Lac Baïkal

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Lac Baïkal
Carte du lac Baïkal
Carte du lac Baïkal
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Géographie
Coordonnées 53° 30′ 00″ N 108° 00′ 00″ E / 53.5, 108 ()53° 30′ 00″ Nord 108° 00′ 00″ Est / 53.5, 108 ()  
Type Lac d'eau douce
Superficie 31 500 km2
Longueur 636 km
Largeur 80 km
Altitude 455 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne
 
1 637 m
758 m
Volume 23 600 km3
Hydrographie
Bassin versant 560 000 km2
Alimentation Selenga, Snejnaïa, Bargouzine, Angara supérieure
Émissaire(s) Angara
Îles
Nombre d’îles 22
Île(s) principale(s) Olkhon

Géolocalisation sur la carte : Oblast d'Irkoutsk

(Voir situation sur carte : Oblast d'Irkoutsk)
Lac Baïkal

Géolocalisation sur la carte : Russie

(Voir situation sur carte : Russie)
Lac Baïkal
Modèle numérique de terrain (MNT) du lac Baïkal (zone bleue au centre de l'image) et des régions avoisinantes. La ligne noire est-ouest est la frontière entre la Mongolie et la Russie.

Le lac Baïkal (en russe : Озеро Байкал, Ozero Baïkal) est un lac situé dans le sud de la Sibérie, en Russie orientale. Il représente la plus grande réserve d'eau douce liquide de surface au monde (environ 23 500 km3). Sa transparence est unique et la visibilité parfaite jusqu'à 40 mètres de profondeur. Il est parfois surnommé la « Perle de Sibérie ». Pour ses premiers habitants, les Bouriates d'origine mongole1, le lac était une mer d'eau douce sacrée. Ne pas confondre le lac Baïkal avec le lac Balkhach (600 km de long) qui est situé au Kazakhstan, à 2.000 km au S.O. du lac Baïkal et qui est le 2e plus grand lac d'Asie (si on exclut la Mer Caspienne), juste après le lac Baïkal (636 km de long).

Géographiemodifier | modifier le code

Dimensionsmodifier | modifier le code

Orienté du SSO au NNE, il s'étend sur une longueur de 636 km avec une largeur variant de 24 km à 79 km et une superficie de 31 500 km2, ce qui en fait le 6e lac au monde2. C'est également le lac le plus profond du monde (jusqu'à 1 637 m d'épaisseur d'eau, reposant sur 7 000 mètres de sédiments). Son volume d'eau (environ 23 500 km3) représente environ 260 fois celui du lac Léman, soit autant que la mer Baltique ou que les cinq grands lacs nord-américains (lac Supérieur, lac Michigan, lac Huron, lac Erié, lac Ontario) réunis2. Il représente 14 % du volume mondial d'eau douce contenue dans les lacs et les rivières3.

Localisationmodifier | modifier le code

Enserré par les monts Iablonovy et Bargouzine à l'est et les monts Baïkal à l'ouest, il se trouve à une altitude de 455 mètres. À son extrémité sud-ouest se trouve la principale ville de la région, Irkoutsk, tandis qu'Oulan-Oude est la capitale de la république de Bouriatie. Il possède une grande île de 730 km2, l'île d'Olkhon, et une presqu'île, Sviatoï Nos, littéralement « le Saint-Nez » (sur la rive est, réserve et parc naturel).

Hydrologiemodifier | modifier le code

Le lac reçoit l'apport de 336 rivières et ruisseaux permanents2 — dont la Selenga issue de Mongolie — et se déverse dans l'Ienisseï par l'intermédiaire de l'Angara près d'Irkoutsk. Ses dimensions font qu'il est soumis à un système de vagues parfois importantes (jusqu'à 6 m) et qu'il est parcouru par des courants réguliers.

La quantité de précipitations varie de 200 à 500 mm par an (au sud, elle peut osciller entre 500 et 900 mm). Le lac n'est navigable que de juin à septembre. Le reste de l'année, il est couvert de glace, dont l'épaisseur, vers la fin de l'hiver, peut atteindre 1 m, voire 1,5 à 2 m à certains endroits, permettant la circulation des hommes et des véhicules.

En mai-juin et en octobre-novembre, lorsque la température des eaux du lac avoisine +4 °C (température à laquelle la densité de l'eau est maximale), de grands mouvements de brassage naturel de l'eau par convection se mettent en place, permettant une oxygénation des eaux jusqu'à 200 ou 300 m de profondeur favorable à la faune et la flore du lac4.

Principaux tributairesmodifier | modifier le code

Ce sont 336 rivières et ruisseaux qui se jettent dans le Baïkal, parmi lesquels :

Climatmodifier | modifier le code

L'inertie thermique des immenses quantités d'eau contenues dans ce lac tempère le climat de cette région de la Sibérie, très continental par ailleurs. La température moyenne hivernale est -15 °C au lieu de -26 °C en janvier, et la température moyenne estivale +13 °C au lieu de +19 °C en juillet4. La région du Baïkal est sèche et le total des précipitations tombant annuellement sur l'île d'Olkhon, au milieu du lac, est inférieure à 200 mm.

Histoiremodifier | modifier le code

Origine géologiquemodifier | modifier le code

Le lac Baïkal est d'origine tectonique ; ce lac d'effondrement est en subsidence. Le socle ancien sur lequel le lac repose, en contact d'une part avec la plateforme sibérienne, d'autre part avec les monts de l'Asie centrale, présente un réseau de faille de direction générale NNE-SSO. Ces failles ont été actives dès le tertiaire, ce qui fait du lac Baïkal le plus ancien lac existant au monde (vingt-cinq millions d'années3). Ces failles ont été actives au cours du quaternaire jusqu'à nos jours (plus de 30 séismes suffisamment puissants pour être ressentis par les populations ont été enregistrés au XXe siècle). Les mouvements tectoniques ont conduit à un enfoncement du fond du lac, sur lequel s'est accumulé une grande épaisseur de sédiments, et un léger sur-élèvement des bordures montagneuses à plusieurs reprises (ce qui est visible au nord-est du lac, où des terrasses lacustres anciennes, témoins du niveau de l'eau dans le passé, s'élèvent jusqu'à 300 m d'altitude)4.

Le réseau de failles délimite trois compartiments plus ou moins effondrés qui se succèdent le long du lac4,2 :

  • le plus septentrional est le moins profond ; la zone la plus profonde de ce compartiment se trouve à 890 m sous le niveau de l'eau et se situe entre les caps Elokhine et Pokoïniki.
  • le plus méridional atteint 1 432 m de profondeur dans une zone située entre les zones d'affluence des rivières Pereïemnaïa et Michikha.
  • le compartiment central est le plus profond, avec une zone située à l'est de l'île d'Olkhon, entre les caps Ijimeï et Khara-Khouchoune, atteignant une profondeur de 1 637 m.

Jeux olympiquesmodifier | modifier le code

Le 23 novembre 2013, la flamme olympique a été relayée dans les eaux du lac à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi de 2014.

Le lac Baïkal et l'hommemodifier | modifier le code

Économiemodifier | modifier le code

Cinquante mille personnes vivent près du lac dans des conditions difficiles. Les sols sont pauvres. Poissons et pommes de terre servent de base à la nourriture quotidienne. Un afflux de population a été provoqué par la construction de la voie ferrée Baïkal Amour Magistral.

La pêche se pratique tout au long de l'année, même en hiver après avoir foré un trou dans la glace. Les eaux du lac, fortement oxygénées, sont riches. L'omoul est très prisé pour sa chair savoureuse et l'esturgeon pour son caviar.

Le lac constitue, de par sa forme allongée, une excellente voie navigable dans cette région montagneuse et difficile d'accès, mais prise par les glaces près de la moitié de l'année4. En hiver, après l'embâcle (prise en glace) qui a lieu en octobre-novembre, tous les bateaux de pêche, d'exploration scientifique ou de tourisme sont paralysés par le froid dans les ports établis sur le Baïkal. Le trafic reprend avec la débâcle, en mai-juin. En outre, la navigation sur cette mer intérieure est rendue dangereuse par des vents parfois violents qui soufflent en rafales.

Patrimoine mondial de l'humanitémodifier | modifier le code

Lac Baïkal *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Panorama sur le cap Bourkhan et la Petite Mer
Panorama sur le cap Bourkhan et la Petite Mer
Pays Drapeau de la Russie Russie
Subdivision Oblast d'Irkoutsk
République de Bouriatie
Type Naturel
Critères (vii) (viii) (ix) (x)
Superficie 88 000 km2
Numéro
d’identification
754
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1996 (20e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Inscrits par l'Unesco en 1996 au patrimoine de l'humanité pour sa richesse écologique, ces « Galápagos de la Russie » ont produit une des faunes d'eau douce les plus riches et originales de la planète, qui présente une valeur exceptionnelle pour la science de l'évolution. On y recense 1 550 espèces animales et plus de 600 espèces végétales ; près de la moitié des espèces du lac sont endémiques4. Plus étonnant est le coméphore (golomianka) : cet étrange poisson des profondeurs explose s'il est remonté trop vite vers la surface en laissant une tache de graisse.[réf. nécessaire]

On a trouvé plus de 250 espèces de crevettes d'eau douce dans le lac Baïkal, ce qui représente le tiers de toutes les espèces de crevettes du monde.[réf. nécessaire]

Le lac accueille aussi la seule espèce de phoque vivant exclusivement en eau douce : le Phoque du lac Baïkal ou nerpa, qui représente le superprédateur de l'écosystème du lac.

Réserves naturelles et parcs nationauxmodifier | modifier le code

De nombreuses aires protégées ont été créées à partir de 1969 sur le pourtour du lac. Parmi celles-ci, la plus importante est la réserve naturelle de Baïkal-Léna (6 600 km2 au nord d'Irkoutsk) créée en 1986 ; en Bouriatie au sud la réserve naturelle de Baïkal (1 657 km2) créée en 1969, à l'est la réserve naturelle de Bargouzine (3 740 km2) créée en 1916 pour protéger les zibelines, et au nord-est la réserve naturelle de Dzerguine5. À ces réserves s'ajoutent les parc nationaux du Zabaïkal (2 670 km2), du Pribaïkal (4 180 km2), et de Tounkine.

Autres activitésmodifier | modifier le code

Le lac Baïkal est menacé de pollution industrielle par une usine de pâte à papier, à Baïkalsk, qui fournissait, à l'époque de la guerre froide, la cellulose pour les pneus d'avion de l'Armée soviétique. L'usine a fermé en octobre 20086 mais a cependant repris ses activités en février 2010 sans que les problèmes de pollution n'aient été résolus7.

Le lac accueille également dans ses eaux un observatoire de neutrinos, installé depuis 1998 à 1 200 m de profondeur8.

Une expédition organisée par le scientifique russe Arthur Tchilingarov a tenté, à partir du 29 juillet 2008, d'établir un record mondial de plongée en eau douce dans le Baïkal9. Mais les deux submersibles de l'expédition, Mir-1 et Mir-2, ne sont descendus dans un premier temps qu'à 1 580 m et 1 592 m10. Les plongées se poursuivent actuellement, après la réparation de Mir-2 qui a été endommagé10,11. Politicien russe et scientifique, Arthur Tchilingarov, a participé aux 60 plongées. Ces submersibles sont connus pour avoir servi à d'autres missions, notamment sur l'épave du Titanic et au pôle Nord.

Le 1er août 2009, Vladimir Poutine, alors Premier ministre, a également plongé à bord du Mir-112.

En 2006, un projet de pipeline transsibérien devait initialement passer à moins d'un kilomètre du lac avant qu'une alternative de route hors du bassin versant du Baïkal ne soit décidée par Vladimir Poutine, sous la pression des écologistes13. Ce tracé reste à confirmer.

Le lac Baïkal sert aussi de lac réservoir pour les centrales hydroélectriques qui jalonnent le cours de l'Angara4.

Au vu des menaces environnementales pesant sur le lac Baïkal, celui-ci pourrait être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril14.

Galeriemodifier | modifier le code

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Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (en) M. Hammer, T. Karafet, « DNA & the peopling of Siberia », Smithsonian Institution,‎ 1995
  2. a, b, c et d (en) Irkutsk State University, « Baïkal, general background », baikal.ru,‎ 1997 (consulté le 15 décembre 2008)
  3. a et b Cycle eau : des stocks restreints
  4. a, b, c, d, e, f et g Collectif, Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Reader's Digest, 1982, p. 66
  5. Touchart 1998, p. 107-111
  6. « Enfin propre, un combinat ferme après quarante ans de pollution du lac Baïkal », Le Monde (consulté le 28 novembre 2008)
  7. « La réouverture d'une usine de cellulose près du lac Baïkal suscite l'inquiétude », Le Monde (consulté le 15 février 2010)
  8. Site officiel du télescope à neutrinos Baïkal.
  9. (en) PA News, « Submarines to plumb deepest lake », Channel 4 News,‎ 19 juillet 2008
  10. a et b (en) « Russians in landmark Baikal dive », BBC News,‎ 29 juillet 2008 (consulté le 4 avril 2010)
  11. DivingAlmanac.com
  12. « Poutine sur le fond du Baïkal », Ria Novosti,‎ 1er août 2009 (consulté le 1er juin 2013)
  13. « Le lac Baïkal échappe à l’oléoduc », sur novethic.fr,‎ (consulté le )
  14. « Décision 36COM 7B.22 », UNESCO (consulté le 19 décembre 2012)

Voir aussimodifier | modifier le code

Sources et bibliographiemodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

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