L'Apprentie sorcière

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L'Apprentie sorcière

Description de l'image  Sorciere.png.
Titre original Bedknobs and Broomsticks
Réalisation Robert Stevenson
Scénario Bill Walsh et Don DaGradi
Acteurs principaux
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie - Animation
Sortie 1971
Durée 113 minutes (134 min. ressortie)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Apprentie sorcière (Bedknobs and Broomsticks)NB 1 est un film musical américain réalisé par Robert Stevenson et sorti en 1971. Mêlant prises de vues réelles et animation comme Mary Poppins (1964) et adapté des romans de l'écrivaine britannique Mary Norton, il est considéré comme le 26e long-métrage d'animation des studios Disney.

Souvent comparé à Mary Poppins de par leurs nombreuses ressemblances, L'Apprentie sorcière a rencontré contrairement au premier un faible succès tant critique que financier, que plusieurs spécialistes expliquent par l'absence de Walt Disney, mort 5 ans plus tôt. Le studio semble en effet à la recherche d'un nouveau souffle depuis la disparition de son fondateur, les animateurs et équipes techniques exploitant toujours les mêmes recettes. On note toutefois quelques changements, principalement associés à l'évolution de la société américaine, comme la morale du film ou la représentation de la femme. Le film marque aussi la dernière participation des frères Sherman à une production Disney après dix ans d'une fructueuse collaboration.

Synopsismodifier | modifier le code

Août 1940. Afin d'échapper aux bombardements allemands, les enfants londoniens sont évacués de la capitale. C'est ainsi que Charlie, Carrie et Paul Rawlins se retrouvent placés chez une vieille demoiselle revêche, Églantine Price, dans le petit village de Pepperinge Eye, sur la côte sud de l'Angleterre. Miss Price accepte le trio d'enfants à condition qu'ils soient replacés plus tard dans une autre maison.

La cohabitation s'avère difficile jusqu'à ce que les enfants percent, une nuit, le secret de leur hôtesse : Miss Price est une apprentie sorcière qui souhaite participer à l'effort de guerre avec la magie. Pour cela, elle suit les cours par correspondance du célèbre professeur Émelius Browne. C'est lors du test de son balai magique qu'elle est découverte par les enfants. Elle tombe dans des buissons et casse son balai. Charlie défie la sorcière de le transformer en grenouille mais elle le transforme en lapin au grand plaisir de Paul. Le chat d'Églantine se lance à la poursuite du lapin dans toute la maison et le coince à l'étage avant que Charlie ne redevienne humain. Les enfants acceptent de garder le secret d'Églantine contre un sort. Elle les emmène dans son laboratoire pour choisir et demande si l'un d'eux a un objet que l'on peut tourner. Paul sort de sa poche un pommeau du grand lit de cuivre de leur chambre et le tend à la sorcière. Elle enchante le pommeau pour qu'une fois placé sur le lit il emporte celui-ci où la personne le désire. Carrie remercie la sorcière mais cette dernière précise que seul Paul peut énoncer le sort magique.

Églantine reçoit ensuite un courrier du directeur de l'école de magie par correspondance. Alors qu'elle a déjà appris à maîtriser le vol en balai et la transformation d'humains en lapins blancs, les cours sont brusquement interrompus à cause de la guerre à la veille de la dernière leçon : la révélation de la formule magique de « locomotion substitutive » permettant d'animer les objets. Bien décidée à compléter sa formation, elle demande à Paul d'utiliser le lit pour aller à Londres en compagnie des trois enfants et rencontrer le professeur. Ils s'envolent pour l'école mais ce dernier se révèle n'être qu'un vulgaire escroc qui s'est contenté de recopier ses cours dans un vieux livre sans penser que les formules magiques pourraient véritablement fonctionner. M. Browne est surpris qu'Églantine puisse utiliser les sorts magiques qu'il pensait être des phrases sans aucun sens. Pour le prouver, elle le transforme en lapin. Émelius les emmène dans la vieille maison qu'il occupe et, tandis que les enfants explorent la demeure dont la salle de jeu, il présente à Églantine un livre nommé Les Sorts d'Astaroth, un livre de magie incomplet, ce qui explique l'absence de la dernière leçon.

Sans se décourager pour autant, Églantine et les enfants entraînent Émelius à Portobello Road à la recherche des pages manquantes. Les enfants explorent le marché pendant que les adultes découvrent chez un vieux libraire l'autre moitié du livre. Après un échange des deux parties entre Émelius et le libraire, Églantine apprend que la fameuse formule de « locomotion substitutive » n'est pas dans le livre mais gravée sur l'Étoile d'Astaroth, que porte autour du cou le roi de l'île mystérieuse de Naboombu, peuplée exclusivement d'animaux anthropomorphes. Le libraire explique que le magicien Astaroth avait capturé des animaux dans des cages et les avait transformés pour ressembler à des humains mais qu'ils se sont révoltés. Ils ont tué le magicien, pris ses pouvoirs et embarqué sur un bateau. Un marin a par la suite révélé qu'il avait une fois accosté sur une île gouvernée par des animaux mais le libraire ne l'a jamais trouvée. Paul se souvient alors que l'île est décrite dans un livre pour enfant qu'il a trouvé dans la salle de jeu de la maison d'Émelius. Avant que le libraire ne réagisse, le groupe utilise le lit enchanté pour aller sur l'île.

Après un amerrissage mouvementé dans le lagon de Naboombu, les cinq héros font la rencontre de Mr Merlu et d'un night-club sous-marin avant d'être attrapés par l'hameçon d'un ours pêcheur qui les tire en dehors du lagon. L'ours informe qu'aucun humain n'est autorisé sur l'île par décision du roi. Il conduit le groupe vers un oiseau secrétaire, dans un camp de tente où se trouve le lion Leonidas, roi de l'île. Le roi est en colère de n'avoir aucun volontaire pour être l'arbitre lors d'un match de football. Émelius, qui découvre l'étoile d'Astaroth au cou du lion, se propose d'être l'arbitre.

Miss Price et sa troupe réussissent à s'emparer de l'Étoile, après un match de football mouvementé dont Émelius se retrouve l'arbitre malchanceux. Ils reviennent à Pepperinge Eye juste à temps pour constater avec effroi que le village a été choisi comme lieu de débarquement secret par les troupes allemandes. Mais, grâce à la formule magique (« Treguna mekoides trecorum satis dee ») désormais en sa possession, Églantine enfourche son balai et prend la tête d'un bataillon d'armures médiévales conservées au château voisin. Tels les fantômes de l'armée de Guillaume le Conquérant, ces armures rejettent à la mer l'ennemi nazi.

Fiche techniquemodifier | modifier le code

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin1, John Grant2 et IMDb3.

Distributionmodifier | modifier le code

Distribution et voix originalesmodifier | modifier le code

  • Angela Lansbury : Eglantine Price
  • David Tomlinson : Pr. Emelius Browne
  • Roddy McDowall : Mr. Jelk
  • Cindy O'Callaghan : Carrie Rawlins
  • Roy Snart : Paul Rawlins
  • Ian Weighill : Charlie Rawlins
  • Sam Jaffe : Bookman (le libraire)
  • John Ericson : Colonel Heller
  • Bruce Forsyth : Swinburne
  • Tessie O'Shea : Mrs. Jessica Hobday
  • Arthur Gould-Porter : Captain Ainsley Greer (le capitaine Greer)
  • Reginald Owen : General Sir Brian Teagler (le général Teagler)
  • Ben Wrigley : Portobello Road Workman (ouvrier à Portobello Road)
  • Cyril Delevanti : Elderly Farmer (vieux fermier)
  • Rick Traeger : German Sergeant (sergent allemand)
  • Manfred Lating : German Sergeant (sergent allemand)
  • John Orchard : Vendor (vendeur de peintures)

et les voix de

  • Bob Holt : Mr. Codfish (M. Le Merlu)
  • Lennie Weinrib : Secretary Bird (l'oiseau-secrétaire) / King Leonidas (le roi Léonidas)
  • Dallas McKennon : Bear (l'ours)

Voix françaisesmodifier | modifier le code

1er doublage (1972)modifier | modifier le code

2e doublage (2003)modifier | modifier le code

Chansons du filmmodifier | modifier le code

Sauf mention contraire, les informations proviennent de Dave Smith4.

  • The Old Home Guard
  • L'Âge de vos beaux rêves (The Age of Not Believing) - Églantine
  • With a Flair (seulement dans la version longue)
  • Églantine - Émelius Browne
  • Portobello Road - Émelius Browne et chœur
  • Dans le bleu de la mer (The Beautiful Briny) - Églantine et Émelius Browne
  • Substitutiary Locomotion - Émelius Browne, Églantine et les enfants
  • Nobody's Problems For Me (seulement dans la version longue)

Distinctionsmodifier | modifier le code

Récompensesmodifier | modifier le code

Nominationsmodifier | modifier le code

Sorties cinémamodifier | modifier le code

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database5.

Sorties vidéomodifier | modifier le code

  • Années 1980 - VHS avec recadrage 4/3 (plein écran) - Version courte (21 minutes coupées)
  • 1985 - VHS (États-Unis et Québec) avec recadrage 4/3 - Version courte
  • 12 octobre 1989 - VHS (Québec et États-Unis) - Version courte
  • 16 octobre 1992 - VHS avec recadrage 4/3 - Version courte
  • 28 octobre 1994 - VHS (Québec) avec premier doublage français et recadrage 4/3 (1,33:1)
  • Été 1997 - VHS avec recadrage 4/3 - Version courte
  • Été 1997 - Laserdisc avec format recadré 1.66 - Version courte
  • 20 mars 2001 - VHS et DVD (Québec), collection « Classique or » - Version longue
  • 2001 - DVD avec format respecté 1.66 - Version courte
  • 8 octobre 2003 - VHS avec second doublage français et recadrage 4/3 - Version d'origine restaurée inédite
  • 8 octobre 2003 - DVD avec second doublage français et format respecté 1.66 - Version longue (h 14) restaurée inédite
  • 26 août 2009 - DVD avec premier doublage français et format respecté 1.66 - Version cinéma d'origine (h 52) restaurée

Origine et productionmodifier | modifier le code

Les vicissitudes rencontrées lors de la production de Mary Poppins (1964) ont poussé Walt Disney à acheter les droits du roman The Magic Bed Knob de Mary Norton dans l'optique de réutiliser les éléments produits dans un autre film7,8,9. John Grant indique que deux ouvrages de Mary Norton ont été utilisés, The Magic Bed Knob (1943) et Bonfires and Broomsticks (1947)4,2. L'achat porte sur les deux romans alors regroupés sous le nom Bedknob and Broomsticks10. L'intérêt que Walt Disney porte à cette histoire en particulier est assez faible et, selon David Koenig, uniquement dans l'optique « d'un chantage » envers Pamela Travers10. Toutefois Leonard Maltin cite une interview des frères Sherman réalisée par Doug McClelland pour le magazine Record World où les compositeurs indiquent que les droits du livre de Mary Norton ont été achetés avant ceux de Pamela Travers11. Dans la même interview, les compositeurs expliquent que Walt Disney est venu, durant les problèmes de production de Mary Poppins, avertir l'équipe de ne pas s’inquiéter car le studio possédait un autre film avec de la magie11. Cette solution aurait été annoncée en 19639.

L'écriture du scénario et la composition de la musique débutent en 1964 mais s'arrêtent avec le succès de Mary Poppins pour ne reprendre qu'en 197011. L'équipe chargée du développement du scénario est alors composée de Bill Walsh, Don DaGradi et des frères Sherman12. Le scénario met en scène une femme célibataire excentrique qui, à l'automne 1940, cherche en tant qu'apprentie sorcière une formule magique pour gagner la guerre et sauver l'Angleterre6. David Jonas a créé des dessins d’inspiration pour le film12. Dans un premier scénario développé avant 1968, le roi Leonidas de Naboombu ne défiait pas Églantine Price dans un match de foot mais dans un spectacle de Vaudeville dont le point culminant était une chanson intitulée Solid Citizen13. Selon les frères Sherman, cela permettait de recentrer le film sur la sorcière qui n'est qu'une simple spectatrice durant le match de foot14.

Les frères Sherman indiquent qu'en 1968, Bill Walsh est venu les chercher dans leur bureau alors qu'ils allaient quitter le studio pour leur demander de poursuivre la composition musicale de l'Apprentie sorcière mais aucune date pour le reste de la production n'est annoncée9. En novembre 1969, Walsh appelle les frères Sherman pour leur annoncer le début du tournage9.

Acteurs et tournagemodifier | modifier le code

David Tomlinson dans Mary Poppins
David Tomlinson dans Mary Poppins.

Le film réunit plusieurs personnes ayant participé à Mary Poppins, à savoir David Tomlinson, les frères Sherman, le réalisateur Robert Stevenson, le directeur artistique Peter Ellenshaw et le directeur musical Irwin Kostal4. De même Eric Larson qui avait réalisé Les 101 Dalmatiens (1961) est à nouveau animateur de personnage, un poste qu'il occupe sur la majorité des productions Disney depuis 196015.

Angela Lansbury en 1957.
Angela Lansbury en 1957.

Pour le rôle d'Églantine Price, plusieurs actrices ont été pressenties : Julie Andrews, Leslie Caron, Lynn Redgrave et Judy Carne11. De même, pour celui d'Émelius Browne, Ron Moody11 acteur connu pour le rôle de Fagin dans Oliver ! (1968), a été envisagé. Le choix d'Angela Lansbury pour Églantine Price est considéré par les frères Sherman comme « absolument parfait [car] elle peut afficher toutes les facettes du personnage, chaque nuance et en faire un portrait riche et profond »16. Ils écrivent que durant le tournage l'actrice était toujours prête, maîtrisant chaque ligne de son texte et jamais fatiguée16. David Koenig note que Roddy McDowall est crédité en troisième position mais ne fait que « deux brèves apparitions sans conséquences17. » Il devait toutefois être l'un des prétendants d'Églantine Price mais le rôle a été réduit17.

Le tournage du film se déroule uniquement aux studios Disney de Burbank, en Californie4. Le village de Pepperinge Eye et le cottage d'Eglatine Price sont construits en extérieur tandis que trois blocs de la rue Portobello Road sont reconstruits en studio4. Pour cette scène, le studio fait appel à beaucoup de comédiens dont de nombreux vétérans du vaudeville, du music-hall ou des répétiteurs dans un décor comprenant des éléments aussi disparates qu'une chaise à porteurs sicilienne, des porcelaines de Limoges et des masques à gaz de la Seconde Guerre mondiale4. L'armée de fantômes en armure est un ensemble de pièces conçu pour le film Le Cid (1961) tourné en Espagne, envoyé aux États-Unis pour être utilisé par Warner Bros. sur la comédie musicale Camelot (1960) puis par Disney4.

La séquence d'animation a été réalisée sous la direction de Ward Kimball4,18 et, selon Leonard Maltin cela se ressent par le fait que les personnages animés sont dessinés de manière amusante18.

La musiquemodifier | modifier le code

Robert B. Sherman et Richard M. Sherman
Les frères Sherman en 2002 : Robert B. Sherman (à gauche) et Richard M. Sherman (à droite)

Après la mort de Walt Disney durant la production du film Le Plus Heureux des milliardaires (1967), la direction de Disney est devenue de moins en moins réceptive aux travaux des frères Sherman19. Toutefois, les auteurs-compositeurs ont poursuivi leur travail sur deux œuvres entamées, L'Authentique, Seule et Unique Fanfare familiale originale et L'Apprentie sorcière19.

Plusieurs chansons ont été composées par les frères Sherman pour le film L'Apprentie sorcière. La chanson The Beautiful Briny (Dans le bleu de la mer) était à l'origine prévue pour Mary Poppins (1964), mais abandonnée en cours de production20. Elle fut reprise presque sans changement dans L'Apprentie sorcière13,21. Les autres chansons du film sont The Old Home Guard, The Age of Not Believing (L'Âge de vos beaux rêves), Églantine et Portobello Road.

D'autres chansons ont été enregistrées mais ont été retirées peu avant la sortie du film pour le raccourcir. Une séquence intitulée With a Flair permettait à David Tomlinson de faire un numéro de vaudeville avec des tours de magie et de clowns, elle fut réintégrée dans une version sur support vidéo numérique22. Durant la chanson, le magicien Émelius chantait à la foule de passants que l'on peut faire ce que l'on veut si l'on a du style23. La chanson Nobody's Problems avec pour thème la solitude, chantée par Églantine et les enfants23, a été retirée du film lors de sa première sortie puis ajoutée dans la version restaurée16.

Deux chansons supplémentaires ont été produites mais jamais réintégrées. Une chanson intitulée The Step in the Right Direction chantée par Angela Lansbury a été retirée du film juste avant sa sortie4. L'actrice chantait à son chat durant la préparation de son premier voyage en balai23. Une chanson supplémentaire intitulée Two Cups of Tea sur la solitude d'Églantine Price n'a pas été enregistrée23.

Les personnages animésmodifier | modifier le code

Le film comporte une longue séquence d'animation avec de nombreux animaux en animation. En dehors de la souris, des vautours, de la pieuvre et quelques autres, la plupart des personnages d'animation sont des joueurs de football24 et les spectateurs. La pieuvre apparaît au début du film lorsque le lit devient un sous-marin et on peut la voir jouer aux cartes avec un flet et une morue24. On y rencontre aussi Mr Le Merlu, un poisson très urbain avec un veston et un chapeau mou, fumant le cigare25. Pour John Grant, le personnage de Le Merlu dont la voix est donnée par Robert Holt, se rapproche de Crapaud baron Têtard dans La Mare aux grenouilles (1949)25. Il possède le comportement d'un colonel de l'armée à la retraite dans une petite ville de la campagne anglaise25. Toutefois Grant note que l'acteur Robert Holt fait parfois usage d'expressions américaines et non anglaises25. L'ours pêcheur est le personnage qui a hameçonné le cadre de lit et attiré les acteurs en prise de vue réelle dans le royaume de Naboombu25.

Le reste des personnages un peu développés apparaît lors du match de football. La souris est cachée dans la poche du crocodile et sortie pour terrifier l'éléphant de l'équipe adverse tandis que les vautours sont les médecins-ambulanciers du stade24. Une autre pieuvre ou peut-être la même joue de la batterie dans la fanfare pour le match25.

L'oiseau secrétaire, un échassier de l'espèce messager sagittaire, est une caricature du serviteur anglais qui a l'infortune d'être le conseiller du roi26. Il est moins fou qu'il semble l'être en s'apercevant le premier de la disparition du médaillon d'Astaroth26.

La première rencontre avec le roi se fait de manière indirecte, au travers de son rugissement lancé sur l'échassier qui lui sert de secrétaire25. Le roi Leonidas est un lion musclé, « fort en gueule » et passionné de football qui n'aime ni les gens ni perdre25. Il porte autour du cou un médaillon avec le symbole du magicien Astaroth25. La voix du lion est, selon Maltin, une parodie de Long John Silver dans L'Île au trésor (1950) interprété par Robert Newton11. Son envie de gagner et d'être reconnu comme le meilleur joueur de football du monde le pousse à changer les règles pour son profit25. Émelius se propose comme arbitre de la rencontre25.

Les joueurs sont réparties en deux équipes, la jaune et la bleue, comme suit25 :

Équipe jaune Équipe bleue
Roi Léonidas (Lion) Autruche
Rhinocéros Guépard
Crocodile Kangourou
Hyène Hippopotame
Phacochère Éléphant
Gorille

Pour John Grant l'équipe jaune du roi lion Leonidas possède plusieurs avantages comme un joueur supplémentaire, des animaux plus carnassiers et a toute les chances de gagner même sans tricher25.

Sortie et accueilmodifier | modifier le code

Le Radio City Music Hall à Noël 2006.
Le Radio City Music Hall à New York durant le Noël 2006.

Le film sort au Royaume-Uni en octobre-novembre 1971 puis aux États-Unis en novembre1. Le film ne dure alors que 117 minutes car il est déjà amputé de plusieurs scènes. Richard et Robert Sherman indiquent que le film était programmé pour le spectacle de Noël du Radio City Music Hall mais qu'avec sa durée initiale de deux heures et demie, il a dû être coupé de plus de 30 minutes pour satisfaire la programmation de la salle14,27. Ce sont les chansons écrites par les frères Sherman qui ont été retirées14. Robert Sherman évoque même une version en dessous des deux heures pour satisfaire les compagnies d'aviation23.

Le succès n'est pas au rendez-vous et, lors de sa ressortie en 1979 aux États-Unis, le film est à nouveau amputé de 20 minutes6,18, correspondant à la majorité des chansons, sauf deux18. Toutefois, pour son 25e anniversaire, la version complète du film a été diffusée lors d'une cérémonie semblable à une première le au Samuel Goldwyn Theater14 à Beverly Hills. Cette version a ensuite été publiée sur support vidéo en 1997 et diffusée à la télévision sur Disney Channel en août 199814.

Produits dérivées à la sortie du filmmodifier | modifier le code

La sortie du film a été précédée par la publication en bande dessinée hebdomadaire d'une adaptation de l'histoire par Frank Reilly avec des dessins de John Ushler publiée durant 18 semaines entre le 4 juillet 1971 et le 31 octobre 197128. Une seconde version d'un seul tenant sur 25 pages a été publiée dès janvier 1972 dans le numéro 6 du magazine Walt Disney Showcase avec des dessins de Dan Spiegle29, version rééditée en 1979 dans le numéro 50 du même magazine à l'occasion de la ressortie du film30.

À l'opposé, le disque 33T sorti avec le film se distingue par le fait qu'il comprenait les chansons retirées27. La version narrée du film présentait Dall McKennon dans le rôle d'Émelius avec un accent britannique prononcé à l'image de celui de Bagheera dans le Livre de la jungle (1967)27. Une troisième version, celle de seconde distribution, a aussi été publiée et ces deux versions sont les dernières à être enregistrées à Londres par Tutti Camarata avec le groupe Mike Sammes Singers, Mike Sammes assurant la plupart des solos27. La version seconde distribution comporte aussi un élément intriguant, un « mystère » pour Tim Hollis et Greg Ehrbar, la chanson Substitutiary Locomotion est interprétée par Judy Carne qui avait auditionné pour le rôle d'Églantine mais retenue ni pour le film ni le disque27. Cette chanson serait l'enregistrement de son audition présente sur le disque pour une raison inconnue27.

Conséquence du mauvais résultat du filmmodifier | modifier le code

Le mauvais résultat du film lors de sa sortie initiale a modifié la production des studios Disney qui a poursuivi au rythme moyen de quatre films par an alternant comédies et films sur la nature, les enfants ou les animaux, mais abandonnant les comédies musicales et les grosses productions de tout genre18. Le film L'Apprentie sorcière marque la dernière collaboration des frères Sherman avec Disney jusqu'aux Aventures de Tigrou sorties en 200031. C'est aussi le dernier film Disney à recevoir un Oscar jusqu'à La Petite Sirène (1989) et la dernière apparition de l'acteur Reginald Owen. Après Mary Poppins en 1964, L'Apprentie sorcière est le seul long métrage du groupe des studios Disney a recevoir un oscar avant La Couleur de l'argent (1986) en 198714, film sorti sous le label Touchstone Pictures, filiale de Disney.

Les frères Sherman écrivent que les nombreuses suppressions de leurs chansons pour satisfaire le spectacle de Noël du Radio City Music Hall sont une des principales raisons de la fin de leur collaboration avec Disney14,23. Pour eux, si Walt Disney avait été encore vivant, il n'aurait jamais autorisé la suppression de Nobody's Problems, With A Flair, A Step in the Right Direction et une portion d’Eglantine, des chansons illustrant des scènes qui donnaient selon eux du cœur, de la couleur et de la personnalité au film14,23. Ils indiquent que les décisions au sein du studio Disney étaient désormais prises par un comité, qu'ils ont surnommé le « Conseil d'indécision », et non plus Walt Disney14, comptant 7 ou 8 membres32,27.

Analysemodifier | modifier le code

Différences entre le film et le romanmodifier | modifier le code

Dans le premier roman The Magic Bed Knob (1943) de Mary Norton qui sert de base pour la première partie du film, les trois enfants Carey, Charles et Paul habitent chez leur tante, une voisine d'Églantine Price33. C'est à cause d'une chute de balai que les enfants découvrent son secret : c'est une sorcière en formation33. Elle transforme Paul en grenouille jaune pour démontrer ses pouvoirs puis offre un sort en échange du silence des enfants33. Le sort est un enchantement de la pommette du lit (ou boule de lit) de Paul qui permet à celui-ci de voyager où il le souhaite33. Le film utilise le terme « Bed Knobs » (pommettes de lit) au pluriel alors qu'il est au singulier dans le livre et, malgré cela, une seule pommette est enchantée23. Le premier souhait formulé emmène les enfants à Londres pour retrouver leur mère mais ils finissent au commissariat, dont ils parviennent toutefois à s'enfuir33. Le second voyage, accompagné de Mademoiselle Price, permet de rejoindre une île des Mers du Sud nommée Ueepee. Ils tentent d'y pique-niquer mais sont capturés par des cannibales33. Églantine Price fait un combat de magie avec le sorcier-médecin indigène et parvient à le transformer en grenouille33. Une fois rentrés en Grande Bretagne, la sorcière envoie les enfants chez leur mère33.

Dans le second roman Bonfires and Broomsticks (1947), qui prend place deux années plus tard, les enfants retrouvent Mlle Price grâce à une annonce dans le journal pour garder des enfants durant l'été33. Elle a racheté à la tante des enfants le lit enchanté mais refuse désormais de faire de la magie33. Ils parviennent à la convaincre d'utiliser le lit une dernière fois pour un voyage dans le temps en 1666 pour rencontrer Émelius Jones, un nécromancien33. Les enfants y vont seuls et réussissent à faire venir Émelius dans le futur pour lui faire rencontrer la sorcière capable d'enchanter le lit33.

Églantine renvoie le magicien à son époque mais commence à regretter la manière employée et repart avec les enfants dans le passé10. Ils découvrent Émelius emprisonné attendant son exécution pour pratique de la sorcellerie10. Grâce à la magie, Églantine libère le magicien alors qu'il est sur le bûcher et tous repartent vers le futur10. À la fin du second livre, Églantine repart avec Émelius dans le passé, où ils se marient10.

Dans les livres, on peut noter qu'il n'y a aucune référence à la Seconde Guerre mondiale.

Un second Mary Poppinsmodifier | modifier le code

Douglas Brode considère le film L'Apprentie sorcière (1971) comme une variante de Mary Poppins (1964)34. Il résume L'Apprenti sorcière à « un film fantastique ressemblant à Mary Poppins, sorti 5 ans après la mort de Walt Disney, mais visualisé par le cinéaste durant ses dernières années et ayant pour sujet une sorcière géniale34. » Christopher Finch classe le film parmi les films en prise de vue réelle intéressants produits après Mary Poppins35. Leonard Maltin écrit que le film est la production la plus ambitieuse du studio Disney après la mort de son fondateur fin 196611. John Grant précise que ce film est souvent évalué par rapport à Mary Poppins mais que la comparaison ne lui est pas favorable24. Grant concède que les parallèles sont nombreux avec, par exemple, le même réalisateur, la présence de David Tomlinson et une séquence centrale en animation provoquée par la magie24. John Grant ainsi que Tim Hollis et Greg Ehrbar rappellent que L'Apprentie sorcière a failli être une solution de rechange pour les chansons et l'animation de Mary Poppins quand Pamela Travers refusait les adaptations effectuées par le studio Disney24,8. Hollis et Ehrbar ajoutent que L'Apprentie sorcière possède de solides éléments de divertissement Disney et de nombreux éléments exceptionnels mais la production est gênée par l'absence de Walt Disney8.

Pour Douglas Brode, L'Apprentie sorcière est le dernier film initié par Walt Disney avant sa mort en décembre 1966 mais aussi un bon exemple des rares idées non pacifistes propagées par le studio Disney, à savoir qu'il faut se battre pour sa défense et non pour des raisons impérialistes36. Brode ajoute que, pour sauver l'Empire britannique d'ennemis aussi méchants que les nazis, il faut faire appel à une sorcière36. Selon Brode, la vision pacifiste du film peut être portée au crédit de Walt Disney37. Le plus grand souhait de la magicienne Églantine Price est la paix dans le monde, et l'usage de magie lui semble indiqué pour accomplir ce rêve37. Brode trouve que les propos de la sorcière se lançant au combat font échos aux paroles du roi Henri dans Henri V (1599) de William Shakespeare lors du Siège d'Harfleur38.

Pour Maltin, l'animation présente dans le film aurait pu contribuer à son succès tout comme la réutilisation des ingrédients qui ont fait de Mary Poppins un phénomène11. Mais le succès ne vient pas et ne provoque [chez le public] aucune sensation se rapprochant de Mary Poppins à cause, selon Maltin, de son manque d'universalité dans l'histoire, de chansons moins bonnes et de l'absence de nouveauté11. Maltin note toutefois que la séquence mêlant animation et prises de vue réelle dépasse [en qualité] les précédentes tentatives dans ce genre11. Il évoque le voyage d'Églantine et ses amis depuis les pages d'un livre vers l'île de Naboombu à bord d'un lit enchanté11. Pour Maltin, l'action est rapide et frénétique avec des interactions impressionnantes entre acteurs et personnages d'animation18. Pour David Koenig la fonction première du compas magique de Mary Poppins, une scène supprimée, et de la boule de lit enchantée sont si proche que la chanson The Beautiful Biny écrite par les frères Sherman pour le premier a été réutilisé pour la seconde17, les frères Sherman rappelant que la scène se passe aussi sous l'eau21. Mais les compositeurs expliquent que c'est à la suite de leur suggestion et pour coller à la musique que le lit n'atterrit pas directement sur l'île et passe sous l'eau17.

Grant explique que les films Mary Poppins et L'Apprentie sorcière sont très différents, le premier est destiné aux plus jeunes avec une structure épisodique pour que leur attention soit renouvelée durant les 140 minutes du film tandis que le second est d'un seul tenant sous la forme d'une aventure de 117 minutes24. Pour Grant le film ne joue jamais avec le désenchantement au contraire de Mary Poppins mais l'auteur ne préfère pas s'étendre sur l'ensemble des éléments différents tellement ils sont nombreux24. Pris à part, L'Apprentie sorcière est pour Grant un très bon film avec des acteurs excellents, aux effets spéciaux sans faille, une animation parmi les meilleures du studio Disney et un mélange animation prise de vue réelle meilleur que dans Mary Poppins24. Sur un autre plan, Grant considère que les personnages du roi Leonidas et de l'ours pêcheur sont graphiquement des avant-goûts respectivement du Prince Jean et de petit Jean dans Robin des Bois (1973), le second est aussi un rappel de l'ours Baloo26.

Douglas Brode compare L'Apprentie sorcière et Mary Poppins sous le regard de la société à l'époque de leurs sorties. Il écrit que dans la période pré-Woodstock, Mary Poppins offre une image novatrice de la sorcière et L'Apprentie sorcière sortie juste après la période hippie aux États-Unis pousse l'image plus loin39. Dès l'introduction du film L'Apprentie sorcière, la musique se fait célébration à l'apparition de la sorcière ce qui démontre selon Brode une modification de l'attitude du public de Disney avec un contraste entre ce qui est vu et ce qui est entendu39.

Jay P. Telotte note que le studio Disney a essayé de reproduire le succès de Mary Poppins en reprenant le mélange animation et prise de vue réelle sous la forme de comédie musicale à plusieurs reprises, par exemple avec L'Apprentie sorcière puis avec Peter et Elliott le dragon (1977)40. Ce second exemple de reprise d'une recette est aussi donné par Tim Hollis et Greg Ehrbar41.

Une sorcière lesbiennemodifier | modifier le code

Douglas Brode évoque les représentations des trois âges de la femme chez Disney ou trois âges de la déité féminine. Pour lui, le troisième âge, la « vieille mégère », est présent au travers de l'image de la sorcière, un personnage récurrent chez Disney42. Parmi les usages par Disney de la vieille sorcière, il cite Donald et la Sorcière (1952) et L'Apprentie sorcière39. Brode considère L'Apprentie sorcière comme une variante de Mary Poppins34 pour plusieurs raisons principalement la mère de substitution et l'utilisation de la magie. Pour Brode, Églantine Price révèle assez rapidement son secret d'être une magicienne et d'aimer voler sur son balai la nuit43, alors que Mary Poppins est un peu plus réticente à user de la magie. Il indique aussi qu'en tant que femme, Églantine semble avoir dépassé l'âge d'avoir des enfants44.

Brode n'est pas le seul à comparer Mary Poppins et Églantine Price. L'essayiste américaine Chris Cuomo a écrit une étude sur les films Disney en comparant les images morales et sexuelles qu'ils abordent45. L'essai est repris à la fois par Lynda Haas, Elizabeth Bell et Laura Sells dans From Mouse to Mermaid46 et par Sean Griffin dans Tinker Belles and Evil Queens47. Cuomo compare Mary Poppins (1964) à L'Apprentie sorcière (1971), estimant que le second ne parvient pas à égaler le premier45,46. Cuomo cite Sheila Jeffries qui écrit que « toute attaque contre les vieilles filles célibataires est une attaque contre les lesbiennes »48. Cuomo ne souhaite pas entrer dans le débat mais note que les représentations stéréotypées des lesbiennes et des vieilles célibataires sont souvent proches48.

Cuomo précise que les personnages féminins de Disney comportent souvent un panel d'idéaux féministes et d'avertissements49. » Cuomo cite les visages souriants, les clins d'œil aguicheurs, les tailles de guêpes pour les princesses ou à l'opposé les méchantes sorcières49. Alors que Mary Poppins fait voler en éclats les structures habituelles des sorcières, Églantine Price regroupe à la fois les clichés traditionnels et contemporains49. Elle est une vieille célibataire affirmée et indépendante49. Son secret [pour conserver cette situation] serait lié à sa pratique de la magie50. Le personnage est empreint de traditionalisme, de loyauté envers cette tradition et se présente comme le défenseur avec sa magie de l'Angleterre lors de la Seconde Guerre mondiale aux cotés de la « Vieille Garde » constituée des vétérans de la Première Guerre mondiale50.

Églantine Price est présentée comme rejetant le canon chrétien et la gent masculine, ce qui fait d'elle un personnage non conventionnel50. De plus, elle n'a pas l'image maternelle de Mary Poppins et déclare ne pas vouloir prendre soin des enfants, arguant que sa maison n'est pas un lieu convenable pour eux et leur parlant de manière sèche et impérative50. Les gens de village se demandent même si elle s'intéresse aux représentants de la gent masculine48. Elle donne une réponse à cette question lors de sa rencontre avec Émelius en déclarant qu'elle n'a pas besoin d'un homme51. Sa coupe vestimentaire, ces manières directes, sa posture sévère et son peu d'intérêt pour les enfants ou les hommes sont, selon Cuomo, des traits du stéréotype de la lesbienne occidentale blanche de la haute société ou de la classe moyenne48. Sean Griffin se base sur les propos de Cuomo pour écrire qu'Églantine Price fait partie des personnages lesbiens régulièrement présents dans les productions Disney52. En restant dans la psychologie et la sexualité, Douglas Brode note que le lit enchanté qui permet aux adultes et aux enfants de faire des voyages merveilleux est un élément freudien37.

De la nounou magicienne à la femmemodifier | modifier le code

Mais le personnage d'Églantine Price évolue durant le film. C'est en échange de la collaboration des enfants qu'elle enchante le lit50. Cuomo ajoute que, dans le scénario de Disney, le rôle d'Émelius est de saboter le pouvoir et l'identité d'Églantine, une véritable sorcière dont le lit enchanté n'est que la représentation concrète53. Cuomo note que cette magicienne réagit selon un modus operandi personnel qui consiste à n'afficher aucun humour ou attirance sexuelle et se concentrer sur sa tâche53. Cette relation entre Églantine et Émelius évolue au contact des enfants et la jeune femme se laisse distraire une première fois quand ils sont sous l'eau53. Sur l'île, l'homme acquiert une confiance en soi masculine et devient un héros tandis que la jeune femme perd ses pouvoirs magiques53, ayant besoin d'Émelius pour lancer un sort54. Ce n'est qu'à la fin du film qu'Églantine Price devient une mère, avec un homme aimant à ses cotés après avoir combattu les armées ennemies et contre la part de sorcière en elle-même54. Elle admet qu'elle savait ne jamais pouvoir devenir un bonne sorcière54. Douglas Brode ajoute qu'en parallèle les enfants surmontent leur peur de la sorcière mais ne lui trouvent aucun charme44.

Pour Cuomo, la morale de l'histoire est que pour parvenir au succès, conserver les traditions et sa loyauté envers la couronne d'Angleterre, Églantine a dû former une famille autour d'elle54. Mais le message est aussi qu'une femme ne peut défendre l'Angleterre que de manière clandestine et en faisant partie d'une famille48. Cuomo écrit que l'image d'Églantine Price présentée tout au long du film, si indépendante et engagée dans son apprentissage de la magie, force à s'interroger sur la capacité du personnage à coller au modèle de féminité de Disney48. Afin de répondre à ce modèle, le personnage si fort et réaliste est sapé pour que la famille, l'ordre dont celui des sexes, et l'Empire britannique soient sauvés48. Cuomo ajoute que le personnage de la vieille fille magicienne est plus réaliste dans L'Apprentie sorcière que dans Mary Poppins, sa magie est aussi plus limitée car elle ne vole pas dans les nuages et a besoin d'un livre de magie51. La sexualité est tellement établie du coté de l'homosexualité au début du film et le personnage proche du réel qu'Églantine Price doit devenir à la fin une mère-épouse et non simplement disparaître comme Mary Poppins51. Brode voit lui une double leçon dans le film, celle donnée par la magicienne autorisant l'usage de magie pour défaire un adversaire et une autre pour Églantine, une leçon sur le fait de trouver l'amour même si on ne croit pas en lui44. Le personnage a donc finalement mûri, et découvert l'autre visage de la magie, lié à l'Amour et aux enfants44.

Sean Griffin écrit toutefois que l'image de la société policée présente dans la plupart des films de Disney évolue et note que dans la séquence Portobello Road du film L'Apprentie sorcière plusieurs danseurs figurants ne sont pas blancs55, une première pour le studio. D'autres changements surviennent par la suite comme les cheveux longs de Kurt Russell dans Pas vu, pas pris (1972) mais le studio Disney reste familial en proposant des films bien loin des productions contemporaines comme L'Exorciste (1973) ou de Ce plaisir qu'on dit charnel (1971)55.

Titre en différentes languesmodifier | modifier le code

  • Allemand : Die tollkühne Hexe in ihrem fliegenden Bett
  • Anglais : Bedknobs and Broomsticks
  • Danois : Hokus Pokus Kosteskaft
  • Espagnol :
    • Amérique latine : Travesuras de una bruja (« Bêtises d'une sorcière »)
    • Espagne : La bruja novata (« La Sorcière débutante »)
  • Espéranto : Litobuloj kaj Balailostangoj
  • Finlandais : Hokkuspokkus taikaluudalla
  • Hébreu : המיטה המעופפת (« Le Lit volant »)
  • Italien : Pomi d'ottone e manici di scopa
  • Japonais : ベッドかざりとほうき
  • Norvégien : Hokus Pokus Kosteskaft
  • Portugais :
    • Brésil : Se Minha Cama Voasse
    • Portugal : Se a Minha Cama Voasse
  • Russe : Набалдашник и метла
  • Suédois : Sängknoppar och kvastskaft

Note et référencesmodifier | modifier le code

Notesmodifier | modifier le code

  1. Litt. « Boules de lit et manches à balai »
  2. Litt. « La Boule de lit magique ou Comment devenir une sorcière en dix leçons faciles »
  3. Litt. « Feux de joie et manches à balai »

Référencesmodifier | modifier le code

  1. a et b (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 311.
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  3. (en) L'Apprentie sorcière sur l’Internet Movie Database.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 54
  5. (en) L'Apprentie sorcière sur l’Internet Movie Database.
  6. a, b, c et d (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 53
  7. (en) Pat Williams & Jim Denney, How to Be Like Walt, p. 276
  8. a, b et c (en) Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks : The Story of Walt Disney Records, p. 129
  9. a, b, c et d (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 162.
  10. a, b, c, d, e et f (en) David Koenig, Mouse Under Glass: Secrets of Disney Animation and Theme Parks, p. 145
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 262
  12. a et b (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 163.
  13. a et b (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 166.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 167.
  15. (en) John Canemaker, Walt Disney's Nine Old Men & The Art of Animation, p. 76.
  16. a, b et c (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 164.
  17. a, b, c et d (en) David Koenig, Mouse Under Glass: Secrets of Disney Animation and Theme Parks, p. 146
  18. a, b, c, d, e et f (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 263
  19. a et b (en) Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks : The Story of Walt Disney Records, p. 78
  20. (en) David Koenig, Mouse Under Glass: Secrets of Disney Animation and Theme Parks, p. 128
  21. a et b (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 47.
  22. (en) Robert B. Sherman, Walt's Time: from before to beyond, p. 165.
  23. a, b, c, d, e, f, g et h (en) David Koenig, Mouse Under Glass: Secrets of Disney Animation and Theme Parks, p. 147
  24. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p. 280.
  25. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p. 281.
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  27. a, b, c, d, e, f et g (en) Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks : The Story of Walt Disney Records, p. 130
  28. (en) Base I.N.D.U.C.K.S : ZT 071 Bedknobs and Broomsticks
  29. (en) Base I.N.D.U.C.K.S : W WDS 6-01 Walt Disney Showcase #6 - Bedknobs and Broomsticks
  30. (en) Base I.N.D.U.C.K.S : WDS 50 Walt Disney Showcase #50 - Bedknobs and Broomsticks
  31. (en) Susan King, « The Pair Who Write Songs for Nannies and Pooh Bears », Los Angeles Times,‎ 11 février 2000 (lire en ligne)
  32. (en) David Koenig, Mouse Under Glass: Secrets of Disney Animation and Theme Parks, p. 148
  33. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) David Koenig, Mouse Under Glass: Secrets of Disney Animation and Theme Parks, p. 144
  34. a, b et c (en) Douglas Brode, From Walt to Woodstock, p. 172
  35. (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 142.
  36. a et b (en) Douglas Brode, From Walt to Woodstock, p. 151
  37. a, b et c (en) Douglas Brode, From Walt to Woodstock, p. 173
  38. (en) Douglas Brode, From Walt to Woodstock, p. 174
  39. a, b et c (en) Douglas Brode, Multiculturalism and the Mouse, p. 215.
  40. (en) Jay P. Telotte, The Mouse Machine: Disney and Technology, p. 142
  41. (en) Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks : The Story of Walt Disney Records, p. 152
  42. (en) Douglas Brode, Multiculturalism and the Mouse, p. 214.
  43. (en) Douglas Brode, Multiculturalism and the Mouse, p. 216.
  44. a, b, c et d (en) Douglas Brode, Multiculturalism and the Mouse, p. 217.
  45. a et b (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 213.
  46. a et b (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 14.
  47. (en) Sean Griffin, Tinker Belles and Evil Queens, p. 87-88
  48. a, b, c, d, e, f et g (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 221.
  49. a, b, c et d (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 217.
  50. a, b, c, d et e (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 218.
  51. a, b et c (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 222.
  52. (en) Sean Griffin, Tinker Belles and Evil Queens, p. 169
  53. a, b, c et d (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 219.
  54. a, b, c et d (en) Lynda Haas, Elizabeth Bell, Laura Sells, From Mouse to Mermaid, p. 220.
  55. a et b (en) Sean Griffin, Tinker Belles and Evil Queens, p. 103

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