Légion juive

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La Légion juive est un projet créé par Jabotinsky dans le but de se défendre contre l'antisémitisme en Russie. Les unités juives ont été dissoutes en 1918 et 1919, mais la revendication d'une légion juive a continué à être soutenue jusque dans les années 1930.

Le corps des muletiers de Sionmodifier | modifier le code

Jabotinsky dans la « Légion Juive ». L'insigne (chandelier à 7 branches) semble un retouche photographique ultérieure.

L'idée d'une force militaire juive combattant dans les rangs des alliés naquit dans l'esprit de deux responsables sionistes, Zeev Vladimir Jabotinsky et Joseph Trumpeldor, durant le mois de décembre 1914. Dans leur idée, une telle force participerait à la conquête de la Palestine, alors sous domination de l'Empire ottoman, au bénéfice des alliés occidentaux, lesquels accepteraient alors de soutenir le mouvement sioniste en Palestine. En 1914, un tel soutien n'était pas acquis. Certains responsables ou militants sionistes (comme David Ben Gourion), penchaient d'ailleurs plutôt vers un soutien à l'empire ottoman.

Entre décembre 1914 et mars 1915, plusieurs centaines de volontaires furent enrôlés au sein du corps des « muletiers de Sion », sous les ordres du lieutenant-colonel Patterson. L'Empire britannique étant opposé à leur implication dans les combats sur le front de Palestine, 562 hommes sur 650 furent envoyés sur un autre front en avril 1915, à Gallipoli. L'unité y obtiendra une certaine renommée. L'unité sera dissoute après le retour de Gallipoli, fin 1915.

Les bataillons juifs de l'armée britanniquemodifier | modifier le code

Fin 1917, au mur des Lamentations, à Jérusalem

Après la dissolution des muletiers de Sion, Jabotinsky va se livrer à un intense travail de propagande, aussi bien auprès de la population juive vivant au Royaume-Uni (en particulier les immigrants de Russie) qu'auprès du gouvernement britannique. Il rencontrera au départ peu de succès, tant auprès des uns que des autres. En 1917, cependant, le gouvernement britannique commence à montrer son intérêt pour l'établissement d'un « Foyer National Juif » en Palestine. Voir la Déclaration Balfour.

En août 1917, le premier régiment juif est créé, le 38e bataillon de fusiliers de sa Majesté (l'annonce officielle du gouvernement britannique date du 27 juillet 1917). Il comprend des volontaires de l'Empire, ainsi qu'un nombre important de Juifs originaires de Russie. Ce bataillon sera suivi par les 39e et 42e bataillons (rebaptisé 40e bataillon en juillet 1918), pour un total de 5 000 hommes fin 1918.

Ces unités commencent à être engagées à l'été 1918 sous le commandement du Major General EWC Chaytor (un néo-zélandais). À cette date, Jérusalem a déjà été prise (décembre 1917). Mais une partie de la Palestine est toujours sous contrôle ottoman. Le régiment se bat en particulier dans la vallée du Jourdain.

La dissolution de la « légion juive »modifier | modifier le code

First Judeans, drapeau

Le 38e (rebaptisé entre temps first judeans) fut dissous en Palestine en juillet 1919. Ce bataillon disposait de son propre badge, une menorah sur laquelle était inscrit Kadima (« en avant »).

Le 39e bataillon fut dissous en Palestine en décembre 1919.

Ces dissolutions s'expliquent par l'hostilité du commandement britannique à l'existence d'une unité « ethnique », partagée entre une loyauté formelle au Royaume-Uni et une loyauté politique aux organisations sionistes.

La dissolution des unités juives provoquera l'opposition des sionistes de gauche et de droite, qui comptaient sur elles pour appuyer le projet sioniste en Palestine.

Années 1920 et 1930modifier | modifier le code

L'idée d'une « légion juive » chargée de défendre le Yichouv avait marqué les esprits sionistes. La création des organisations armées sionistes dans les années 1920 et 1930 (en particulier la Haganah et l'Irgoun) s'est en partie faite en référence à ce projet.

Vladimir Jabotinsky, de son côté, a continué à défendre le projet d'une « Légion Juive » en Palestine, structure légale soutenue par le Royaume-Uni. Ainsi dans un texte de Novembre 1923, il affirme que le conflit entre le sionisme et le nationalisme arabe est inévitable, et que le sionisme doit constituer une « muraille d'acier » (une armée), pour s'imposer. Voir le chapitre : La « Muraille d'acier ».

En 1923, lors de sa création, le Betar, mouvement de jeunesse nationaliste influencé par Jabotinsky se définit comme l'embryon de la future Légion Juive.

En 1925, lors de sa création, le Parti révisionniste de Jabotinsky demande dans son programme la création d'un Légion Juive à la puissance mandataire (le Royaume-Uni).

Ainsi, quand Avraham Tehomi (responsable de la Haganah nationale, la future Irgoun), lui proposera en 1933 d'entrer au comité de supervision politique de l'organisation, Jabotinsky sera un temps réticent, considérant que les organisations armées clandestines risquaient de compromettre l'accord qu'il espérait toujours avec le Royaume-Uni. Il finira cependant par accepter.

Jamais le Royaume-Uni ne créera la Légion Juive. Ce seront finalement les organisations armées clandestines (Haganah, Irgoun, Lehi) qui fusionneront en 1948 pour former les Forces de Défenses d'Israël (Tsahal).

Annexesmodifier | modifier le code








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