Jules-Claude Ziegler

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Ziegler par Nadar

Jules-Claude Ziegler (1804-1856), peintre, céramiste et photographe de l'école française.

Biographiemodifier | modifier le code

Abside de l'église de la Madeleine, Paris

Jules Claude Ziegler est né le à Langres – où une place porte son nom. Il étudie le droit contre son gré et reçoit le titre de docteur en droit. En fait, il est davantage porté sur la peinture malgré les réticences de son père Jean-Jacques Ziegler. Il devient l'élève de Jean Auguste Dominique Ingres et de François Joseph Heim. Il est l'un des premiers à s'intéresser aux peintures espagnoles, qu'il découvre dans la Galerie de Louis-Philippe au Louvre, dans la collection du Maréchal Soult, et chez Alexandre Aguado ; il copie alors le Saint François de Zurbarán et l' Assomption de Murillo. Il expose plusieurs toiles au Salon, en particulier Saint Georges terrassant le dragon au Musée des Beaux-Arts de Nancy.

Tombeau de Jules-Claude Ziegler, Soyers

Son œuvre maîtresse est l'abside de l'église de la Madeleine à Paris, une réalisation de trois mille pieds carrés, enlevée à Paul Delaroche qui devait l'exécuter ; Adolphe Thiers, alors ministre de l'Intérieur, confiant à Ziegler cette énorme tâche, qui nécessite deux années de travail intense, jusqu'à son achèvement en 1838. Le sujet représente le Christ entouré des apôtres et accordant le pardon à Marie-Madeleine, agenouillée au milieu des principaux personnages de l'Église d'Orient et d'Occident ; on y découvre la fondation et le développement de l'Église catholique (le programme iconographique est très riche : on y voit aussi Mahomet, le Juif errant, Luther, de nombreux empereurs romains, Charlemagne, Napoléon ...) . Ce chef-d'œuvre lui vaut la croix de la Légion d'honneur, mais l'a fatigué et lui a causé une maladie des yeux.

Au début des années 1840, il séjourne régulièrement dans la propriété familiale de Haute-Marne, où il s'adonne à la céramique et, parmi les premiers, à la photographie. Il dirige ensuite une manufacture de vases en grès à Voisinlieu, près de Beauvais dans l'Oise. Il revient à la peinture au Salon de 1844 et trois ans plus tard peint la célèbre Judith (musée de Lyon). Devenu conservateur du musée de Dijon et directeur de l'école des Beaux-Arts de la ville, Ziegler décède brutalement le à Paris. Il est inhumé dans le petit village de ses ancêtres maternels, à Soyers en Haute-Marne.

Œuvresmodifier | modifier le code

  • Vue de Venise la nuit (1832) achetée par Louis-Philippe Ier, non localisée
  • Venise vue de nuit (1833), esquisse, musée des Beaux-Arts de Nantes
  • Portrait du Cardinal Montalte (1833), non localisé
  • Le Doge Foscari rentrant dans son palais après son abdication (1833), Arras, musée
  • Giotto chez Cimabue (1833), musée des Beaux-Arts de Bordeaux
  • Saint Matthieu (1834), Condom, cathèdrale
  • Saint Georges terrassant le dragon (1834), Saint-Omer, église Notre-Dame, réplique autographe au musée des Beaux-Arts de Nancy
  • Louis de Champagne, comte de Sancerre, Maréchal de France en 1368, Connétable en 1397 (1835) - Château de Versailles
  • Maréchal Kellerman (1835), Paris, Sénat
  • Le prophète Daniel dans la fosse aux lions (1838), Musée de Nantes (réplique autographe à Langres)
  • L'Histoire du Christianisme (1836-1838), au cul-de-four de l'église de la Madeleine à Paris.(plusieurs esquisses à Langres, musée ; et en collections particulières,...)
  • Saint Luc peignant la Vierge (1839), musée de Dunkerque, copie non autographe au Musée Magnin de Dijon
  • L'Immagination (1839), Langres, musée (esquisse au Haggerty Museum of art, Marquette University, Milwaukee)
  • Le Bon Pasteur (1839), collection particulière
  • La foi (vitrail), (1839) Eu, église (carton préparatoire à la manufacture de Sèvres)
  • Autoportrait, détruit pendant la seconde guerre mondiale au musée de Beauvais, connu par une photographie ancienne.
  • Paysage d'hiver, Haute-Marne, collection particulière.
  • Notre-Dame des Neiges (1844), musée municipal de Bourbonne-les-Bains
  • La Rosée répandant ses perles sur les fleurs (1844) Musée de Langres
  • Femme à sa toilette, une Vénitienne, (1844), châteaux de Malmaison et Bois-Préau
  • Judith aux portes de Béthulie (1847), musée de Lyon
  • Le Songe de Jacob (1847), non localisé, connu par une photographie ancienne (esquisse en collection particulière à Paris)
  • La République (1848), musée des Beaux-Arts de Lille
  • Les Pasteurs de la Bible, (1850) musée de Dijon
  • Pluie d'été, 1850, musée de Saint-Dizier
  • Tête de Léda, non localisée
  • Charles Quint, devenu moine, renvoyant son portrait avec les insignes de l'empire, à Londres
  • Henri II et Diane de Poitiers
  • Agnès Sorel et Charles VII
  • Le Cardinal Gighi faisant des excuses à Louis XIV, musée de Versailles (1834)
  • le rosaire : Saint Dominique et sainte Catherine, église d'Ouge
  • La Paix d'Amiens (1853), Amiens, Tribunal
  • Portrait du Marquis de Coislin
  • La Vierge de Bourgogne, musée de Langres
  • Immaculée conception (1856), inachevée, Musée de Langres

Collectionsmodifier | modifier le code

Ouvragesmodifier | modifier le code

  • Etudes céramiques, recherches des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général
  • Théorie de la coloration des reliefs (Paris, 1850)
  • Traité de la couleur et de la lumière (Paris, 1852)
  • Compte-rendu de la photographie à l'Exposition de 1855 (Dijon, 1855)

Galeriemodifier | modifier le code

Bibliographiesmodifier | modifier le code

L'œuvre picturale de Ziegler a été étudiée par Monsieur Guégan conservateur au musée d'Orsay. Monsieur Jacques Werren a publié des études sur l'œuvre céramique et photographique dans le bulletin du GRECB (Groupe de Recherches et d'Etudes de la Céramique du Beauvaisis).

  • C. Castéja, "L’ héroïsation des primitifs italiens dans la peinture du XIXe siècle", Ingres et ses élèves, Bulletin spécial du Musée Ingres, Montauban, 2000, p. 37-47.
  • S. Guégan, "Ziegler dans l'oeil des critiques", Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1990, n° 4, p. 12-21.
  • S. Guégan, "'Ces bonheurs là n'arrivent qu'aux habiles' Gautier et la photographie artiste", 48/14, 2009, t. 28, p. 6-23.
  • J. Werren, "Jules Ziegler  : un élève oublié d’Hippolyte Bayard", Etudes photographiques, 2002, n° 12, p. 64-97.
  • J. Werren, "Jules Ziegler. Erneuerer des künstlerischen Steinzeugs in Frankreich unter dem Einfluss der rheinischen Renaissance", Keramos, 2004, n° 185, p. 69-100.
  • J. Werren, Jules Ziegler  : peintre, céramiste, photographe, Le Mans : La Reinette Editions, 2010, 336 p.

Voir aussimodifier | modifier le code

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