Lac Titicaca

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Page d'aide sur les redirections Pour le dessin animé, voir Lac Titicaca (film, 1942).
Titicaca
Vue du lac depuis la rive bolivienne
Vue du lac depuis la rive bolivienne
Administration
Pays Drapeau de la Bolivie Bolivie
Drapeau du Pérou Pérou
Géographie
Coordonnées 15° 50′ 00″ S 69° 20′ 00″ O / -15.83333, -69.33333 ()15° 50′ 00″ Sud 69° 20′ 00″ Ouest / -15.83333, -69.33333 ()  
Superficie 8 562 km2
Longueur 190 km
Largeur 80 km
Altitude 3 812 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne
 
281 m
107 m
Volume 893 km3
Hydrographie
Bassin versant 58 000 km2
Alimentation 25 rivières
Émissaire(s) Río Desaguadero
Îles
Nombre d’îles 41
Île(s) principale(s) Isla del Sol, Amantani et Taquile

Géolocalisation sur la carte : Pérou

(Voir situation sur carte : Pérou)
Titicaca

Géolocalisation sur la carte : Bolivie

(Voir situation sur carte : Bolivie)
Titicaca

Le lac Titicaca est un lac de la Cordillère des Andes traversé par la frontière entre la Bolivie et le Pérou. C'est le plus grand lac d'Amérique du Sud en volume d'eau1,2 et en longueur, mais pas en superficie (le lac Maracaibo couvre une superficie de plus de 13 000 km2). Il est aussi considéré comme le plus haut lac navigable du monde (altitude : 3 812 m)3, mais ce n'est rigoureusement exact que si on limite cette acception aux navires commerciaux de grande taille.

Étymologie du mot Titicacamodifier | modifier le code

Le lac Titicaca semble tenir son nom d'un rocher situé sur l'Isla del Sol et appelé Titi Khar'ka, ce qui signifie « Roc du puma » en aymara. Selon une autre hypothèse, Titicaca serait une déformation de titijaya, qui veut dire « puma de pierre » (par référence aux pumas noyés et transformés en statues de pierre selon une légende locale) mais également « homme de cendre » (en effet les indigènes vivant autour de ce lac avaient coutume d'y brûler des hommes en offrande à Ayuma, dieu de la vie et de la mort)4.

L'Isla del Sol est le véritable centre de la mythologie inca.

Descriptionmodifier | modifier le code

Le lac Titicaca s'étend sur environ 8 562 km², parmi lesquels 4 772 km² correspondent au territoire péruvien et le reste (3 790 km²) à la Bolivie.

Il est au centre d'un grand bassin ayant une superficie de l'ordre de 58 000 km², dont 10 983 km² en Bolivie. La superficie de son bassin versant appartient donc à plus de 80 % au territoire péruvien. On subdivise son bassin versant en 10 sous-bassins.

Lui-même se décompose en deux parties, le lac majeur et le lac mineur, séparés par le détroit de Tiquina qui a une longueur de 900 m.

Sa longueur est de 190 kilomètres, sa largeur de 80 kilomètres.

Situé dans les Andes, à 3 812 mètres au-dessus du niveau de la mer, il a une profondeur moyenne de 107 mètres et une profondeur maximale de 327 mètres.

Plus de vingt-cinq rivières se jettent dans le lac. Le lac compte quarante et une îles dont certaines sont habitées.

Le volume d'eau contenu est de 893 km3 (soit 893 milliards de mètres cubes). Ses eaux bleues sont de l'eau douce.

Il est rempli d'eaux provenant du ruissellement pluvial et de la fonte des neiges. De loin en loin, sur les îles naturelles, on observe des cultures en terrasses, soigneusement séparées par des murs de pierres sèches et des haies de cactus, ainsi que des villages.

La longueur totale de ses rives est de 1 125 kilomètres.

Les principales villes riveraines sont Puno au Pérou et Copacabana en Bolivie.

Géologiemodifier | modifier le code

Le lac est le vestige d'une lagune datant de l'ère quaternaire qui occupait l'Altiplano.

Lever du soleil sur l'île de la Lune vu depuis l'île du Soleil.

Affluents - les apportsmodifier | modifier le code

Le lac Titicaca est alimenté par plus de 25 rivières.

La plus grande partie des apports d'eaux superficielles dans le bassin versant du lac provient du Pérou. Les rivières principales qui l'alimentent sont le río Ramis avec 76 m3/s, le río Huancané avec 20 m3/s, le río Coata (42 m3/s), et le río Ilave (39 m3/s). Parmi les affluents secondaires il faut citer le río Illpa, le río Yanarico et le río Zapatilla.

D'après la FAO, l'ensemble des apports constitue une masse d'eau de plus de 14 km³ annuellement, soit environ 450 mètres cubes par seconde.

Le lac Titicaca lui-même déverse ses excédents dans le lac Uru Uru et le lac Poopó par l'intermédiaire du río Desaguadero. Mais seulement 7 % des apports se retrouvent dans le débit de ce dernier, le reste étant perdu par évaporation.

Bilan hydrique du lac Titicacamodifier | modifier le code

Le bilan hydrique d'un lac tel que le Titicaca est le résultat de l'équation fort simple : quantités entrées - quantités sorties = variation du niveau du lac, où les entrées sont réparties entre les quantités amenées par l'ensemble des affluents, plus la somme des précipitations tombées sur la surface du lac, et les sorties sont les quantités évaporées plus le débit de l'émissaire. Il s'agit bien sûr de quantités moyennes par unité de temps.

Les scientifiques des deux pays, après avoir collecté ces données entre 1960 et 1990, en sont arrivés à déterminer les quantités que voici :

  • Entrées
    • Apport des cours d'eau tributaires : 201 m3/s
    • Pluies sur le lac : 270 m3/s
  • Sorties
    • Évaporation : 436 m3/s
    • Fuites et autres pertes : négligeables
    • Débit de l'émissaire (le río Desaguadero) : 35 m3/s

Calcul de l'évaporationmodifier | modifier le code

Connaissant les quantités évaporées par seconde (436 m³), la superficie du lac (8 400 km²) et le nombre de secondes par année de 365 jours (31 536 000), on voit qu'en un an il s'est évaporé au total pour tout le lac non moins de 13 749 696 000 m³, soit 1,636 m³/ m² de surface, soit encore une hauteur d'eau de 1 636 millimètres. Ce qui est considérable pour un climat froid, et est dû à la sècheresse de l'air et aux vents secs qui soufflent sur la zone.

Les îlesmodifier | modifier le code

L'île de la Lune, vue depuis l'île du soleil, côté bolivien. En arrière plan, la Cordillère Royale.
Panorama de l'île Taquile et du lac Titicaca

Les îles les plus peuplées sont l'isla del Sol en Bolivie avec 2 000 habitants, Amantani avec plus de 3 500 habitants et Taquile avec 757 familles (environ 2 200 habitants), ces deux dernières se trouvant du côté péruvien. Les populations riveraines sont des Quechuas et des Aymaras.

Amantanímodifier | modifier le code

Article détaillé : Amantaní.

L'île d’Amantaní se trouve sur la partie péruvienne du lac Titicaca. De forme circulaire, elle a une superficie de 9,28 km², et une population de 3 663 habitants répartis en 800 familles5. Elle est parfois appelée « île du Kantuta », parce qu'on y trouve en abondance la Cantua buxifolia, que la Bolivie et le Pérou ont choisi comme plante-emblème.

Isla del Solmodifier | modifier le code

Article détaillé : Isla del Sol.

L'Isla del Sol (Île du Soleil) est une île bolivienne située sur le lac Titicaca. Elle a une longueur de 9,6 km pour 4,6 km de large et une superficie de 14,3 km2. C'est la plus grande île du lac. Son nom originel était Isla Titikaka, et c'est elle qui a donné son nom au grand lac. L'île fait partie du département de La Paz et de la province de Manco Kapac.

Taquilemodifier | modifier le code

Article détaillé : Taquile.

Taquile est une île vallonnée péruvienne située à 45 kilomètres à l’est de Puno. Taquile mesure environ 5,5 kilomètres de long sur 1,6 de large avec une superficie de 5,72 kilomètres². La vie à Taquile est encore largement épargnée par la modernité du continent. Il n’y a pas de voiture sur l’île, ni d’hôtel, et seuls quelques petits magasins vendent des produits de base. Taquile est surtout connue pour son artisanat, de la plus haute qualité, non seulement au Pérou, mais aussi dans le monde. « Taquile et son art textile » ont été reconnus « Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’Humanité» par l’UNESCO.

Les indiens Urosmodifier | modifier le code

Des Indiens Aymaras, habitant les îles des Uros.

Le lac Titicaca est pour les indiens des Andes le berceau du premier Inca qui aurait surgi de ses eaux. « L'île du Soleil » est un lieu sacré, comme au temps de l'empire.

Une légende locale autochtone prétend que les premiers habitants de la région avaient six doigts et s'appelaient les Uros.

De nos jours, on appelle Uros ceux qui vivent sur des îles flottantes. Celles-ci sont fabriquées à partir de roseaux flottants et sont devenues une étape touristique presque « obligatoire », ce qui permet aux habitants de vivre en partie de ce tourisme.

En réalité, la dernière véritable Indienne Uros est décédée en 1959 et les occupants des îles sont depuis des Aymaras qui s'accrochent depuis longtemps aux terres bordant le Titicaca.[réf. nécessaire]

Les Aymaras y font pousser du quinoa, plante cultivée pour ses graines riches en protéines et y élèvent des lamas. Ils traversent le lac à bord de leur barques en totora (jonc tressé) et en profitent parfois pour faire un peu de contrebande.

La civilisation de Tiwanakumodifier | modifier le code

La légende des dieux de la montagnemodifier | modifier le code

Une légende raconte que les hommes vivaient heureux dans une vallée fertile. Rien ne leur était interdit sauf monter dans la montagne. Le diable, jaloux de leur tranquillité, leur dit d'aller dans la montagne chercher le feu sacré, sinon un malheur s'abattrait sur eux. Mais les dieux de la montagne appelés « Apus » les surprirent et firent sortir des cavernes des pumas, qui dévorèrent toute la population. Inti, le dieu du soleil qu'ils vénéraient, pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans s'arrêter, ce qui inonda la vallée et créa le lac Titicaca ; seul un couple survécut en se mettant dans une barque. Ils dirent que, de leur barque, ils avaient vu les pumas, qui s'étaient transformés en pierre. C'est pour cela que le lac s'appelle « el lago de los pumas de piedra », le lac aux pumas de pierre.

Ces pumas de pierre sont aujourd'hui représentés dans la symbolique Aymara par la figure de proue des bateaux (les balsa), une tête de puma tressée.

Il existe une autre légende qui raconte qu'un trésor inca dormirait au fond du lac. Il s'agirait d'une partie de ce même grand trésor des Incas du XVIe siècle. Quand Francisco Pizarro captura l'empereur Atahualpa en 1532 à Cajamarca, il lui promit la vie sauve en échange de richesses. Le conquistador espagnol exigea que l'Inca lui verse une rançon colossale, soit une quantité d'or et d'argent capable de remplir la pièce où Atahualpa était prisonnier : 35 m2 de surface sur une hauteur de deux mètres. L'Inca donna des ordres à ses lieutenants pour que la rançon soit acheminée des quatre coins de l'empire. L'or afflua et la rançon fut presque totalement payée. Sur le lac Titicaca, une navette de barques convoya des kilos d'or et d'argent, entre la rive est et la rive ouest. Mais le , quand les mariniers apprirent l'exécution d'Atahualpa par Francisco Pizarro, ils comprirent que l'Espagnol n'avait pas tenu parole et qu'il avait trahi l'Inca. Dégoûtés, ils auraient jeté le trésor dans les eaux du lac.

Le lac Titicaca dans les œuvres contemporainesmodifier | modifier le code

Le lac Titicaca est le sujet du premier des quatre courts-métrages composant Saludos Amigos, film de Walt Disney de 1942.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (en) M. J. Grove, P. A. Baker, S. L. Cross, C. A. Rigsby et G. O. Seltzer, « Application of Strontium Isotopes to Understanding the Hydrology and Paleohydrology of the Altiplano, Bolivia-Peru », in Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology no 194, 2003, p. 281-297.
  2. (en) C. Rigsby, P. A. Baker et M. S. Aldenderfer, « Fluvial History of the Rio Ilave Valley, Peru, and Its Relationship to Climate and Human History », in Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, no 194, 2003, p. 165-185.
  3. CIA Factbook (cliquer sur « Geography »).
  4. Tiré du livre: « Peuples premiers, aux sources de l'autre » de Fabrice Delsahut, 2007, Éditeur : Timée-Éditions, Boulogne-Billancourt, France, ISBN 978-2-915586-83-1
  5. (en) Steve Davey, Unforgettable Places To See Before You Die, Firefly Books,‎ 2004-07-03 (ISBN 1-55297-955-5)

Annexesmodifier | modifier le code

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