamonix. Le baron Pierre de Coubertin prononce un discours dans lequel il dresse le bilan de cette semaine internationale avant que le secrétaire général du Comité olympique français fasse la lecture du palmarès des épreuves. À l'issue de la cérémonie, un prix olympique d'alpinisme est décerné au colonel anglais Edward Struth au nom des treize membres de l'expédition de 1922 à l'Everest45.

Classement des nationsmodifier | modifier le code

Le classement officiel des nations est établi en fonction des six premières places de chacune des épreuves : un athlète qui gagne la médaille d'or rapporte 10 points à son pays, tandis que la médaille d'argent rapporte 5 points, la médaille de bronze 4 points. Trois points sont ensuite attribués pour la quatrième place, 2 points pour la cinquième place et 1 point pour la sixième place46.

Rang
Nations
Nombre de concurrents classés Total
1er 2e 3e 4e 5e 6e
Places Points Places Points Places Points Places Points Places Points Places Points Places Points
1 Drapeau : Norvège Norvège 4 40 7 35 7 27,5 6 18 6 12 2 2 32 134,5
2 Drapeau : Finlande Finlande 4 40 4 20 3 11,5 1 3 1 2 - - 13 76,5
3 Drapeau : Royaume-Uni Grande-Bretagne 1 10 1 5 2 8 1 3 2 4 - - 7 30
4 Drapeau : États-Unis États-Unis 1 10 2 10 - - 2 6 - - 3 3 8 29
5 Drapeau : Suède Suède 1 10 1 5 - - 1 3 2 4 4 4 9 26
6 Drapeau : Autriche Autriche 2 20 1 5 - - - - - - - - 3 25
7 Drapeau : Suisse Suisse 2 20 - - 1 4 - - - - - - 3 24
8 Drapeau : France France - - - - 3 12 1 3 2 3,5 1 1 7 19,5
9 Drapeau : Canada Canada 1 10 - - - - - - - - 1 1 2 11
10 Drapeau : Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie - - - - - - 2 6 1 1,5 1 1 4 8,5
11 Drapeau : Belgique Belgique - - - - 1 4 - - 1 2 - - 2 6
12 Drapeau : Italie Italie - - - - - - - - - - 1 1 1 1

Tableau des médaillesmodifier | modifier le code

Rang Nation Or Argent Bronze Total
1 Drapeau : Norvège Norvège 4 7 6 17
2 Drapeau : Finlande Finlande 4 4 3 11
3 Drapeau : Autriche Autriche 2 1 0 3
4 Drapeau : Suisse Suisse 2 0 1 3
5 Drapeau : États-Unis États-Unis 1 2 1 4
6 Drapeau : Royaume-Uni Grande-Bretagne 1 1 2 4
7 Drapeau : Suède Suède 1 1 0 2
8 Canadian Red Ensign 1921-1957.svg Canada 1 0 0 1
9 Drapeau : France France 0 0 3 3
10 Drapeau : Belgique Belgique 0 0 1 1
Total 16 16 17 49

Sportifs les plus médaillésmodifier | modifier le code

Le patineur de vitesse finlandais Julius Skutnabb gagne trois médailles lors de ces Jeux, un de chaque métal.

En remportant cinq médailles dont trois en or, le patineur de vitesse finlandais Clas Thunberg est le sportif le plus médaillé de ces Jeux. Il faut attendre les Jeux d'hiver de 1936 pour qu'un athlète gagne à nouveau trois titres olympiques, à savoir le patineur de vitesse norvégien Ivar Ballangrud et ce n'est qu'en 1980 à Lake Placid que l'Américain Eric Heiden devient le deuxième sportif à remporter cinq médailles dans les mêmes Jeux.

Sportifs les plus médaillés
Rang Pays Athlète Sport médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'argent, Jeux olympiques médaille de bronze, Jeux olympiques Total
1 Drapeau : Finlande Finlande Clas Thunberg Patinage de vitesse 3 1 1 5
2 Drapeau : Norvège Norvège Roald Larsen Patinage de vitesse 0 2 3 5
3 Drapeau : Norvège Norvège Thorleif Haug Combiné nordique/Ski de fond 3 0 0 3
4 Drapeau : Finlande Finlande Julius Skutnabb Patinage de vitesse 1 1 1 3
5 Drapeau : Norvège Norvège Johan Grøttumsbråten Combiné nordique/Ski de fond 0 1 2 3
6 Drapeau : Norvège Norvège Thoralf Strømstad Combiné nordique/Ski de fond 0 2 0 2

Sites de compétitionmodifier | modifier le code

La patinoire, également connue comme le stade olympique de Chamonix, est établie en bordure de l'Arve, en amont de Chamonix, face à une ancienne patinoire de la ville16. D'une superficie totale de 36 000 m2, elle est à cette époque la plus grande patinoire artificielle du monde et bénéficie des dernières avancées technologiques47. La construction de ce stade nécessite au préalable des travaux d'endiguement de la rivière afin de soutenir le remblai de la patinoire16. De forme rectangulaire, celle-ci est complétée par deux demi-cercles de 90 mètres de diamètre, pour une longueur maximale de 227 mètres48. À elle seule, la patinoire proprement dite représente 20 620 m2, auxquels il faut ajouter une piste de course 5 000 m2 et un terrain de curling de 2 040 m2. Le reste du terrain comprend une piste de ski joëring ainsi que des tribunes et un pavillon des sports16. Les spectateurs disposent de cinq tribunes. La plus luxueuse peut accueillir 400 personnes, tandis que la grande tribune couverte a une capacité de 1000 places47.

Le tremplin olympique du Mont est construit à proximité du glacier des Bossons pour accueillir les épreuves de saut à ski et de combiné nordique. D'une longueur de 79,40 mètres, la piste de lancement compte trois départs. La piste de réception, au bout de laquelle des tribunes en gradins sont aménagées pour accueillir les spectateurs, a une longueur totale de 178 mètres48.

Les épreuves de bobsleigh se déroule sur la piste des Pellerins, à proximité du funiculaire aérien de l'Aiguille du Midi. La piste est longue de 1 369,88 mètres pour une largeur de 2 mètres et comporte 19 courbes. Une conduite d'eau suit la piste afin d'en permettre l'arrosage et l'alimentation. La remontée des bobsleighs et des athlètes s'effectue par le biais du funiculaire49.

Retombéesmodifier | modifier le code

« Les Jeux d’Hiver avaient victoire complète. J’en étais heureux, ayant toujours souhaité voir cette annexe hivernale dûment légalisée [...] »

— Pierre de Coubertin, Mémoires olympiques50

Devant le succès rencontré à Chamonix, le CIO officialise la Semaine internationale comme les premiers Jeux olympiques d'hiver lors du congrès de Prague le 27 mai 1925.

Lors d'un congrès organisé à l'hôtel Majestic de Chamonix le 2 février, pendant la tenue des Jeux, la Fédération internationale de ski est créée dans le but de développer le ski à l'échelle mondiale. Le Suédois Ivar Holmquist en devient le premier président51.

Annexesmodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • M.A. Avé (dir.), « Les sports d'hiver », dans Les Jeux de la VIIIe Olympiade Paris 1924 : rapport officiel, Paris, Librairie de France,‎ 1924, 852 p. (lire en ligne), p. 643-721 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Johannès Pallière, Les premiers jeux d'hiver de 1924 : La grande bataille de Chamonix, Chambéry, Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, coll. « Histoire en Savoie »,‎ 1990, 167 p. (ISBN 978-2-9086-9704-9)
  • Pierre Arnaud, « Olympisme et sports d'hiver : les retombées des Jeux Olympiques d'hiver de Chamonix 1924 », Revue de géographie alpine, vol. 79, no 79-3,‎ 1991, p. 15-36 (lire en ligne)
  • Raphaël Mugnier, « Les sports d'hiver à travers les Jeux olympiques de Chamonix Mont-Blanc en 1924 », dans Jeux et sports dans l'histoire, t. 2 : Pratiques sportives, Paris, CTHS,‎ 1992, 397 p. (ISBN 2735502465) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Arnaud et Thierry Terret, Le rêve blanc, olympisme et sport d'hiver en France : Chamonix 1924, Grenoble 1968, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux,‎ 1993 (ISBN 2867811341) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Ron Edgeworth, « The Nordic Games and the Origins of the Winter Olympic Games », LA84 Foundation, International Society of Olympic Historians Journal, vol. 2,‎ 1994 (lire en ligne [PDF]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Arnaud et Thierry Terret, « Le ski, roi des sports d'hiver », dans Histoire des sports, Paris, L'Harmattan,‎ 1996, 251 p. (ISBN 2738446612) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Vitalien, La mémoire des 1ers Jeux Olympiques d'hiver : Chamonix 1924, Sérignan-du-Comtat, Pierre Vitalien,‎ 2004, 164 p. (ISBN 2-9520549-0-8)
  • (en) Paula D. Welch, « Chamonix 1924 », dans Encyclopedia of the Modern Olympic Movement, Westport (Connecticut, États-Unis), John E. Findling et Kimberly D. Pelle, Greenwood Press,‎ 2004, 602 p. (ISBN 0-313-32278-3, présentation en ligne), p. 283-288
  • Thierry Terret, « Prendre ses repères : la semaine internationale de sports d’hiver à Chamonix », dans Les paris des Jeux olympiques de 1924, vol. 1 : Les paris de la candidature et de l’organisation, Biarritz, Éditions Atlantica,‎ 2008 (lire en ligne), p. 57-81 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Ron C. Judd, The Winter Olympics : An insider's guide to the Legends, the Lore and the Games, Seattle, États-Unis, Mountaineers Books,‎ 2009, 252 p. (lire en ligne)
  • Éric Monnin, De Chamonix à Sotchi : Un siècle d'olympisme en hiver, Éditions Désiris,‎ 2013, 224 p. (ISBN 978-2364030664) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externesmodifier | modifier le code

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Notes et référencesmodifier | modifier le code

Notesmodifier | modifier le code

  1. Le chiffre indique le nombre de finales qui se tiennent ce jour-là pour chaque sport.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Terret 2008, p. 3.
  2. « Les travaux du Congrès », Bulletin du Comité International des Jeux Olympiques, no 1,‎ juillet 1894, p. 3-4 (lire en ligne).
  3. a, b et c Terret 2008, p. 4.
  4. Terret 2008, p. 7.
  5. a, b, c, d et e Terret 2008, p. 10.
  6. Arnaud et Terret 1996, p. 172.
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